Auteur Sujet: Désenchantement - One-shot  (Lu 27 fois)

Sou

Désenchantement - One-shot
« le: 26 août 2026, 18:32:01 »
Penchés sur le même livre, une petite pile de feuille couverte d'inscriptions à côté, les deux jeunes bleus pouvaient donner l'impression qu'ils travaillaient à un quelconque projet ou devoir. En réalité, Sou, troublée par la proximité du garçon, pouvait sentir l'odeur de ses cheveux. Elle sourit et n'écouta pas du tout ce qu'il lui chuchottait pour ne pas troubler la paix des lieux. Elle se ressaisi et réussit néanmoins à ne pas passer pour distraite et nota son dernier propos sur la feuille. Thibaut lui sourit. Le jeune homme de seize ans avait cette beauté suave du genre à pouvoir incarner un vampire à paillette. Et à malheureusement faire chambouler le coeur de bien de ces demoiselles. Taquin, Thibaut laisse rapidement dévier la conversation murmurée du devoir en quelque chose de plus sybillin. Ses remarques font rire en sourdine la jeune fille. Elle craint qu'ils se fassent prendre à faire autre chose que travailler ce qui le fait rire à son tour. Ses mains viennent se poser sur la taille et la cuisse de Sou sans qu'elle essaye de les retirer.

"Thibaut soit sérieux deux secondes. On n'avance pas." Prévient-elle sans parvenir à être trop sérieuse.
"D'accord, d'accord." Semble se rendre le jeune homme en se reculant légèrement.
"Bien alors quelle serait ta réflexion sur ce point ?"

Thibaut croise les mains sur son crâne l'air de réfléchir un instant. Puis il se redresse et dépose une bise sur les cheveux de Sou.
"Tu sais quoi ma louve, tu as qu'à mettre ce que tu veux. J'ai rendez-vous avec mon oncle, j'avais oublié. Il n'est pas commode quand on lui pose un lapin. Merci."

Thibaut n'attend pas sa réponse et quitte la bibliothèque à grand pas. Sou réagit à peine d'un "d'accord" un peu sonné. Estomaquée, elle le voit qui croise une autre camarade de son âge (à lui, pas à elle) qui lui tient la porte et le suis à l'extérieur. Un doute lui vient et elle se précipite, entrouvre la porte avec toute la dextérité silencieuse qui est la sienne et apperçoit les deux bleus en train de s'embrasser à pleine bouche. Sou referme presque aussitôt la porte et retourne s'assoir à sa table.

Son regard se fait lourd sur la pile de papier. "Sou c'est toi ? J'ai un devoir, mais je n'y comprends rien. On m'a dit que tu étais très forte. Est-ce que tu voudrais bien m'aider ?". C'était en début de décade. Les souvenirs remontent. "Sou tu es merveilleuse. [...] Ca à l'air si facile pour toi ! [...] Tu écrit si bien et si clairement que si c'est toi qui prend les notes je m'y retrouverais mieux. [...] Sou fait ci pour moi. Sou fait ça. Sou tu es si. [...] Tu est ça. [...]" Sa tête résonnait ses mots doux, des rires, des gestes que l'on pouvait prendre pour des invitations. Et Sou avait craqué. L'assoiffée d'amour en elle avait prit les miettes et en avait fait un festin. Sou se déteste. Sou se hait. Ses mains émiettent méthodiquement les notes, les paragraphes déjà écrit, les commentaires, les dessins, la bibliographie... tout. Tout rédigé, pensé par elle, pour lui.

Ayant laissé passé suffisament de temps pour que les tourtereaux aient déserté le couloir, Sou quitte à son tour la bibliothèque.

« Modifié: 26 août 2026, 18:35:28 par Sou »