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[Fête de la victoire] Les petits plats dans les grands
Héraut Irmingarde:
"Cavalier ? Beltran ?"
Le dialogue entre Isa et Mina était la preuve que les mots avaient des définitions différentes selon leur origines et leurs quotidiens.
Il était clair qu'une Héraut Archiviste, fils d'un Artisan de Luxe, n'avait pas ma même définition de la monotonie qu'une Héraut militaire Hold.
Et dans le cas de Beltran, elle imaginait bien mal le Commandant être incorrect. Directif, peut-être ?
"Alors je n'ai pas été assez claire avec Micha, et c'est moi qui suis désolée. J'ai râlé pour la forme, parce que j'étais impatiente, mais je ne l'ai pas mal pris. Je ne sais juste pas ce que c'est que d'avoir un frère qui se soucie de mes intérêts."
Elle fronça légèrement les sourcils en repensant aux souvenirs qu'elle avait partagé avec Beltran à ce sujet, puis reprit:
"La dernière chose au monde que je voudrais serait qu'il pense que je puisse avoir du ressentiment envers lui. Je dois déjà beaucoup à ta famille, Isa, et ces dernières décades ont alourdi encore plus la note. Je serai une bien mauvaise amie, et cousine, si j'osais me montrer ingrate."
Mais la suite fut plus amusante alors que les yeux d'Isa se posaient sur la bague de Mina, reconnaissant bien sûr sa provenance. Quant au sens...
La boutefeu s'amusa à répondre avec évidence:
"C'est une bague Isa. Et je crois que ton frère peut être qualité de bien des choses, mais pas de petit."
Elle fit un sourire un peu gênée à son amie. Elle savait que Kate et Micha avait gardé le secret, où Isa serait venu la voir avant.
"C'est un très joli bijoux, il a été fait par Micha, il a beaucoup de talent. Et oui, c'est bien une bague de fiançailles."
Le dire à voir haute donnait une réalité à ce mariage qui effraya Mina. Jusque-là, c'était resté un projet évoqué dans l'intimité de la chambre d'amis des De Girier. A présent, c'était réel.
La bouche soudainement sèche, elle but une gorgé de jus de fruit légèrement épicé avant de demander d'une voix qu'elle voulu sûre:
"Alors, qu'en dis-tu?"
L'avis d'Isabeau comptait énormément aux yeux de Mina, même si rien de ce qu'elle pourrait dire ne la ferait revenir en arrière. Après tout, elle avait eu de nombreuses décades pour y réfléchir, et en ayant entendu, aux sources, ce que l'archiviste en pensait.
La réaction de Méra l’inquiétait, mais celle d'Isa aussi dans une moindre mesure.
Isabeau d'Armentières:
Spoiler: Le post tapé à la machine montrer
"Tu ne dois rien à ma famille, Mina. C'est le principe de la famille. Bon, certes, les Holds et les Sadares sont de mauvais exemples. Mais chez nous, tu as ta place, point. Ingrid est une peste, mais si elle sonne chez l'un d'entre nous avec un problème, on sera la pour elle. Toi, c'est pareil. En plus sympathique qu'Ingrid. Y a pas de gratitude ou d'ingratitude entre nous."
Isabeau croqua dans un beignet.
"Puis bon. Tu as été blessée en défendant la ville et l'Atelier contre un Boutefeu fou d’après ce qu'on dit ... Si on comptait les points, ce qui n'est cas le cas, tu aurais pas mal d'avance, ma chérie."
Non, sans blague , bien sûr que c'était une bague, Isabeau était abasourdie, pas stupide. Elle jeta d'ailleurs un regard noir à la pyromancienne. Qui développa enfin...
"TU AS ACCEPTÉ LA DEMANDE DE BELTRAN?"
Si les gens sous la tente ne le savaient pas encore, c'était maintenant chose faite.
Ce qu'elle en disait ...
Elle avait de vagues souvenirs de la conversation, le lendemain du mariage de Micha à propos de tout ça. Mina était effondrée, Méra désapprobatrice et Isabeau ... avait une gueule de bois pas possible et avait surtout ronchonné et lancé des piques. Elle n'avait pas été d'un grand soutien. Il était temps de se rattraper.
"Je... suis un peu étonnée. La saison dernière, tu l'as largué plutôt que de l'épouser je voudrais être sure que tu le veux et que ce n'est pas pour te rabibocher avec lui que tu lui cèdes sur ce point..."
Isabeau prit la main de Mina dans les siennes.
"Donc je voudrais surtout savoir ce que Toi tu en penses."
Héraut Irmingarde:
Mina avait passé seize ans de sa vie à s'excuser d'exister. Alors forcément, ça ne s'effaçait pas d'un trait de plume.
Mais la réponse sans équivoque d'Isa lui alla droit au cœur.
Quant au combat:
"Ouais, le Boutefeu. Je n'avais jamais eu à faire à quelqu'un... comme moi. Et qui n'a pas la... l'honneur Héraldique pour ne pas mal utiliser son pouvoir."
Ce n'étaient pas de bons souvenirs. Elle en rêvait, parfois, cette façon dont il l'avait regardé avant d'attaquer Jayanti, et elle. Elle, elle tuait parce qu'elle n'avait pas le choix, pour protéger les autres d'abord, puis elle. Lui, il avait fait le choix de mettre son pouvoir aux services de plus riches que lui, en se fichant du mal qu'il faisait.
:Ma liée idéaliste...: lui transmit Ezarell.
Heureusement, la réaction d'Isabeau chassa ces tristes pensées, et Mina s’affola en l'enjoignant:
"Isa, chut!"
Elle cacha sa main comme si cela empêcherait les gens alentour de comprendre ce qu'Isabeau venait de hurler. Puis elle essaya de mettre de l'ordre dans ses pensées et se remémora ce qu'elle avait dit à Beltran, quand elle avait dit oui. Parce que rétrospectivement, même si il y avait eu des larmes, un nez qui coule et en endormissement spontané, Mina n'était pas peu fière de la façon dont elle avait dit ce qu'elle avait alors sur le coeur.
Sauf qu'elle n'allait pas faire de grandes déclarations à Isa.
"Je l'ai quitté parce que j'étais vexée qu'il me fasse cette demande en pleine fête, sans prévenir. J'étais en colère parce qu'il ne semblait pas avoir compris qui j'étais. Puis j'ai parlé avec toi, et Méra, et j'ai beaucoup cogité... J'ai réalisé que j'étais surtout déçu de Beltran et moi, parce qu'on avait préféré se préserver et ne pas se faire souffrir en évitant d'être honnête. Alors j'ai essayé de voir si ça ne pouvait pas être mieux, sans lui, après tout, j'en savais quoi ? Je crois que personne n'ignore que Wilfried et moi... mais ça n'a rien donné, si ce n'est que me confirmer ce que je savais déjà. J'étais toujours amoureuse de Beltran. Il n'y a que lui..."
Elle sourit quand Isa prit amicalement sa main.
"Je l'aime, et je veux son bonheur. Lui aussi. Et il fait tout son possible pour ça, jusqu'à renier ses aspirations les plus profondes. Je ne veux pas l'épouser parce que ça a du sens pour moi, tu sais ce que ca a pu représenter à mes yeux, mais parce que c'est important pour lui, et que moi, finalement... je m'en moque. Et j'aime me dire que j'ai pris le dessus sur mes mauvais... souvenirs en la matière. Je ne cède rien, il avait renoncé à ce vieux rêve, surtout si il y avait le moindre espoir que je revienne Je sais combien il est capable de s'oublier à mon profit, mais moi, je n'aurai pas oublié qu'il l'avait voulu si fort. Et puisque je compte bien passer ma vie avec lui...
Tu aurai vu son visage quand je lui ai dit que je voulais bien l'épouser, et sa réaction... franchement, une journée de festivité contre ça, c'est rien du tout."
Elle soupira:
"Il y a aussi tout le reste de ma vie en femme de l'Héritier de Greenhaven, mais il a bien comprit que j'étais un Héraut, pas une Dame, et que je ne le serai jamais. J'ai été assez claire la-dessus. Le moins de changement possible, et nos missions d'abord."
Il y avait encore autre chose, mais c'était tellement... niais qu'elle n'osait pas le dire. Elle ne l'avait pas dit à Beltran d'ailleurs.
Isabeau d'Armentières:
Isabeau rit de bon cœur à la tentative de son amie de rester discrète. On n’annonce pas une telle nouvelle en étant discret. Na.
La jeune femme était néanmoins un peu inquiète pour son amie. Elle tenait à savoir pourquoi elle était passé en si peu de décades d’un rejet radical à une acceptation presque enthousiaste. Isabeau, au contraire de beaucoup de hérauts était une fervente partisante du Mariage, Mais elle ne voulait pas l’imposer à tous sans prendre en compte les particularités individuelles. Et les particularités individuelles de Mina contre le mariage étaient solides. Ce n’était pas une simple opposition idéologique comme beaucoup de hérauts femmes. Non, pour elle, le mariage avait représenté un esclavage ignoble, pire que celui, déjà salé qu’elle avait vécu.
Mais Mina semblait avoir enfin fait la paix avec ses démons. Et le très honorable Beltran était encore dans le paysage pour en faire une honnête femme. Isabeau offrit à son amie un sourire lumineux :
« Alors je suis heureuse pour toi. Et j’espère avoir une place de choix à la cérémonie ! »
Elle la sera contre elle.
« Presque bienvenue dans le clan des hérauts mariés. Tu vas avoir plein de questions sur l’utilité de te marier, tu sais. J’ai même eu droit à Arthon qui m’a précisé qu’on n’avait pas besoin de se marier pour faire un bébé. Merci de l’information, majesté… »
Le ton d’Isabeau était ironique.
« Mais toi, tu verras pour le bébé, apparemment. Après, les choses se calment. Donc tu en aura peut être l’occasion. Je ne sais pas, à toi de voir. »
Héraut Irmingarde:
Ca avait été plus simple que prévu de convaincre Isa. Mina fut rassurée. A la fois de ne pas à avoir à débattre plus longtemps sur la légitimité de sa décision, mais aussi sur sa décision en elle-même, qui devait être la bonne puisqu'elle savait la défendre. Un cercle vertueux un peu étrange.
"Une place de choix ? Isa, si tu le voulais bien tu... Je vais avoir besoin de témoins. Et honnêtement, il n'y a guère que toi que j'imagine dans ce rôle."
Elle plaçait beaucoup d'espoir dans cette demande. Elle comptait aller trouver la Grande Prêtresse d'Aanor, Maya, dans les jours prochains, pour voir si elle acceptait de célébrer le mariage, et tout ce qu'il faudrait faire pour que celui-ci respecte les traditions de Sironis. Parce que ni elle ni Beltran n'en avait la moindre idée. En revanche, Mina savait que traditionnellement, chaque marié avait deux témoins. Même chez les Holds, même si ces derniers étaient souvent le Père et la Première Epouse, sans aucune pression bien sûr.
Si Beltran avait déjà un choix très arrêté sur la question - et quel choix ! - Mina n'avait qu'Isa en tête, et si celle-ci refusait... Mais non, elle ne refuserait pas, n'est-ce pas ?
"Doucement quand même" râla-t-elle quand son amie l'étreignit. "Je ne suis plus très épaisse."
Elle but une autre gorgée, qui fit passer le noeud qui s'y trouvait à peine une demi-marque avant.
"Tu sais, je compte beaucoup sur le fait que pour la plupart de gens, Beltran et moi nous comportions comme de vieux mariés. Du moins d'après les rumeurs que j'ai entendu."
Elle fit un sourire amusé et continua:
"Je n'ai de compte à rendre à personne de toute façon."
Et elle comptait bien s'y tenir.
L'anecdote sur Arthon lui tira une expression choquée:
"Le Roi t'as parlé... reproduction ? Sérieusement ? Je n'aurai pas su où me mettre."
Ce genre de boutade, elle l'aurait attendu à la limite de la part de Wylan. Diantre, Wylan, qu'allait-il en dire lui ?
"Mais en ce qui concerne ce chapitre, il a été évoqué entre Beltran et moi. La balle est dans mon camp, je dirai. Liane le comble, et la descendance légitime des Greenhaven est déjà garantie par son frère. Et moi, j'ai trop à faire. Sans vouloir être présomptueuse, je ne veux pas priver Valdemar de mes compétences. Si on a besoin de moi et que je suis dans l'impossibilité d'aider, je le vivrai très mal. Tout comme ce ne serai pas rendre service à un enfant d'avoir deux parents militaires. Les risques seraient trop grands. Peut-être que ça me paraitra moins insurmontable un jour. On verra..."
Un léger rire la secoua et elle rajouta:
"Même si je doute me lever un jour en m'écriant "Par la déesse, je ne remplie pas mon rôle de Dame, vite, un héritier, Beltran, venez-ici tout de suite!""
Elle soupira:
"Déjà, je dois survivre à ce mariage. Beltran va écrire à sa mère, qui va je pense rejoindre Haven dans la foulée. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai décliné plus ou moins en face les invitations à rencontrer sa famille. J'ai appris pour l'occasion que les Greenhaven avaient une maison dans le quartier Noble, tient."
Elle jeta un oeil autour d'elle et ajouta :
"C'est aussi bien remarque, ce n'est pas à la Caserne qu'on pourrait les loger."
Elle repensa au plaisir qu'elle aurait d'y retrouver ses marques, ce soir. Ce serait probablement le seul plaisir d'ailleurs. Si elle voulait que la question d'un bébé ne se pose pas.
"Comment va Montaro ? Et Raimon ? Je ne l'ai pas croisé encore, il ne t'a pas accompagné ?"
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