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Messages - Thalyana

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Haven / Le retour du Héros
« le: 24 juillet 2026, 10:59:19 »
1er jour de la 3e décade d'automne 1485 - une maison de Guérison de la ville

Évidemment, personne n'avait réussi à convaincre Thalyana d'évacuer la ville. Malgré son nouveau-né et sa fillette de quatre ans. Personne ne pourait l'empêcher de soigner qui devrait l'être. Et surtout, d'être là pour s'occuper de son mari après la bataille. Le savoir loin d'elle était trop difficile.

Charwin, las, avait fini par accepter et l'avait envoyé en ville, dans une des Maisons de Guérison de la capitale. Elle avait donc attendu les premiers blessés, son fils Aldwin soigneusement lové dans une écharpe. Amalia, elle se trouvait avec sa marraine, à l'abri.

Rapidement, les blessés affluèrent. On ne lui confia aucun cas sérieux, elle devait se ménager... Ce qui lui convenait, ainsi, si Kalaïd arrivait gravement blessé, elle aurait toute son énergie pour le soigner.

Mais, heureusement pour elle, son mari ne semblait pas avoir été trop gravement atteint. Tout ce qu'elle pouvait faire, à présent, c'était l'attendre.



Kalaïd savait que sa femme n'était pas partie de la ville comme cela lui avait sans doute été conseillé. Il ne l'avait pas croisée mais son Lien lui faisait sentir qu'elle était encore physiquement proche de lui. Il ne lui avait pas fallu bien longtemps pour qu'on finisse par lui indiquer la maison de soins où Thalyana se trouvait.

Il poussa la porte et entra discrètement. Il y avait plusieurs blessés allongés, d'autres assis, du sang et des grincements de dents un petit peu partout...

Ce tableau lui rappela qu'il avait été chanceux aujourd'hui, ses seules blessures étaient morales. L'adversaire avait frappé durement, et surtout au milieu de la capitale, à proximité de leurs familles, de leurs lieux de vie, au cœur de leurs habitudes. C'était un coup de maître, il n'est rien de plus dévastateur que de ne plus se sentir en sécurité chez soit, il fallait leur concéder ce point.

Il s'avança dans la maison, passant devant les blessés. Il en reconnu quelques uns qu'il salua avec un geste d'encouragement ou une main sur l'épaule. Ils n'avaient pas l'air trop mal embarqués et étaient entre de bonnes mains, ça irait sans doute pas trop mal pour eux.
La chevelure blonde qui reflétait la lumière au loin le ramena à la raison de sa présence ici.

- Bonsoir ma Dame, souffla-t-il après s'être rapproché de Thalyana.



Thalyana sursauta quand elle entendit la voix de Kalaid.

«Tu m'as fait peur!» Elle se leva d'un bond et entreprit de l'ausculter rapidement. «Indemne?» Elle le prit dans ses bras. «Je ne sais pas comment tu as fait pour être aussi chanceux! Certains sont dans un état critique, d'après ce que j'ai pu voir!»

Elle le força à s'assoir sur un lit vide et lui mit une tasse de thé chaud et sucré dans les mains.

«Bois ça! Tu as les lèvres bleues à cause du manque de sucre.» Elle attrapa encore une barre de céréales sur le plateau et la lui tendit. «Et mange ça.» Son ton ne souffrait aucune réplique.

«Raconte-moi, Kal... ce qu'il s'est passé.»



Avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Kalaïd se retrouva tour à tour avec sa femme qui lui tournait autour en le scrutant sous toutes les coutures, dans ses bras, puis plus dans ses bras, assis sur un lit, avec une tasse de thé dans une main et une barre de céréales dans l'autre. Il eut un petit rire nerveux, posa ce qu'il avait en main sur le côté pour se relever doucement et décaler sa dague qui lui rentrait dans l'arrière de la cuisse, puis se rassit et reprit les « cadeaux » de son épouse.

Vu la rapidité de l'action, il jeta tout de même un œil derrière lui, pour s'assurer que le lit était réellement inoccupé. Bon, pas de mourant agonisant sous son poids, ça allait.

Il sourit à Thalyana avant de croquer dans la barre. Puis il répondit :

- Honnêtement, je ne sais pas vraiment. Nous avons été attaqué mais ça tu le sais déjà, l'ennemi était à nos portes, nous tenions sur la place, et puis soudainement il a réussi à pénétrer nos défenses par un moyen que j'ignore. Il a pu aller jusqu'aux jardins, du moins c'est là que je l'ai croisé. C'était une sorte de... Dieu. Cerath. Enfin en tout cas c'est ce qu'il prétendait...

Kalaïd marqua une courte pause le temps de boire une gorgée de thé.

-...Enfin bon tout va bien puisqu'il a fini transformé en caillasse par une magicienne. Ah et Fitz a joué avec sa boule aussi. ...Oui, le pseudo Dieu il avait une boule dans les mains, je ne sais pas ce que c'était... Enfin bref, c'est de la magie tout ça et je n'y ai rien compris comme d'habitude. Ce que je sais c'est que je me suis battu avec des clampins, mais qu'ils ont quand même réussi à blesser la Hérault avec laquelle je combattais, une certaine Keryne. Je ne sais pas comment elle s'en est sortie au final, je l'ai laissée dans une tente de guérison et je suis reparti me battre avec son Compagnon...

Kalaïd eut une légère absence alors qu'il buvait encore un peu. Il ne savait pas qui était vraiment l'homme qu'ils avaient affronté, il n'avait jamais croisé Cerath et ne pouvait donc l'identifier. Mais si c'était vraiment lui, alors la paix était proche sans doute...



«Tu t'es battu côte à côte avec un Compagnon? Ça c'est une histoire que nos enfants réclameront souvent d'entendre!»

Elle sourit, mais bien vite son visage s'assombrit.

«Il y a beaucoup de blessés, certains gravement atteints. Les barricades ont permis de retenir ue partie des ennemis, mais le déséquilibre des forces était évidents. En même temps, on a demandé à la garde de la ville de tenir leur rang dans une guerre de position. Ce n'est pas ce à quoi ils sont formés, là-bas. Et ça s'est vu dans leur blessure.» Elle soupira. «Je suis tellement soulagée que tu n'aies rien. Et j'espère qu'en effet, la paix est là. Je pense que toi et moi avons assez donné à ce combat contre Cerath.»

Elle se serra contre Kalaid.

«Te souviens-tu de la fois où tu m'as sauvé? Quand j'ai bêtement tenté de combattre mentalement une mage de leur camp? Parce que j'étais encore trop naïve pour comprendre les risques que je prenais...»



« Oh tu sais, ce n'est rien qu'un gros cheval finalement... » répondit-il avec un demi sourire. C'était très loin d'être vrai, et ce disant il entendait encore le craquement des os de leurs adversaires résonner dans ses oreilles alors que Kaya leur éclatait la tête à coups de sabots.

« On s'est encore battu contre des trucs magiques, et tu sais combien j'aime ça... », murmura-t-il en passant doucement le bout de ses doigts sur son doux visage de porcelaine.
Il aimait sa peau, il aimait ses traits, il aimait ses yeux, son sourire, l’entièreté de ce qui la composait.

« ...Mais si moi je ne maîtrise pas le sujet mais je sais à peu près ce que ça fait, la plupart des gars ne sont pas au fait des particularités de ce type de combat. C'est la plus forte arme de notre adversaire, notre ignorance en la matière... ».

Il resserra légèrement son étreinte autour d'elle.

« J'ai pensé à ça aujourd'hui, Fitz s'est mis en danger en intervenant. Et mon premier réflexe a été de me porter vers lui. Mais j'ai repensé à ce qui s'était passé avec toi, et ça m'a servi à éviter le pire je pense... J'avais pu t'aider pour un mage, mais contre Cerath, je ne sais pas ce qu'il serait advenu de moi si j'avais touché Fitz... »

Fitz... Son ami allait probablement avoir du mal à s'en remettre... Et lui aussi du coup.
Son visage s'était assombri en pensant à son camarade. Il se reprit et plongea ses yeux dans ceux de sa femme.

« Je crois qu'il va bien, il est dans le cirage mais je ne crois pas qu'il soit en danger... ».



«La magie... oui. Les dégâts qu'elle peut commettre... Les blessures qu'elle provoque sont affreuses. Heureusement, cette fois, la majorité des adversaires étaient simplement des combattants. J'ai surtout recousu des plaies.»

On ne lui avait pas laissé s'approcher des cas graves et elle comprenait parfaitement pourquoi. Mais elle avait fait la guerre, elle se rappelait les brûlures, les chairs fondues par des éclairs, les membres paralysés par des sorts étranges. Elle espérait que les victimes des mages n'étaient pas trop nombreux.

«Tu as bien fait, je crois... nous avons survécus grâce au Lien. Sans ça, nous serions sans doute mort. En touchant Fitz, je doute que...» Elle soupira. «Mais heureusement, tu t'es abstenu!» Elle esquissa un sourire. «Et tu le connais, il t'en aurait énormément voulu si tu étais intervenu et que tu l'avais privé d'une occasion de faire usage de sa hache... ou de toute autre arme d'ailleurs!»

Elle n'avait eu que des échos des événements qui s'étaient déroulés sur la colline, aussi ne comprenait-elle qu'une partie des inquiétudes de son mari. Elle lui caressa la joue.

«Ne t'inquiète pas. Je suis certain qu'on prend bien soin de lui. Sa compagne, déjà. Et si son cas nécessite une aide particulière, Charwin. Il lui faudra sans doute du temps pour retrouver sa... vivacité, mais... au moins, c'est fini.»

Oui... la bataille était finie. Et ils avaient gagné.

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Guérisseurs/ Elèves Guérisseurs / Re : [Guérisseuse] Thalyana
« le: 24 juillet 2026, 09:50:00 »
1486

Hiver
Par les couilles du Dieu Soleil... - avec Mina et Isa

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 24 juillet 2026, 08:58:17 »
On ne pouvait pas dire que la jeune femme était une patiente pleine de bonne volonté. On voyait bien qu'elle était ici à contrecœur et qu'elle n'acceptait de se faire soigner que parce qu'on l'y avait obligée. Ce n'était pas un très bon état d'esprit pour guérir, surtout dans un cas comme celui-ci. Thalyana poussa un soupir.

« Si tu y tiens, tu peux retourner à tes corvées... ce n'est pas ce que je te conseillerais cependant.» Elle sourit avec douceur. « Tu sais, ma fille est à l'âge où elle est persuadée qu'elle n'a plus besoin de faire de sieste, parce qu'elle est grande. Pourtant, je la vois, qui baille, qui peine à garder les yeux ouverts, qui lutte contre son besoin de dormir. Toi, tu le caches mieux, tu as plus d'expérience. Mais tu es comme ma fille. Tu as besoin de te reposer, même si tu penses que tu n'en as pas besoin, parce que tu es un Héraut, que tu as des tâches et des responsabilités... Et tu sais, même moi, je fais des siestes, quand il le faut...»

La Guérisseuse offrit un dernier sourire à la Grise avant de lui indiquer d'un geste qu'elle pouvait partir... ou rester. Mais elle s'assurerait que Dyalwen vienne passer la nuit à la Maison de Guérison, de gré ou de force.

Et... elle allait se renseigner sur Grand-père.

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Ailes des Hérauts / Re : Par les couilles du Dieu Soleil!
« le: 10 juin 2021, 11:12:22 »
«Tu me sembles aussi tout à fait normal, Isabeau, si ça peut te rassurer. Après tout, la jalousie, ça n'est pas obligatoire. C'est même mieux sans.»

Sans doute Thalyana avait-elle plus l'occasion que les deux autres de parler d'histoires de cœur et de couple. Et même si elle s'estimait mauvaise conseillère, les gens insistaient pour se confier à elle.

«On en est au concours de celle qui a le Don le plus chiant? Je vous ai parlé des problèmes d'une mère quand elle ressent, au milieu de la nuit, de l'humidité sur ses fesses, et qu'en fait, c'est la couche de son bébé? C'est un peu perturbant. Et je parle même pas de la gêne quand ça vous prend au milieu de certaines activités.
»

Elle aimait bien baisser ses boucliers quand elle profitait de son mari. Malheureusement, pour faire ça, elle devait s'assurer que ses deux enfants soient profondément endormis, voire absents de la pièce. Sinon, le moindre changement d'humeur de leur côté la sortait totalement de son activité du moment.

Si Thalyana comprenait les craintes d'Isabeau, elle voyait très mal Raimon tout plaquer pour une autre. Si vraiment il désirait mettre fin à leur union, il ferait les choses proprement. C'était un Héraut, après tout. Il était censé posséder une morale supérieure. Et si celle-ci lui faisait défaut, son Compagnon se chargerait de le rappeler à l'ordre.

«Et avec Enora, aussi, peut-être? La pauvre doit être mortifiée, si elle est amoureuse de Raimon. Même si je me doute que ça ne doit pas être ton soucis principal, là.»

Thalyana ne pouvait s'empêcher de penser à la pauvre jeune femme. Vu son caractère, ça devait être difficile pour elle. Elle était tellement honorable.

«Veux-tu que je prenne Montaro pour la soirée? Ça sera plus simple pour... mettre les choses à plat.»

S'engueuler avec un petit enfant n'était pas la meilleure des idées. Ni pour les parents, ni pour l'enfant.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 22 mai 2021, 10:59:35 »
«À Grand-Père? Non, bien sûr que non. Ça ne le regarde pas. Tout ce que te dis ici, tout ce qui se passe ici reste entre nous.»

Thalyana se demanda qui pouvait bien être cet homme, mais il était certain qu'il terrifiait Dyalwen, en tout cas à cet instant. Elle s'efforça de sourire manière rassurante, avant de revenir sur le sujet précédent.

«Tu reprocherais à l'homme avec la jambe cassée d'arrêter l'entraînement plus que deux décades?» Thalyana sourit. «Dyalwen, tu as vécu quelque chose d'extrêmement dur et traumatisant. Il te faudra du temps pour t'en remettre. Comme n'importe pour quelle blessure, pour n'importe quelle maladie, l'important est de respecter ton corps. T'entraîner risque de raviver brutalement des souvenirs que tu n'es pas en mesure de gérer. De la même manière que de courir sur une cheville blessée allongerait une convalescence, te battre tant que tu n'es pas prête ne fera que retarder le moment où tu pourras réellement reprendre du service.»

Pour Thalyana, cette discussion avait un air certain de déjà-vu. Pourquoi fallait-il que les Hérauts soient aussi têtus et absurdement dévoués? Ne pouvaient-ils pas entendre raison? Pensaient-ils vraiment que les Guérisseurs appréciaient de devoir se battre pour chaque médicament, pour chaque jour de repos?

En dernier recourt, Thalyana pourrait évidemment utiliser son autorité pour forcer la jeune femme à se faire soigner. Mais elle préférait éviter d'en arriver-là. Si la force pouvait se montrer utile pour quelques têtes de mule, dans le cas de Dyalwen, cela compromettait sans doute sérieux le lien thérapeutique.

«Dans l'idéal, j'aimerais aussi que tu passes quelques nuits ici, en observation. Changer de cadre peut parfois se révéler bénéfique. Nous en profiterons pour t'observer et décider s'il est nécessaire de te soumettre à des sessions de Guérison, ou pas.»

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Ailes des Hérauts / Re : Par les couilles du Dieu Soleil!
« le: 10 mai 2021, 06:23:22 »
«Je pense plutôt que chaque mariage est régi par des règles qui lui sont propres. Car la notion de fidélité, 'c'est assez flou. Pour certains, ce sera une fidélité du corps, d'autres du cœur, pour les derniers, de l'esprit. Du moment que personne ne se sent lésé... ce qui n'est évidemment pas le cas ici. Même si visiblement, Isa se sent plus flouée par le fait que Raimon ne l'ait pas avertie, plutôt que par le fait qu'il aille possiblement voir ailleurs.»

D'une certaine manière, la stupéfaction de Mina amusait Thalyana. Était-elle aveugle au point de ne jamais avoir compris la situation d'Isabeau? Visiblement oui. Pourtant, malgré sa propre inexpérience en la matière, il avait toujours été clair pour la Guérisseuse qu'Isa et Raimon s'étaient mariés avant tout pour des raisons familiales. Et que s'il y avait de l'amour dans cette histoire, ce n'était assurément pas de la passion. Mais évidemment, Thalyana n'avait jamais pu confirmer ses pressentiments. Et son manque de connaissances et surtout d'expérience sur les questions d'amour la rendait plutôt inapte à juger et aider les autres.

Thalyana manqua de s'étrangler avec son thé quand Mina, choquée, s'interrogea sur l'absence de désir d'Isa. Elle la dévisagea, mi-hilare mi-choquée. On n'avait pas idée de poser ce genre de questions! Pourtant, elle s'empressa de donner une réponse toute médicale pour éviter l'embarras à Isa.

«Tu sais, Mina, des gens qui n'ont pas envie, il y a en a plein. Le nombre de femmes, mais aussi d'hommes, qui viennent tout penauds trouver un Guérisseur pour lui demander de l'aide là-dessus... Ou juste pour être rassuré d'ailleurs. Si chez certains cette absence de désir est due des causes extérieures, chez beaucoup, c'est simplement leur manière d'être.»

D'ailleurs, Thalyana ne voyait guère le problème. On ne forçait pas à chanter des gens qui n'en avaient pas envie. Alors pourquoi en irait-il différemment avec le sexe?

Après cette réflexion interne pleine de bon sens, Thalyana tenta de revenir au sujet initiale de la conversation.

«Après, je comprends que tu le vives comme une trahison, mais une balade en amoureux, c'est... pas tout à fait te mettre des cornes, non? Et d'ailleurs, si ça se trouve - et bouché comme il est - il n'a aucune idée de ses propres sentiments, et dans sa tête, il passait simplement un moment avec une sœur de Cercle?»

C'était peu probable, mais certains étaient suffisamment bouchés pour ne pas réaliser leurs propres sentiments. Et ça arrivait bien plus souvent qu'on ne le pense d'être amoureux et de ne s'en rendre compte que trop tard.

Mina, par contre, ne semblait pas devoir se remettre des révélations du jour et posa une question qui amusa autant qu'elle gêna Thalyana. Et même si elle connaissait déjà la réponse à cette question, elle ne put s'empêcher de se demander ce qu'Isa répondrait.

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Ailes des Hérauts / Re : Par les couilles du Dieu Soleil!
« le: 06 mai 2021, 14:40:06 »
Thalyana était presque désolée de ne pas pouvoir soutenir Mina dans son effarement. Mais elle-même avait une vision assez pragmatique des choses. Elle avait entendu bien trop d'histoires aux issues toutes très différentes pour croire qu'il existait une vérité unique. Elle-même ne pouvait imaginer ce qu'elle ressentirait si Kalaid la trompait…ce qui était quasiment impossible, vu leur Lien. Et même s'il le faisait, leur relation ne pourrait guère en souffrir, tant elle était absolue et parfaite.

«Il me semble que le problème en général dans ce genre d'histoires, c'est surtout la rupture de confiance. Et en plus… Mina, je sais que c'est pas ton cas, mais en général, les Hérauts sont plutôt à l'aise avec ses choses là et ils ne s'embarrassent pas trop de morale rigide. Et ils ne sont pas les seuls. Tu sais qu'en moyenne, un enfant sur dix n'est pas de son père déclaré?»

Elle avait sorti ce nombre sans réfléchir à l'impact qu'il pourrait avoir sur la très puritaine Mina ou la très digne Isa. Dans les classes populaires, pourtant, c'était un secret de polichinelle.

Thalyana profita pour boire une gorgée de thé et grignotter un biscuit. Elle était toute prête à soutenir Isa, mais encore fallait-il que cette dernière soit au clair sur ses sentiments à elle. Or on en était loin.

Quand elle obtint par contre la réponse à sa question précédente, ce fut Mina à nouveau qui manifesta la plus grande indignation. Mais par contre, cette fois, elle était d'accord avec la boutefeu.

«Par contre je rejoins Mina concerant Enora. Elle était forcément au courant. Ce qui me fait me questionner sur ce que tu as vu. Car je connais mal Enora, mais assez pour savoir qu'elle est bien trop honorable pour son propre bien. J'ai cru que ta vision était assez graphique pour ne pas te laisser de doutes. Mais t'a-t-il "trompé"…» Elle mima les guillemets.«Ou ne parle-t-on ici que d'émotions et non d'actes? Que ce soit des tiennes ou les siennes, d'ailleurs.»

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Ailes des Hérauts / Re : Par les couilles du Dieu Soleil!
« le: 06 mai 2021, 11:26:32 »
Contrairement à Irmingarde, Thalyana prenait la situation avec flegme. Des gens qui en trompaient d'autres, c'était assez fréquent. Elle s'assit calmement, lissa soigneusement sa jupe et se servit une tasse. Elle attendit ensuite que Mina ait fini de s'indigner pour prendre la parole.

«Je vois...» Thalyana jeta un coup d'oeil à Mina puis à Isa. «Je ne sais pas trop comment dire ça, mais... Est-ce que c'est un problème? Je veux dire...» Elle se sentit rougir. «Tu es Héraut... et lui aussi. Enfin...je ne parle évidemment pas du fait qu'il l'ait caché. Mais...»

Comment dire à une amie qu'on s'était toujours interrogée sur sa relation avec son époux? Thalyana avait toujours eu l'impression qu'Isabeau n'était pas réellement amoureuse de Raimon. Certes, elle avait conscience de sa propre expérience faussait sans doute ses perceptions. Mais Mina, par exemple, malgré sa pudeur, montrait des signes assez clairs de son affection pour Beltran. Isa, par contre...

«Et on peut savoir qui est la malheureuse demoiselle qui va subir tes foudres?»

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Ailes des Hérauts / Re : Par les couilles du Dieu Soleil!
« le: 06 mai 2021, 09:50:54 »
Pour Thalyana, venir au Palais, et plus précisément dans l'aile des Hérauts, ça avait toujours quelque chose d'un peu exceptionnel. Elle n'y avait pour ainsi dire jamais mis les pieds du temps de ses études, et elle ne le faisait guère plus maintenant qu'elle était pleinement formée. Ses patients à elle n'étaient pas du genre qu'il fallait aller cajôler dans leur lit. Et avec deux enfants, elle n'avait que rarement le temps de prendre le thé avec des gens bien nés ou bien mariés.

Arrivée devant les appartements d'Isabeau, elle croisa Mina. Celle-ci n'avait pas changé, malgré son mariage avec un des meilleurs partis de la ville. Et d'après ce qu'elle voyait, la jeune femme n'était pas enceinte. Voulait-elle des enfants, d'ailleurs? Thalyana en doutait, sans trop savoir sur quoi se basait cette intuition.

Elle salua Irmingarde d'un signe de tête, puis un cri d'enfant se fit entendre. Blasée comme tous les parents, elle n'afficha aucune surprise et pénétra dans l'appartement, comme Isa les avait invité à le faire.

Un second cri, un juron plutôt, succéda bien vite au premier. Mais celui-ci émanait d'Isabeau. Et d'après son expression, elle l'avait lâché sous le coup d'une intense surprise. Qu'avait-elle trouvé dans la chemise de son époux?

«Plus qu'un fantôme, on dirait que…» Thalyana hésita un instant. «Est-ce du sang ou du rouge?»

Autant se montrer pragmatique dès le début. Ça n'en serait que plus simple pour Isabeau, non?

«Assied-toi. On dirait que tu vas t'effondrer.» Thalyana se dirigea vers la table basse et servit une tasse de thé qu'elle sucra généreusement. Elle la tendit à Isabeau. «Bois. Et raconte.»

Prendre les choses en main, elle savait faire.


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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 29 avril 2021, 15:21:10 »
Thalyana laissa à la jeune fille le temps d'assimiler ses paroles et d'en tirer les conclusions qui s'imposaient. Et sans nulle doute bénéficiait-elle des conseils avisés de son Compagnon, qui n'avait très certainement pas résisté à l'idée de participer, à sa manière, à cette échange.

Thalyana comprenait très bien l'envie de Dyalwen de refuser l'idée même qu'elle puisse être malade. Personne n'appréciait ce genre d'étiquette, personne n'avait envie d'être un patient. Mais refuser la réalité n'était pas option, quand on était Héraut. Trop de choses réposaient sur leurs épaules.

Enfin, Dyalwen sembla se résigner. Sa voix ne semblait pas très ferme et ses yeux brillaient.

«Faire? Il n'y a rien à faire, à part écouter ton corps, parler, pleurer et peut-être prendre la potion somnifère que je vais te préparer. Mais comprends bien qu'elle ne te sera d'aucun secours si tu ne fais pas ce qui vient avant.» Elle sourit doucement avant de tendre à Dyalwen un mouchoir propre - elle en avait une pile à disposition dans son bureau. «De mon côté, je vais demander qu'on t'exempte d'entraînement au combat pour le moment. Et je vais m'assurer à ce que tu sois entourée, par des gens conscients de ta situation. J'écrirai un rapport à Alemdar, évidemment. Pas sur ce que tu m'as raconté, mais sur les mesures que je pense nécessaires.»

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 02 avril 2021, 07:39:47 »
Thalyana écouta attentivement le récit de Dyalwen. Il confirmait ses premiers doutes. Non, il allait bien au-delà. Il n'était guère étonnant que la jeune femme fasse de cauchemars, qu'elle panique, qu'elle soit dans un tel état de fragilité mentale. Mais d'une certaine manière, elle avait eu de la chance. Quiconque avait pris possession d'elle était doué, car il aurait tout aussi bien pu détruire son esprit en le faisant. Thalyana était encore prise de nausées quand elle repensait à la femme possédée qu'elle avait tenté de sauver, quelques années plus tôt. Ce qui restait de son esprit... mieux valait ne pas y penser.

«Je vois... Ça a dû être dur de vivre ça. Perdre le contrôle de son corps, de ses pensées, alors que normalement, c'est la seule chose qui nous appartient vraiment. Quand on est enchaîné, on peut au moins essayer de se débattre. Mais quand c'est par l'esprit qu'on nous tient, alors plus rien n'est possible. C'est l'impuissance la plus totale qui soit. Et ça n'a rien de honteux d'en faire des cauchemars. Ce qui tu as vécu était d'une extrême violence.»

La Guérisseuse avait l'impression - ou plutôt, c'était ce qu'elle percevait - que Dyalwen s'en voulait. Était-ce parce qu'elle s'était laissée prendre? Parce qu'elle faisait des cauchemars?

«Tu sais, ici, je vois passer toutes sortes de gens. Même si je suis spécialisée dans la Guérison de l'Esprit, j'ai passé bien assez d'heures à soigner les blessures et les bobos de tout le monde. Et s'il y a une chose que j'ai apprise, c'est que les blessures de l'esprit sont pires que celles du corps. Quand tu te casses une jambe, personne, pas même toi, ne peut douter de la réalité de la chose. Tout dépend de sa gravité, tu auras abondamment saigné, on t'aura recousu, tu auras une attelle, des pansements, des cannes. En te regardant dans la glace chaque matin, tu verras les preuves de cette blessure et tout le monde autour de toi aussi. Personne ne doutera de ta douleur, et personne - pas même toi - ne donnera de conseil stupide du genre: "essaie de courir, tu verras, ça ira mieux" ou encore "je suis sûr que si tu te forces un peu, ça guérira tout seul".» Elle sourit doucement. «Quand les blessures ne se voient pas, alors tout d'un coup, ce bon sens s'évanouit. Tout le monde - et surtout toi - doute continuellement de la réalité de cette blessure. À chaque instant où tu te sens mieux, tu te demandes: "et si j'avais tout imaginé? Et si j'exagérais?". Autour de toi, les gens, incapables de voir dans ton esprit, partiront du principe que tu vas bien. Et même si tu affiches plus clairement les marques de ta souffrance, ils t'arroseront alors de leurs bons conseils totalement idiots. Et peut-être le feras-tu toi aussi.» Elle se tut un instant, le temps d'accrocher le regard de Dyalwen. «Est-ce que tu irais dire à quelqu'un qui n'arrive pas à dormir à cause de sa jambe cassée qu'il a tort d'en parler à un Guérisseur?»

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 02 mars 2021, 11:55:25 »
«Lorsqu'il a pris le contrôle?»

Thalyana avait parlé d'une voix très douce. Elle n'était pas certaine qu'on parlait bien ici de possession, mais dans le doute, elle préféra agir en fonction. Elle avait vu les séquelles que cela pouvait laisser sur un esprit, et ce n'était pas quelque chose à prendre à la légère.

«Donc, si je comprends bien, tu revis ce moment d'impuissance, quand...un homme en noir t'a maîtrisée? Physiquement? Mentalement?» Elle fronça les légèrement les sourcils. «Serais-tu d'accord de me raconter ce qu'il t'est arrivé pendant l'attaque, si bien sûr tu te sens prête? Sinon, peut-être pourrais-tu me raconter de manière un peu plus détaillée un de tes cauchemars? Parce que je dois avouer que je ne suis pas sûre de bien comprendre comment ça se passe.»

En fait, Thalyana avait de la peine à se représenter concrètement la situation. Et contrairement à la plupart de ses autres patients, elle n'avait pas pu entendre leur histoire de la bouche d'une tiers personne. Évidemment, si la jeune fille ne parvenait pas à s'ouvrir, elle irait interroger le Héraut du Roi, ou quiconque capable de la renseigner.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 04 janvier 2021, 14:58:05 »
«Enchantée, Dyalwen.»

Thalyana prit quelques instants pour observer la jeune femme. Tout en elle criait son malaise d'être ici. Sans doute ne rêvait-elle que de partir loin de cette pièce. Pourtant, si on l'avait envoyé voir les Guérisseurs, c'était que le problème était réel, car les Hérauts n'avaient pas la réputation d'être hypocondriaques.

Elle écouta attentivement les indications de la jeune femme, espérant pouvoir en tirer un premier diagnostique. Au moins, on ne parlait pas de chagrin d'amour ou autre drame habituel chez les adolescents du Palais.

«Tu attaques Tisia? Comment? Physiquement? Cela me semble compliqué. Mentalement? Et c'est assez fréquent d'avoir des sursauts de violence quand on est réveillé en sursaut. Ça n'a rien de surprenant.» Mais c'était rarement agréable, en effet. «Comme tu es une jeune fille intelligente et que tu as à tes côtés un Compagnon, je suis certaine que tu connais la cause de tes cauchemars. J'imagine que c'est lié à l'attaque du Palais?» Elle sourit doucement. «Tu n'es pas obligé de tout me raconter, mais peut-être cela te ferait-il du bien de t'ouvrir.»

Elle tenait le même discours avec tous les traumatisés. Elle savait à quel point parler était indispensable à la guérison, mais il était contre-productif de forcer les gens. Ils finissaient tous par s'ouvrir, avec le temps.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 26 octobre 2020, 10:00:46 »
La gêne de la jeune fille était palpable. Thalyana se demandait pourquoi une telle honte? Être malade n'avait rien d'honteux. Faire des cauchemars encore moins. Pensait-elle que devenir Héraut impliquait d'être surhumaine? Quelle idiote! C'était de cette manière qu'on se retrouvait avec des Hérauts au bout du rouleau, malades, blessés et incapables de continuer leur mission pour plusieurs décades.

«Ce sont des choses qui arrivent, quand on souffre de troubles du sommeil. Le Héraut Alemdar a bien fait de t'inciter à venir nous voir. C'est important de prendre soin de sa santé, et je suis ravie de voir enfin un Héraut qui l'a compris.»

Et tous les Guérisseurs le bénissaient pour cela.

«Tu disais donc: des cauchemars? Très bien. Ont-ils un thème récurrent ou bien sont-ils tous différents? Et est-ce qu'ils te réveillent, ce qui cause ton manque de sommeil, ou c'est parce que tu crains d'en faire que tu ne dors pas?» Elle sourit. «Tu ne m'as pas dit ton nom, d'ailleurs. Et notre différence d'âge n'est pas assez marquée pour que je t'appelle "jeune fille".»

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Collegium des Guérisseurs / Re : Broyer du noir
« le: 05 octobre 2020, 08:43:21 »
Thalyana classait la plupart der patients en deux catégories: ceux qui n'éprouvaient jamais aucune scrupule à déranger un Guérisseur, même pour une blessure mineur ou un simple rhume et ceux qui continuaient à s'excuser de déranger alors même qu'ils se vidaient de leur sang sur la table. Et contre toute attente, elle préférait les premiers. Au moins ceux-là ne tentaient-ils pas de cacher leurs problèmes à tout prix.

«Il n'y a aucune raison de s'excuser. C'est mon travail.»

S'excusait-on d'acheter du pain à son boulanger?

Thalyana récapitula le peu que la Grise lui avait dit.

«Tu as parlé d'un "on"… quel "'on"?» Elle sourit. «Tu ne dors pas assez, donc? Si c'est un problème d'insomnie, je peux évidemment te prescrire des tisanes calmantes. Mais je soupçonne que si on t'a envoyé à moi, c'est qu'il ne s'agit pas de cela. Alors dis-moi, pourquoi ne dors-tu pas assez?»

Thalyana soupçonnait que c'était lié à l'attaque sur Haven. Quoi d'autre, ces jours? Mais vu l'âge de la jeune fille, un chagrin d'amour était tout aussi probable, ou même un chagrin d'amitié. Elle avait vu des Bardes dépérir pour moins.

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