Auteur Sujet: Mes écrits (certains du moins)  (Lu 4091 fois)

Manuchan

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Mes écrits (certains du moins)
« le: 12 avril 2010, 16:09:39 »
Auteur : Manuchan
Base : Digimon
Genre : Yaoi, deathfic, songfic, sang, suicide, POV de Yamato
 N.D.A : sur la base de la chanson du même titre de HIM



« Join me in death »  



-   Bonjour mon amour….


Yamato, les yeux tournés vers celui qui partageait sa vie depuis quelques années maintenant, laissait son sourire s’étendre au fur et à mesure qu’il apercevait la beauté de son amant. Il la connaissait pourtant, mais il était toujours surpris de se retrouver, le matin, en compagnie d’une si merveilleuse créature. En cet instant, il croyait à sa bonne étoile, se disant que rien d’autre ne pouvait expliquer la chance qu’il avait d’être auprès de la seule personne qu’il avait aimée avec autant de passion : Taichi

Il étendit ses bras et les passa autour de la poitrine de celui qui lui apportait de la joie sans même le vouloir, sa seule présence lui permettait d’être heureux, il n’avait jamais connu cela avant, étant toujours froid et distant, ses problèmes affectifs en avaient été décuplés, seul Taichi avait réussi à cerner son mal-être, à le comprendre et à l’évacuer. Il lui en était reconnaissant, plus qu’envers quiconque, il aurait été capable de tout pour sauvegarder ce jeune homme brun, au visage angélique….. Il n’avait pas pu.


Comme tous les matins depuis plus d’un an, Yamato se rendait compte que personne n’était à ses côtés, que ce n’était qu’une image de son esprit, que celui qu’il avait aimé avec tant de force était parti pour un autre monde. Ses yeux débordants de larmes, il gémissait, sa douleur profonde le transperçait tel un poignard visant directement le cœur, sans aucune pitié. Oui, comme chaque matin, il serrait l’oreiller de son amour perdu contre son cœur et gémissait, maudissait le jour ou un soi-disant Dieu lui avait pris celui qui comptait le plus à ses yeux.

Oh! Taï.... . Si tu savais comme tu me manques, comme ton corps était beau à mes yeux, autant que ton esprit que je chérissais. Tu n’es plus là…. Je ne devrai pas t’en vouloir d’être parti, je n’arrive pas à m’en empêcher. Tu m’as laissé seul en ce monde. Je sais bien que j’ai des amis, mais aucun d’eux ne pourront jamais combler le vide que je ressens au fond de moi, pas même Takeru. Je continue à t’aimer malgré tout, je n’arrive pas à me défaire de ce sentiment. Pourquoi à-t-il fallu que tu prennes la voiture ce jour là ? Pourquoi ne t’ai-je pas demandé de rester à mes côtés ? J’aurais dû… il est trop tard….


Les yeux encore inondés de larmes, Yamato se levait, vacillant légèrement encore en proie à la torpeur de sa tristesse, il ne mangeait plus, ne dormait plus, il survivait plus qu’il ne vivait en ces jours maudits ou plus rien ne lui semblait avoir d’importance.

Il titubait légèrement et devait, la plupart du temps, se maintenir aux murs. Son premier réflexe, une fois debout, était de mettre son lecteur CD en marche, la musique était encore la seule chose à lui apporter un peu d’allégresse. Il se souvenait des soirées passées ensemble avec Taichi, à écouter de la musique, à faire l’amour sur de la musique, s’abandonnant totalement l’un à l’autre dans une parfaite osmose des sens. Aller sur un mouvement de va et vient en suivant le rythme des percussions. Le souvenir était incrusté en Yamato, comme marqué au fer rouge et chaque fois que la mémoire de ses instants lui revenait, la douleur venait avec elle. Il souffrait, chaque secondes qui passaient étaient pour lui une torture mentale, mais il avait besoin de ses souvenirs, c’était tout ce qui lui restait….

Une fois le lecteur en marche, il s’asseyait sur son canapé et fermait ses yeux sur le monde, ne voulant plus voir la laideur de ce qui l’entourait, plus aucune beauté en cette terre puisque la plus grande avait disparue….

“Baby join me in death”
 
 
Ses yeux se sont ouverts avec brutalité, écarquillés et paniqués, ses yeux, d’un bleu azur, semblaient terrorisés….

-   cette voix…

Il était pris dans un tourbillon de sensations et de sentiments, ne sachant plus quoi faire, sinon, écouter

“Baby, join me in death”


Taichi…. Cette voix…Non!!


“Baby join me in death”


Les paroles défilèrent, sur un rythme un peu plus rapide, il était troublé et apeuré par ce qu’il croyait avoir entendu. Mais, maintenant, il n’avait plus cette sensation, la chanson était la même que d’habitude.

“We are so young
  Our lives have just begun
  But already we’re considering”


Je deviens fou…. Fou de douleur.

“Escape from this world”


D’un bond, Yamato se levait de son canapé. Il essayait d’atteindre son lecteur, de faire stopper cette chanson, il ignorait pourquoi, il devait juste l’arrêter, mais il n’y parvenait pas, immobilisé par le son de la voix de son amour disparu. Il lui semblait perdre pied.

 “And we’re waited for so long
  For this moment to come
  Was so anxious to be together,
  Together in death”


Ensemble dans la mort….

Pour la première fois depuis un an, il se sentait plus vivant que jamais et c’est cette vitalité soudaine qui lui donna la solution : mourir

Ensemble dans la mort. Oui, mon amour, j’ai compris. Enfin, j’ai compris. Bientôt, nous serons réunis….


 Il avait pris sa décision, il allait se libérer de sa souffrance et de sa peine, plus jamais il n’aurait mal. Enfin, il allait rejoindre celui sans qui la vie n’avait plus de sens à ses yeux.

 “Won’t you die tonight for love?
   Baby, join me in death
   Won’t you die?
   Baby, join me in death
   Won’t you die tonight for love?
   Baby, join me in death”


-   Oui, je vais mourir, je vais te rejoindre dans la mort, enfin libre et avec toi, pour l’éternité


Yamato, sûr de lui, avançait à pas lents vers son destin, ou plutôt ce qui allait y mettre un terme. Il ne titubait pas, marchant aussi droit que possible pour un être humain, tout son corps tendu, ses muscles bandés au maximum, il n’était plus maître de son corps. Celui-ci, avançait indépendamment de sa volonté, mais cela ne le gênait pas, il savait qui le contrôlait et pourquoi.

La musique envahissant toujours son cerveau de cette mélodie si douce et le poussant toujours plus à vouloir ce qui devait arriver de toute façon.

 “This world is a cruel place
   And we’re here only to lose
   So before live tears us apart let
   Death bless me with you”

Il se trouvait maintenant devant un miroir, une psyché qui lui permettait de se voir en entier. Il avait toujours tenu à ce que sa beauté ne soit pas altérée, mais c’était avant, aujourd’hui, il n’avait personne à séduire, personne pour qui faire des efforts. Ses amis ? Il n’en avait cure, il savait qu’ils survivraient.

De toute façon, je ne pense pas être autre chose pour eux qu’un souci permanent, ce que je suis certainement, autant faire en sorte qu’eux aussi soient libérés, libérés de moi.


Le refrain de la chanson entamait son battu mélancolique, lorsque Yamato, le bras en arrière, lança son poing contre le miroir et le réduit en plusieurs fragments étincelants.

Ainsi, c’est de cette façon que je vais mourir ? Pourquoi pas ? Tant que je te rejoins, rien n’a d’importance.


“Won’t you die tonight for love?
   Baby, join me in death
   Won’t you die?
   Baby, join me in death
   Won’t you die tonight for love?
   Baby, join me in death”


Ses mains se mouvant de façon saccadée, il prit entre ses doigts un morceau de miroir, se les coupant. Il ne ressentait plus la douleur, elle lui paraissait si lointaine désormais, comme s’il n’en avait que vaguement entendu parler, à ce moment, son corps n’avait plus aucune prise sur son esprit.

“This live ain't worth living
  This live ain't worth living
  This live ain't worth living
  This live ain't worth living”


La mort est la seule chose encore intéressante….


La musique s’accélérait quand d’un geste vif il se trancha le poignet gauche, il regardait le sang couler avec fascination. Ce flot continu qui laissait partir la vie et tout ce qui s’y rattachait.

C’est si simple de mourir, pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Le corps humain est si fragile….

Le liquide carmin s’échappait de ses veines, formant sur le sol des flaques informes comparables à de la peinture que quelqu’un aurait renversée sans la nettoyer en partant.

Toujours fasciné par ce liquide de vie, Yamato se mit à dessiner. Il dessinait un ange, un ange de sang, un ange de mort….

Cette couleur est si belle, elle m’attire en elle….

En effet, il était attiré par cette couleur, il plongeait le bleu de ses yeux dans le rouge de son sang et il se sentait bien. La lumière se reflétant sur les flaques disposées sur le sol rendait sa consistance presque immatérielle, comme venant d’un autre monde.

Relevant légèrement son visage aux traits harmonieux et, pour la première fois depuis longtemps, reposé, il trancha son autre poignet et fut repris de la même fascination en voyant le torrent de sang partir de ses veines avec tant de rapidité.

La chanson avait reprise, le lecteur était programmé pour repasser toujours la même.

“Won’t you die tonight for love?
   Baby, join me in death
   Won’t you die?
   Baby, join me in death
   Won’t you die tonight for love?
   Baby, join me in death”


-   Je viens mon amour, je viens. Je vais bientôt mourir.


Il disait cela aussi facilement qu’il aurait dit bonjour, cette phrase lui semblait si naturelle maintenant que la voie vers l’éternité lui était tracée.

Il s’allongea à même le sol et se fondit dans la mélodie. Les yeux fermés, couché dans son propre sang, il versa une seule et unique larme, une larme de joie.

La vie fuyait  son corps définitivement, il rejoignait Taichi dans la mort. Il mourut seul, avec dans son cœur l’allégresse et dans sa tête, ces seuls mots qui l’avaient poussé à mourir :


“Baby, join me in death”



FIN
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Héraut Saskia

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Re: une de mes vieilles fic ^^
« Réponse #1 le: 15 avril 2010, 21:53:30 »
Roooh, personne n'a commenté la fic de Manu :S ! Du coup, je vais me dévouer... ou pas...

Je ne connais absolument rien à l'univers de Digimon - sauf le générique français et vaguement la tête de quelques uns de leurs digimon... Donc j'avoue que je n'ai pas lu, parce que de toute façon, je crois que je n'y comprendrai rien - sauf si tu me dis le contraire !!

Par contre qu'est-ce que j'ai aimé revoir ça :
Citation de: "Manuchan"
Auteur : Manuchan
Base : Digimon
Genre : Yaoi, deathfic, songfic, sang, suicide, POV de Yamato
 N.D.A : sur la base de la chanson du même titre de HIM

Ca me fait pensé que ça fait des SIECLES que j'ai pas lu de fanfics !! (se demande si l'Ecurie existe toujours.... )
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Aranel

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Re: une de mes vieilles fic ^^
« Réponse #2 le: 15 avril 2010, 22:16:49 »
Sisisi j'y venais.  ;)

Alors : au niveau du style, y a pas de problème tu écris très bien. En revanche je pense que tu devrais réduire le nombre de virgules pour y gagner en fluidité. Certaines phrases sont coupées 3, 4, 5 fois et assez souvent inutilement.

exemple:
Citer
Les paroles défilèrent, sur un rythme un peu plus rapide, il était troublé et apeuré par ce qu’il croyait avoir entendu. Mais, maintenant, il n’avait plus cette sensation, la chanson était la même que d’habitude.

Une virgule est comme une reprise de souffle dans une phrase. Si tu reprends ta respiration à chaque virgule (technique très utile d'ailleurs pour tous ceux qui veulent mettre leur style à l'épreuve!) tu te rends vite compte que ta phrase est complètement hachée. En même temps je peux pas trop critiquer j'ai exactement le même défaut !  :lol:

Seconde chose je pense que du devrais emmener l'idée de la mort avec plus de douceur (mais pas avec moins de brutalité). Je m'explique : c'est la musique qui semble lui donner l'idée ; une idée qui ne lui avait jamais traversé l'esprit jusqu'à lors.
Je pense que tu devrais plus t'appesantir sur les souvenirs heureux. Tu passes très vite et je trouve que le texte perd en force. Au lieu "d'expédier" ces bons moments à jamais disparus par deux ou trois phrases évoquant leur état physique et mental fusionnel, joue sur les sentiments comme sur les saveurs ! Ton texte est volontairement lyrique alors vas-y à fond sans tomber non plus dans le lacrimo pleurnichard. Il faut que le lecteur puisse sentir le cheminement mental du personnage qui d'abord se réveille dans la joie avant que n'arrive le souvenir, qu'on ait les larmes qui se coincent dans la gorge et qu'on se dise : Putain... c'est normal qu'il ne mange plus.

Lorsqu'on arrive au passage :
Citer
Les yeux encore inondés de larmes, Yamato se levait, vacillant légèrement encore en proie à la torpeur de sa tristesse, il ne mangeait plus, ne dormait plus, il survivait plus qu’il ne vivait en ces jours maudits ou plus rien ne lui semblait avoir d’importance.

On y croit mais on ne ressens pas son état d'esprit. Ce qui fait que quand la musique commence, qu'il a l'impression d'entendre la voix de son amant, qu'on sens qu'il va se donner la mort, on a un goût amer de gâchis dans la gorge.
Après il faut que tu identifies avec plus de subtilité peut-être ce que tu désires faire ressentir à ton lecteur : est ce qu'il doit être triste de ce suicide? Et ce qu'il doit ressentir la délivrance de son personnage ? Et ce qu'il doit être révolté de ce lâche abandon de la vie ?

Mais je pense que le lecteur ne doit pas faire comme moi et se dire "pouquoi?".

Voilà. Mais j'espère que ça te démoralise pas hein, que j'analyse.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Manuchan

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Re: une de mes vieilles fic ^^
« Réponse #3 le: 15 avril 2010, 22:47:09 »
Pas le moins, toute critique constructive est la bienvenue, c'est un one-shot que j'avais écrit en une demi-heure environ, donc, fallait pô s'attendre non plus à un chef d'œuvre littéraire ! lol Et en plus, j'ai le gros défaut de ne jamais retoucher les fics que je fais d'une traite, même au niveau des fautes s'il y en a ! Je sais, je suis bizarre ^^;;;

Saskia, tu peux la lire, c'est seulement BASE sur digimon, en fait, mis à part les persos dont je parle (yamato et taichi, matt et taï en français) ça n'a plus rien à voir avec les digimon ou le digiworld ^^
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Un joli conte.... de moi
« Réponse #4 le: 07 février 2011, 00:04:09 »
[justify:3fnze1lv]Cette histoire commence un jour sombre où la lune ne parvenait pas même à éclairer ne serait-ce qu’une partie de la route qu’elle surplombait. Des nuages d’un noir profond s’étalaient à perte de vue cachant l’astre argenté et dissimulant, dans l’ombre, un personnage des plus étranges….

Un homme, masqué par l’obscurité qui se mouvait parmi les ombres, aussi silencieux que le vide qui régnait sous les océans, aussi calme qu’un désert aride. Il avançait d’un pas sûr et sans mot dire.

On aurait pu penser qu’il avait quelque chose à se reprocher, cet homme si discret et peut-être….Ou peut-être n’était-ce pas le cas après tout. Pas de son point de vue. Certes, il avait tué, certes, il avait blessé…. Mais quel être aurait-il mérité la mort de sa main ? Un innocent ? Une veuve ? Un orphelin ? Non, bien sûr. Un criminel….Une crapule invétérée… un monstre de lâcheté et de cruauté nommé Larsa.

Cet être ignoble avait, à maintes reprises, propagé la souffrance dans son sillon, causant la peine la plus profonde à tous ceux qu’il rencontrait et même ceux qui avaient le malheur de l’aimer. Ce fut le cas d’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Cayal.

Un jeune homme sensible et surtout influençable. Un garçon encore innocent de la plupart des choses de la vie, ne voyant guère le mal si ce n’était celui que l’on pouvait lui faire subir d’un mot ou d’une gifle.

Leur rencontre fut si étrange et pourtant si simple. Une mort non loin, un garçon pris d’une curiosité morbide, un homme marchant à vive allure sans pour autant avoir l’air inquiet. Un heurt, une chute…..

Ils ne s’étaient retrouvés que bien plus tard mais le hasard n’avait rien à voir avec cette histoire. Larsa avait suivi Cayal, malgré lui aurait-il dit, fasciné par les yeux de l’innocent, par ses gestes simples et clairs, par sa beauté juvénile et sans défauts. La Bête en lui, qui sommeillait pour le moment laissait la part belle à son cœur, si infime et presque absent soit-il. Il ne put guère résister.

Observant Cayal, il se plaça volontairement sur son chemin et une nouvelle chute survint. Le jeune homme reconnut alors l’homme qu’il avait déjà heurté auparavant et la discussion, puis le flirt prirent place. D’abord hésitants, la gêne présente dans presque tous leurs mots, puis, un mouvement, une caresse et elle s’enfuit aussi vite qu’elle avait pu apparaître.

Des mots échangés, des baisers, un amour qui aurait pu durer par delà l’éternité mais la Bête veillait. Présente, insolente et affamée.

Le cœur de Larsa battait vite et fort alors que son esprit s’embrumait de pensées obscènes, d’actes violents et sanglants. Tant d’atrocités que la Bête appréciait, qui le faisait frémir et hésiter. Tant de terreur à prodiguer, la Bête, jamais ne s’en lasserait puisque son esclave était lui-même terrifié.

Ses envies reprenaient le dessus comme avant, sans considération pour sa vie présente ou pour ses sentiments et lui susurrait des mots de mort, des mots à ne jamais prononcer. La souffrance de son amant lui semblait une fontaine de plaisir dans le noir tumulte de ses pensées sans écho, qui n’attendaient qu’un cri de douleur pour rebondir sur la surface irrégulière de son esprit.

Quel obscur sentiment, mais pourtant si plaisant que l’amour mêlé à la mort. N’était-ce pas la base du romantisme ? Mourir pour celui que l’on aime…. Mais à quoi bon se mentir ? Il savait que lui ne mourrais pas car ce n’était jamais le cas. La Bête était là et ne le laisserait pas partir, elle continuerait à le surveiller, à le forcer, à le tuer en détruisant sa volonté.

Le temps passait, ligne intangible et impossible à stopper, traînant avec lui des chariots de souvenirs, émoussant ou ravivant des sentiments, laissant la place à l’habitude puis, se brisant en un instant. Seuls les morts pouvaient être libérés de son emprise et bientôt, Cayal en ferait partie. Un souvenir oublié dans le temps, un sentiment présent sans être là, une habitude perdue au profit d’une autre….

Le jeune homme aveuglé par sa joie qui semblait s’étendre bien plus loin que tous les rayons du soleil laissait tout son être tenter d’entourer son amant de sa protection, de le tenir éloigné de tout ce qui pouvait être mauvais, ne s’apercevant jamais que c’était le mal qu’il enlaçait. Ce qui devait survenir advint et l’un d‘eux tenta lors d’un baiser de tuer cet amour peut-être trop profond.

La Bête avait repris possession de Larsa. Et c’est ainsi que deux jours passèrent où des images cruelles et improbables se déroulèrent devant ses yeux fermés. Une lame éclatante dans le reflet d’une bougie. Elle plongeait dans un rouge carmin, fusant telle une étoile filante hors du corps de Cayal.

Ils se sont enlacés, chacun dans le réconfort de l’autre, chacun se croyant en sécurité mais l’obscurité restait présente, elle guettait, attendant le moment propice pour éteindre la vie, éteindre le ciel et la lumière d’un cœur.

Une dague sanglante dans la main, un regard froid et cruel, sans âme et sans remords. Un corps à terre et des sanglots étouffés. Une nappe augmentait sur le sol, brillante et luisante était la vie qui fuyait devant l’ombre. Comme si elle avait voulu échapper à la lumière noircie de la chandelle, témoin de cette atrocité.

Un homme reculait dans l’ombre sans ciller, son âme refroidie par le vide, il sortit de la maison partagée plus d’un an sans que la bête ne vienne la troubler. Cet homme, c’était Cayal. Et la Bête était morte, tuée par sa proie car une proie peut devenir un prédateur et se révéler bien plus froide et cruelle qu’un être démoniaque venu des profondeurs.

Larsa avait tué l’amant de Cayal et c’est là qu’ils s’étaient rencontrés. Une haine comparable en force à l’amour qu’il avait éprouvé s’était installée et la froideur de ses pensées l’avaient conduit à causer une telle douleur au meurtrier. S’en faire aimer et le tuer pour compenser la perte qu’il avait causée.

Peut-être un jour, vous rencontrerez un homme au regard vide, un homme froid et semblant dépourvu d’âme. Un homme nommé Cayal. Parfois tremblant et pleurant de ce qu’il avait fait, d’avoir perdu celui qu’il aimait…. Pas son premier amant, mais celui qu’il avait tué. Lui accordant la forme ultime de l’amour : la libération de la vie et la paix de l’âme.

Si vous le croisez, alors, regardez ses gestes simples, sa beauté sans faille son sourire candide, mais n’oubliez pas, surtout n’oubliez pas que même chez un être à la si douce apparence, parfois…. La Bête sommeille.[/justify:3fnze1lv]

Voilà, bon, c'est du vite fait hein ^^ des commentaires por favor ! ^^
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Héraut Arthon

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Re: Mes écrits (certains du moins)
« Réponse #5 le: 19 février 2011, 19:38:08 »
Je retrouve un peu de Manuchan là-dedans, j'ai l'impression. On aurait pu le prendre pour un de ses souvenirs... Et à la fois pour un conte sur l'intrinsèque Mal au coeur de l'homme... Et que tu parles de moi " surtout n’oubliez pas que même chez un être à la si douce apparence, parfois…. La Bête sommeille." ... J'aime beaucoup
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Manuchan

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Re: Mes écrits (certains du moins)
« Réponse #6 le: 19 février 2011, 19:39:36 »
Merci beaucoup pour tes commentaires ^^
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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