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« le: 25 mars 2020, 18:53:08 »
– Danse et chant. Je ne suis pas étonnée. L’instrument ça viendra, comme le reste, prends ton temps. Tu en trouveras un qui te conviendra. Pour certains bardes il faut parfois du temps pour pouvoir trouver l’instrument qui s’accord avec leurs dons. Ton don a toi est… Virevoltant, frais, il est logique que tu n’aies pas encore trouvé l’instrument qui te conviennent parfaitement. Prends le temps, ne te presse pas.
Le reste de la discussion laissa cependant Molly songeuse. Politique. Oui c’est vrai, le don des bardes pouvait être utilisait à ces fins-là, c’est pour cela qu’on les courtisait tout autant qu’on les craignait. Mais pas seulement. Elle adressa cependant un sourire franc à Tal quand elle parla de son don à « bon niveau ».
- Ton don est exceptionnel car il est pure. Instinctif. Bien sûr tu dois apprendre à le contrôler à faire attention, mais ton don est puissant, garde ça en tête.
Et Molly secoua la tête en souriant.
- Et oui, nous sommes utilisés à des fins politiques, parfois, souvent, même si notre éthique nous interdit de nous servir trop de notre don, il a une puissance que beaucoup convoitent, et craignent. Nous pouvons faire tourner cours une négociation, ou au contraire permettre à une négociation mal partie de se concrétiser.
Comment expliquer cela simplement.
- Tiens prends l’exemple de deux paysans. Ceux-ci n’arrivent pas à s’entendre sur à qui appartient le champ dans lequel l’âne broute. De toute façon aucun des deux ne sait à qui appartient l’âne. Les deux paysans en arrivent bientôt aux mains, et cela risque fort de finir par un meurtre. Maintenant, imagine un barde itinérant, qui était dans le coin. Que se passe-t-il ? Notre don nous permet de calmer la situation, pour qu’ils puissent y réfléchir à têtes reposées, ou tout simplement d’augmenter la tension pour provoquer l’irréparable.
Et ce serait surement ce qu’on demandera à cette pauvre petite, à un moment décider de l’émotion qu’elle doit donner à des personnes qu’elle ne connait pas.
- Instinctivement, tu projettes tes émotions. Ton chant et ta danse toute à l’heures, ont empli l’air d’une joie de vivre, et d’exister qui se ressentait jusque dans les couloirs du collégium. Vu comme cela, c’est positif nous sommes d’accord. Mais demain ? Tu deviens une femme, petit à petit, et un jour tes émotions ne seront plus « que » joie, ou bonheur, tu connaitras des peines. Je ne te le souhaite pas ! Loin de moi cette idée. Mais il faudra alors que tu apprennes à te contrôler.
Molly prit une profonde inspiration, et posa Kis’trach entre elle et Tal.
-Désolé mon ami murmura-t-elle puis regardant Tal elle reprit Regarde bien le furet
Molly se mit à fredonner, doucement sans monter la voix.
Son mezzo puissant ne nécessitait de toute façon pas de beugler pour envahir l’espace. Sa voix était partout, et pourtant semblait dirigeait vers le furet qui ne bougeait pas, a moitié endormi.
Puis la voix changea, non pas la voix, l’aura de Molly. Son fredonnement devenait plus inquiétant, plus lourd, plus menaçant. Le ton n’avait pas changé, mais la façon dont elle l’utilisait n’était pas la même. Elle modulait son aura plus que sa voix, et le Furet se mit à remuer, frénétiquement, cherchant un endroit où se cacher, semblant perdu, désemparé.
Cela ne dura pas, l’aura changea de nouveau, plus proche de celle dégagée par Tal, il en ressortait un sentiment de plénitude, comme si la nature elle-même avait composés le son, Kis’trach bailla, s’étira le dos comme s’il sortait d’un mauvais rêve, et braqua ses yeux pleins d’amour sur sa maîtresse qui arrêta la chanson
::Pas gentil, pas aimé
::Désolé Kiki je devais lui montrer.
- Ne t’inquiète pas pour Kis’trach, il a accepté depuis longtemps d’être en partie un déversoir de mes émotions, c’est même de son fait à lui. Lorsqu’il me sent énervée, il vient me voir pour que je puisse me recentrer et régler le problème sans être submergée par mes propres émotions. Et il me le fera payer cette nuit en me mordillant les doigts de pied pendant que je dors. Quant à ton don… Tu dois te servir de tes émotions, de ce que tu connais-toi, tu peux difficilement projeter quelque chose que tu n’as jamais vécue. Pour l’instant tu connais la joie de vivre, tu vis dans l’instant présent, et tu projettes, ce que tu connais, maintenant, ce que tu vis maintenant. Plus tard, tu apprendras à projeter des sentiments que t’apportent des souvenirs, des choses parfois douloureuses, triste, gênante, et j’en passe.
Le cours semblait magistrale pour une jeune femme qu’elle rencontrait à peine, alors Molly lui sourit, de son plus grand sourire en plissant des yeux,
- Je ne veux pas t’effrayer Tal, je suis désolée si c’est le cas. Tu as un don, un don puissant, et naturel. Comparé à d’autres bardes il te faudra très peu d’effort pour le déployer, tu me l’as montré tout à l’heure, malgré toi, mais tu me l’as montré. Il était de mon rôle d’ainée, de venir m’entretenir avec toi, et je serai prête à répondre à toutes tes questions.