Auteur Sujet: Quand le mercenaire se dévoile.  (Lu 4057 fois)

Fitz

Quand le mercenaire se dévoile.
« le: 19 février 2011, 19:21:14 »
Car finalement... Je ne connais aucun autre lieu où je pourrai laisser aller ma plume.
Car finalement, j'ai décidé d'accepter d'être lu (oui personne n'a jamais rien lu de moi, et c'est mieux ainsi)
Car finalement, j'ai peut être aussi évolué, l'approche de la trentaine peut être.

Je vais me permettre de livrer ici quelques écrits. Du moins pour les plus récents.



Une vie.

Je n’étais pas censé être là. Je ne devais même pas aller en ville aujourd’hui.
Ma fille a 8 ans, c’est son anniversaire. Je voulais lui acheter ces confiseries, qu’elle aime tant. Il est 9H, des hommes s’affairent. Ils me font penser à une fourmilière, comme si ils veillaient à la bonne santé d’une reine imaginaire.
Tous en costume, tous semblable.
Je croise une mère avec son fils, il me fait un signe de la main.
Je dois penser à embrasser ma fille en rentrant.
Un flash me tire de mes songes, le corps de ma femme, ses courbes merveilleuses, ses mains sur ma peau. Je me suis encore perdu en elle cette nuit.
Le ciel est déjà bleu.
Je pense à la fête organisée pour la petite.
Et tout bascule. Les gens hurlent, la poussière se soulève. On dirait que la terre remue la fourmilière. Sommes-nous donc si peu ?
Projeté par l’explosion des débris m’ont heurté. Je m’affale, de part en part me traverse une barre de fer.
Mon sang s’écoule. Mais qui pourrait le voir au centre de cet enfer ?
A mes cotés la jeune mère s’est allongée sur son fils. Il pleure toute son âme.
Visiblement elle ne pleurera plus.
C’est fou comme je souffre si peu, mais je suis épuisé, j’ai besoin de fermer les yeux.
Je me surprends à rêver d’un monde de paix, sans religion pour régir nos vies, sans argent pour pourrir notre terre. Puis je rêve de vous. Une dernière fois rien que vous.
La petite n’aura pas ses confiseries.
« Modifié: 19 février 2011, 19:23:46 par Fitz »
"Ça marchait vachement moins bien, un cerveau avec une hache au milieu." -Isabeau-

Fitz

Re: Quand le mercenaire se dévoile.
« Réponse #1 le: 19 février 2011, 19:21:40 »
Le choix


Ce bruit métallique de serrure qu’on tourne, le bruit de tes semelles sur le sol qui résonnent dans mon appartement vide.
Je laisse la larme glisser entre mes paupières closes, je la sens qui roule le long de ma joue et qui s’écrase sur mon oreiller. Je t’entends déposer les clés sur le guéridon à coté de la porte,
Le froid s’engouffre d’un coup dans l’appartement si vide, si grand, un vent glacial, dans mon dos les frissons se forment, ton ombre se découpe sur le sol, je la regarde se dessiner doucement, s’agrandissant au rythme de la porte que tu ouvres. Je sais bien ce que cela veut dire.
Je sais que tu t’en vas, je sais que tu pars, que jamais plus nous ne serons ensemble, que jamais plus je ne sentirai ton corps contre le mien.
J’aimerai me lever, et te ramener sous les draps. Te faire l’amour une fois de plus, comme s’il n’existait que nous, t’aimer de nouveau et m’enivrer de ton corps, te sentir frissonner contre moi, subir les caresses de tes mains, et les griffures de tes ongles, entendre ton cœur s’accélérer, t’essouffler encore et encore, laisser mes doigts courir sur ta peau, ma bouche se perdre dans ton cou, te dire je t’aime dans un souffle, et te le répéter jusqu’à ce que tu n’entendes plus que ça.
Mais je reste là, allongé sous les draps, seul et frigorifié, mes doigts se serrent dans le vide, les larmes ne s’arrêtent plus de couler, tu sembles déjà si loin, j’entends pourtant le frottement de tes vêtements lorsque tu te retournes pour me regarder, je sais que c’est l’instant ou jamais pour te demander de revenir, je sais que c’est maintenant. Mais je n’en fais rien, un bruissement encore, et la porte qui claque. Je suis un homme seul dans un lit froid.
Tu es partie, jamais plus nous ne serons ensemble, jamais plus toi et moi ne ferons qu’un.
J’aurai tant aimé que tu reviennes.

Les larmes coulent toujours, il fait froid, si froid, je me sens seule, je ressers mon manteau, la nuit meurt peu à peu sous le soleil levant. J’aurai tant aimé que tu te lèves, j’aurai tant aimé que tu m’empêches de partir, que tu quittes ton lit pour me serrer dans tes bras, me réconforter, partager ta chaleur et t’offrir à moi comme à jamais je serai à toi. Jamais plus, toi et moi.

Il est trop tard pour cela.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Héraut Arthon

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Re: Quand le mercenaire se dévoile.
« Réponse #2 le: 19 février 2011, 19:35:27 »
Le premier m'a plus touchée que le deuxième, je l'avoue. J'ai dû le relire plusieurs fois pour pouvoir réellement bien le comprendre, car il m'est venu plusieurs sens à la fois. J'aime beaucoup.

J'aime bien le deuxième aussi, parce que c'est émouvant, et bien écrit. Mais j'hésite encore: le deuxieme paragraphe c'est bien la femme qui est le narrateur?
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Fitz

Re: Quand le mercenaire se dévoile.
« Réponse #3 le: 19 février 2011, 19:40:18 »
Tout à fait. J'ai toujours aimé à penser, que celui qui quitte peut aussi être celui qui souffre. J'aime me dire que chacun a sa part de douleurs, et de regrets. Enfin j'aime à l'éspèrer :p
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Héraut Arthon

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Re: Quand le mercenaire se dévoile.
« Réponse #4 le: 19 février 2011, 19:52:10 »
Je pense sincèrement qu'il est aussi difficile de quitter que d'être quitté. J'ai assez consolé d'amis pour le savoir.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »