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Messages - Héraut Enora

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Aile royale / Re : Rendre Enora Présentable
« le: 31 août 2026, 21:45:15 »
Énora écoutait les paroles de Jehanne avec attention. Elle était certes très compétente comme Héraut, mais elle savait parfaitement qu’il en allait tout autrement lorsqu’il était question d’amour.

Elle lui laissa libre accès à sa garde-robe. Elle hésita un instant devant le choix de la robe, mais pas parce qu’elle la désapprouvait. Il lui fallut simplement un moment pour se rappeler d’où elle venait. En vérité, elle ne l’avait encore jamais portée. Elle essayait de s’imaginer dedans, de savoir si elle pouvait réellement se voir avec une tenue aussi… colorée.

Finalement, elle choisit de faire confiance à son amie. C’est avec beaucoup de timidité qu’elle se changea et enfila la tenue.

Devant le miroir, elle se regarda longuement, essayant de s’habituer à l’idée de porter de la couleur. Pourtant, il était évident qu’elle aimait le résultat. C’était simplement sa modestie, ou peut-être son habitude, qui l’empêchait de porter autre chose que des couleurs discrètes.

— Merci, Jehanne. Vraiment… Tu viendras avec moi, hein ? Je sais que c’est idiot, mais je n’ai jamais eu beaucoup de chance dans ce domaine et je me sentirais mieux si je n’y allais pas sans compagnie féminine. Au moins au début.

Elle finit par l’avouer, continuant de se regarder comme si elle cherchait à apprivoiser son propre reflet.

Puis, après un instant d’hésitation, elle ajouta :

— Maquillage ou pas ? Qu’est-ce qui se fait chez les non-nobles et les non-Hérauts ?

Tant qu’à plonger, autant le faire complètement.

Et son amie était bien plus au fait de la mode en dehors de ses deux cercles qu’Énora ne l’avait jamais été.

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Haven / Re : [Eclipse] On se fait une Toile?
« le: 30 août 2026, 07:24:58 »
Énora arriva avec Dyalwen et Jehanne. Sa cousine les avait rejointes dans ses appartements au milieu des préparatifs, et les deux femmes l’avaient finalement suivie pour aller voir l’éclipse et lui offrir leur soutien.

Énora était des plus nerveuse, mais aussi un peu excitée. C’était vraiment un sentiment étrange. Elle ne l’avait réellement ressenti qu’avec Elryk… et il s’était avéré être un traître.

Jorel et ses deux amies l’avaient assurée qu’elle ne devait pas laisser sa poisse avec ses amours précédents lui faire manquer cette chance. Leur soutien l’avait beaucoup aidée, tout comme la femme qu’elle était devenue depuis que ses biais mentaux avaient été ouverts de force.

Si cela ne fonctionnait pas, eh bien, tant pis. Elle aurait au moins essayé.

Il n’était pas marié. Il était Valdemaran. Et rien n’indiquait qu’une quelconque divinité maléfique se cachait derrière ses actions.

C’était déjà un début.

Lorsqu’elle arriva sous les voiles, descendant de Jorel au moment même où l’éclipse commençait, ce ne fut pas l’éclipse qu’elle regarda.

Ce fut la foule.

Et elle se mit à chercher un visage en particulier. Il lui fallut quelques minutes pour le voir, mais le geste de la main qu'il fit pour attirer son attention l'aida beaucoup. Elle fit un signe discret et poli à ses amis pour leur indiquer où la suivre et toutes trois se dirigèrent vers Stefan.

-Stefan, voici mon amie Jehanne et ma cousine Dyalwenn, elles m'ont accompagné aujourd'hui par solidarité féminine, et sans doute pour s'assurer que je ne laissais pas ma timidité me faire tourner les talons.

Enora le dit après avoir pris une inspiration pour tenter de calmer son cœur qui battait la chamade, avec toute son honnêteté habituelle et une dose d'humour et d'auto-dérision.

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Aile royale / Re : Rendre Enora Présentable
« le: 26 août 2026, 20:32:18 »
La timidité du Héraut en matière d’amour n’était plus à faire. Si elle ne se laissait intimider ni par les nobles, ni par les cours de justice, ni même dans son rôle de garde du corps, elle était incroyablement naïve et vulnérable lorsqu’il était question du sexe opposé en tant que potentiel partenaire.

Ses déboires amoureux n’étaient réellement connus que d’un petit nombre de personnes, mais Jehanne était devenue une amie et, par conséquent, une confidente.

Ses premiers émois avaient été pour un Kal’enedral — et donc quelqu’un d’asexué. Le deuxième s’était révélé être un traître au service de ceux qui étaient à l’origine de la maladie qui avait frappé les Compagnons à l’époque. Puis il y avait eu Raymon, le mari d’Isabeau. Et, avec sa personnalité, Énora n’avait rien entrepris. Elle avait simplement subi ses sentiments en silence.

Avec le ménestrel, elle entrait dans un territoire totalement inconnu.

— Je… peut-être…

Elle bafouilla légèrement. Clairement, si elle était dans cet état, c’était que le bougre lui plaisait aussi.

— Je sais qu’il ne faut pas trop se fier aux réputations, mais j’ai demandé au Compagnon… Je ne parle pas de ragots de cour. Je ne pense vraiment pas être à la hauteur de ses admiratrices. Certes, je l’ai sorti du fossé, mais il n’avait qu’une jambe cassée. Il n’était pas à l’article de la mort.

Elle se laissa néanmoins entraîner par son amie jusque dans ses quartiers.

Peut-être y avait-il finalement un peu d’espoir dans sa voix et dans son regard…

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Aile royale / Re : Rendre Enora Présentable
« le: 24 août 2026, 20:06:49 »
Énora la regarda avec une timidité nouvelle, sentant ses joues rosir légèrement. Elle bafouilla :

— Eh bien, hum… il flirte un peu, mais les ménestrels le font toujours. Lui ne fait pas exception. C’est un peu sa marque de commerce. Je… Il semble intéressé, mais c’est sûrement par politesse, et parce qu’il est reconnaissant que je l’aie sorti du fossé et emmené chez les guérisseurs.


Néanmoins, avec une grande timidité, elle sortit l’invitation de sa besace. Elle n’avait pas pu se résoudre à la jeter ou à la laisser dans ses quartiers. Quelque chose l’en avait empêchée.

— C’est parce qu’il te plaît.

La taquina Jorel.

Énora secoua légèrement la tête, même si le Compagnon ne pouvait pas la voir. Il devait toutefois sentir ses émotions, qui partaient un peu dans tous les sens. Elle répondit à son compagnon par l'esprit, résignée, confuse, mais elle ne réfuta pas complètement.

— C’était un joli message. Et ce n’est pas parce qu’il a un joli minois et joue si bien que je vais tomber en pâmoison devant lui. Il doit avoir son catalogue de jolies filles à ses pieds. Je n’ai pas envie de jouer les compétitives.

Lorsque Jehanne lut la note, le flirt était évident, mais pas forcé. Il proposait cela comme un rendez-vous, mais comme entre amis également, et précisait que si Énora n’en avait pas envie, ce n’était pas un problème non plus.

— À la base, j’avais prévu une tunique et des braies confortables. Il y aura foule, et on va simplement regarder l’éclipse. Je prendrai de ses nouvelles, nous discuterons un peu, et il va sans doute repartir s’occuper de son côté.

Clairement, elle n’avait aucune confiance en son propre pouvoir de séduction. Elle semblait persuadée qu’il se lasserait rapidement et qu’elle finirait reléguée dans la catégorie des amies.

De plus, Jehanne savait sans doute, depuis le temps, qu’Énora s’habillait rarement selon son rang. Même lorsqu’elle était Bleue, elle était connue pour être frugale, bien que toujours de bon goût. Être Flèche n’avait certainement pas amélioré son sens de la mode. Elle en voyait rarement l’intérêt, et encore moins après ses déboires sentimentaux des trois dernières années.

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Aile royale / Re : Rendre Enora Présentable
« le: 23 août 2026, 23:14:02 »
L’idée était certes tentante, mais Énora était à la fois inquiète et curieuse de revoir le ménestrel. Elle secoua la tête, l’air de s’excuser.

— En fait… j’ai reçu une invitation pour rencontrer un ménestrel que j’ai aidé il y a quelques jours. Je n’ai rien promis, mais j’avoue être curieuse de savoir comment il va. Sinon, je pensais inviter Dyalwen aussi, et bien sûr, tu es la bienvenue.

Énora était bien naïve dans ce genre de choses, c’était connu dans son cercle. Elle ne semblait absolument pas réaliser que cela pouvait être un rendez-vous un peu galant ou, à tout le moins, que cela en avait le potentiel.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Grognements
« le: 22 août 2026, 23:56:29 »
Le silence s’étira. Énora n’était pas certaine de ce qu’elle pouvait, ou devait, dire ou faire face à cette situation. Le guérisseur arriva avant qu’elle n’ait eu le temps de se décider.

Alors qu’on la forçait à quitter la chambre, elle lança, sans vraiment réfléchir :

— Si jamais vous voulez une oreille pour en parler, je serai à votre disposition.

Elle laissa le guérisseur la pousser vers la sortie. Elle respectait leur autorité et, ne connaissant ni la situation ni les raisons de ce qui venait de se passer, elle préférait suivre ce qu’on lui demandait.

---

Son cœur fit un bond lorsqu’elle reçut et lut la lettre, soulagée de constater qu’il semblait aller bien.

Elle avait été très inquiète lorsqu’on lui avait appris qu’il avait quitté la maison de guérison, sans qu’elle ait le moindre moyen de savoir où il était allé, ni pourquoi. Elle respectait son choix, cependant, et n’avait jamais vraiment pensé qu’elle aurait de nouveau de ses nouvelles.

Elle avait de toute façon prévu d’aller voir l’Éclipse avec des amis. Elle n’était de garde que le matin ; ce ne serait donc même pas un détour dans son horaire.

Elle pourrait peut-être enfin s’assurer de ses propres yeux qu’il allait bien.

[Rp clot pour moi aussi]

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Aile royale / Rendre Enora Présentable
« le: 22 août 2026, 22:48:17 »
4e jour 6ème décade Été 1489, Midi

Énora et Jehanne avaient été de garde ensemble ce matin-là. Dès le lendemain de son retour de vacances, la jeune albinos avait repris du service. Ce n’était pas tout le monde qui savait pourquoi elle avait pris ces vacances, mais Jehanne en avait une assez bonne idée.

Les deux jeunes femmes étaient devenues de bonnes amies au cours des trois dernières années. Énora était secrète, certes, mais elle n’était pas une statue. Alemdar avait reçu quelques confidences, bien sûr, et peut-être Fitz également, mais elle ne pouvait pas tout dire à l’un comme à l’autre.

Fitz, parce qu’il avait déjà ses propres problèmes avec sa fille. Alem… parce qu’une partie de ce qui pesait sur Énora venait justement du fait qu’il ne se marierait pas. Elle ne voulait pas ajouter ce poids supplémentaire sur les épaules de son ami.

Alors, l’année précédente, elle avait finalement choisi de se confier à Jehanne. Elle savait pouvoir lui faire confiance pour garder ses secrets et, surtout, pour être simplement une bonne oreille. Et lorsqu’elle avait finalement demandé ses vacances, Jehanne avait été l’une des rares personnes à qui elle avait expliqué toutes les raisons de son départ.

Maintenant qu’elle était de retour, Énora rattrapait le temps perdu avec sa collègue.

Elles venaient justement de terminer leur quart de garde auprès de la Reine et quittaient ensemble le palais lorsqu’Énora finit par poser la question qui lui trottait dans la tête.

— Tu comptes aller voir l’Éclipse ?

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Collegium des Guérisseurs / Re : Grognements
« le: 22 août 2026, 20:01:56 »
Enora serra la main avec politesse, ses yeux prenant une teinte poli, mais derrière, elle sentait confuse et un peu protectrice de Stefan, elle était responsable de lui, elle l'avait emmené ici. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait entre la mère et le fils, mais clairement, il y avait quelque chose qui n'allait pas.

L'arrivé du guérisseur ne fit qu'augmenter son sens de malaise face à la situation, le fait que la femme n'était pas autorisé à voir son fils, clairement, il y avait anguille sous roche. On interdisait pas à une femme aimante de voir son fils sans bonne raison. Mais Enora ne voulait pas juger de la situation sans savoir d'abbord. Il pouvait y avoir de très bonne raison, peut-être un traumatisme, ou elle ne savait quoi en fait. Sa curiosité et sa personalité protectrice la rongeait, mais elle était trop bien élevé, trop respectueuse pour demander des explications. Ce serait mal de sa part.

Elle attendit en silence que la femme soit escorté hors de la chambre, mais quand elle se retourna vers le ménestrelle, il s'était enroulé dans un cocon. Il la remercia, mais elle ne sut trop que faire de tout cela.

- C'était la moindre des choses. Je ne sais pas ce qu'il y a entre vous, et cela ne me regarde pas, mais je pouvait voir votre malaise. J'espère que les choses s'arrangeront pour vous.

C'était une phrase un peu creuse, mais néanmoins sincère. Elle se sentait vraiment confuse, est-ce qu'elle ferait mieux de partir ? Ou est-ce que cela ne ferait que rendre la solitude, le malaise de cet homme qu'elle connaissait au final si peu, plus grand encore. Elle hésitait.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Grognements
« le: 22 août 2026, 19:24:23 »
Énora reconnut Iseult immédiatement. C’était une barde renommée, et surtout, la mère de Stefan.

Les ragots concernant cette famille étaient nombreux, mais une chose en ressortait presque toujours : les parents et leur fils étaient en froid. Selon ce qu’Énora avait entendu des Compagnons, cela semblait surtout venir du fils. Les parents, eux, paraissaient sincèrement aimants et affectueux. Mais les Compagnons n’étaient pas faciles à tromper. Ils avaient mis Énora en garde contre cette apparente disparité entre le comportement du fils et celui de ses parents.

Personne ne savait réellement ce qui en était la cause.

Énora observa la dynamique entre eux. Quelque chose clochait, c’était évident, mais elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.

Elle était bien trop honorable pour tenter de le découvrir grâce à son don sans avoir une véritable bonne raison de le faire. Cependant, lorsque Stefan leur demanda à toutes deux de partir, ses émotions semblant brusquement disparaître au simple contact de sa mère, quelque chose en elle se rebella contre cette demande.

Elle ne savait pas ce qui se passait.

Mais elle savait que quelque chose n’allait pas.

— Je crois que votre guérisseur est en chemin, Stefan. J’ai vu un novice qui semblait se diriger dans cette direction pour aller le chercher. Et je crois que je n’ai pas encore été présentée à votre charmante mère.

Elle se tourna vers la barde avec un sourire courtois.

— Madame, je suis le Héraut Énora de Lolryn.


Elle lui tendit la main, l’air parfaitement composé et poli qu’elle arborait dans les cercles de la noblesse.

Énora utilisait rarement son nom de famille. Ceux qui la connaissaient bien savaient qu’elle ne s’en servait que lorsqu’elle avait besoin du poids qu’il pouvait représenter. Mais ce moment lui semblait particulièrement approprié pour se draper dans la puissance associée au nom d’une famille issue d’un duché important.

Elle n’arrivait toujours pas à comprendre ce qui clochait.

Mais quelque chose clochait.

Alors, avec toute la politesse du monde, elle espérait que la Barde accepterait sa main. Peut-être que ce simple geste détournerait suffisamment son attention pour permettre à Stefan de ne plus être sous le regard — et surtout sous le contact — maternel qui semblait tant le mettre mal à l’aise.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Grognements
« le: 22 août 2026, 18:43:13 »
Énora avait repris le service le lendemain de son arrivée. Elle avait été bien occupée par ses responsabilités, mais une partie d’elle se sentait toujours responsable du ménestrel qu’elle avait ramené.

Jorel s’était appliqué à la tenir informée de son état, mais elle n’était pas retournée le voir. Entre les entraînements d’après-vacances, ses quarts auprès de la Reine et ses autres responsabilités pour tenir les nobles ambitieux tranquilles, elle n’avait pas eu le temps — ni vraiment l’énergie — de s’y rendre en personne.

Et puis… cela aurait sans doute été étrange pour lui qu’une presque parfaite étrangère vienne le visiter tous les jours simplement parce qu’elle l’avait ramené et qu’elle appréciait sa musique.

Elle venait de terminer son quart de garde auprès de la Reine et prévoyait de se mêler aux nobles, comme à son habitude, lorsque Jorel décida de la taquiner une fois de plus.

— Tu ne vas toujours pas voir ton béguin à l’hôpital ? Il doit s’ennuyer ferme, le pauvre.

Énora grogna mentalement. Elle savait qu’il la taquinait, mais cela la mettait réellement mal à l’aise.

— Il a sans doute des tonnes d’admiratrices. Il ne doit pas manquer de compagnie.

Mais le mal était fait. Une partie de son esprit n’était déjà plus concentrée sur ce qui se passait au palais.

C’était idiot, vraiment, de se demander comment il allait. Sa fièvre l’avait inquiétée, mais elle n’avait pas osé retourner le voir après cette première journée qui, de simples visite, s’était finalement transformée en concert impromptu. À la base, elle y était allé par devoir, par sens des responsabilité, parce qu'elle s'était dit qu'après avoir perdu connaissance, il aurait sans doute des question. Finalement, elle n’était repartie que plusieurs heures plus tard, alors que sa musique semblait la poursuivre jusque dans les corridors.

Ce qu’il éveillait en elle lui faisait presque peur.

Jorel lui avait décrit ses interactions avec ses visiteurs. Stefan flirtait avec toutes les femmes. Elle n’était pas spéciale, et il n’avait même pas vraiment flirté avec elle. Les Compagnons connaissaient bien le lascar et, par l’intermédiaire de Jorel, elle avait appris ce qu’il en était.

C’était un bon diable, mais un incorrigible flirt qui aimait prendre du bon temps.

Elle ne le jugeait pas. Mais Énora savait qu’elle, elle ne pourrait jamais se contenter d’être un simple coup d’un soir. C’était contre sa nature.

Le fait qu’il n’ait pourtant reçu presque aucune visite durant sa convalescence demeurait une énigme pour elle. Et chaque fois que Jorel la taquinait à ce sujet, cela ne faisait que renforcer cet étrange mélange de malaise, d’inquiétude et de curiosité.

Cet après-midi-là, après les piques constantes de Jorel au cours des derniers jours, elle finit par céder.

Elle se dirigea vers le Collegium.

Lorsqu’elle arriva, elle croisa le regard mal à l’aise d’un jeune guérisseur qui semblait provenir du corridor où était installé Stefan. Elle accéléra le pas.

Elle arriva juste à temps pour entendre une voix féminine, puis Stefan appeler son propre guérisseur.

Il ne semblait pas heureux du tout.

Énora hésita un instant.

Puis son sens du devoir prit le dessus.

Quelque chose clochait définitivement ici.

Elle entra.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Vocalises
« le: 21 août 2026, 23:36:25 »
C’était très mal connaître Énora. Malgré qu’elle eût appris à s’amuser et même à taquiner au cours des dernières années, elle n’en restait pas moins une femme de devoir. Remettre un instrument à un convalescent sans en référer au guérisseur responsable de lui était tout simplement au-delà de ses possibilités.

— Cela ne prendra qu’un moment.

Elle s’éclipsa dans le corridor et revint quelques instants plus tard, soulagée d’avoir obtenu la permission. Elle lui tendit alors son paquetage.

— Avec la permission et l’encouragement des guérisseurs. Sans cela… nous n’aurions pas fait long feu. Les murs sont loin d’être étanches au son.


Il y avait une pointe d’humour dans sa voix, mais aussi une bonne dose de vérité. Même si, au fond, ce n’était pas la crainte d’être prise sur le fait qui avait poussé Énora à demander la permission. C’était simplement son sens du devoir.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Vocalises
« le: 21 août 2026, 23:12:00 »
Je rougis sous ses appellations. Je sais ce que la cour dit de moi. Je sais aussi que les ragots qui me traitaient de fantôme refont encore surface de temps en temps. J’ai appris à les ignorer, mais je n’arrive jamais complètement à ne pas me laisser atteindre.

Je suis heureuse et soulagée du changement de sujet vers la musique, mais j’ai un instant d’hésitation avant de lui tendre son paquetage. Est-il seulement en état de jouer ? C’était sa jambe, bien sûr, mais je ne suis pas guérisseuse. Je ne sais pas s’il avait d’autres blessures, ni si les guérisseurs lui avaient prescrit un repos complet.

Je m’incline légèrement, un air désolé sur le visage.

— Aussi belle soit votre musique, je crois qu’il serait préférable d’avoir l’aval des guérisseurs avant de vous permettre de jouer.


Jorel est étrangement silencieux dans mon esprit, je me demande un instant ce qu'il mijote.

13
Collegium des Guérisseurs / Re : Vocalises
« le: 21 août 2026, 22:46:19 »
— Énora. Je m’appelle Énora. Et c’est normal que vos souvenirs soient si confus. La douleur devait être atroce, et vous êtes resté là plusieurs heures.

Mon ton reste solennel, presque timide ; je ne peux pas vraiment faire autrement. J’ai déjà rencontré des ménestrels, bien sûr, mais depuis que j’ai rejoint les Gris, puis revêtu mon uniforme blanc, j’ai surtout eu affaire à des nobles, des soldats ou d’autres Hérauts.

Je ne me suis jamais vraiment accordé le temps d’assister à des spectacles ou à des soirées. Je me sens étrangement intimidée par cet homme aux traits attirants, capable de jouer avec tant de brio malgré la douleur.

— À qui ai-je l’honneur ? Votre musique était… magnifique.

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Collegium des Guérisseurs / Re : Vocalises
« le: 21 août 2026, 22:27:51 »
Toute la journée de la veille, je suis taraudée par la honte et par le visage inconscient du ménestrel. Impossible de me concentrer sur quoi que ce soit. Jorel me tançait d’aller le voir, mais je me sentais étrangement trop timide pour le faire. Il me faudra une journée entière pour enfin trouver le courage.

Je rougis lorsqu’il me demande si je reviens pour un autre round. Ses paroles me font me sentir comme une grise plutôt que comme la garde du corps de la reine.

— Je suis désolée pour ça, mais… il fallait faire vite et je n’avais rien pour endiguer la douleur.

Ma voix est ferme, même si elle est un peu penaude. Je ne peux m’empêcher de m’attarder sur ses traits et de me sentir à nouveau coupable.

Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Les jolis minois, j’en ai vu des tonnes, et ils m’ont rarement fait ce genre d’effet. Bon… c’est certain que, ces dernières années, mon cœur était peut-être un peu trop torturé pour y voir quoi que ce soit, mais quand même. Je ne suis plus une gamine…

Et pourtant, me voilà à rougir devant un ménestrel que j’ai moi-même assommé.

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Campagne / Re : Le chant du vent
« le: 21 août 2026, 21:54:47 »
J’avais un peu anticipé sa réaction. Je ne fais pas vraiment de vrai circuit. Je suis Flèche, mais la guerre m’a guérie de ce genre de choses. J’ai eu mon lot de batailles et de blessés à soigner pendant que j’étais Flèche.

J’use de son inconscience pour sécuriser sa blessure. Puis Jorel s’agenouille afin que je puisse l’installer avec moi sur mon frère à quatre pattes.

Nous prenons la direction de la maison de guérison la plus proche, Jorel usant de ce don que possèdent les Compagnons de galoper sans que l’on ressente la moindre secousse.

Il est lourd, mais je suis solide. Je le maintiens contre moi tandis que sa jambe est solidement immobilisée à l’aide de branches.

Enfin, nous arrivons et les guérisseurs le prennent en charge.

Je me permets alors de le détailler… Et merde.

Il est beau.

Je m’en veux un peu de penser ainsi après le coup en traître que je lui ai porté, mais il m’est presque difficile de détacher mon regard de son visage. Je me traite intérieurement d’idiote, puis décide qu’il vaut mieux m’éloigner avant que mes pensées ne deviennent encore plus embarrassantes.

Je vais donc faire un tour dans les jardins, histoire de calmer mes pensées… et mes sens.

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