Auteur Sujet: Décompensation  (Lu 1771 fois)

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Héraut Alemdar

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Décompensation
« le: 10 mars 2014, 16:38:30 »
Fin de la 8e décade d'hiver 1481

Alemdar émergea doucement, par paliers. Il capta d’abords des choses indistinctes. Puis il fut capable de les appeler sons et de savoir qu’il les entendait. Il put ensuite les trier en bruits et en voix. Il y avait plusieurs voix autour de lui, mais il était incapable de savoir quoi que ce soit sur elles. Il ne se souvenait pas de… Souvenir ? Souvenir…

Il y avait un truc dont il devait se souvenir. Un truc  important. Euh…. Y avait un lien avec un truc appelé « Papa »…  Soudain, « Papa » lui revint Oui ! Il se souvenait de Papa ! Oui ! Mais le truc…

Il devait manger avec lui ? Peut-être.

Non.

Non, ça s’était déjà passé, ca. Il avait mangé avec Papa.

Ô Déesse ! Papa était mort ! NON ! Papa pouvait pas mourir, il…

Un Raz de Marée de Souvenir s’abattit sur lui.


~~~~~~~~~~~~~~

 
Alem n’avait jamais vraiment réussis à s’adapter à Haven. Il avait l’impression d’être en permanence sous pression. Il savait bien pourtant qu’ils étaient là pour rester, Il avait définitivement perdu la discussion en ce qui concernait le soulèvement immédiat. Alors pourquoi n’arrivait-il pas à mettre sa dans sa poche et à s’assoir dessus ? Il n’avait qu’une envie, se battre avec Rafael. Chose stupide entre toutes, puisqu’il n’avait aucun besoin de prouver être plus fort physiquement que son cadet, tout le monde le savait bien.  Quant aux hérauts, ils avaient été très accueillants et parfaitement réglo jusque-là. Il s’avérait que la décision de Raf avait été plutôt bonne.

Mais il n’y pouvait rien, il enrageait au moindre petit truc. En général, ça se finissait en une dispute avec son royal frère ou une séance sur le champs d’entrainement avec Jarhindel, son second et le seul de ses hommes à accepter encore de supporter la rage de leur capitaine. Et capable de le gérer s’il perdait vraiment le contrôle de ses nerfs.

A Petras, il serait partit faire de longues balades à cheval dans la campagne. Ca le calmait merveilleusement à l’époque. Mais ici, il ne savait si c’était le mal du pays ou autre chose, mais il rentrait de ses excursions encore plus énervé qu’il n’était partit. Il ne sortait plus guère du palais, désormais.

En plus, il ne pouvait pas faire quatre pas sans qu’un connard de plantin valdemaran ne le surveille plus ou moins discrètement. Le pire étant l’attitude des gardes de leurs appartements, qui semblaient toujours prêts à lui sauter dessus dès qu’il haussait un peu la voix sur Raf.

Il ne chevauchait plus, il ne dirigeait plus qu’une petite troupe à l’arrêt, bien capable de s’occuper d’elle-même et il conseillait un jeune homme plus souvent occupé à ses études qu’a la politique. Et franchement, il n’avait pas, mais alors pas du tout de patience en réserve pour aider Raf à faire ses devoirs.

Il se sentait comme un fauve en cage, à tourner encore et encore et encore et encore dans le même rond. Entrainement, exercice de son cheval au manège comme un écolier timoré, nursing du flan qui aurait dû régner sur son pays. Le soldat avait beaucoup trop d’énergie à dépenser. Il aurait voulu faire quelque chose, au moins seconder les préparatifs de guerre entre la nation de sa mère et celle de son père. Mais personne, à part Raf, ne lui faisait vraiment confiance, alors lui confier les plans de batailles de Valdemar…

Il se sentait atrocement seul, en fait. Raf était très absorbé par ses études et ses frères, la troupe se suffisait à elle-même et se méfiait un peu de lui depuis l’arrivée à Valdemar, il n’avait jamais pu piffer les nobles qu’ils avaient emmenés avec eux et sa mère était dans la vielle ville, à renouer avec sa famille. Elle lui avait bien sur proposé de venir, mais le jeune homme ne se sentait pas encore de rencontrer ses oncles, cousins et sa grand-mère.

Il ne dormait plus. Les « insomnies » qui avaient justifié qu’il ai été réveillé, à Firyndge, étaient désormais bien réelles. Il passait la moitié de ses nuits à déambuler dans les couloirs vides. Encore, encore et encore. Ca valait mieux que de tourner dans son lit, séparé de Raf par juste un salon, avec une paire de gardes dans le couloir qui les surveillait jour et nuit. Non, il était bien mieux à tourner encore et toujours dans le palais. Il marchait jusqu’à ce que l’épuisement lui écrase les épaules, alors il rentrait et il s’endormait avant de toucher son oreiller.

Et un soir, il rentra de ses pérégrinations et… il n’y avait qu’un seul garde devant la porte de Rafael. En train de bailler aux corneilles. Lui tournant le dos. Mais quel idiot organisait la garde ici ?! Il aurait pu neutraliser ce type d’une seule main !

Sa rage s’embrasa soudain à cette insulte carabinée. Il y avait deux raisons possibles à poser un garde ici. Soit on le soupçonnait lui d’être dangereux, auquel cas, ce garde était une insulte à ses capacités, soit on craignait pour la vie des fils de Gedric, auquel cas, on en avait soudain plus rien à cirer. Dans les deux cas, l’attitude du plantin était inadmissible.

Il allait leur montrer. Oh oui, il allait leur faire voir. Le meilleur escrimeur de Petras se baissa pour saisir le poignard dissimulé dans sa botte. Il se glissa derrière le garde, près à l’égorger, leva sa lame… et l’assomma finalement d’un coup de la poignée. Ce serait plus humiliant, oui, plus humiliant. Il allait les humilier, TOUS ! Il allait découper ce fantoche de Rafalentha, puis il écorcherait ce crétin de Stef, qui n’avait jamais été capable que de lui jeter des regards effrayés ou noir. Ensuite, il allait décapiter le débile. Ouais, il allait faire ça. Ouais, ouais.

Non ! Il allait commencer par les petits et amènerais leur tête à Raf. Ce serait encore meilleur de le voir perdre toute sorte d’espoir. Ils étaient déjà morts, morts et enterrés, ils ne le savaient juste pas. Les petits rats de Lyria. Il allait les dégommer tous les trois et il ne resterait plus rien de sa grande ennemie Et il montrait sur le Trône ! Le fils ainé et désormais unique de Gedric ! Oui ! Oui, il allait faire ça !

Non ! D’abord Raf ! D’abord le plus dangereux. Et il devait faire vite aussi, peut être que le garde était monitoré, peut être que son collègue était juste aux latrines.

Non, les frères, ils démoraliseraient l’héritier et même s’il n’achevait pas son coup,  Raf ne serait plus jamais bon à rien.

Non. Non. NON, il était chevalier, il ne pouvait pas tuer des petits garçons dans leur lit. Non, non et non !

Il était là, dans le couloir, la dague à la main et le regard fou hésitant entre la porte du salon, qui le mènerait au salon et aux chambres des deux petits et celle de la chambre de Rafalentha, ce petit connard de fils de Lyria. Petit rat sans aucun doute à la botte de l’Usurpateur. Comment avait pu trahir son pays et la mémoire de son père ?! Les éleveurs de chevaux de la région de Petra avaient raison, les poulains héritaient de la conformation du père et du caractère de la mère. On aurait du égorger les porcelets de la truie royale à la naissance. Graine de traitre, graine de parjures, graine de pourceaux. Non, C’est Lyria qu’il aurait fallu abattre. La vrai Putain Royale, celle qui s’était vendu au pouvoir, qui avait vendu son amé et sa liberté. Il aurait fallu l’assassiner bien avait qu’elle n’ose enfanter. Il allait réparer cette erreur. Elle était morte, il allait régler le problème de ses repousses.

Mais avec tout cela, le bavard royal ne bougeait toujours pas, incapable de choisir la cible à frapper en premier. Il aurait pu rester comme cela un moment s’il n’avait pas entendu un bruit de pas. Le second garde revenait. Par reflexe, Alem attrapa le garde inconscient et lui fit passer la porte la plus proche. Celle de Rafael. Rafael. La Déesse aux trois visages avait pourvu à sa décision. Il allait occire le traitre en premier. Puis il balancerait la tête sur le lit de ce petit con de Stef qui n’avait jamais pu lui faire confiance. Mais il serait gêner…

« Qu’est-ce que… »

Une forme sombre se redressa dans le lit princier. La résolution d’Alem vacilla légèrement quand il entendit la voix de son petit frère, mais pas assez pour le faire renoncer. Il devait payer, et Alem devait exterminer la descendance de Lyria… A petits pas silencieux, il s’approchait doucement du lit de l’adolescent.

« C’est rien… C’est moi… »

La voix d’Alem se voulait calme et tranquillisante, mais il dut rater son effet. L’héritier de Rethwellan avait l’instinct du chasseur, il devait avoir reconnu le ton du garde-chasse qui approche le cerf épuisé par la meute. Raf se redressa complètement,  soudainement réveillé.

« Alem ? »

Le prince marmonna aussi un mot de pouvoir qui déclencha le sortilège d’une petite lampa magique qui illumina rapidement la pièce et un Alem qui c’avançait menaçant, la dague levée… Et qui se jeta soudain en arrière, hurlant de terreur. Etrange spectacle que ce devait être, celui de l’agresseur terrifié par sa victime sans défenses.

A l’ instant où la lumière surnaturelle avait envahis la pièce, Alem avait vu apparaitre devant ses yeux, au lieu du jeune garçon qui devait être là, un cinquantenaire grisonnant qu’il connaissait bien : Gedric de Rethwellan. Il se jeta en arrière, se recroquevillant sur une table, avant de jeter un œil sur le prince éberlué et effrayé par le spectacle de son mentor agissant comme un dément. Paralysé, celui-ci n’avait même pas eu la présence d’esprit d’attraper la dague qu’il se devait d’avoir dans sa table de chevet. C’était bien Raf, ca… Raf. Raf. Rafalentha, le traitre ! Il se jeta à nouveau vers lui, dague en avant. Le visage de Gedric remplaça encore celui de son fils cadet. L’ainé se jeta au sol, hurlant, jusqu’à ce qu’un grand choc ne le réduise à l’inconscience.

Le second garde avait réussis à lui briser un lourd vase sur le crane.


~~~~~~~~~~~~~~

 
Comme l’Alem fou de la nuit du drame, L’Alem alité dans ce qui semblait être une cellule de guérisseur se mit à hurler. Un grand cri informulé de détresse et de déni. Cela dit, vu qu’il était faible comme un petit chat, ca se traduit par un vague vagissement.

Non. Non. Non non non non non non non non non. NON ! NON ! Il ne POUVAIT PAS avoir essayé de tuer son frère ! NON ! Pas Raf, NON !

Essayé ? Et s’il avait…

« RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAF »

Et tandis qu’il hurlait à s’en décrocher les cordes vocale (produisant cette fois un son intelligible et du niveau sonore de paroles normales.), des larmes roula le long de ses joues, il fit quelque chose qu’il n’avait jamais, au grand jamais, fait. Il chercha du côté de ce qui provoquait ses crises. Son don de la terre. Un don. Un sens. Avec ça, il pourrait trouver Raf, hein ? Savoir où il était, comment il allait. Il devait trouver Raf.

*Ô, grande déesse aux trois visages, Dame parmi les dames, Je t’en supplie, je t’en supplie. Fait que ce soit faux. Fait que je n’ai pas fait ça. Enfin… Que je n’ai pas réussis ça. Que Raf soit vivant. Pitié. Ne le punit pas de mes crimes. Protégé le. Pitié*
« Modifié: 24 juin 2016, 10:32:46 par Thalyana »
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Héraut Wylan

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Re: Décompensation
« Réponse #1 le: 10 mars 2014, 16:41:20 »
Wylan s'était assoupi. Il avait demandé à être prévenu quand Alemdar de Firyngde se réveillerait. Or il avait émergé une première fois une marque plus tôt, avant de sombrer à nouveau dans une inconscience agitée. Il s'était donc installé dans une chaise en attendant que celui-ci se réveille pour de bon.

Lui, l'espion royal, n'avait pas été capable de prévoir le dénouement de cette étrange histoire. Il avait même cru, comme tout le monde, que seul le petit avait été envoûté, et que maintenant qu'il était guérit, il n'y avait plus rien à craindre. Quand on avait allégé la surveillance dont la famille royale de Rethwellan faisait l'objet, il ne s'y était pas opposé, lui qui était toujours très prudent. Il avait été aveugle, comme tout le monde…

Il fut tiré du sommeil par un cri déchirant de peine. Il ouvrit les yeux, tous les sens en alerte, pour constater que le pauvre gamin venait de reprendre conscience, et de réaliser ce qu'il avait été poussé à faire. Ses pensées étaient si puissantes que Wylan ne put s'empêcher de les entendre (et il n'allait pas se gêner).

Il se pencha en avant et lui parla d'une voix douce.

" Il est sain et sauf. Et il sera très heureux d'apprendre que vous vous êtes réveillé. Visiblement, malgré le sort dont vous avez été la victime, vous avez été incapable de le tuer. Vous avez une sacré volonté, d'après la petite Guérisseuse qui s'est occupé de vous. Entre ça et les Barrières du Palais…"


Wylan rapprocha sa chaise du lit. Il se sentait étonnamment proche de ce gamin… de cet homme. Il n'avait pas été ménagé par la vie, ou plutôt pour cette satanée mage. Si on l'avait poussé, lui, à vouloir tuer ses soeurs… il frissonna.

"Tenez…"

Il tendit un mouchoir au jeune noble alité, puis lui posa une main réconfortante sur l'épaule.

"Vous attirez la poisse, dans votre famille…"

: Euh… c'est censé le réconforter ça?:


: Tu sais ce qu'on dit à un type qui a été envoûté pendant des mois, et qu'on a poussé à vouloir tuer son frère bien-aimé? :

:…:

: Il me semblait aussi.:

Wylan se sentait désolé pour le jeune homme. Comment se reconstruire après un tel choc? Comment soutenir le regard des siens? Heureusement pour tout le monde, celle chambre se trouvait dans l'aile de la Maison de Guérison dévolue aux "malades mentaux". Elle se trouvait donc au rez-de-chaussé, et sa fenêtre ne s'ouvrait pas, si ce n'était pour un petit carreau. La pièce était dépourvue de meubles autres qu'un lit et une chaise, entièrement tapissée. Aucun coin sur lequel s'assommer. Alemdar n'aurait donc aucun "geste malheureux". Malgré tout, il faudrait le surveiller. Il resterait isolé de ses frères jusqu'à ce qu'il soit suffisamment fort pour supporter leurs regards.

Wylan s'était proposé pour servir de chaperon au jeune homme, il ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs. Mais cette histoire le touchait. Il était venu voir Alemdar plusieurs fois depuis trois jours, depuis qu'il avait été assommé par un garde, puis soigné pendant plusieurs marques par une clique de Guérisseurs spécialisés en Guérison de l'Esprit.

"ça ira… je vous assure, ça ira."
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Alemdar

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Re: Décompensation
« Réponse #2 le: 10 mars 2014, 16:49:23 »
Une forme se découpa devant Alem qui recula vivement avant d'identifier l'intrus. Un héraut, croisé par hasard sur le terrain d'entrainement. Grand, brun, un peu indistinct. Sans particularités remarquable. Il lui semblait l'avoir déjà vu avant. Ca expliquerait l'impression de confiance qu'il ressentait en sa présence. A Petras? Il ne savait pas.

Mais il disait que Raf était sain et sauf. Cela calma provisoirement le convalescent.

L'homme parlait de... De truc décousus et bizarres. Un Sort? Des barrières?  Alem ne comprenais pas. Il n'était pas magicien. Il Avait une migraine de dingue. Et Raf n’était pas là. Mais il était sain et sauf. Vraiment? Vraiment. Vraiment?

L'esprit tournant un peu en rond entre son inquiétude pour Raf et les paroles rassurantes du héraut, Alem n'écouta pas ses remarques ultérieures de Wylan.

"Je..."

Non. Non, ça n'allait pas. Non. Il se redressa dans son lit, ignorant (comme d'hab...) le vertige que ça lui donna. Il se sentait comme après une crise, en fait. Sauf qu'en plus, il était dans du coton. Il... Il était désorienté, hagard un peu... Raf. Oui, il devait voir Raf.

"Je dois voir Raf, s'il vous plait. Voir qu'il va bien, je..."

Une révélation balaya l'hébétude du fils de Gedric qui fondit soudainement en larme. Il avait essayé de tuer Raf. Personne le laisserait plus jamais l'approcher! Entre deux sanglots, il réussit à articuler:

"Je lui ferait pas de mal, je vous jure... Attachez-moi, si vous voulez..."
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Re: Décompensation
« Réponse #3 le: 10 mars 2014, 16:49:55 »
Le jeune homme se redressa dans le lit, ne parvenant pas à rester tranquille. Il voulait voir son frère. Wylan, lui, n'y voyait aucun inconvénient. Mais les Guérisseurs avaient été catégoriques: Alemdar était encore très fragile psychologiquement, et la présence de son frère ne pourrait que raviver les souvenirs et la culpabilité.

"Pas encore… vous n'êtes pas encore prêt. Et personne ne vous attachera… personne ne vous tient pour responsable de vos actes de ces derniers mois."

Wylan prit fermement le jeune homme par les épaules et le recoucha, sans lui laisser la possibilité de refuser.

"Mais vous le verrez, bientôt. Il est impatient lui aussi."

Il avait été difficile de tenir le Prince éloigné de la chambre de son frère. Il ne comprenait pas pourquoi on le tenait ainsi à l'écart. Wylan avait très bien compris, lui. Bien que le comportement et les actes d'Alemdar aient été dictés par la volonté d'un autre, il était clair qu'on s'était basé sur un ressentiment existant. L'aîné était jaloux de l'héritier légitime. Ce qui était totalement compréhensible. Les Guérisseurs ne voulaient prendre aucun risque. Ils ne craignaient pas que le jeune homme se montre à nouveau violent avec son frère. Ce qu'ils redoutaient, c'était que, confronté à ses actes, il attente à sa vie. Cela semblait être, pour Wylan, une appréciation correcte de la situation. Il allait donc se conformer aux indications qu'on lui avait fournies.

"Je suis désolé, mais pour le moment, vous devrez vous contentez de ma présence."

Un élan inattendu de tendresse lui fit ébouriffer les cheveux du jeune homme. Il en fut lui-même très surpris, et il sentit Kyra qui s'étonnait aussi.

: Il m'émeut, ce gamin. J'y peux rien. Ça me touche son histoire. :

: Je vois ça… :

: … si tu en parles, je te promets que je m'arrangerai pour que tu aies les couvertures les plus rêches et les plus trouées de tout le Collegium! :

Un rire lui répondit. Un rire teinté de sarcasme. Stupide canasson.

Pour dissiper ce moment de gêne, il étendit le bras jusqu'au petit meuble situé derrière lui et prit l'assiette qui y était posée. Elle contenait un petit pain au lait, quelques biscuits et des fruits secs. Il la posa sur ses genoux.

"Vous… vous voulez manger un petit quelque chose? Mmmhh… ouais. J'imagine que non en fait. Mais ce serait bien d'essayer quand même."

Wylan n'était pas très doué pour jouer les gardes-malades. Et, à dire vrai, il ne savait même pas ce qu'il faisait ici.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Alemdar

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Re: Décompensation
« Réponse #4 le: 10 mars 2014, 20:28:36 »
Alem avait commencé à pleurer et rien ne semblait pouvoir arrêter ses sanglots. Deux ans de deuil, d'angoisse, de frustration et du terrible effort inconscient pour lutter contre les volontés de Browyn de Tolan qui lui soufflait à l'oreille que tuer Rafael était le meilleur moyen de sauver Rethwellan.

Comme un enfant, il se laissa mettre au lit et border par le presque inconnu qui était à son chevet. C'était grotesque, jamais il n'aurait dû se laisser aller de la sorte devant un inconnu. Cela dit, il ne se laisserait pas aller de la sorte non plus face à ses hommes, qu'il devait diriger. Ou face à ses frères, qu'il devait guider. Ou face à sa mère, à qui il ne devait pas faire de peine. Ou... Ou rien du tout, il avait fait le tour de ses proches, là. Peut-être que face à un inconnu, c'était plus facile.

Il fallut que le héraut ai un geste vraiment intime, celui de lui ébouriffer le crane, pour que le fils de Gedric se reprenne. Il attrapa le mouchoir que lui avait donné le héraut, le serra à s'en blanchir les phalanges un moment, le temps de reprendre le contrôle de son corps, avant de s'en servir pour s'essuyer les yeux puis se moucher.

Il reposa l'assiette par terre à côté du lit, absolument pas affamé pour le moment. Il réalisa à ce moment-là un détail. Il n'était pas aux fers. Du tout. Jusque-là, il avait supposé l'être, avoir un fer à la cheville, mais... non, il était libre. La pièce ressemblait à une cellule, mais ne ressemblait pas à une cellule. Il tourna dans sa tête les maigres informations qu'il avait. Pas assez. Pas assez du tout.

"Vous êtes SUR que Raf va bien? Mes souvenirs sont... bizarre." D'où venaient ces images de Gedric? Il était mort! "Et j'ai voulu tuer mon roi, Pourquoi diable ne suis-je pas aux fers?! On ne punis pas le fratricide et le régicide, ici?"
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Re: Décompensation
« Réponse #5 le: 10 mars 2014, 20:53:03 »
Wylan haussa un sourcil, puis sourit. Pauvre gamin. Il avait probablement vécu dans une sorte de rêve, ces derniers temps. Quand le garde l'avait assommé, celui-ci appelait son père. Or le roi Gedric était mort depuis plus de deux ans. Pauvre môme complètement perdu. Vraiment.

Il parla d'une voix douce.

"Rafalentha va très bien. Il a été un peu secoué, mais je crois qu'il avait compris depuis un moment que quelque chose clochait, chez vous. Et non, on ne met pas aux fers les gamins paumés manipulés par des méchantes sorcières. Quand les Guérisseurs vous ont eu entre les mains, ils ont tout de suite compris que votre esprit avait été… mmmhh… incité, non… poussé … non… on a modelé votre esprit pour qu'il réagisse d'une certaine manière. Ce n'est pas vous qui avez tenté de tuer Rafael, mais la personne qui avait "remanié" votre cerveau..."

Il s'interrompit un instant. Oui, sans doute le bâtard avait-il un jour rêvé de se débarrasser de son jeune frère pour prendre sa place. Mais qui pouvait prétendre ne jamais avoir eu de pensées regrettables? D'autant que tous étaient unanimes, Alemdar était sévère avec Rafael, mais son affection pour lui crevait les yeux.

Il reprit avec un sourire.

"C'est ce que j'ai compris du charabia des Guérisseurs."

Il haussa les épaules. Ce n'était vraiment pas spécialité, les histoires de possessions, de mages, d'esprits.

"Je pourrais résumer par : ce n'est pas de votre faute. Et donc vous n'irez pas en prison."

D'aucun pourrait arguer que cette pièce ressemblait déjà à s'y méprendre à la cellule d'un noble. Elle était vraiment austère. Mais malgré son dénuement, elle était plutôt chaleureuse.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

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Re: Décompensation
« Réponse #6 le: 10 mars 2014, 21:39:56 »
"C...Comme Jerem?"

Il avait été possédé? Mais... Non! C'était absurde! Déjà il était un homme fait, ensuite il se souvenait de ces deux années. Il se souvenait de la rage qui l'avait pris, des bouffées de rages que Raf lui avait inspirées... Ô Déesse, il se souvenait très bien avoir  tabassé une ou deux fois Raf sous prétexte d' "entrainement" ... Genre... Oh il revoyait son frère sortir de là en boitant bas... Mais quelle sorte de brute était-il? Comment avait-il put... Et le pire... Le pire... Il se souvenait avoir eu plusieurs fois un flash, une révélation, lui disant que s'il "ratait" ainsi où ainsi son geste, et frappait Raf à la nuque ou au dos...

Pale comme la mort, Alem aurait vomis tout ce qu'il pouvait s'il ne sortait pas de trois jours de coma. Le héraut se trompait...

"Non. Non, ce n’est pas une sorcière. C'est moi qui ai décidé de le battre comme plâtre à l'entrainement. De l'agresser entre deux portes. D'essayer de le tuer à Firyndge. Et ici. Non. C'était bien moi. Ca me paraissait tellement normal et... Et logique. Il était une menace pour le trône, il..."

Le Rethwellan se passa une main tremblante sur le visage.

"Oh ma déesse... Je n'ai cessé de le harceler et de l'agresser alors qu'il faisait précisément la chose à faire. Rattraper ses lacunes au plus vite pour remplir son rôle. Dieux, pourquoi ne l'ai-je pas compris? Il... Il faisait... Il était parfait, au vu de la situation..."

Au fil de sa confession, le Rethwellan palissait de plus en plus (si si, il y arrivait), et il tremblait crescendo.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Re: Décompensation
« Réponse #7 le: 10 mars 2014, 22:04:03 »
Alemdar semblait avoir compris ce que voulait dire Wylan

"Oui, comme Jerem…enfin, pas vraiment."

Mais l'homme ne l'écoutait plus. Il n'avait pas compris. Ou plutôt, il préférait s'accuser.

Wylan était désemparé. Il savait que Alemdar n'était pas responsable de ses actes. Mais comment lui faire comprendre? Il n'était pas Guérisseur lui. Il n'était même pas doué avec les autres. Tout le contraire en fait. Il était à peine capable de ne pas donner l'impression aux gens qu'il se moquait d'eux. Alors comment pouvait-il aider ce gamin?

Pourtant, il voulait l'aider. Il… il se sentait investi de cette responsabilité. Quelle connerie! Kyra allait le chambrer jusqu'à la fin de l'année avec cette histoire.

" Comment expliquez-vous alors votre soudaine prise de conscience, si ce n'est qu'enfin, vous avez l'esprit libre de toute influence? N'est-ce pas parce que avant vous étiez sous la coupe d'une mage qui attisait votre ressentiment bien naturel à l'égard de votre frère, et que maintenant, vous êtes libre? "

Minable, comme discours. Il ferait peut-être mieux de laisser un Guérisseur rassurer le gamin…

: Toi, abandonner? Repartir la queue entre les jambes?:

: Mais, Kyra… je sais pas quoi dire. Je suis pas doué pour ça.:

: Donc tu abandonnes.:

Piqué au vif, Wylan repoussa au loin la tentation d'appeler quelqu'un à l'aide. Il s'en sortirait seul. Il en était capable. Il était un Héraut. S'il pouvait mettre en confiance et manipuler les bandits les plus rusés et vicieux du coin, il devrait être capable de rassurer un gamin paumé.

Il renforça son Don pour mettre en confiance Alemdar. Il l'utilisait rarement de manière consciente, mais il en était parfaitement capable en cas de besoin. Or il pensait qu'un visage familier, rassurant, ne pourrait qu'aider le jeune homme à reprendre pied.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

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Re: Décompensation
« Réponse #8 le: 12 mars 2014, 01:34:35 »
Sa prise de conscience, hein? Ca ressemblait à un putain de cauchemar, oui. Un cauchemar de deux longues années. Mais comment avait-il pu... L'adulte en lui savait pertinemment que ses parents avaient consciencieusement cassé ses rêves de pouvoir quand il était gosse. Il ne leur en voulait pas. Pas trop. Il était né batard et le laisser grandir avec des rêves de grandeur n'apporterais que...

Que ressentiment et tentatives de meurtre. Et si le héraut avait raison ? Et si la sorcière avait simplement trouvé les ruines des rêveries d'un gamin et les avaient rafistolées sur les colères de l'adultes? La bouffée de confiance de Wylan le toucha à ce moment-là. Oui, ce devait être ça. La Sorcière avait joué avec son esprit, coupant ici, raboutant là... Elle... Il... Elle l'avait... envahis... conquis. Le mot semblait étrange, mais il lui avait échappé. Elle avait violé le sanctuaire de son esprit pour détruire et reconstruire à sa guise. Elle avait pulvérisé ses défenses et mis sans dessus dessous son organisation. Il se sentait trahis, maté, conquis .

Inutile

A quoi sers une forteresse sont l'ennemi connait les faiblesses? A rien. Il ne pouvait plus s'accorder la moindre confiance et ils ne devaient plus rien lui confier. Il était incapable de garder son propre esprit... C'était pardonnable a un enfant tel que Jerem, mais a un adulte comme lui?

"Oh merde... Que comptez-vous faire de moi? Je pourrais encore combattre parmi les fantassins? Aller au front? Je suis très bon escrimeur, vous savez... Elle peut pas me l'enlever, ça..."
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Re: Décompensation
« Réponse #9 le: 12 mars 2014, 11:39:41 »
Wylan suivit attentivement le cheminement mental du jeune homme. Il fut heureux de constater qu'il admettait avoir été possédé. Mais le sentiment d'inutilité qui s'empara d'Alemdar fit craindre le pire à Wylan. Il faillit répondre à ses pensées en s'écriant : "Mais non, c'est pardonnable chez tout le monde. Vous êtes guéri. On vous apprendra à vous barricader!". Mais il ne pouvait pas, ce serait admettre qu'il espionnait le jeune homme jusque dans son intimité.

Wylan crispa les lèvres, se retenant de secouer Alemdar.

" Déjà on va attendre que vous alliez mieux. Les Guérisseurs ont dû mettre un sacré bordel là-haut pour tout nettoyer… Ensuite, je pense qu'on vous enverra suivre des cours pour maîtriser correctement votre Don et apprendre à ériger de vraies barrières autour de votre esprit. Des barrières qui ne pourront être franchies facilement, et qui vous avertirons si on tente de violer votre esprit. Vos frères ont déjà commencé."

Il fit une pause, cherchant comment répondre aux angoisses du jeune homme sans lui révéler qu'il l'avait "écouté".

"Si on a pu si facilement entrer dans votre esprit, ce n'est pas à cause d'une quelconque faiblesse. On a profité de l'affolement de votre Don de la Terre. Jeremahiam, qui possède le Don le plus puissant, a totalement perdu le combat contre la mage. Vous, dont le Don est aussi bien présent vous avez mieux résisté. Mais c'est à cause de l'état de la terre qu'on a pu pénétrer si facilement dans votre esprit. Vous n'avez pas les barrières qu'un tel Don nécessite. J'imagine que tant que le pays allait bien vos barrières naturelles suffisaient… Bref, apprenez à ériger de vraies barrières, et tout ira bien. Mais pas pour le moment, d'ici une ou deux dizaines. Là votre esprit est bien trop fatigué pour supporter un tel entraînement. "

Wylan n'était pas persuadé d'avoir été très clair. Mais lui-même avait eu du mal à comprendre les explications qu'on lui avait fournies. Les Dons et la Magie étaient très loin de sa spécialité…

"Ensuite… on verra. Selon la situation, selon ce que désire votre frère, selon ce que vous désirez… Peut-être préférerez-vous rester un peu chez nous pour… eh bien pour guérir."

: C'est ce que tu espères, n'est-ce pas? :

: ... :
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Re: Décompensation
« Réponse #10 le: 12 mars 2014, 20:28:07 »
Alem buvait littéralement les paroles du héraut. Ses mots étaient comme un baume sur son sens du devoir a vifs. Il n'était pas inutile. Il était réparable. Il...  Oh Déesse, ce que ça lui aurait manqué de ne plus pouvoir exercer ses talents de stratège et d'organisateur... Il avait travaillé si longtemps et si dur pour devenir le meneur d'homme compètent qu'il était à la mort de Gedric...

Déjà, il allait devoir regagner la confiance de ses hommes. La poignée de braves qui l'avaient suivi dans ce qui était formellement une trahison. Alem plongea dans ses souvenirs récents de Jarhindel. Un Jarhindel prudent, obéissant mais fermé et méfiant, au lieu du confident joyeux et ouvert qu'il avait été. Hum... Ça allait lui couter cette affaire.

Le batard distrait fut tiré de de sa méditation par le héraut qui lui expliquait qu'il avait été plus touché car son don était plus fort.

"Moi? Un don fort? Ça parait à peine croyable. Je ne l'ai jamais remarqué avant que les crises commencent. Non, je pense qu'ils se sont attaqués à moi spécifiquement parce que ni Stef ni Jerem n'ont la carrure et les connaissances nécessaires à l'assassinat d'un gars bien entrainé comme Raf. Et puis j'étais son protecteur attitré, ça m'était plus facile. Non, si le sens de la terre était leur porte dérobée, j'étais la cible logique de leurs attaques."

Maintenant, le Valdemaran avait faim. Il attrapa l'assiette précédemment dédaignée et picora le pain au lait. Pendant ce temps, le héraut évoquait ses plans d'avenirs.

"Je ne sais pas. Ca dépendra de Raf, je suppose... Je... Ecoutez. J'ai vraiment besoin de voir Raf. De voir qu'il va bien. Je vous crois, mais..."

Mais l'angoisse d'avoir tout de même fait du mal à son petit frère restait une pointe fichée dans le cœur du jeune homme.
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Re: Décompensation
« Réponse #11 le: 12 mars 2014, 21:01:52 »
"Vous avez peut-être un autre Don qui a facilité le travail… pas seulement le sens de la Terre… mais ce n'est vraiment pas ma spécialité, ces histoires de Don."

La politique, par contre…

"Après, c'est vrai que vous étiez un coupable parfait… A moitié Valdemaran, bâ… fils illégitime… Ça aurait pu passer pour un attentat commandité par Valdemar pour mettre la personne de leur choix sur le trône. Je pense que l'idée était d'isoler Valdemar de ses alliés en se débarrassant de Roi légitime du pays… Le peuple de Rethwellan, initialement favorable à une alliance avec Valdemar, vous aurait rejeté, vous et notre… enfin, mon pays."

C'était en tout cas son analyse de la situation. C'était du niveau élémentaire de courtisan ou d'agitateur politique.

Il fut ravi de constater qu'enfin, le jeune homme mangeait. Après trois jours de jeûne, il était plus que nécessaire que celui-si se nourrisse. Il l'encouragea d'un sourire bienveillant. Il lui faudrait beaucoup de petits pains pour avoir l'énergie nécessaire pour se lever. Et plus encore pour être capable de marcher quelques pas. Wylan nota dans un coin de sa tête qu'il devrait faire demander un vrai repas pour Alemdar, quand il partirait.

Lui-même piqua un biscuit dans l'assiette.

Alemdar ne pouvait renoncer à voir son frère, et il demanda encore à pouvoir lui parler. Wylan comprenait son besoin d'être rassuré. Mais il ne pouvait rien y faire.

"Je suis vraiment désolé, mais non. Aujourd'hui, vous ne pouvez pas le voir. Demain, d'ici quelques jours, je ne sais pas. Cela dépendra surtout de vous. Mais aujourd'hui, il faudra vous contenter de moi…"

Wylan était vraiment désolé. Il aurait aimé lui faire plaisir. Mais les Guérisseurs avaient été catégoriques.

"Peut-être pourrais-je lui demander de vous écrire? Sinon il vous faudra attendre le feu vert des Guérisseurs."
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Re: Décompensation
« Réponse #12 le: 12 mars 2014, 21:32:25 »
Ah ça, s'il s'était hissé sur le trône le sang de son frère sur les mains, il se serait fait lapidé. Entre ca et les rumeurs qui avaient suggéré qu'il avait tué son père... Penser à Gedric lui fit un coup au cœur. Il avait l'impression  que ses années d'envoutement étaient un long cauchemar dont il se réveillait, ce qui était bien, ça mettait entre lui et ce qu'il avait fait une distance qui lui permettait de continuer  sans avoir envie de se jeter sur son épée. Mais en retour... Il avait l'impression que Papa était mort hier. Il le voyait encore, sur le seuil des appartements royaux... Il l'avait salué et était partit faire il ne savait quoi. Et il ne revoyait, agonisant dans son lit...

Bon sang, il était à fleur de peau, en ce moment. Un rien le distrayait.

"Vous pouvez dire batard, au fait. C'est ce que je suis."

Un doute le saisit et il chercha dans sa mémoire. Ah, oui, en arrivant ici, il avait rabroué une Héraut.

"Je ne m'en offusque pas d'habitude. Et même j'aime bien le titre de 'batard royal', puisque je n’ai pas droit à celui de Prince... Ça me rattache quand même à mon père, vous voyez?"

Tout en grignotant machinalement (bon sang, il avait FAIM, en fait), le convalescent réfléchissait à cette satanée interdictions des guérisseurs. De quoi ils se mêlaient, ceux-là? Ils ne voyaient pas qu'il avait *besoin* de voir Raf? Réfléchissons...

"Merci mais non. Si Raf m'en veux il ne répondra pas, et pire, s'il ne m'en veut pas, il ne m’avouera jamais que je l'ai blessé. Non... Ça va pas..."

Son regard se porta sur la fenêtre. Alem sentait bien que le Héraut Wylan était plus que juste courtois, il était vraiment amical. Il semblait avoir une vraie volonté de l'aider...

"Et si, hum... Raf passait 'par hasard' devant la fenêtre. Sans s'arrêter ou quoi, juste passer? Que je vois qu'il est entier? Je lui parlerais pas ou quoi que ce soit. Je veux juste le voir vivant et en bonne santé. Le… La fin de mes souvenirs est assez… confuse."
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Re: Décompensation
« Réponse #13 le: 13 mars 2014, 12:03:14 »
« Donc en gros, vous ne croyez pas la parole d’un Héraut? »

Il soupira, cherchant une solution qui ne contreviennent pas aux ordres des Guérisseurs. Ce n'était pas évident: il ne devait pas voir son frère, ni se trouver dans la même pièce. Ils pourraient peut-être se parler à travers une porte, mais alors Alemdar ne pourrait pas s'assurer de sa bonne santé...

: Depuis quand tu te soucies des instructions des Guérisseurs toi? :

: C’est différent, là, ça ne me concerne pas. Je peux choisir d’hypothéquer ma santé, mais celle d’un autre, jamais.

: C’était juste pour te l’entendre dire.:

Wylan secoua la tête en claquant de la langue à la remarque de Kyra. Elle était presque encore plus difficile à vivre que lui.

Aucune idée réalisable ne s’imposait à lui. Elles étaient soit absurdes, soit dangereuses. Il se rabattit sur quelque chose de faisable.

« Et s’il je lui demandais de me confier une anecdote, un souvenir commun connu de vous deux seuls? Mmhhh, le problème reste le même qu’avec la lettre… »

Il eut un geste d’impuissance.

« Le problème c’est que c’est justement la confrontation visuelle que les Guérisseurs veulent éviter… Quoique je trouve que finalement, vous vous en sortez plutôt bien… »

Il fallait qu’un Guérisseur confirme son impression. Alors peut-être Alemdar serait-il autorisé à voir son frère, juste un bref instant.

« Je reviens. »

Il sortit de la pièce.

***

Wylan revint, les bras chargés d’un plateau-repas.

« Le Guérisseur Charwin* m’a dit qu’il allait réfléchir à votre demande… Il m’a dit qu’il viendrait évaluer votre état psychologique une fois que je serai parti et qu’il ferait en fonction des résultats. S’il est d’accord pour que vous voyiez votre frère, je reviendrai demain avec lui… »

Il se rassit, posant le plateau devant Alemdar.

« Désolé, mais je ne peux pas faire mieux…. allez, mangez, ça fera encore un bon point pour vous. »

Spoiler: montrer
*J'ai pas pu m'empêcher XD
« Modifié: 24 juin 2016, 10:42:38 par Héraut Wylan »

Héraut Alemdar

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Re: Décompensation
« Réponse #14 le: 14 mars 2014, 16:09:43 »
"Ce n'est pas une question de parole..."

Non. Il n'aurait pas cru sa mère sur ce point. Même si Gedric lui-même était revenu d'entre les morts, il ne l'aurait pas cru. C'était dans ses tripes. Il avait besoin de voir de le ses yeux. Intellectuellement, il croyait le héraut. Il n'avait pas de raison de lui mentir, ou en tous cas le batard n'en voyait aucune. Valdemar ne voulait pas la mort du jeune roi, c'était même probablement ses gardes qui l'avaient sauvé. Donc s'il était mort, Alem serait dans un cul de basse fosse. Soigné aussi, peut-être, vu l'éthique de ces gens, mais dans un cul de basse fosse quand même. Or cet chambre... cette chambre était destinée à retenir son occupant, mais ce n'était pas une prison. Pas vraiment.

Valdemar voulait Raf vivant, son attaquant n'était pas en tollé, donc Raf était en bonne santé. Logique.

Mais il voulait quand même voir son frère. Même s'il se sentait mal d'infliger des conflits d'intérêt au Héraut. (D'intérêt? Mais quel intérêt le héraut aurait-il vis à vis de lui?)

Alem se recroquevilla sur lui-même quand le héraut suggéra et rejeta une solution.

"Désolé..."

Tristement, le soldat avalait sa ration, et finalement Wylan sembla avoir une idée. Il se leva et annonça qu'il revenait. Alem continua son repas en s'interdisant d'avoir trop d'espoir. Strictement. Fermement.

(Merde, il avait fini son assiette. Et il avait encore faim.)

Il attendit et, pour tenter d'empêcher de grandir l'espoir de voir Raf passer la porte d'une minute à l'autre, il commença à se repasser les souvenirs de ces deux années. Calmement et froidement. Il devait voir et comprendre. Bien sûr, il avait des souvenir et tiré des conclusions de ses expériences, mais elles étaient... salies par la sorcière. Il devait tout réexaminer et ré analyser.

La porte s'ouvrit et Alem leva la tête, une expression de joie et de peur enfantine mêlées sur le visage... émotions qui disparurent bien vite en ne voyant que Wylan. Le cœur gros, Alem écouta docilement les explications et acquiesça, la rage au cœur. Mais sérieusement, c'était quoi cette obstination stupide à vouloir le protéger lui? Il n'était qu'un... qu'un...

Enfin, il aurait compris qu'on refuse pour protéger Raf, mais ce n'était manifestement pas le cas. C'était... idiot...

"Très bien. Je com..prend."

Pour contenir et cacher sa désillusion, Alem se saisit de la fourchette et attaqua sauvagement cette nouvelle assiette.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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