Auteur Sujet: [Mina/Beltran] A song of ice and fire  (Lu 4289 fois)

Héraut Irmingarde

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[Mina/Beltran] A song of ice and fire
« le: 29 avril 2012, 22:57:22 »
17 jours après le mariage officieux

Irmingarde avait tourné, retourné ses pensées, ses idées, ses inspirations, ses questions dans sa tête un très grand nombre de fois depuis dix jours. Le matin en se levant, puis en déjeunant, puis entre chaque cours, puis pendant ses corvée, dès qu'elle avait un moment de libre à y consacrer en fait. Ou pas même. Ce qui commençait à poser problème puisqu'elle était perdue dans ses pensées au détriment du reste. Les Professeurs devaient la rappeler à l'ordre, ses compagnons frapper dans leurs mains sous son nez pour attirer son attention, la nourriture était souvent froide quand elle attaquait son diner, et ne parlons pas de la température de son bain une fois qu'elle s'arrachait à son reflet dans le miroir où elle répétait inlassablement ce qu'elle voulait dire.
Elle devait donc absolument aller voir Beltran pour lui répéter le petit discours qu'elle composait mentalement, tout en sachant qu'il y avait de forte chance qu'elle n'arrive pas à lui dire un mot cohérent, mais au moins ce serait fait, et cela arrêterai de l'obséder toute la sainte journée.

Elle avait expédié sa corvée de couture tôt le matin, avait eu un cours de linguistique Karsiste juste après, et maintenant, elle avait sa journée de libre.
De mauvaise grâce, et presque à reculons, elle s'était rendue à dos de Compagnon jusqu'aux casernes, et avait cherché le bureau du Capitaine.
D'un pas qu'elle voulut plein d'assurance, elle se dirigea vers le bâtiment légèrement à l'écart, stratégiquement placé pour que Beltran puisse voir tout ce qui se passait, mais en rasant les murs, histoire qu'il ne la repère pas, elle.

Mina savait que le Capitaine était dans son bureau, qu'il s'y terrait un peu depuis leur dispute. Elle l'avait déduit simplement en se rendant compte qu'elle ne le voyait plus nulle part. En général, elle le croisait au moins une fois par jour, où l’apercevait, même de loin. Là, il avait disparu du paysage des Collegia. Ezarell qui couvrait plus d'espace qu'elle dans une journée ne l'avait pas vu non plus.

Enfin...
La jeune femme se retrouva devant la porte, la main levée dans l'optique de toquer sur le battant, mais finalement fit demi tour sur quelque pas puis s'arrêta. Elle leva le visage vers le ciel,  râla pour la forme, refit demi tour, se plaça devant la porte de nouveau. Elle passa une main dans ses longs cheveux qu'elle avait laissé lâchés, puis carra ses épaules, s’éclaircit la gorge... et ne tapa pas plus à la porte qu'une minute plus tôt, trop angoissée.

C'était ridicule, Beltran entendait à tous les coups quelqu'un tourner devant son bureau et allait débarquer voir ce qu'il se passait, ne serait-ce que par sécurité.
Mina se rongea l'ongle de l'index droit d'anticipation puis finalement se décida avant de se barrer en courant comme une lâche, elle fit quelque pas rapides vers la porte, toqua trois coups, et croisa ses mains, balançant légèrement son corps d'avant en arrière.

Elle ne s'annonça pas, parce qu'elle avait peur qu'il ne veuille même pas lui ouvrir, et ce serait déjà un miracle s'il ne lui claquait pas la porte au nez quand il verrait que c'était elle!
« Modifié: 01 mai 2012, 16:10:23 par Irmingarde »

Beltran

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Re: [Mina/Beltran] Ha si j'étais un homme, je serais Capitaine..
« Réponse #1 le: 30 avril 2012, 19:31:55 »
Fente avant droite. Respiration. Cavalier. Respiration. Fente avant gauche. Respiration. Cavalier. Respiration.

Beltran était plutôt calme à ce moment précis. Il avait participé à l'entraînement ce matin-là. Ses soldats aimaient cette proximité que le Capitaine pouvait mettre entre eux - ils se sentaient compris, soutenus, et ils voyaient que leur chef était un homme, et non un roc inaccessible comme on pouvait parfois le croire.De son côté, cela l'avait oublié à sortir du marasme qui s'emparait de lui depuis la crise avec Irmingarde. Il était un homme, un soldat, il ne devait pas se laisser enfoncer comme cela - Thalyana avait bien raison.
Ensuite il avait fait une rapide toilette, puis il avait tenté de se mettre dans son travail administratif mais cela n'avait pas convenu à son corps à peine défoulé. Il avait décidé de se prendre un peu de temps en pratiquant les exercices respiratoires qui étaient censés le calmer en situation de stress. Les dix derniers jours, il avait échoué quand il avait tenté d'avoir un résultat. Ce midi-là, cela semblait fonctionner.

Mais dans le silence du bureau, les bruits de pas devant le bureau étaient clairement perceptibles pour l'oreille affuté du blond. Quand une femme s'éclaircit la gorge, le doute s'insinua en lui. Ce n'était pas… ? Il était presque sûr d'avoir reconnu… La personne s'arrêta, s'éloigna, revint, … Le manège dura un petit moment, et le capitaine ne bougeait toujours pas, l'oreille tendue. Enfin, elle frappa.

Beltran respira longuement. Si c'était Mina, comme il le voulait, le redoutait, il ne devait rien montrer et rester courtois, distant, ne pas la faire fuir, lui demander de partir et de le laisser… Si c'était quelqu'un d'autre, il ne faudrait pas montrer les tourments qui l'avaient saisis.
Il reprit son souffle, se redressa et endossa le masque du Capitaine. D'un pas ferme, il alla à la porte. Il l'ouvrit.

"Demoiselle Irmingarde." salua-t-il sans même montrer tout ce qu'il avait pu penser auparavant, affichant simplement une surprise polie. "En quoi puis-je vous aider?"
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Mina/Beltran] Ha si j'étais un homme, je serais Capitaine..
« Réponse #2 le: 30 avril 2012, 23:14:58 »
Le temps qui passa entre le moment où Irmingarde toqua à la porte et celui où Beltran ouvrit lui parut désespérément long et à la fois atrocement court. Une espèce de faille espace temps inconfortable.

Elle entendit la main du Capitaine actionner la poignée et reprit son souffle pour se donner du courage, les yeux fixés un peu au dessus d'elle, là où ils rencontreraient ceux de Beltran.
Quand le blond apparut, l'air emmagasiné dans ses poumons se figea.
Mina ne s'était pas rendu compte à quel point le voir lui avait manqué. Bien malgré elle, elle sourit légèrement.

Puis ce fut la douche froide. Tout la glaça. Son expression, le ton qu'il employa, et surtout les mots.
Froids, distants, blessant.
Bien sûr, elle n'espérait pas qu'il l’accueille avec joie, ou alors avec l'émotion d'un homme repoussé, mais au moins avec sa camaraderie habituelle.

Là, elle se sentait comme une simple apprentie Héraut venue demander un service, en tout cas, il l’accueillait ainsi.
La jeune femme s'empourpra de colère, faillit s'emporter, et finalement, se tut.
Il voulait jouer à l'homme blessé, drapé dans son orgueil et sa colère, grand bien lui fasse, elle ne voulait pas rentrer là-dedans, elle se sentirait piégé, et tant pis s'il prenait ses grands airs, elle lui dirait ce qu'elle avait préparé pour lui.

Elle pencha la tête et se força à sourire, même si le résultat ne devait pas être très probant.

"Bonjour Beltran! Moi aussi je suis ravie de te voir!"

Un coup d'oeil indiscret dans l’embrasure de la porte.

"Tu es seul? Je peux rentrer? J'ai des choses à dire."


Et je suis terrifié. Et ça me fait mal de voir ce que tu es blessé et que tu m'en veux. Voilà ce qu'elle voulait rajouter. Et qu'elle ne pouvait dire. Parce qu'il n'étais pas prêt, encore, à l'écouter.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #3 le: 05 mai 2012, 15:46:52 »
Le sourire de Mina, le tout premier, faillit faire abandonner toutes ses "bonnes" résolutions au blond Capitaine. Elle était là, son instinct ne l'avait pas trompé. Elle était là et il ne savait absolument pas quoi dire d'intelligent. Il se réfugia derrière l'indifférence, comme il avait prévu de le faire si c'était bien la Grise qui venait frapper avec tant d'indécision à sa porte. Elle était une élève Héraut - il était le Capitaine. Nul besoin d'autre chose que de la politesse, n'est-ce pas? Alors pourquoi cela lui arracha presque les lèvres d'être aussi froid?

L'ironie d'Irmingarde l'étonna même s'il n'en montra rien. Il ne s'attendait pas à ce que la timide jeune fille ose un tel comportement, elle qui l'avait traité comme le pire des violeurs. Le soldat remarqua cependant que le sourire n'était pas totalement naturel. C'était tout à fait normal, mais cela renforça son admiration: elle savait se forcer quand il le fallait. Ezarell devait la soutenir mentalement. Beltran était seul face à deux. Le combat était ... presque équitable.

Pour toute réponse, le Capitaine releva un sourcil et ne bougea pas d'un poil, bloquant l'entrée et le regard de Mina vers l'intérieur. Il attendit simplement qu'elle réponde à la question qu'il avait posé, comme le commandant qu'il était était en droit d'attendre.

"Je suis occupé pour le moment, il faudrait faire vite s'il vous plait."

Sous-entendu: je suis un homme important et une simple femme qui me déteste n'a pas à me déranger pour venir m'insulter. Il ne voyait pas pourquoi elle était là.
Il ne bougea pas pour bien lui faire comprendre qu'il commandait. Puis il s'écarta et rentra dans le bureau, la laissant entrer si elle le souhaitait. Lui, il alla s'asseoir à son bureau et recommença à étudier les rapports de la frontière qu'il avait reçu (et abandonné) la veille tard dans la nuit. Il surveillait sa visiteuse d'un coin de l'oeil cependant.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #4 le: 05 mai 2012, 20:26:47 »
De toute évidence, si Irmingarde traduisait correctement le comportement de Beltran, celui-ci lui sortait son grand numéro de Capitaine de la Garde charismatique et très occupé.
Ca marchait, dans un sens, parce qu'il était impressionnant ainsi. A le connaître et à le voir en ami, la jeune femme avait oublié son image envers les inconnus. Mais ça ne lui plaisait pas du tout qu'il la considère comme tel à présent.
Quel idiot, vraiment!

Pendant quelques secondes, elle eut envie de faire machine arrière, rebrousser chemin en plantant le Capitaine sur le pas de sa porte.
Cela dut se voir sur son visage, car, dans le marasme des sentiments contradictoires qui l'agitaient intérieurement, et qu'elle arrivait à sa plus grand fierté à garder enfoui en elle sans déclencher d'incendie - merci Ezarell qui se tenait, discrète, muette, dans son esprit pour tout canaliser - il lui sembla qu'elle grimaça. Et qu'elle soupira,  nettement exaspérée.

Mina fut soufflée de le voir l'ignorer aussi superbement quand il accepta qu'elle rentre.
Il ne facilitait vraiment pas les choses! Elle avait déjà tout son petit discours en mémoire, et si en plus elle devait se concentrer pour choisir avec soin les mots de la moindre de ses phrases pour ne pas tout faire exploser entre eux, ce serait beaucoup plus délicat. Franchement, elle ne pensait pas pouvoir faire preuve d'autant de patience face à celui qui avait la désagréable faculté à la faire si aisément sortir de sa réserve naturelle.
Elle ne savait pas quoi faire, commencer par lui avouer ce qu'elle avait préparé ces derniers jours, où cracher la remarque qui lui brûlait les lèvres.

Comme il la surveillait du coin de l'oeil, elle craqua et lui lança:

"Vraiment, tu as été bien inspiré de te tourner vers la garde de Valdemar plutôt que la diplomatie..."

Irmingarde était resté non loin de l'entrée du bureau. Elle s'y aventura plus loin en se plantant devant lui, les mains sur les hanches.

"Je voudrais te parler de ce qu'il s'est passé, et de ce qu'on s'est dit la dernière fois qu'on s'est vu..."

Elle se pencha vers l'espace de travail de Beltran, posa sa main sur le bureau et y fit résonner ses doigts en les tapotant en cadence dans un geste d'impatience. Elle choisit d'être franche, puisque c'était une qualité qu'il appréciait:

"Seulement, comme tu dois t'en douter, ce n'est pas facile pour moi de faire cette démarche, donc j'aimerai assez que tu m'accordes ton attention et que tu arrête de te comporter comme un enfant vexé, en essayant de faire comme si je n'étais rien pour toi!"

C'était risqué de dire une telle chose, comme si elle lui relançait encore son amour à la figure, comme si elle n'avait aucun doute sur la persistance de son sentiment. Ça faisait prétentieux. Mais en fait, elle songeait plus à l'amitié qu'à autre chose, et comme il n'y avait pas dix mille façon de tourner ce genre de phrase, il n'y avait qu'à espérer qu'il comprenne qu'elle ne le prenait pas de haut.

Il fallait qu'elle se montre forte et visiblement qu'elle mène la danse pour qu'il l'écoute. C'était se donner un rôle qu'elle n'avait pas l'habitude d'endosser,il faisait son Capitaine autoritaire, mais c'est elle qui devait décider, ce qui était affreux quand elle réfléchissait à ce qu'elle voulait lui dire.
Elle dut s'accorder quelques secondes pour respirer afin de chercher en elle le courage nécessaire, et finalement, elle contourna le bureau pour se mettre face à lui, du même côté, s'assit sur le bord du meuble nonchalamment  - il allait détester ça - puis posa sa main à plat sur le bureau, assez fort pour le faire trembler et lui demanda, la voix un peu chevrotante:

"Beltran, regarde moi!"
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #5 le: 09 mai 2012, 22:06:03 »
Irmingarde entra dans le bureau pendant que le Capitaine vaquait à ses affaires comme si elle n'était pas importante. Il savait pertinemment à quel point cela pouvait être agaçant et angoissant, mais il en profitait lâchement parce que cela le vengeait des heures de tourments qu'il avait vécu en revivant leur dispute, à rejouer inlassablement leur histoire en se demandant s'il aurait pu faire mieux.

Le Capitaine surveilla son invitée imposée du regard sans en avoir l'air, non seulement pour juger de son effet mais aussi parce qu'il était dévoré de l'intérieur par une curiosité et un espoir grandissants. Allait-elle s'excuser? Lui annoncer qu'elle avait porté plainte devant le Roi? Le pire comme le meilleur pouvait venir d'une femme telle que la fille des Marches.
Mina tenta de tourner en dérision son comportement à lui mais il ne lui accorda qu'un regard froid. En tant que Capitaine, il gérait la diplomatie aussi bien qu'un Héraut, ce qui rendait son comportement encore plus révélateur de sa colère car c'était sciemment qu'il était aussi peu accueillant. Il n'avait pas besoin d'être diplomate avec elle: elle ne s'était pas embarrassée de tact pour le rejeter, et il fallait qu'elle apprenne qu'elle ne pouvait effacer des horreurs (de part et d'autres) par un simple sourire.

Enfin, elle se décida à aborder ce qui l'amenait. Parler de ce qui s'était passé, voilà bien ce que le Capitaine n'avait pas du tout envie de ramener sur le tapis. Il se doutait que cela s'imposerait tôt ou tard, mais il avait espéré plus tard.
Pour Irmingarde, il haussa simplement un sourcil et ratura  quelque chose sur sa feuille sans un regard supplémentaire pour la jeune femme. C'était dur de ne pas relever le regard, surtout avec la main de la Grise qui martelait son bureau pratiquement sous son nez, mais il était entraîné. Il l'était beaucoup moins pour ce qu'elle dit. Sa main se crispa sur la plume qui plia dangereusement. Qu'on le traite d'enfant vexé, il s'en moquait. Mais qu'elle s'amuse de ce qu'il avait dit ressentir, cela lui donnait une sérieuse envie de frapper quelque chose. Il se retint parce qu'elle s'interrompit et qu'il l'entendit respirer. Il la vit bouger, mais il se contenta d'un haussement d'épaule en pliant le premier rapport pour le mettre de côté.

"Je n'ai rien à dire là-dessus et vous non plus. Quittez ce bureau je vous prie."

[Tu ne peux pas te mettre face à lui y a pas la place o_0] Irmingarde vint se mettre à côté de lui et s'assit sur le bureau en faisant semblant d'avoir un minimum d'autorité. Cela faillit le faire rire.

"Je vous regarde, apprentie. Mais vous avez été assez claire sur le sujet et je doute qu'il y ait quoi que ce soit à ajouter. Vous avez votre vie, je n'y empiéterai pas, donc n'empiétez plus dans la mienne. Je vous souhaite de trouver le bonheur et d'accomplir votre devoir."

Il se leva pour aller chercher une bouteille d'encre neuve sur l'étagère. C'était surtout pour cacher son visage: il était impassible mais il avait le regard légèrement trop brillant pour être normal. Il pria pour qu'elle accepte de partir - et pour qu'elle reste. Si elle tenait à lui, elle resterait. Ou alors juste pour lui crier dessus. A ce moment précis, il en avait presque envie, pour pouvoir lui hausser lui hurler encore ses quatre vérités (et le regretter pendant dix jours ensuite).
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #6 le: 09 mai 2012, 23:47:14 »
[en fait, face à lui j'entends à sa droite, comme si lui était assis sur sa chaise mais pas en face de son bureau mais en parallèle, donc elle est en face de lui, je sais pas si tu suis^^]

Plusieurs sentiments traversaient en même temps Irmingarde et elle avait bien du mal à les distinguer et leur donner un sens. Plusieurs impressions, plusieurs sensations.
Froid, colère, solitude, impuissance, punition.

Froid parce qu'en dépit de tout ce qu'elle avait pu connaître, surtout durant sa mission, jamais tempête de neige, congères et nuits transies ne l'avaient autant glacées, tout simplement parce qu'elle se sentait gelée de l'intérieur. Essayer d'atteindre le Capitaine était comme combattre un iceberg. Le froid lui brûlait les doigts.

Colère, parce qu'il était évident qu'il se moquait d'elle, et que la dédaigner lui donnait du plaisir. Une forme de vengeance, sans doute. Il la méprisait en la vouvoyant, la rabaissait à son rang d'apprenti. En quelques mots, il balayait la complicité qu'ils avaient partagés pendant des mois, la confiance qu'elle avait eu tant de mal à lui donner. Mina avait juste envie de faire un caprice pour se faire entendre, du genre s'assoir par terre en jurant ne pas bouger s'il refusait de lui parler, mais d'avance elle savait que ça ne fonctionnerait pas.

Solitude, parce qu'elle avait l'impression d'être la seule à faire des efforts, seule à essayer de recoller les morceaux, et peut-être au fond, derrière son propre caprice à lui n'avait-il vraiment pas envie de la voir, de lui parler, de reprendre leur relation. Et ça la rendait malade.

Impuissance parce que tout ce qu'avait pu dire ne marchait pas sur Beltran, semblait ne lui faire aucun effet. Elle se retrouvait, debout dans son bureau, les bras ballants, sans savoir quoi dire, ni quoi faire pour le faire réagir.

Punition parce qu'elle avait l'impression de revenir des années en arrière, où, punie par son Père, elle était enfermée dans une pièce en pénitence, et elle avait beau hurler, personne ne l'entendait, ou du moins, ne faisait attention à elle. Là, la jeune femme avait l'impression de hurler. Et comme sa famille, Beltran n'en avait rien à faire.

"On se calme..."

Une onde de sérénité tenta de traverser Mina. Ezarell percevait nettement la panique de sa lié, le feu qui crépitait au bout de ses doigts. Irmingarde respira un bon coup pour retrouver son calme. Son Compagnon avait raison. La colère ne résoudrait rien.
Alors quoi?

Elle l'observa se lever et aller chercher quelque chose dans un coin de la pièce. Cela lui rappelait singulièrement le jour de leur dispute, où il était allé se cacher loin d'elle exactement de la même façon. Sauf qu'elle doutait qu'il cache en ce moment même une manifestation physique de sa... joie de la voir. Il ne voulait pas qu'elle le voit pour une autre raison. L'émotion?

Elle sut alors quoi faire. Si la colère ne marchait pas, ni les caprices, ni le chantage, il ne restait qu'une chose.
La douceur.
Sauf que Mina ne savait absolument pas user de douceur, de tendresse avec un homme. Avec des enfants c'était facile. Mais elle ne pouvait imaginer le Capitaine comme un grand enfant.
Elle devait y aller sans expérience, au ressenti, à l'aveugle. Elle détestait cela. Pourtant, il fallait bien qu'il l'écoute.
Mais valait-il vraiment la peine qu'elle se donne tout ce mal?

Mina devait accepter de prendre le risque de se tromper, de faire des erreurs, d'avoir mal.
En quelque pas, elle rejoint Beltran, dans son dos, et tendit la main, très lentement.
Elle reposa son bras, sans oser aller au bout du geste, puis finalement recommença et enroula ses doigts autour du poignet du Capitaine, tout doucement, sans pouvoir retenir un frisson.
Toujours accrochée, elle s'approcha pour se retrouver à un centimètre de son dos, la respiration saccadée.

"Beltran? Je ne suis pas venue en ennemie, ni pour te tourmenter, juste pour parler. Ce serait gentil que tu acceptes de m'écouter. On ne va pas rester fâchés, hein?"


Irmingarde avait prononcé ça à voix basse, puis elle détacha sa main, pour reculer.
Avait-il conscience de ce qu'il lui fallait de courage et de confiance envers lui pour avoir une tel geste? Elle ne touchait jamais les gens, encore moins les hommes, alors les hommes sur qui elle savait faire de l'effet, c'était surréaliste! Elle était terrifiée, avait peur d'avoir appuyé sur un invisible bouton qui déclencherai un engrenage. Savoir qu'il l'aimait, ou l'avait aimé du moins, rendait les choses plus difficiles encore, pare que cela incluait un facteur inconnu sur lequel elle n'avait aucune prise.
S'il ne réagissait pas à ça, à cette approche qui lui demandait tant d'effort, elle baisserait les bras.
Ou s’assiérait par terre en refusant de bouger, à voir...
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #7 le: 13 mai 2012, 11:14:42 »
Beltran n'était pas à son aise. A l'intérieur de sa tête (désormais recouverte d'une chevelure blonde digne du nom de chevelure bien qu'elle soit coupée à la militaire pour le moment), trop d'idées se bousculaient. Il avait réussi à passer outre sa peur fondamentale de la réaction d'Irmingarde, car après tout, comme elle le soulignait, elle n'était pas là pour l'accabler mais pour parler. Il en était au stade où la peur de se faire brûler vif, l'envie de lui sourire et de tout effacer, celle de l'embrasser, ou celle de lui dire calmement "stop, ça ne sert à rien" se battaient dans une mêlée indistincte et aussi angoissante que les sentiments précédents. Il ne pouvait savoir ce qu'Irmingarde ressentait de son côté.

Une seule chose était sûre: la Grise n'avait pas l'intention de s'en aller comme il lui demandait, mais elle s'incrustait et il se doutait qu'elle allait lui imposer son point de vue. Il avait déjà vu tellement de femmes se comporter ainsi avec leurs maris.
Pour éviter que cela n'arrive trop vite, il alla se réfugier loin d'elle comme d'habitude. Il ne se rendait même pas compte de ce que cela pouvait donner comme impression à un observateur extérieur -  ou à sa compagne. Il réussit à lui demander de partir en lui cachant la douleur qu'il ressentait. Il avait envie de se fracasser la tête contre l'étagère ou le mur pour se calmer et se punir d'être aussi sensible. Il était censé être un soldat aguerri !

Beltran entendit Mina se déplacer vers lui. Il anticipa le fait qu'elle allait le toucher. Il pensa à s'écarter. Elle arrêta son geste avant que lui ne bouge. Quand elle recommença son approche, il resta immobile. Elle avait la main ferme - elle se rapprocha de lui. Il la connaissait, ce devait être dur pour elle. Il ne bougea pas comme si c'était un oiseau effrayé - oubliant quasiment qu'il était fâché jusqu'à ce qu'elle prenne la parole de nouveau. Il ne répondit pas dans un premier temps puis quand elle s'écarta de lui, il se retourna, l'air neutre, et d'une main lui attrapa le bras juste au dessus du coude.

"Je n'ai pas envie d'être fâché mais ça serait plus simple que tu ne viennes pas, Mina. J'ai l'impression que tu ne te rends pas compte à quel point c'est ... embarrassant." Il avait failli dire douloureux. " Tu m'as montré que je n'étais qu'un bête homme et pas seulement le capitaine, et je n'aime pas ça. Surtout que tu as été claire sur ... tout ça."

Il la regarda droit dans les yeux.

"Dans certains cas, il vaut mieux éviter la source de la ... de l'embarras. Ca serait sûrement mieux pour toi aussi."

Menteur.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #8 le: 14 mai 2012, 01:23:32 »
Tendue comme un arc, Irmingarde, un peu en retrait, attendit la réaction de Beltran.
Quand il se tourna vers elle, son expression libéra un peu la pression qui la tenaillait parce que s'il restait neutre, il n’arborait plus cet air froid et distant.
Puis il lui attrapa le bras à son tour. La jeune femme dut faire un très gros effort sur elle même pour ne pas sursauter - ce n'était franchement pas le moment! - et se contenta de regarder la main du Capitaine sur sa peau en plissant les yeux.
Elle l'écouta parler, et si elle fut rassurée, d'un côté, qu'il ait abandonné son petit numéro d'acteur - mauvais en plus - elle fut tout bonnement abasourdi par ce qu'elle entendit.

Le fait qu'elle soit là semblait réellement le rendre malade! Et si elle comprenait bien, elle l'avait encore plus blessé qu'elle ne le pensait. Il lui décrivait presque combien elle lui avait fait mal en lui hurlant dessus, et en le laissant partir sans rien dire, quand il lui avait avoué qu'il l'aimait.
Jamais elle n'aurait pensé que son avis, sa façon d'être avec lui, revêtaient tant d'importance àses yeux. Isabeau lui aurait répondu que c'était le principe même de l'amour, mais Isabeau n'était pas là, donc Mina devait se contenter de découvrir tout ce que ce sentiment pouvait cacher comme surprises et nécessités nouvelles.

Elle avait préparé tout un discours, bien construit, bien réfléchi, l'avait répété, avec le ton qu'il fallait, les pauses qu'il fallait entre les phrases, l'expression qu'il fallait, les gestes qu'il fallait... et avait tout oublié.
Ce n'était même pas un blanc, c'était un vide total dans son crâne, il n'y avait plus rien!
Comme elle ne voulait pas montrer à quel point elle se sentait perdue, elle se lança sans filet, dans l'inconnu, en espérant que laisser parler "son coeur" donnerait un discours compréhensible.
Spontanéité donc... Okay...

En premier lieu, il fallait qu'elle le rassure, mais surtout, surtout qu'elle s'excuse. Sauf que ce n'était pas simple du tout alors qu'il tenait toujours son bras et qu'il l’emprisonnait de son regard. La jeune femme déglutit:

"Beltran... Je n'ai jamais voulu te faire de la peine, enfin, si, sur le moment, peut-être, j'étais dans tous mes états mais je ne veux pas que tu crois que je te méprises ou te sous estimes. Tu as une grande importance pour moi. Trop peut-être, enfin je... J'ai eu peur, c'est ridicule, et j'ai dit des choses qui n'étaient pas vraies, que je ne pensais pas, je suis désolée. Toi aussi tu es été injuste."


Ca, ça voulait clairement dire qu'elle attendait des excuses elle aussi. Irmingarde voulait bien faire amende honorable, mais pas à sens unique!

"Mais tu as dit des choses importantes aussi, et je t'ai laissé partir en pensant que ça m'était égal, mais ce n'est pas vrai... Alors je vais te répondre maintenant. Mais il ne faut pas que tu me coupes hein, laisse moi parler jusqu'au bout d'accord?"


Elle n'aurait jamais le courage de tout dire s'il l'interrompait.
Elle posa sa main gauche sur celle de Beltran qui enserrait son bras pour l'en détacher mais la garda entre ses doigts, y joignant sa seconde. Ainsi, elle tenait sa main en coupe dans les siennes, et baissa les yeux pour se concentrer dessus, fixer son regard quelque part. Elle prit une grande respiration et se lança:

"Beltran, je... je ne suis pas amoureuse de toi."


Mina avait presque honte de lui dire ça si crument. C'était affreux à entendre. Comme si, bien sûr, il ne pouvait pas s'empêcher de l'aimer, et qu'elle n'éprouvait rien de son côté. Tant de cérémonie et d'insistance pour lui balancer ça.
Elle se dépêcha de continuer pour éviter les méprises.

"Mais c'est parce que je ne sais pas ce que c'est que l'amour. Je ne sais pas ce que ça fait, je ne sais pas comment ça se reconnait, encore moins comment ça s'entretient, je suis totalement ignorante de ça, n'importe laquelle des apprenties plus jeunes que moi en saurait plus!"

Elle avait parlé très vite et son ton était monté dans les aigu, preuve de la panique qui commençait à arriver. Elle se força à respirer quelques secondes pour retrouver son calme, et un peu d'inspiration. Elle avait oublié son discours mais elle savait qu'elle avait beaucoup à dire, et n'avait pas oublié les points principaux. Elle lâcha la main de Beltran, se mordit les lèvres et continua:

"Ce que je sais, c'est que je suis terrifiée. Je suis terrifiée mais... Savoir que... que tu m'aimes et bien... ça me fait plaisir."

Irmingarde, rougissante, avait pris soin de choisir ses mots pour ne pas faire passer de messages tendancieux non voulu mais se rendit compte que cela pouvait encore être mal interprété.

"Mais ce n'est pas un plaisir hypocrite hein! Ce n'est pas que de la vanité, c'est aussi autre chose que je ne connais pas, je sais pas si tu vois ou si... enfin bref!"

Elle était ridicule.

"Je me rend bien compte de la chance que j'ai qu'un homme comme toi me regarde mais je ne te mérite pas. Et je ne dis pas ça pour m'attirer des compliments, des louanges..."


Elle attrapa une mèche de ses cheveux pour la triturer tout en pensant à la suite. Elle lui avait demandé de la laisser parler, mais elle ne devait pas trop laisser de silence entre chaque phrase, sinon il allait prendre la parole, et puis de toute façon, au point où elle en était, elle pouvait aussi bien continuer les confidences:

"Tu es un hommes bien Beltran, tu es même plus que ça."
elle tendit les bras dans sa direction de haut en bas pour le désigner "Tu es bel homme, tu occupes un poste prestigieux dans le royaume, tu es de sang bleu, tu as du charisme..." elle soupira "Tu pourrais avoir qui tu veux Beltran, de la plus simples des servantes aux grandes dames de la Cour... Tu pourrais avoir des femmes plus mures par exemple..."

Mhh, non, Mina ne rattrapa tout de suite.

"Pas que tu sois vieux ni quoique ce soit non! Mais moi j'ai plus de 15 ans de moins que toi et rien à t'apporter, alors que les femmes de ton âge, elle aurait... de l'expérience, elle saurait comment te, et bien te satisfaire."

Par Aanor, c'était très difficile de dire ça, Mina ne savait pas si elle arrivait à se faire comprendre. Elle se désigna elle, cette fois-ci.

"Regarde-moi, je ne suis qu'une pauvre petite paysanne qui n'a jamais même embrassé un homme de sa vie, qui part en courant dès qu'on l'approche. J'ai l'expérience affective d'un enfant de 3 ans! Tu n'as pas besoin de t'encombrer d'une gamine en plus, et... oh par la déesse, Riannon..."


Étrange comme elle n'avait jamais pensé à la chef des Bardes, la mère de Liane!
Irmingarde commença à tourner en rond dans le bureau en faisant des gestes brusques des bras.

"Je ne devrais même pas imaginer quoique ce soit avec l'ancien compagnon de celle qui m'a fait l'honneur de m'accueillir au Palais pour m'offrir un emploi alors que je n'avais rien."


Non, elle ne tenait certainement pas la comparaison face à une telle femme.
Bizarrement, cela la calma, et elle se rapprocha du Capitaine de nouveau, pour lui confier doucement:

"Tu perdrais ton temps avec moi, vraiment. Parce que je suis trop compliquée, tu as droit à tellement mieux. Je n'ai rien à offrir, rien à promettre, je n'ai aucun intérêt pour toi."

Elle le pensait vraiment! Et elle voulait qu'il comprenne:

"Tout ça pour que tu saches que je ne repousse pas tes sentiments, pas plus que je les méprise. Ce n'est pas ta faute. Tu es quelqu'un de bien. Et je t'estime beaucoup. Tu trouveras une femme à ta hauteur"


Voilà.
Ce n'était pas parfait, c'était même complètement décousu, ce n'était pas ce qu'elle avait préparé, mais elle avait dit ce qu'elle pensait. Mina pensait vraiment à Beltran avant elle, elle savait parfaitement qu'elle n'était pas un cadeau.
Elle ne voulait pas qu'il souffre par sa faute. Elle voulait qu'il sache la place qu'il avait prit dans sa vie sans qu'elle le veuille. Mais il avait le droit à mieux qu'elle.
Et surtout elle n'avait pas conscience d'avoir utilisé comme excuse tous les plus gros clichés sentimentaux, mais, pour sa défense, ils étaient tous fondés et parfaitement honnêtes.
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Beltran

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #9 le: 18 mai 2012, 23:36:44 »
Beltran était perdu dans ses méandres mentaux et il eut du mal à se décider à dire quelque chose. Il n'était pas fier de ce qu'il avoua. Il attendit presque calmement qu'elle réponde à son petit discours. Il ne s'attendait pas plus qu'elle à ce qu'elle finit par dire. Les excuses, il s'y attendait oui. La demande d'excuses en retour, c'était sûr. L'aveu de sentiments contrastés, à la limite. Le reste...
Le Capitaine hocha la tête et la laissa continuer sans l'interrompre, même quand des silences s'installèrent et que la jeune femme se dépêcha de les combler. Même quand une phrase courte et simple saccagea les rares espoirs qu'il avait eu.
"Beltran, je... je ne suis pas amoureuse de toi." Mots fatidiques. Il ne s'attendait pas à se sentir si vide alors qu'il s'était habitué à l'idée d'être rejeté. Même quand elle continua, il eut du mal à se concentrer. Mais quand elle eut fini, après être passé de la douleur à la surprise et à un certain amusement même parfois, il se laissa quelques secondes de réflexion avant de répondre à son tour, en la regardant calmement. Il expliquait sa position et posait ses pions dans cette guerre à deux.

'Je ne sais pas trop ... comment on est censé aimer. Ca change selon les personnes, les endroits. On n'apprend pas à aimer quelqu'un, Mina. C'est là. Et si tu dis que ce n'est pas là... C'est que ça ne l'est pas."

Ca c'était l'esprit logique militaire.

"C'est normal d'avoir peur, d'être perdu. C'est normal et je suppose qu'on ne peut pas totalement maîtriser ce genre de chose sinon on n'en serait pas là. Je ne suis pas sûre de comprendre ce que tu cherches à me dire. En tout cas, un ... homme comme moi n'est qu'un homme dans certains cas. Tu mérites quiconque attirera ton attention. Je ne suis pas mieux ou pas pire qu'un autre dans certains domaines..."

Les compliments le touchaient et il reconnaissait leur véracité pour la plupart.

"Oui j'ai des qualités que les femmes recherchent, mais je n'ai pas... Je n'ai pas envie d'être avec quelqu'un d'autre pour le moment, et ce n'est pas du sexe que je recherche." fit-il crûment. "J'aurai voulu te plaire pour autre chose."

Il fronça les sourcils:

"Je ne suis plus avec Riannon, et nous n'avons jamais été amoureux. Elle serait contente que je sois avec quelqu'un. De toute façon elle n'a rien à dire sur la manière dont je mène ma vie. Par contre elle m'en voudrait de m'être comporté comme un animal blessé et agressif."

Et voilà pour les excuses, qu'elle n'en demande pas plus.

"Je trouverais sans doute quelqu'un d'autre un jour. Merci d'avoir été honnête. En attendant, je ... Je préfère toujours qu'on ne se fréquente pas, s'il te plait. C'est très compliqué à gérer pour moi."

Il tenta un sourire peu convaincant en ouvrant les mains d'un geste fataliste.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #10 le: 19 mai 2012, 21:10:53 »
Dans la vie, il y avait les gens plus ou moins doués pour la communication. Tout en haut, il y avait les diplomates. Tout en bas les maladroits. Et plus bas encore, en creusant, on trouvait Mina et Beltran.
Ces deux-là étaient vraiment incapable de communiquer à un point presque pathologique! Si un professeur avait besoin d'un exemple pour expliquer à ses élèves le sens et les implications des non-dits, il n'avait qu'à venir les chercher comme cobaye.

Irmingarde prit conscience, après avoir écouté Beltran, que ce qu'elle aurait voulu, sans oser se le dire, c'était qu'il lui dise qu'il ne voulait qu'elle et qu'il était prêt à l'attendre, à attendre qu'elle, elle soit prête à lui rendre son affection.
A la place, elle l'avait de toute évidence fait encore plus souffrir que la dernière fois, ce qui n'était pas de peu de chose, et ce qui prouvait encore à quel point elle manquait de jugement quand cela concernait l'affectif.

Il ne comprenait pas! Elle ne voulait pas un cours magistral sur l'amour, elle voulait juste lui dire qu'elle ne savait pas si elle était amoureuse de lui mais qu'en tout cas, elle avait de l'affection pour lui, que si ce n'était pas un engagement, c'était peut-être la promesse d'autre chose. Pas plus qu'elle n'avait besoin d'un laïus sur la nature de son trouble. Ce n'était pas à lui qu'elle demandait des réponses. Elle l'avait déjà fait à Isabeau, puis à elle même, tous les jours, pendant dix jours, ce qui l'avait amené ici même. Il avouait qu'il n'était pas sûr de comprendre, mais tirait des conclusions quand même, et pas celles que la jeune femme aurait voulut.

En revanche, elle appréciait à sa juste valeur le compliment sur ses mérites, et l'aveu de ne vouloir être avec personne d'autre. Ca s'approchait de ce qu'elle voulait, mais ce n'était qu'une phrase au milieu d'un discours, et elle ne pouvait pas vraiment fonder des espoirs dessus.

Puis Beltran parla clairement de sexe et Mina rougit de haut en bas. Elle avait enrobé la chose elle, en en parlant. Lui en parlait avec franchise en la mettant mal à l'aise.

Quant à Riannon, c'était plus compliqué. Elle n'avait pas parlé d'elle comme quelqu'un qui mettrait son nez dans une éventuelle histoire parce qu'elle savait qu'une dame comme elle ne se le permettrait pas. C'était juste la façon dont la Chef des Bardes regarderait l'ancienne Chef des Pages qui la gênait. Qu'elle pourrait penser du mal d'elle, l'imaginer comme une intrigante. Par contre, que le Capitaine n'ait jamais aimé la mère de sa fille la laissait pantoise. Ils avaient quand même fait un enfant!
Certainement, dans la région natale d'Irmingarde, rares étaient les enfants nés de l'amour, mais elle pensait, qu'ici, à Haven, entre adultes consentants, pour en venir à faire un enfant, il fallait au minimum être amoureux. La surprise d'une telle révélation dut se lire sur son visage.
Il fit aussi des excuses, brèves, mais bon, au vu de tout ce qu'elle lui avait dit, il avait des circonstances atténuantes.

Quand il conclut, désolé, qu'il ne voulait plus la voir, Mina perdit un peu patience et tapa du pied, les poings se serrant convulsivement, et elle gémit, énervée:

"Tu comprends pas..."


Oui, sauf que maintenant, il comprenait encore moins et elle était obligée de justifier cette remarque. de toute façon, il le fallait. Parce qu'il avait vraiment compris de travers, et qu'il la forçait à sortir encore plus de sa réserve. Il fallait qu'elle trouve une bonne dose de courage au fond d'elle pour ça. Ezarell fit bien une brève apparition pour lui proposer son aide mais sa liée refusait que ses aveux soient dus à son Compagnon et pas entièrement à elle.

Irmingarde se mit alors à arpenter la pièce, se pinçant l'arrête du nez de ses doigts sous la concentration. Elle mesura combien il avait du être difficile pour Beltran de lui dire qu'il l'aimait, au vu de ses propres difficultés à ne serait-ce que songer à lui avouer que peut-être...
Finalement, elle lorgna un fauteuil, sur lequel elle s’essaya, se cala au fond pour pouvoir plier ses jambes, poser ses pieds sur l'assise et se cacher derrière ses genoux. Les bras autour de ses jambes, il ne dépassait que ses yeux. Elle se racla la gorge, mal à l'aise. Puis elle crocheta ses doigts entre eux pour essayer d'évacuer la tension. Et elle parla, très lentement, pour être sûre de ne pas dire de bêtise:

"Je n'ai pas envie que tu trouves quelqu'un d'autre. Et je n'ai pas dit que je ne t'aimerai jamais. Juste que je ne sais pas ce que c'est. Je t'ai dit que je t'appréciais, pour toutes les qualités que j'ai cité, et puis d'autre. Tu comptes pour moi, en tant qu'ami et... et sûrement plus."

Sur ce, la jeune femme rougit de plus belle, posa son menton sur ses genoux et continua:

"En fait, la seule chose que je peux te proposer, maintenant que je sais ce que tu penses vraiment, et ce n'est pas très charitable pour toi, c'est de la patience, beaucoup de patience. Tout ça pour dire que je suis prête à t'envisager autrement que comme un simple ami, je le sais, là... - elle détacha ses mains et tapota l'emplacement de son cœur pour illustrer son propos - seulement, n'importe quel geste habituel pour toi, dans une relation, prendra un temps fou avec moi, je suis sauvage..."

La tournure de sa phrase donnait l'impression qu'elle se montrait magnanime envers lui, mais ce n'était pas ça, et Irmingarde espérait qu'il comprendrait sa maladresse.
Finalement, comme toute cette conversation prenait un tour atrocement formel, elle essaya de sourire à Beltran, sans être sûre du résultat, toujours cachée au fond de son fauteuil. Elle sentait bien qu'il manquait un peu de... tendresse? de légèreté tout du moins dans l'atmosphère confinée de ce bureau.
Elle posa ses jambes pliées contre l'accoudoir gauche du fauteuil pour libérer le haut de son buste, elle pencha la tête et ajouta sur un ton de défi:

"Séduit-moi! Fait en sorte que j'ai du... désir pour toi."

Tendancieux aurait dit Isabeau. Mina avait-elle conscience de ce qu'elle disait là? Elle ne savait même pas comment elle avait pu oser sortir une chose pareille. En parlant de désir, elle sous entendait l'envie de se rapprocher de lui, mais assez sagement au final, pas comme la plupart des gens l'entendait. Mais elle n'avait pas su s'en empêcher.
Quitte à brûler toutes ses chances, autant le faire jusqu'au bout!
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #11 le: 23 mai 2012, 10:01:58 »
Cela avait été comme une épreuve du feu pour Beltran. Mettre ses sentiments à plat, avouer une faiblesse qu'il se reprochait constamment, c'était une preuve de confiance qu'il faisait là à Irmingarde. Sauf que la jeune femme ne la comprendrait certainement pas comme ça - et qu'elle ne semblait pas plus comprendre que s'il lui demandait de partir, c'était parce qu'il estimait que c'était la meilleure solution, non seulement pour que lui puisse gérer son amour et sa douleur, mais pour qu'elle-même puisse éviter de souffrir et de faire souffrir. C'était la meilleure solution, ne cessait-il de se répéter, en se demandant dans le même temps pourquoi il avait tellement envie de souffrir quand même et de la voir encore. Rationnellement il avait choisi la bonne solution. Il en était sûr. Mais Irmingarde balaya même ses prétentions à rester rationnel, une fois qu'il eut fini son propre petit discours.

La Grise s'énerva. Oui, Mina s'énerva. La première fois, ça avait été parce qu'il la regardait. La seconde parce qu'il ne la regardait pas. La troisième était parce qu'il la regardait mais ne voulait pas la regarder. Les Dieux devaient bien rire du haut de leur nuage bleuté dans le ciel resplendissant du paradis des Dieux - un peu de distraction pendant la guerre ne faisait de mal à personne si?
En tout cas, le geste d'enfant gâté que fit Irmingarde ébranla un peu de poussière - et beaucoup de résolution de Beltran. Il haussa un sourcil et la laissa expliquer ce qu'il n'avait pas compris. Il était pris d'une furieuse envie de lui attraper les épaules et l'empêcher de tourner en rond dans le bureau comme un fauve en cage. Il était cependant conscient que ce n'était pas le moment parfait pour la toucher. Enfin, au grand soulagement du soldat, la jeune femme s'installa très familièrement dans un fauteuil, dans une position défensive extrêmement claire pour un soldat (ou un psychologue, sauf que vous avez dû remarquer que Beltran n'était pas un grand adepte de la psychologie, notamment féminine).
Le Capitaine était aussi mal à l'aise que la Grise, mais il alla s'appuyer sur son bureau, à moitié assis dessus, jambes tendues, pour la regarder. Il attendait les aveux. Le reste des aveux, car ils ne semblaient pas en avoir fini avec eux. Il l'écouta sans mot dire un moment sans montrer ses sentiments.
Quand elle eut fini, ce qui prit un peu de temps, il secoua doucement la tête.

"Tu t'es entendue? Tu me demandes de faire preuve de patience et de te courir après alors que tu sais que ça me ferait souffrir. Je ne suis pas très... à l'aise avec l'idée d'aimer. Pour un soldat c'est une faiblesse. Tu es quelqu'un qu'un ennemi pourrait attaquer. Je ne prendrai pas le risque de te mettre - et de me mettre en danger sans avoir une bonne raison de le faire, et tu viens toi-même de dire que c'est sûrement en vain que je t'attendrais..."

Il se leva à son tour et se rapprocha un peu du fauteuil, tout en laissant une distance raisonnable.

"Je sais que tu es sauvage. Je sais que ça serait long. Je sais que j'ai envie de te séduire, d'attendre, d'être patient. Je sais faire ces choses-là en général. Mais franchement..."

Il hocha la tête, désolé:

"Je doute d'en avoir le courage. D'en avoir le temps aussi..."

Un Héraut mourrait en général jeune. Un soldat de métier et gradé, aussi. Aurait-il le temps de la conquérir, et le courage de le faire pour qu'ils meurent trop tôt tous les deux? Entendrait-elle cette peur?

Il faillit se mordre la lèvre et puis finalement se retint et ajouta vivement, avant de ne plus oser se lancer:

"Et ce n'est pas juste que je sois le seul à faire des efforts. Je souffre aussi." (Oui c'était mélodrammatique mais il fallait bien lui expliquer le pourquoi du comment). " Si tu veux que je te séduise, montre moi que tu veux que je le fasse. Je te promets d'essayer de ne rien prendre de travers. Je ne veux pas qu'on soit dans un rapport de force. Un rapport d'égalité nous serait plus profitable. Chacun fait un pas vers l'autre, comme dans la danse. Chacun se parle. Comme maintenant, mieux que maintenant?" expliqua-t-il. "Je ne veux te faire aucun mal, alors ... s'il te plait... ne me regarde plus jamais comme si j'étais un wyrsa." conclut-il.

Il lui tendit la main, pour sceller l'accord si elle l'acceptait. Il était orgueilleux, et elle était fière. A eux d'eux, faire des compromis était déjà un pas de géant, et  le fait qu'ils acceptent de le faire ou non montrerait s'ils étaient capables de coopérer. Accepterait-elle de faire un geste, elle qui lui demandait tant?
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #12 le: 23 mai 2012, 20:48:44 »
Est-ce qu'Irmingarde s'entendait? Oui, et elle avait parfaitement conscience d'être difficile et compliquée, mais si en plus ce qu'elle disait avec difficulté était compris de travers, on était pas sorti des feuilles!

Elle le laissa parler jusqu'au bout, il avait été assez gentil pour lui faire cette politesse, elle la lui rendait. Et elle était curieuse d'entendre sa réponse à son discours alambiqué, elle avait même peur de sa réaction.
Cela dit, elle dut se faire violence pour, un, de pas lever les yeux au ciel d'exaspération, et deux, ne pas se lever et râler en élevant la voix. Réciprocité encore. Beltran avait l'air de prendre énormément sur lui pour rester calme et ne pas la froisser, elle devait faire de même non?

Mina ne changea pas de position, bien installée dans son fauteuil et essaya de choisir ses mots avec soin pour composer sa réponse. Exercice difficile, parce qu'elle voulait lui faire des compliments autant que se défendre de ses erreurs:

"C'est peut-être une faiblesse pour toi, et mon argument va te sembler ridicule, parce que tu es un soldat mais... elle te va bien, cette faiblesse. Tu impressionnes les gens avec ton poste, ta haute stature. Et il n'y a que moi qui voit cette facette de ton caractère, j'aime ça."

La jeune femme sourit et rougit en même temps.

"Mais je n'ai pas dit que tu attendrais en vain, j'ai dit que ça prendrai du temps, c'est différent. Ne soit pas pessimiste. Je ne parle pas en années. Je n'ai pas la même notion du temps que toi de tout évidence... Ce que j'ai essayé de te dire, c'est que je sais que j'ai envie de te rendre tes... sentiments. C'est juste que j'ai peur, que je n'y connais rien, et que les réactions de mon corps me font peur... J'ai tout à apprendre."


Elle ne savait pas si le Capitaine comprenait que quand elle lui parlait de temps, c'était le temps effectif qu'il mettrait à passer toutes les barrières, à désamorcer ses peurs. Elle avait cadenassé des tas de chaînes autour d'elle, sans connaître les codes secrets pour s'en libérer. Ça, ce serait le travail de recherche minutieux de Beltran, s'il le voulait bien. Le problème, c'est qu'il avouait de ne pas être certain d'en avoir le courage. Pour ne pas dire des mots blessants, Mina choisit de plaisanter:

"Le grand Capitaine reculer devant un tel défi, allons..."


En fait, elle était mortellement blessée qu'il n'essaye même pas alors qu'elle venait vers lui.
Sa réflexion sur le temps qu'ils avaient devant eux l'effraya un peu parce qu'elle en comprenait le sens. Leurs métiers à risque, leurs missions les obligeaient-ils à ne pas gaspiller leurs temps? L'idée était effrayante. Mais elle savait qu'il avait raison au fond. Vivre plus fort et plus vite pour ne pas passer à côté de sa vie?
Elle voulait bien vivre, mais elle ne pouvait pas se forcer! Mais elle comprenait bien qu'il avait en fait peur. Peur de quoi? Ne pas assez profiter d'elle? Voilà qui teintait toute cette conversation de romantisme. Était-ce ça qui provoquait alors autant d'émotion en elle? Ou était-ce l'idée qu'il accepte qu'ils s'apprivoisent petit à petit?
En tout cas, ce déferlement de sensations se vit sur son visage qui s'était encore un peu plus coloré.

Mina tendit sa main à Beltran, s'y accrocha pour s'aider à se relever du fauteuil. Sous la force de l'impulsion, elle se retrouve plus proche de lui que prévu et dut lever le visage pour le regarder.

"Je fais des efforts, tu ne te rends pas compte de ce que j'ai du aller chercher comme courage pour venir jusqu'ici et te dire ce que je t'ai dit..."

Ce n'était pas tout à fait un reproche, juste une piqure de rappel. Il voulait qu'elle soit plus convaincante? Ce qu'elle lui avait dit n'était pas suffisant? Soit.
Elle n'avait pas lâché la main de Beltran, et comme plus tôt, elle posa sa seconde main sur celle du Capitaine, et passa son pouce sur le dessus. Ce n'était pas elle qui recevait cette minuscule caresse, et pourtant, ça crépita sous son doigt.
Elle s’éclaircit la gorge et le regarda en biais pour finir par lui dire:

"Si tu es doux avec moi, je ne te regarderai plus jamais comme un ennemi... "

Irmingarde ne savait pas badiner ni flirter, alors elle espérait que le ton employé pour lui dire ça, timide mais affirmé, était assez rempli de promesses sous-entendues pour qu'il comprenne qu'elle lui "montrait son envie d'être séduite".
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #13 le: 06 juin 2012, 15:46:54 »
Beltran avait besoin que les mots sortent de lui mais bien sûr, il n’en était pas totalement conscient. Avouer des sentiments, des faiblesses, il le considérait presque comme une déchéance même s’il (tentait) faisait confiance à Irmingarde. Ecouter des aveux, à part ceux de voleurs/ assassins / traîtres (cochez la case désirée), c’était aussi une compétence qu’il n’avait guère développé et il était mal à l’aise... et son cerveau comprenait beaucoup de choses de travers s’il devait en jugeait par les réactions de son amie - même si elle se retint sans doute de les exprimer clairement et à haute voix, même quand il conclut sur ses peurs.

A son tour, la Grise se relança dans un discours. On aurait dit deux Conseillers en train de se disputer pour obtenir un budget ou autre dans la salle de réunion du Conseil. Chacun usait de ruse et stratégie pour faire céder du terrain à l’autre, mais à reculer d’un pas et à ré-avancer d’un autre, ils n’avançaient guère ni l’un ni l’autre.
Il n’avait pas spécialement envie d’être apprécié pour ses faiblesses, il fallait l’avouer. Il n’avait pas envie d’attendre... même si elle rouvrait la porte à un peu d’espoir. Sauf que son orgueil de mâle refusait de devoir se plier aux désirs d’une femme, déjà qu’il s’était ridiculisé devant elle. Irmingarde tenta ensuite de le faire plier par un coup bas dirigé contre son orgueil. Malgré lui, la pique le fit réagir et il la fixa presque froidement. Il réfléchit une seconde. Puis il se décida à répondre:

“Je sais qu’il t’a fallu du courage. Mais je ne trouve pas l’échange équitable parce que ce n’est pas sûr qu’il y ait un résultat au bout. Et que tu risques de souffrir et moi aussi.”

Encore.
La douleur physique ne dérangeait pas le capitaine. Il n’était pas préparé à en affronter une du genre de celle que proposait Mina.
Le blond fixa le visage de la jeune femme. Il se rendit compte qu’il avait déjà perdu. Quand elle termina sur sa promesse, il savait ce qu’il allait répondre.

“Avec toi je serai doux comme un agneau. Et aussi idiot.” tenta-t-il de plaisanter.

Il secoua tout doucement sa main comme pour sceller une promesse - ce qu'il venait de faire.

“Quand je signe un accord en général j’offre un verre à mon partenaire. Tu veux boire quelque chose?”
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Mina/Beltran] A song of ice and fire
« Réponse #14 le: 06 juin 2012, 21:33:32 »
Irmingarde vit beaucoup d'émotions et de sentiments différents passer sur le visage de Beltran en quelques secondes. Mais cette froideur et cette distance la marqua plus que les autres, surtout assorti de la remarque d'un échange équitable.
Comme elle voyait bien que malgré ses prévenances, le Capitaine commençait à cesser de se braquer, elle modéra sa réponse qui faillit être très vive:

"Comme je disais, je n'y connais rien, mais je croyais que dans les histoires heu... sentimentales, on ne comptabilisait pas les faits et gestes de chacun, ce n'est pas un concours non?"

En même temps, c'était ridicule, vu qu'elle lui demandait de prendre en compte le mal qu'elle s'était donné pour venir le voir. Entre la théorie - à savoir donner sans compter en amour - et la réalité - leurs caractères respectifs - il y avait tout un monde!
Donc finalement, elle balaya sa propre remarque d'un geste de la main:

"Laisse tomber... On ne tombera jamais d'accord, je crois, sauf sur le fait qu'on n'est jamais d'accord!'

Drôle de philosophie pour débuter un semblant de relation, mais au moins, Mina était lucide.
Quand il lui promit d'être prévenant et idiot, la jeune femme pencha la tête sur la gauche et mordit sa lèvre inférieure.

"Je suis impatiente de voir ça!"

Elle ne lui dit pas qu'il s'était déjà comporté comme un imbécile, et qu'elle savait à quel point il pouvait être doux avec elle, et patient.

Irmingarde retira sa main de la sienne et plia et déplia ses doigts pour les délier lentement. Elle avait l'impression que sa main était brûlante et engourdie.
Quand le Capitaine lui proposa de sceller leur accord particulier par un verre, elle se rendit compte que sa gorge la brûlait et qu'elle avait effectivement très soif.
Elle accepta en traversant son bureau et se penchant derrière sa table de travail.

"Volontiers Capitaine! Tu caches de l'alcool ici?"


Mina fit mine de chercher des bouteilles dans les coins de la pièce. Elle était de bonne humeur de pouvoir retrouver leur complicité.

"En revanche, je vais devoir encore compter sur toi pour de nouvelles découvertes, car en dehors de l'eau et les jus de fruits communs, je ne connais pas grand chose en boissons d'adulte."

Plus jeune elle se souvenait d'avoir but à la bouteille d'alcool fort de son Père, et de s'être fait punir très sévèrement. Depuis, elle s'était tenu loin de ça!
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »