Auteur Sujet: Conseil de guerre  (Lu 1097 fois)

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Héraut Arthon

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Conseil de guerre
« le: 11 avril 2014, 12:01:43 »
2ème décade de printemps 1481, lendemain du retour des troupes

Arthon avait peu dormi. La veille, Beltran et ses hommes avaient atteint Haven avec de graves nouvelles. Le rapport du Capitaine n'avait pas duré longtemps mais les nouvelles fraîches qu'il ramenait dans ses maigres bagages avaient eu le don de couper toute envie de dormir au souverain régnant - et à la plupart de ses conseillers. Malgré leur inquiétude, les membres du Conseil avaient accepté de relâcher le Capitaine pour la soirée et de ne le rappeler que le lendemain pour une réunion de crise. C'est ainsi que quelques heures après le lever du soleil, Arthon et Beltran se retrouvèrent dans la salle du Conseil. Personne d'autre n'était encore arrivé et les deux hommes discutèrent vivement à voix basse un long moment avant que la porte ne s'ouvre sur les premiers conseillers.

Un moment plus tard, presque tous les fauteuils habituels étaient occupés. Arthon et le Capitaine saluèrent personnellement chacune des personnes avant d'aller eux-mêmes occuper leurs sièges. De vides, ne restaient que des chaises supplémentaires qui avaient été ajoutées pendant la soirée, et le siège du Héraut du Roi.
C'est l'une des chaises, à côté de son siège officiel, que le Capitaine désigna à Kalaïd lorsqu'il se présenta à lui. Avant de s'asseoir, le blond chuchota discrètement:

"Je te ferai intervenir concernant les entraînements mais j'ai surtout besoin que tu observes tous les membres et que tu me dises si quelqu'un réagit bizarrement. Même ici il est de notre devoir de protéger Valdemar. Surtout quand les étrangers arriveront."

Les dernières personnes convoquées au Conseil entrèrent et s'installèrent sur les dernières chaises vides. La salle semblait terriblement pleine et l'atmosphère était chargée, et l'absence d'Aranel était frappante. Une fois Arthon assis, le silence se fit. Regardant à peine la liasse de papiers devant lui, le Roi prit la parole:

"Bonjour à tous. Nous sommes aujourd'hui réunis pour savoir comment réagir face à la nouvelle crise qui menace Valdemar. Puisque cela ne concerne pas uniquement le royaume, nous avons demandé à d'autres personnes importantes de se joindre à nous pour en discuter. L'Adepte Glenn que vous connaissez déjà s'est joint à nous, ainsi que le prince rethwellan Rafalentha et le Héraut Wylan." Le Roi salua de la tête les trois hommes que les autres conseillers regardèrent brièvement, avant de reprendre: "Les nouvelles ne sont pas bonnes, vous le savez déjà. Je laisse la parole au Capitaine Beltran pour vous rappeler les faits."

Beltran hocha la tête respectueusement et se leva avant de poser les points sur la table et de commencer:

"Nous sommes rentrés hier avec environ la moitié des effectifs. Je rappelle pourtant que pour le moment, la frontière est et restera sous surveillance constante et nous n'avons eu à nous plaindre que d'escarmouches brèves que nous avons pu gérer sans trop de dommages en termes de vies. Les effectifs actuels devraient suffire suffisamment longtemps pour que nous puissions mettre au point une stratégie ici, surtout depuis que des soldats rethwellans rebelles nous ont rejoint et assurent la jonction avec certaines troupes encore à Rethwellan. Cependant, si j'ai ramené tant d'hommes c'est que la défense de Haven même doit être renforcée puisque nous hébergeons ce que l'actuel gouvernement de Rethwellan désire éliminer."

Il eut un petit signe de tête vers Rafalentha et continua: " Mes troupes vont être réaffectées. Une bonne partie des soldats à pied resteront à Haven et dans les alentours pour préparer les populations et assurer la sécurité de Haven avec l'aide des Hérauts. Les soldats à cheval seront chargés d'aider les populations, notamment à la frontière, à bouger derrière les lignes de nos places fortes. Nous avons pour le moment renforcé Zalmon, Nottaway et Lisle, ainsi que les postes frontières sur la route commerciale. Le col est sous surveillance constante. Nous ne craignons pas une attaque imminente mais elle ne saurait tarder. Je tiens à préciser ici que nous avons deux problèmes. D'abord les tensions avec Rethwellan qui, si les rapports sont totalement vrais, risquent de dégénérer plus vite que ce que nous espérions. Ca, les Hérauts et l'armée peuvent encore gérer. Mais la deuxième chose est la montée de... compagnies de Mages de sang et autres créatures peu recommandables dont les actions menacent également Valdemar... et qui sont également liés aux troubles en Rethwellan. L'Adepte Glenn vous en parlera un peu plus tard." Le Mage hocha la tête gravement pendant que Beltran continuait:  "Pour le moment, concentrons nous sur les aspects techniques de la guerre qui se prépare."

Le mot était lâché. Les conseillers se mirent à murmurer, sous le choc. Beltran ne se troubla pas.

"Le Héraut Wylan va vous exposer ses dernières découvertes à Rethwellan puis mon lieutenant Kalaïd, que j'ai nommé responsable de l'entraînement, va vous exposer nos plans actuels concernant le recrutement, la protection de Haven et l'entraînement des hommes."

Beltran se rassit et fit signe à Wylan qu'il pouvait prendre la relève. Arthon fit un signe discret à Beltran et lui fit passer un petit mot gribouillé à la hâte. Les visages des conseillers s'étaient fermés au fur et à mesure que Beltran avait réexpliqué la situation. Le silence planait comme une lourde chape sur la salle. Beltran fit passer le mot à Kalaïd. Il était marqué d'exposer aux conseillers uniquement les manoeuvres et plans officiels et qu'ils discuteraient en privé d'initiatives un peu moins officielles et reluisantes après la réunion. Beltran attendit d'être sûr que son lieutenant avait compris avant de faire une boule du papier et de le faire disparaître dans son pourpoint, le visage toujours de marbre.

[ Sont attendus: Wylan, Kalaïd, (Rafalentha), et Aaron si tu es libre ]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Wylan

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #1 le: 11 avril 2014, 13:20:49 »
Wylan n’était allé accueillir les troupes la veille, pour la simple et bonne raison qu’il était rentré à peine deux marques avant l’arrivée de son cousin. Or il se trouvait dans son bain quand on était venu l’avertir du retour des soldats. A la place, une fois propre,  il était allé déposer une bonne bouteille de liqueur dans le bureau de Beltran, avec une charmante note: « Pour fêter ton retour, seul… ou avec ta belle. » Il avait eu tout loisir de suivre les événements; Kyra lui avait raconté tout dans les moindres détails. Beltran l'avait d'ailleurs remercié par missive et lui proposait de boire une bonne bouteille ensemble, après la réunion par exemple. Mais il n'avait mentionné nulle part la petite demoiselle... Wylan n'avait pu que rire devant tant de retenue mal placée.

Lui-même rentrait de Rethwellan. Il avait emprunté le Peigne en différents endroits afin d’estimer quand celui-ci serait praticable pour une armée. La neige s’était considérablement retirée, et elle n’arrivait plus qu’à hauteur de cheville de Compagnon au milieu du chemin.

 Il avait aussi profité de son voyage pour aller guetter les camps et forts de l’armée de Rethwellan. Ce qu’il y avait vu ne lui avait pas du tout du tout plu. Il s’était donc hâté de rentrer à Haven au plus vite.

Au matin, il n’avait pas eu à faire d’efforts pour se lever à l’aube afin de participer à la réunion du Conseil. C’était la première fois qu’il y était convié. Habituellement, il transmettait son rapport directement à Arthon ou Aranel. Or celle-ci était malade. Et Arthon semblait trouver plus simple qu’il fasse son rapport devant tout le monde. Lui-même était dubitatif. Il n’aimait pas ça. Il n’aimait pas s’exposer aux yeux de tous. En effet, son activité était tenue secrète, et rares étaient ceux qui connaissaient réellement son rôle, même parmi les Hérauts. Pour la plupart, il était celui qu’on envoyait rassembler des informations. Or son travail était plus compliqué que cela… et très dangereux.

Mal à l’aise dans son uniforme blanc, il entra dans la salle du Conseil et alla prendre un siège (: Que tu es beau, mon Élu...: / : gna gna gna ...:). Il salua au passage Rafalentha qui semblait fort soucieux. Sans doute regrettait-il l’absence d’Alemdar. Celui-ci avait refusé de venir, car il ne s’estimait pas encore « assez fort ». Rien n’avait pu le faire changer d’avis, alors il avait été décidé que Rafalentha transmettrait à son frère ce qui lui semblait pertinent, sans pour autant lui donner trop de détails. Wylan n’avait cependant aucune crainte concernant le jeune homme. Il travaillait bien ses barrières, et celles-ci étaient devenues bien plus puissantes. Il commençait à avoir de la peine à lire son esprit, même superficiellement.

Il écouta d’un air distrait - en fait très attentivement - le rapport de Beltran, puis se fut son tour d’intervenir. Il se leva d’un air nonchalant, prenant soin d’utiliser sciemment son Don. Il n’avait pas du tout envie d’être harcelé par tous ces nobles une fois sorti de la pièce. Il fit donc de son mieux pour modifier son apparence. Les Hérauts et Beltran seraient les seuls à ne pas être influencés - ou pas plus que d’habitude. Pour tous les autres, il ressemblerait énormément à une vieille connaissance.

« Les informations que j’ai obtenu en provenance de Rethwellan ne sont pas très réjouissantes. Certes, les escarmouches ont jusqu’à présent été sans conséquence pour nous… Or il s’avère que les troupes sont prêtes à attaquer dès que le Peigne sera praticable par une armée. Actuellement, d’après ce que je sais, la neige fait un pied de haut dans les chemins. Un peu plus au sommet des passes et sur les cols. Mais si le beau temps se maintient, le Peigne sera ouvert dans deux dizaines. Donc la guerre commencera à ce moment-là. »

Il fit une petite pause. Il s’était arrangé pour formuler son rapport de manière à donner l’impression qu’il tenait ses informations de seconde main. Il n’était pas censé étaler sa profession d’espion au grand jour.

« Par contre, j’ai une mauvaise nouvelle. Dans les camps des contreforts du Peigne, il y a plusieurs groupes de mages noirs… »

Il grimaça.

« La bonne nouvelle, c’est que la population ne les apprécie pas du tout, surtout pas les paysans, car les mages affaiblissent la terre. Ils font le minimum pour ne pas être accusé de trahison, mai s’arrangent pour entraver au maximum l’armée. Rafalentha… » Il inclina la tête dans sa direction. « Rafalentha est aimé du peuple, même s’il s’est réfugié ici. »

Il se rassit, très raide. Il savait maintenant ce qui le différenciait de son cousin. Lui n’avait aucun goût, ni aucun talent pour les ronds de jambe. Son petit discours lui avait demandé  une intense concentration; ses phrases n’avaient été ponctuées d’aucune remarque sarcastique ou déplacée.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Kalaïd

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #2 le: 14 avril 2014, 00:42:34 »
Lorsque Kalaïd arriva dans la salle du Conseil, elle était déjà bien remplie. Presque toutes les personnes attendues étaient présentes.

Il n'avait aucune envie de saluer un par un le nombre impressionnant de personnes qui étaient présentes. Il fit donc un bref salut de la tête à l'ensemble, puis se dirigea vers le Capitaine Beltran.

Alors qu'il s'approchait du Roi, il le salua très respectueusement, puis salua son supérieur comme il se devait. Il indiqua d'un signe de la tête qu'il avait bien compris les consignes que celui-ci lui donnait. Le Roi s'assit, puis Kalaïd fit de même à l'endroit que lui avait désigné le Capitaine.

Il observa alors silencieusement les personnes qui se trouvaient dans la salle. Rien de notable pour le moment, néanmoins se trouvant en présence du Roi et d'une quantité non négligeable d'individus qu'il ne connaissait pas, le jeune Lieutenant gardait sa main posée le long du fourreau de son épée. Ils étaient au palais, et alors ? Ils étaient surtout en guerre, et le palais était précisément un endroit stratégique où frapper serait un geste particulièrement fort qui entamerait durablement le moral. Un tel événement était envisageable, à plus forte raison quand on savait que l'ennemi pouvait prendre bien des formes...

Le Roi prit enfin la parole, sa voix venant rompre le pesant silence qui venait de s'installer.
Il exposa brièvement la situation avant de passer la parole au Capitaine Beltran.
Celui-ci introduisit son discours par une courte explication sur les raisons de leur présence ici, à Haven. Puis il détailla les lignes de défenses prises jusqu'à présent et une partie du plan d'action amorcé. Il avait utilisé le mot « guerre » au cours de son palabre, ce qui provoqua un certain émois parmi l'assemblée. À quoi s'attendaient-ils donc ? La situation était pourtant bien claire...
Kalaïd supposa qu'il avait une vision altérée de la connaissance supposée de ceux restés à la capitale, ayant personnellement  passé ces derniers temps trop proche du front, ayant trop vu ce que les messages ne peuvent que brièvement décrire.

Les tâches étaient assignées, le Lieutenant devrait donc exposer les différentes mesures prises pour la gestion des troupes dans l'attente de combats inévitables.
Beltran se rassit, et un Héraut pris la parole. Il avait curieusement l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais Kalaïd ne saurait dire où.

Alors que le Héraut allait prendre la parole, une note arriva du Roi, transmise par le Capitaine. Ne pas parler de tout aux membres du conseil ? L'ennemi pouvait donc bien être ici pour que le Roi fasse preuve de tant de méfiance... Kalaïd répondit d'un signe de la tête à peine perceptible en rendant le mot au Capitaine. Puis il écouta le développement du Héraut.

Les mages noirs... Le Héraut Wylan les mentionnait dans son exposé, ce qui ne plaisait guère au Lieutenant. Le dernier qu'il avait croisé lui avait fait ressentir des choses peu plaisantes par le biais de son sens de la terre, et celui d'avant lui avait laissé une cicatrice bien plus profonde en le privant de famille. Une sale affaire ces machins là...

Ne pouvant s'autoriser à prendre la parole de lui-même au sein d'une telle assemblée, Kalaïd attendit que le Capitaine ou le Roi le lui demande...
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
«Personnellement je ne pense pas que le Commandant Beltran m'ait recruté en fonction de ma capacité à manier un rasoir.»
Kalaïd, 7e décade de printemps 1481

Conteur

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #3 le: 14 avril 2014, 10:46:00 »
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Nom du PNJ: Rafael (Rafalentha) Jadrevalyn
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Rafalentha Jadrevalyn était à la fois impatient et terrifié que cette guerre commence. Impatient, car cela signifierait qu’enfin les choses bougeaient, et qu’il pouvait espérer récupérer son pays. Terrifié, car il n’avait jamais vécu une guerre, et on attendrait de lui qu’il s’implique. Il était un bon combattant, cela ne faisait aucun doute. Mais une guerre, c’était autre chose que la chasse.

Il se présenta dans la salle du conseil, vêtu de sa tenue la plus royale (la seule qui ne fut pas un ensemble de chasse). Presque tous les sièges étaient déjà occupés. Il salua à son tour Wylan, tentant de dissimuler son inquiétude. Non content déjà de lui ressembler, cet homme était devenu assez proche d’Alemdar, et il n’avait pas du tout envie qu’il lui rapporte que son petit frère était entré avec les genoux tremblant.

Il s’installa dans le siège qu’on lui avait attribué et tenta de se composer un visage calme et responsable. On n’attendait aucune intervention de sa part, pour le moment. Il aurait donc tout loisir d’écouter et de tirer les conclusions qui s’imposaient.

Le rapport de Wylan lui mit du baume au coeur, tout en le laissant perplexe. Comment avait-il obtenu de telles informations? Quel était le réseau d’espions de Valdemar à Rethwellan? Alemdar avait sans doute raison. Honorable ou pas, les Hérauts devaient se montrer pragmatique quand il était question de politique extérieure…

Il balaya la table du regard. Où était donc le Héraut du Roi? N’était-il pas le personnage le plus important du royaume après le Roi? La présentation d’un tel rapport aurait dû lui incomber à elle, et non pas à Wylan, qui était un simple Héraut. D’ailleurs, il n’avait vu qu’une fois le Héraut Aranel, lors de la réunion qui s’était tenue suite à son arrivée

Rafalentha observa les nobles assemblés autour de la table. Certains avaient l’air sincèrement concernés par les problèmes de son pays. Les autres arboraient un air poliment intéressé, contenant bâillements et autres signes d’ennui.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Arthon

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #4 le: 16 avril 2014, 17:02:11 »
Arthon vérifia que Beltran transmettait bien son papier et tourna ensuite son attention complète sur Wylan. Le Héraut n'avait guère l'habitude de comparaître en personne devant le conseil. Il était un homme de l'ombre, de ceux qui tirent des renseignements et les amassent pour donner à leurs employeurs une longueur d'avance sur tout. C'était un Héraut mais surtout l'une des armes secrètes de Valdemar. Cependant, avec la maladie d'Aranel et les récents évènements, Arthon lui avait demandé de tenir un siège au Conseil cette fois-là et de participer à l'élaboration des stratégies. Le Don de Wylan lui permettait également de se présenter devant tous les membres du Conseil ce jour-là... et pourtant de rester incognito. Le Roi lui-même, bien qu'ayant étudié avec lui, soupçonnait qu'il ne connaissait pas son apparence véritable. Peut-être que Beltran la connaissait, lui, mais Arthon en doutait. Il se demanda une seconde - une fois de plus- comment Wylan pouvait supporter ce Don puis - une fois de plus- se félicita de l'avoir parmi les Hérauts, ce qui revenait à leur assurer un avantage certain au niveau politique et stratégique.

Bien que sachant déjà ce que le Héraut-espion racontait, le Roi se concentra sur ses paroles. Certains mots firent réagir les membres du conseil. L'imminence de l'attaque leur apparut à tous, confirmée tant par le Commandant que par le Héraut, et la présence de mages noirs en fit frissonner plus d'un. Bien que Wylan rappelât indirectement un des avantages de Valdemar en la présence du prince légitime et populaire de Rethwellan, le trouble ne fit qu'augmenter comme si jusque là personne n'avait voulu affronter la vérité en face. Comme si les heures passées devant les cartes n'avaient servies qu'à préparer un cauchemar mais pas la réalité. Arthon maudit intérieurement ses propres conseillers avant de revenir à de meilleurs sentiments. Il remercia Wylan de son intervention puis il fit signe à Beltran qui se tourna vers Kalaïd:

"Lieutenant, pouvez-vous expliquer au Conseil que nos entrainements prennent au sérieux toutes les menaces y compris magiques et ce que nous prévoyons avec les hommes dans les prochaines semaines, s'il vous plait? Vous connaissez vos nouvelles recrues mieux que moi."

Mais alors que Beltran donnait la parole à Kalaïd, un des conseillers se leva et interrompit le Commandant d'un ton hâché et montant légèrement dans les aigus, criant presque:

"Valdemar n'est pas prêt à affronter de la magie du sang ou des démons. N'y-a-t-il réellement aucun moyen de négocier? Nous devrions peut-être tout simplement nous occuper de nos affaires et éviter la guerre à Valdemar... Sauf votre respect, prince Rafalentha."

Arthon réprima un soupir désespéré. Ils allaient devoir repartir à zéro et tout réexpliquer du début. Il regarda une seconde Rafalentha. Le prince semblait si jeune. Pourtant Arthon comme lui avait une charge dont il ne pouvait se défaire, et il ne douta pas une seconde de la bonne volonté du jeune homme - et de sa chance de réussite. Rethwellan avait besoin de lui comme Valdemar avait besoin d'Arthon. C'était ainsi et ils ne pouvaient que tenter de remettre les choses dans l'ordre. Le Roi fit signe à Beltran de prendre la parole, ce qu'il fit d'un ton calme, ravalant son exaspération et regardant le noble comme s'il était simple d'esprit:

"Combien de temps pensez-vous que les mages ou les soldats s'intéresseront uniquement à Rethwelan? Ils se massent aux frontières, nous attaquent régulièrement et ne cesseront pas même si nous leur livrions le Prince. Ils veulent la guerre - et la justice nous pousse à préparer la défense. De plus, Valdemar ne serait plus Valdemar si nous laissions un peuple ami être opprimé alors que le roi légitime nous a donné son amitié. Valdemar doit se battre pour ses idéaux et pour une paix durable. Quant à la Magie, nous avons des experts ici. Mais pour le moment, nous devons surtout protéger nos frontières de soldats armés. Prince Rafalentha, des Rethwellans ont rejoint nos rangs et vous jugeront fidélité quand vous le souhaiterez. Nous estimons que d'autres troupes pourraient être en route pour la frontière afin de nous rejoindre. Nous aurons besoin de vous pour redonner espoir à ces hommes. Et vous qui connaissez l'armée et vos commandants à Rethwellan, que pensez-vous qu'il va arriver maintenant? A quel point pensez-vous que ces mages obéissent à votre oncle et non à leurs propres buts? Et surtout pensez-vous pouvoir travailler, vous avec les Hérauts et l'armée de Valdemar? Bien sûr, une fois que le lieutenant Kalaïd aura pu enfin nous donner à tous les informations techniques nécessaires" conclut-il d'un ton sec en regardant le conseiller qui était intervenu.

Glenn, l'Adepte, s'agita une seconde. Il n'avait pas tellement de meilleures nouvelles mais cela pouvait attendre. Beltran le fixa une seconde avant de retourner son regard sur Rafalentha. Seul Kalaïd put entendre le juron bien édulcoré que le Greenhaven attribua au conseiller fauteur de troubles.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Wylan

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #5 le: 16 avril 2014, 17:51:12 »
Soulagé d’être assis, Wylan reprit son air faussement distrait. Il se demandait s’il se devait de survoler brièvement les pensées des conseillers pour vérifier leur intégrité, ou si cela serait inconvenant. Comme toujours dans ce genre de cas, il interrogea Kyra.

: Je ne pense pas qu’un traître se soit glissé ici… ce sont des couards, des menteurs et des flagorneurs, mais à peu près loyaux à Valdemar. :

: Hmmm…:

Même sans posséder le don d’Empathie, l’inquiétude était palpable. N’avaient-ils pas réalisé, jusqu’à ce jour, la situation dans laquelle se trouvait le pays? N’avaient-ils pas compris que la guerre était à leur porte? Quelle bande de crétins!

Beltran chargea Kalaïd de rassurer tout le monde en exposant les différents entraînements pratiqués par les troupes. Mais avant qu’il ait pu ouvrir la bouche, un conseiller interrompit grossièrement son cousin et hurla presque sa peur.

Wylan dut se retenir de rire. Ils étaient… pathétiques. Voilà pourquoi il n’aimait pas se retrouver face aux décideurs. Il n’avait aucune patience pour la couardise. Il faillit intervenir, mais un coup d’oeil à Arthon l’en dissuada. Il n’apprécierait sans doute pas qu’il attire davantage l’attention sur lui.  Il leva les yeux au ciel à l’intention de Arthon. Comment supportait-il tous ces crétins? Comment survivait-il à ces innombrables réunions? Jamais Wylan n’aurait échangé sa place avec son compagnon d’études. Il ne regrettait pas d’être né dans une petite famille de nobles plutôt qu’ici, au Palais. Il n’enviait même pas Beltran, issus de la branche mère - et riche - de leur famille.

Son cher cousin exposa donc de manière hautement pédagogique les tenants et aboutissants de la présente situation. Wylan se demanda si quiconque parmi le conseil avait suivi les évènements récents. Puis Beltran s’adressa à Rafalentha, et il regretta que Alemdar ait refusé de venir. Il aurait pu expliquer beaucoup plus précisément que son frère le fonctionnement de l’armée. Concernant les mages noirs… Wylan était persuadé qu’ils ne s’étaient allié à Thelarson par opportunisme. Non…  plutôt, qu’ils avaient obligé Thelarson à les prendre pour alliés. Mais il s’abstint d’intervenir. Rafael était déjà au courant de ses soupçons, il était certain qu’il les exposerait comme les siens. Quant à travailler avec les Hérauts, le prince n’attendait que cela.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Conteur

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #6 le: 16 avril 2014, 20:48:38 »
[center:2buh3jt6][/center:2buh3jt6]

Nom du PNJ: Rafael (Rafalentha) Jadrevalyn
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Rafael était presque soulagé de voir qu’il y avait aussi des crétins dans le conseil de Valdemar. Tout semblait tellement parfait dans ce pays qu’il était rassurant de constater qu’il restait quelques points de détails à améliorer. Il se sentait tellement inférieur… Alemdar l’aurait probablement rossé pour avoir de tels sentiments. Il fallait être fier de notre pays, martelait-il. Mais Rafael ne pouvait s'en empêcher. Ici, tout semblait tellement plus beau, plus honnête. Les Hérauts - Wylan excepté, peut-être - étaient si droits et honorables.

Le Commandant Beltran réexpliqua donc la situation pour les cancres du conseil. Ce faisant, il questionna directement Rafael qui sentit le trac lui nouer l’estomac. Enfin. Il allait parler en tant que futur souverain légitime de Rethwellan. Il prit une grande inspiration avant de commencer à répondre.

« Bien évidemment, je me rendrai à la frontière sitôt que vous le jugerez nécessaire. Alemdar avait déjà suggéré que je rencontre les réfugiés civiles afin de montrer que je me soucie de mon peuple, et ainsi donner une bonne image de moi...» Il s'interrompit soudainement. Il s'égarait peut-être là. Toussotant légèrement, il reprit.«Quant à ce que ferons mes anciens commandants… Déjà, en l’absence d’Alemdar, ils ont dû nommer quelqu’un à sa place. Ne sachant pas qui c’est… »

Wylan se pencha sur lui pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille. Il fronça les sourcils, l’air très inquiet.

« Ah… d’accord. Ils ont nommé Wethalogys… C’est un sadique. Enfin… s’il traite ses hommes comme il traite ses employés… Bref. N’attendez aucune retenue de cet homme, et encore moins de pitié. Il enverra la moitié de l’armée au casse-pipe sans sourciller. Et les mages noirs… Si vous voulez mon opinion, c’est moins les serviteurs de mon oncle que ses maîtres. Je suis quasiment certain qu’ils n’ont pas vraiment laissé le choix à Thelarson. Vous savez, ce qu’ils nous ont infligé, c’était vraiment affreux. Et si lui aussi a eu à subir ces attaques… Il ne pouvait qu’accepter. Et évidemment, je travaillerai volontiers avec vous. »

Il était ravi. Il allait pouvoir aider les Hérauts. Il allait participer à cette guerre. Il allait reconquérir son trône et son peuple. Il allait… rentrer chez lui. Jerem et Stef pourrait enfin reprendre le cours de leur existence. Ils pourraient enfin se recueillir en paix sur la tombe de leur père. Ils pourraient finir de grandir en paix.

Il se tourna Kalaïd, prêt à écouter son rapport. Il avait envie d’en apprendre davantage sur l’état des troupes et sur les préparatifs de la guerre.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Aaron Greystoke

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #7 le: 17 avril 2014, 08:10:53 »
[justify:lkvxz2ri]Les Hérauts étaient si droits et honorables... Mais manifestement pas forcément toujours ponctuels. C'était pourtant particulièrement exceptionnel pour ce qui concernait Aaron, et particulièrement inopportun, aussi. Quant à la motivation de ce non-respect horaire, elle n'avait rien de glorieux... Il ne regrettait évidemment pas la nuit qu'il avait passée dans les bras de son Mage - oui « son » - bien évidemment, mais ses conséquences ce matin lui déplaisaient fortement. N'eût été le cri tonitruant de Raïna dans son crâne, il eût sans doute encore été lové contre son amant à cette heure... Ah ! Il était beau le Héraut du Sénéchal !

La porte s'était rouverte, alors que le conseil avait déjà commencé, que les informations fusaient un peu dans tous les sens, après deux coups secs - comme il en avait l'habitude, il fallait l'avouer, mais le Blanc était manifestement un homme d'habitudes. Droit comme un i, ignorant - en façade - les regards de certains, il prit place sans un mot, le visage fermé. En réalité, il détestait complètement et d'être ainsi ne serait-ce qu'un instant le centre de l'attention, et plus encore d'être pris en faute. Les excuses auprès de ceux à qui il avait des comptes à rendre viendrait plus tard, pour l'heure, il ne comptait pas perturber davantage la réunion.

Dont la tournure n'était évidemment pas pour lui plaire. En soi, la guerre, ça n'était pas vraiment son domaine. Mais à vrai dire, il n'aimait pas les conflits d'une manière générale, a fortiori donc quand la sécurité de divers peuples était en jeu. Et les stratégies martiales n'étaient pas de son rayon, bien loin de là. Il laissait volontiers ça au Héraut du Maréchal, et aux autres en général. Il obéissait aux ordres cependant, et puisque sa présence était requise, elle était accordée... bien que tardive donc. Il était entrée pendant la réaction désagréable d'un des conseillers ce qui en un sens avait été une aubaine puisque l'attention s'était surtout concentrée sur la voix aiguë insupportable et ses propos tout aussi détestables. Les poings du Héraut s'étaient crispés, cependant, mais c'était là le seul signe visible de son agacement. Son regard avait balayé les personnes présentes, tandis qu'il gardait ses boucliers dressés au mieux, pas très enclin à ressentir l'antipathie ambiante pour Rethwellan dont il ne doutait pas une seconde aux oeillades - et propos donc - de certains.

Ni l'inquiétude globale, qu'il ressentait déjà bien assez tout seul. La situation était pour le moins préoccupantes, et même si ses nuits se trouvaient agitées pour d'autres raisons, il devait bien admettre qu'au demeurant, ses nerfs restaient mis à rude épreuve et le sommeil difficile à trouver. Ses yeux s'attardèrent un instant sur le prince rethwellan, puis sur le Maître des Montagnes Grises. Ce que ce dernier avait à dire, il en avait eu quelque aperçu et son malaise perceptible, il le partageait clairement. Mais c'était au prince de prendre la parole, aussi mal à l'aise fût-il. Pas besoin d'Empathie pour déceler son trac, et le Blanc regretta de ne pas maîtriser davantage un Don qui eût pu lui permettre de le rasséréner un peu.

* Chaque chose en son temps, mon Elu, et puis ça n'est pas ton Don principal, tu le sais. *

Certes. Son Don principal lui avait permis simplement d'être moins en retard que s'il avait dû traverser tout le Palais. Mais lui qui avait eu tendance à ne jurer que par lui et regretter l'apparition du second devait bien admettre que dans un tel cas de figure, il eût été bien utile. Plus que sa Télékinésie, donc. Et il se surprenait à penser que l'inverse eût pu être plus intéressant, au final. Une réalisation qu'il n'était pas sûr d'assumer complètement d'ailleurs - entre autres, murmureraient sans doute certains -, quand bien même la seule à le comprendre était sa moitié, son visage et son attitude toujours aussi impassibles.

Est-ce que l'enthousiasme du prince était plus fort, est-ce qu'un instant, ses barrières avaient failli ? Une vague de sympathie l'envahit, devant l'enthousiasme presque innocent du rethwellan, alors que ses propos peu avant le mettaient, lui, le Héraut, plutôt mal à l'aise. La Magie du Sang ne lui avait pas vraiment laissé un bon souvenir, et l'idée d'y être à nouveau confronté lui déplaisait fortement. Pourtant, c'était plutôt une volonté de bien faire, une certaine nostalgie de son foyer, et une pointe de fierté, aussi, qu'il ressentait, qui n'étaient cependant pas les siennes. Quand bien même il eût pu les ressentir lui-même. Vérifier ses boucliers donc, les renforcer. C'était sa tâche principale à cet instant. De toute façon, il n'était pas stratège. Tout ce qu'il eût pu faire à cet instant, c'eût été morigéner le Noble qui avait pris la parole sur ses valeurs morales douteuses. Ce que le Capitaine s'était déjà chargé de faire, tout en évoquant le danger que tout ça représentait aussi pour les égoïstes de Valdemar...[/justify:lkvxz2ri]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Kalaïd

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Re: Conseil de guerre
« Réponse #8 le: 14 mai 2014, 14:27:22 »
Kalaïd se leva lentement pour prendre la parole. Dans sa tête tournaient les images et les sons des scènes auxquelles il venait d'assister. Ce qui se passait à cette table, c'était la première fois qu'il le voyait. Et franchement ça expliquait pas mal de choses. C'est donc pour ça que sur le terrain les hommes mourraient plus qu'il n'était nécessaire ? Parce que des politiciens frileux refusaient d'écouter des hommes censés, parce que des conseillers pétochaient à l'idée qu'une guerre allait arriver ? Ils n'avaient décidément rien compris. La guerre n'allait pas arriver, elle était déjà là. Et elle avait tout l'air de commencer dans cette salle à dire vrai.
Cependant, le Lieutenant n'était pas là pour émettre un jugement de valeur. Il était un militaire depuis toujours. Il savait que tout gradé qu'il était, malgré ses responsabilité, malgré le devoir qu'il avait envers ses hommes et la population qu'il avait fait serment de défendre, si un politicien passait par là et lui demandait de se jeter dans la mêlée sans autre forme de préparation, il le ferait. Le sens du devoir, le sens du sacrifice, c'est ce qui faisait le soldat. Un soldat qu'il était avant toute chose.

- Messieurs, la situation à laquelle nous allons être confronté et à laquelle pour partie nous sommes déjà exposés nécessitait un entraînement spécifique. Le terrain commande comme nous aimons à nous le répéter, ici le terrain sur lequel nous évoluons est très spécifique et hostile. Et je ne parle pas encore de nos ennemis.

Kalaïd se retourna vers la carte qui trônait en arrière plan derrière le Roi, et désigna largement la zone des conflits à venir.

- Comme vous pouvez le constater et comme vous l'avez tous bien compris grâce au rapport du Héraut Wylan, les cols sont pris par la glace et la neige. Cette situation est certes temporaire, car la neige fond, mais le froid n'aura pas disparu lorsque les combats auront commencés, et il durera comme à l'accoutumé longtemps après la fonte partielle des neiges. Pour cette raison une partie de l'entraînement des hommes s'est donc déroulé en tenue d'hiver, avec un maximum d'équipement pour habituer les soldats à se déplacer avec ce type de protection thermique, ce qui n'est guère aisé. Comme la plupart des missions d'infiltration et de neutralisation discrète se font avec de l'équipement réduit, nos régiments d'éclaireurs ont été entraînés à rester dans de basses températures avec un minimum d'équipement de protection. Une grande partie des soldats à pied subi en ce moment le même type d'entraînement sur un registre un peu moins poussé pour leur permettre d'assurer leur survie au cas où ils n'auraient pas la possibilité de récupérer leur matériel après une perte de camp ou un assaut manqué.

Kalaïd se rapprocha de la table avant de poursuivre.

- Concernant nos régiments d'éclaireurs, ils ont subi un complément de formation dans des conditions météorologiques dégradées. Ces cycles de formation seront achevés d'ici le début probable des combats si les prévisions du Héraut Wylan s'avèrent exactes. La majorité de nos forces aura atteint ses objectif de formation d'ici là, ce qui nous permettra de disposer d'une force opérationnelle au moment crucial où les combats commenceront. Ne nous leurrons pas messieurs, immobiliser rapidement le front au début même de la première bataille nous permettra d'endiguer la menace en un point précis. Conservant l'initiative, nous pourrons alors envisager les mouvements latéraux qui conditionnent une victoire militaire rapide avec un minimum de pertes. Pour ce faire, une préparation du terrain a déjà été entreprise. Je vous épargne les détails de cette phase qui ne passionneraient guère que des ingénieurs et qui pourrait être longue et ennuyeuse.

Kalaïd n'avait aucune envie de parler ici des idées évoquées et des préparatifs entrepris qui leur donneraient un avantage tactique à ce niveau, après avoirs lu le message que leur avait fait passer le Roi.

- Concernant le gros des troupes, nous avons privilégié un recrutement par profil psychologique. Les Hérauts ont eu fort à faire pour passer nombre d'entre nos soldats à la question, et tenter de déceler parmi nos propres troupes les ennemis potentiels qui auraient pu s'y cacher. Le recrutement a surtout visé à trouver des hommes au moral suffisant pour combattre dans des conditions plutôt dégradées. Par ailleurs des troupe Rethwellans nous ayant rejoint, elles ont été intégrées à nos entraînements. Un retour d'expérience a été fait avec les plus expérimentés d'entre ces hommes, qui nous a permit de peaufiner nos techniques et nos stratégies. Je dois ici vous informer que nous avons également recruté une grande quantité de femmes dans l'armée régulière, pas tant à des postes de combat qu'à ceux de la logistique. La taille des flèches, les soins, l'entretien des chevaux et de certains types d'armes font par exemple partie des taches qu'elles assurent déjà avec brio au cœur même de notre dispositif militaire. Cela nous a permis de libérer un grand nombre d'hommes qui ont rejoint des postes de combat...

Kalaïd ne savait pas vraiment comment cette nouvelle serait prise par les seigneurs présents à cette table. Pour lui ce n'était pas un problème et la plupart de celles qu'il avait rencontré étaient particulièrement ravies de servir cette cause, mais vu la mentalité des personnes présentes... Il se demandait quelle serait leurs réactions.

-...Même si je sais que cela n'est pas très bon pour le moral, la défaite a bien entendu été envisagée. Les troupes sont donc placées en garnison étagées, le long des axes menant de Rethwellan vers Valdemar. Si les avant postes venaient à lâcher, leur repli leur permettrait de gagner la sécurité des troupes arrière, et ainsi de suite dans le cas de défaites successives. Si le conflit venait à s'éterniser sur une position fixe, un roulement serait mis en place entre l'arrière et l'avant des troupes afin de ménager le moral et la condition physique des hommes.

Le Lieutenant ne marquait que très peu de pauses dans son déroulé. Il ne voulait pas laisser l'impression que leur préparation avait été faite à la légère, qu'il ne connaissait pas son dispositif, ou qu'il ne croyait pas en l'efficacité de ces préparatifs. Car ce n'était pas le cas.

-Concernant la protection de Haven, une partie de la garnison reste ici. Nous mettons d'ores et déjà en place un roulement entre le front et la capitale afin de permettre aux soldats de revenir passer un temps ici. Le fait de voir sa famille peut parfois être plus réparateur pour un homme fatigué que n'importe lequel des soins d'un guérisseur...

*… Ce n'est pas pareil quand c'est une guérisseuse...*

-...C'est bien entendu la raison pour laquelle nous sommes revenus avec un tiers de la garnison. Enfin, je vois que la question de la magie du sang vous préoccupe et c'est justifié. Nous avons déjà eu affaire à elle auparavant, et c'est une sale engeance que nous opposent nos ennemis. Néanmoins des mesures ont été prises par rapport à cette menace très particulière. Des mages ont été intégrés aux entraînements de toutes nos troupes afin de les informer des choses à faire et ne surtout pas faire lorsqu'ils seront confrontés à l'ennemi. Par ailleurs, certains mages ont émis le souhait de faire partie des troupes au cours des batailles. Voilà dans l'ensemble ce que je peux vous dire sur la préparation que nous avons mis en place.

Kalaïd préféra interrompre là son exposé, la suite ne concernait principalement que des points de détails sur la logistique et l'organisation des troupes. Et il y avait aussi ce que tous ne devaient pas savoir... Il jeta un œil autour de lui avant de se rasseoir.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
«Personnellement je ne pense pas que le Commandant Beltran m'ait recruté en fonction de ma capacité à manier un rasoir.»
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Re: Conseil de guerre
« Réponse #9 le: 15 mai 2014, 18:32:16 »
Pendant que Beltran parlait, Arthon observait les hommes présents. Les plus inquiétants n'étaient pas ceux qui laissaient leur fureur ou leur angoisse envahir leurs visages, c'était au contraire ceux étrangement froids et réservés, bouches pincées et sourcils froncés. Ceux-là poseraient plus de problèmes que les râleurs. C'était eux qui votaient contre les décisions, contre les impôts, contre les levées d'hommes, et leur voix n'était portée aux oreilles des autres que par le biais de sombres rumeurs et autres insinuations. De vrais hommes politiques ceux-là, du genre que Beltran pendrait bien par les pieds par la fenêtre, mais qu'Arthon savait indispensables à la politique actuelle. Des anti-Hérauts pour certains, bien que la déchéance des DeFeriel ait bien adouci les esprits ces derniers mois.Arthon se passerait bien de dissentions internes avec la guerre approchant mais ça aurait été trop demander alors il se contentait de les tenir à l'oeil. Il accorda un regard calme à Aaron qui les rejoignait - questionnant Ryis mentalement sur la raison du retard du Héraut du Sénéchal et lui rappelant de dire à Aaron de bien observer les hommes qu'il savait membres des factions anti-Hérauts, ou au moins sympathisants. Son expertise lui serait utile plus tard pour d'autres points à discuter;

Une fois Beltran lancé, il eut du mal à s'arrêter. Rafalentha eut son tour de parole, conseillé à mi-voix par Wylan. Cela n'étonna guère Arthon que l'autre Héraut ait les informations mais un peu plus qu'il les donne si facilement au Prince de Rethwellan. Ils n'avaient rien à cacher, cela ne posait pas problème, mais Wylan venait de renforcer d'un geste l'idée que les deux royautés fonctionnaient bien main dans la main. Bonne idée.
Le jeune prince ne parlait pas à la légère et Arthon ne fit pas l'erreur de certains de croire que sa jeunesse lui donnait la fougue et l'angoisse d'un jeune premier. Si Rafalentha affirmait qu'il y avait un sadique à la tête de l'armée, c'était une information importante à prendre en compte. Arthon hocha la tête silencieusement vers le prince pour le remercier de son intervention et de sa volonté d'aider.

Kalaïd eut enfin le droit de prendre la parole. Peu habitué à parler en public, il prit sur lui de se concentrer sur les détails techniques en leur épargnant cependant bien des détails dont Arthon et Beltran parleraient plus tard avec lui. Il fut concis et direct, n'épargnant aucune sensibilité, allant jusqu'à parler d'une défaite possible. Ce fut cependant la mention des femmes qui fit réagir le plus les seigneurs. Arthon eut envie de se taper la tête contre la table tellement il n'en revenait pas que certains soient si obtus. Comme si personne n'avait remarqué que la moitié des Hérauts, des Guérisseurs et les trois-quart des Bardes étaient des femmes qui non seulement n'avaient rien à faire à rester chez elles mais valaient autant que leurs homologues mâles sur le terrain? Une femme-soldat n'était pas un concept étranger à Valdemar mais les plus traditionnels des nobles avaient du mal à l'avaler. Bande d'imbéciles congénitaux, râla mentalement Arthon, approuvé par Ryis en personne.
Une fois le lieutenant au terme de son compte rendu, Arthon se leva.

"Merci Lieutenant. Les autres détails militaires seront reportés à une prochaine séance avec l'état-major. Adepte Glenn, avez-vous quelque chose à ajouter?"

Le Mage se leva à son tour:

"Sans aller dans les détails... Il existe de nombreux groupuscules de mages de sang ou mages noirs à Rethwellan. Leur réseau est très étendu et efficace et ils marchent de concert avec le gouvernement en place et l'armée en place. Nous savons qu'ils ne sont pas tous de Rethwellan mais sont composés également de Karsites et de Hardornans, potentiellement également d'Iftelien. Les Mages ressentent des troubles dans tous ces pays également. Nous pensons que le Mage Sombre, ou Cerath l'Adepte, seraient à la tête du réseau entier et vise plus particulièrement Valdemar car nous sommes ici au coeur des relations entre les différents pays, centre contre le chaos international. Concernant ma confrérie, une retraitre de prêtresses a été détruite et l'Orbe d'Aanor a quitte Rethwellan. Nous nous rapprochons. Tous les mages en âge d'exercer vont être testés pour leur loyauté et se joindront à l'effort de guerre, quelle que soit leur nationalité. Pour plus de renseignements, adressez vous au Doyen Arbretempête, c'est lui qui s'occupe d'organiser son Collegium à ce niveau. Les Mages d'Aanor iront au combat avec Valdemar."

Glenn se rassit, et Arthon le remercia. Il passa ensuite à l'autre point de l'ordre du jour, c'est à dire la levée de taxes chez les marchants les plus riches et certains nobles afin de soutenir l'effort de guerre. Il fut dur de convaincre une majorité d'accepter. Vint ensuite le blabla sur les restrictions alimentaires du Palais et des maisons nobles, un décret sur l'utilisation de soldats pour le compte d'une famille, et d'autres joyeusetés politiques. Le conseil dura jusqu'en fin d'après-midi.

Bien avant midi, Beltran avait fait signe à Kalaïd et Wylan et s'était enfui du terrain de jeu des conseillers avec la bénédiction (jalouse) d'Arthon. ils avaient autre chose à faire que subir les plaintes et autres jérémiades des conseillers. Glenn n'avait pas tardé à l'imiter ainsi que quelques autres. Seuls les membres fixes du Conseil durent le subir jusqu'à la fin. Et ils râlèrent bien sur tous les points de détails pour bien signifier que rien n'était acquis à la couronne surtout dans leur intérêt à tous - pour le principe. Arthon avait l'impression de parler poésie lyrique avec un linteau de porte de porcherie.

Quand enfin les portes se refermèrent sur le départ du dernier conseiller, Arthon, totalement déprimé, s'affala sur sa table.

"Et dire qu'on recommence demain..." soupira-t-il avant de se préparer pour son entretien avec Beltran et le Maréchal.

[RP clos]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »