Auteur Sujet: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"  (Lu 3941 fois)

Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #15 le: 21 avril 2014, 09:56:41 »
Beltran avait le cerveau traversé d'idées étranges, illogiques, ce qui ne lui arrivait que très rarement, et quasiment toujours lorsque la soirée incluait beaucoup d'alcool. Ce soir-là, il n'avait pas bu assez pour ne pas s'interroger sur l'émergence de pensées irrationnelles. Certes il avait avalé cul sec un verre de vin de glace made in Greenfield et il accumulait une sacrée dose de fatigue, mais il n'était pas pompette, il était juste... perdu. Il se promit à lui-même de ne jamais voir Irmingarde avant une réunion importante s'il ne voulait pas perdre tout avantage tactique sur ses ennemis. Alors qu'il se faisait cette réflexion, il dut s'avouer à lui-même que les sentiments peu mesurés qu'elle réveillait en lui étaient de nature plus profonde que ce qu'il aurait souhaité - mais tout son comportement le trahissait déjà depuis quelques temps. Noble élevé pour survivre à la Cour, Beltran avait développé deux sens de l'humour: celui qui était prisé dans les salons plein de jeunes gens sensibles, et celui, plus caustique, qu'il pouvait montrer aux personnes moins superficielles. Dans son salon, en plein dîner, il n'était plus très sûr de lequel il avait le droit d'utiliser. Heureusement, Irmingarde semblait vouloir montrer la voie en plaisantant elle-même, et le Capitaine n'eut plus qu'à suivre lorsqu'il eut quelques doutes.

"J'imagine bien les présentations de Hérauts lors des réunions officielles... Seigneur Rafalentha, voici le Roi Tournebroche Arthon de Haven. Il est spécialisé dans le cochon grillé. Et voici le Héraut du Roi, Aranel, spécialisée dans le roti de boeuf. On aurait l'air fin."

Beltran hésita, se rendant compte de ce qu'il venait de dire. Alcool, amour, délire? Il n'avait fait que suivre l'exemple de sa jolie partenaire mais il s'étonnait lui-même d'aller si loin. Le séjour sur le front avait-il eu des conséquences inhabituelles sur son organisme? Il n'empêche que le soldat trouvait l'idée très amusante et il croisa mentalement les doigts pour ne pas avoir d'idées bizarres lorsqu'il serait en face d'Arthon le lendemain.

"Tout cela reste entre nous n'est-ce pas?" vérifia-t-il par acquis de conscience.

Beltran n'eut rien à ajouter sur le cas Wylan. Irmingarde s'y connaissait bien mieux en Dons que lui, qui n'en avait qu'une connaissance théorique. Il savait très bien que les Dons pouvaient autant servir d'arme au service de Valdemar que blesser, voire tuer, ceux qui les prenaient trop à la légère. Et lui, qui détestait ce qui n'était pas rationnel, et en général tout ce qui avait trait à la magie et aux aptitudes extra-sensorielles, se retrouvait à tenter maladroitement de séduire une femme qui avait un des Dons les plus dangereux du palmares. Décidément, ses neurones avaient dû griller en même temps que ses poils et ses capacités moteur.

Etait-ce dû à l'alcool ou à une intimité grandissante, Beltran l'ignorait, mais la crise qu'il avait senti venir alors qu'il éclaboussait sa compagne ne vint pas. L'intervention du Maréchal ne la déclencha pas plus. Le Capitaine et l'élève Héraut se retrouvèrent à parler de sujets sensibles malgré le ridicule de la situation. Le gradé se confia un peu plus que prévu et se rendit compte qu'il attendait la réaction de la jeune Hold avec appréhension. Quand celle-ci finit par donner son avis, il aurait pu en soupirer de soulagement mais il se contenta de hocher la tête, notant mentalement au passage avec une sensation de chaleur dans la poitrine qu'elle venait de dire qu'il représentait "quelque chose" pour elle:

" Je crois que personne n'osera me poser de questions - avantage du grade." Bon, probablement à l'exception de Wylan, de Fitz, de Arthon, d'Aranel, d'Isabeau, de... bref. " Je serai plus discret. Mon problème n'est pas qu'on s'en prenne à moi pour te toucher toi mais plutôt l'inverse. Je... J'ai un poids certain dans les décisions du Conseil et d'Arthon. Les gens qui me sont proches peuvent... me déconcentrer ou me rendre subjectif. Si on attaque Liane ou si on t'attaque toi, je n'aurais pas la capacité d'être objectif et concentré sur le royaume, je crois. Et même si j'y arrive, cela ébranlerait la confiance des autres sur ma capacité à réagir. En réalité, tout de même, je doute qu'on s'en prenne à une élève Héraut en plein milieu du Collegium mais ne pars pas du principe que personne ne tenterait de t'approcher. Tu seras Héraut et tu as des liens avec les stratèges de Valdemar. Tu peux attirer de ce fait des gens mal intentionnés. Je sais que tu fais attention à tes fréquentations mais certains nobles à Haven même ont des intérêts à discréditer ou attaquer les Hérauts ou les proches des décideurs."

Sans parler des espions étrangers ou des traitres à la solde de Rethwellan (ou de Hardorn, ou de Karse, ou de Iftel, ou... bref de n'importe quel endroit où des anti-Valdemar pouvaient avoir un siège, ce qui incluait Valdemar lui-même). Beltran arrêta sa mise en guarde à ce point-là car il lui semblait inutile d'exagérer mais tout de même nécessaire de lui montrer qu'il s'intéressait à sa sûreté.

"Promets-moi de faire attention à toi. Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute. Tout ça parce que j'ai été un idiot sentimental devant une amie en rentrant du front."

Il sourit à son amie. Ensuite les choses s'accélérèrent pour lui et il se retrouva dans son bureau pendant qu'Irmingarde se changeait. Elle mit un peu de temps puis le Capitaine eut le droit de revenir dans le salon. La jeune femme était changée, et il trouva que malgré les tailles en trop, la chemise lui donnait un petit air sensuel et moins coincé. Il se refusa à faire un tel commentaire mais il osa un compliment:

"Ca te va bien. Tu m'expliques comment tu arrives à avoir cet air là même après que je t'aies toute éclaboussée?" Il eut un sourire sadique et oublia un peu sa retenue face à la fragile demoiselle: "Je suis sûr que les bardes pourraient écrire une ballade sur cette abilité, tiens..."

Il s'approcha d'elle et lui retira la vaisselle des mains pour aller la poser sur une petite table de service près de la porte tout en entonnant d'un air mortellement sérieux:

" Demoiselle Héraut d'une carafe d'eau fut éclaboussée
Mais rien d'aussi bas que de l'eau son éclat ne put ternir.
Le Maréchal lui même dut admettre son péché
Et le Capitaine de s'agenouiller une fois de plus dut se retenir.


Ou quelque chose comme ça. Je demanderais à Riannon..."


Il lui fit un clin d'oeil puis revint à la table et fit le service pour le plat principal et remplit de nouveau les verres (visiblement l'alcool les détendait tous les deux, pourquoi se priver...?). Il attendit qu'Irmingarde soit prête à manger pour réengager la conversation:

" Nous allons proposer des cours directement avec mes hommes pour les gens qui risquent de nous rejoindre sur le front. Mes officiers en seront responsables. Je pense nommer Fitz pour ces cours-là. Les hommes l'aiment bien, il a un humour... particulier. Tu le connais? Je pense que ça serait bien que toi et quelques camarades aillent voir si vous pouvez participer..."
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #16 le: 23 avril 2014, 00:42:11 »
Entendre Beltran la suivre dans sa plaisanterie en en rajoutant une couche, lui qui était le plus souvent si sérieux provoqua chez Irmingarde un grand éclat de rire. Ce qui arrivait très rarement, et il était fort probable que Beltran ne l'ai jamais entendu.
Le vin et la présence de Beltran rendait la jeune femme de belle humeur, et elle put constater à quel point rire de bon cœur pouvait faire du bien.

"Je ne répèterai rien, en revanche, je ne peux pas promettre de me retenir de sourire devant Arthon en l'imaginant avec une toque et un cochon de compagnie!"

Nouvel éclat de rire. Elle essaya de faire durer ce sentiment de bien être que cela lui procurait le plus longtemps possible, mais il s'évanouit quand ils se mirent à parler des dangers à se fréquenter. Ce n'était pas franchement romantique comme façon d'envisager le futur, mais en même temps, ce n'est pas comme s'ils avaient le choix.
Cela dit, ça la touchait beaucoup qu'il lui avoue penser perdre ses moyens si on s'en prenait à elle. Même si ce n'était pas très glorieux comme sentiment, attendu qu'il ne valait mieux pas qu'il les perde. Elle préférait largement qu'il lui fasse la révérence pour lui montrer qu'il tenait à elle, plutôt qu'il fasse des bêtise dans le cadre de ses fonctions.

"Je vais partir du principe que je suis en danger. C'est bientôt la guerre, tout le monde va être en danger, encore plus les Hérauts et les Gris."

La perspective de la guerre la remplissait d'angoisse, et ça se voyait sur son visage. Comme plus tôt dans la soirée, avant de se retrouver trempée, elle était incapable de mentir à ce sujet.

"Il vaut mieux pour moi que j'apprenne à faire attention, même si cela veut dire devenir un peu paranoïaque... Et tu seras le seul Noble que je fréquenterai, en dehors d'Isabeau, mais ça ne compte pas elle est Grise, et Saskia, bon, je ne pense pas à avoir à craindre quelque chose de la Princesse Consort. Je ferai attention, c'est promis. Surtout au pichet d'eau d'ailleurs!"

Mina ponctua sa conclusion d'un clin d’œil amusé.

Après qu'elle se soit changée, Beltran revint dans le salon et lui donna de nouveau l'occasion de piquer un fard en la complimentant. Une véritable avalanche ce soir! Et alors soudainement, il fit quelque chose à laquelle la jeune femme ne s'attendait absolument pas... il se mit à chanter! Avec un étonnement visible, Irmingarde l'écouta, la bouche légèrement entrouverte. Le cachotier! En plus de savoir trousser des vers avec une rapidité déconcertante, il chantait très bien!

Muette de surprise, elle se rassit à table et but une gorgée de vin pour s'éclaircir les idées.

"Tu... mais tu chantes!"


Bravo, quel esprit de synthèse! Quelle remarque originale!

"Et bien avec ça! Je n'en savais rien! Pas étonnant que tu ais été le compagnon de Riannon!"

Elle l'imagina, chantant avec Riannon, dans l’intimité. Enfin, elle essaya, mais c'était trop étrange pour qu'elle arrive à mettre des images sur ces idées. Et un peu déplaisant.

"Beltran tu es décidément un homme... plein de surprises!"

L'alcool lui déliant la langue plus qu'elle ne l'aurait voulu, beaucoup plus, elle continua sur sa lancée sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle disait.

"Noble, bel homme, galant, drôle, et musicien... Et c'est sur moi que tu as bien voulu poser les yeux..."

Elle se laissa flotter une minute dans cet état romanesque, puis, se rendant compte de sa niaiserie, elle se donna une claque mentale.

"Hum... oublie ça..."

Moui, il y avait peu de chance que cela arrive, mais elle pouvait toujours espérer!
Mina préféra se concentrer sur son assiette - et bien lui en prit car, de nouveau, c'était délicieux - et sur le sujet que lança Beltran.

"Fitz? Je l'ai... déjà rencontré. Il y a quelques temps."

Le souvenir n'était pas agréable, parce qu'elle l'avait rencontré en présence d'Elryk. Parler de lui à Beltran ne serait pas forcément une bonne idée, alors, elle préféra gommer son existence et s'en tenir au principal.

"Je n'étais que Chef des Pages, et il avait terrorisé un page, avec sa hache je crois? Je suis allée lui crier dessus! Donc oui, on se connait vaguement. Mais si tu l'as nommé Lieutenant, c'est qu'il doit être un homme de valeur. Bien que je sois certaine qu'il ne soit pas aussi bon professeur que toi. Mais je saurais m'en contenter..." soupira-t-elle en surjouant sa déception.

Il était loin aussi, le temps où Beltran pouvait se consacrer uniquement à elle pour lui apprendre à ne pas tuer quelqu'un parce qu'elle ne avait pas par quel bout tenir son épée. Le temps où ils pouvaient en plaisanter avec insouciance.
Aujourd'hui, il était vital pour Mina, comme pour le reste des étudiants gris, de pouvoir défendre sa vie, parce que la probabilité de devoir le faire n'avait jamais été aussi grande.

"Je m'y rendrai."

Elle scella sa promesse d'un nouvelle gorgée de vin, posa son verre sur la table, puis son menton sur la paume de sa main. Dans cette position, elle regarde Beltran et lui demanda:

"Mais toi Beltran. Comment vas-tu?"

Cette question était moins simple qu'elle en avait l'air. Elle voulait dire en fait "Assez parler de moi, comment va ton moral, comment as-tu vécu ces mois à la frontière, comment supportes-tu la pression de la guerre qui arrive, as-tu besoin de parler?".
Mais elle ne voulait pas avoir l'air de forcer ces confidences non plus. Juste qu'il sache qu'il avait raison d'avoir confiance en elle au moins sur un point: il pouvait se confier à elle, s'il le voulait.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #17 le: 25 avril 2014, 09:50:35 »
Beltran hocha la tête avec un large sourire, heureux que sa compagne se laisse aller au rire en sa compagnie. Ils n'avaient que trop tendance à se retrouver dans des circonstances peu propices à l'humour et au lâcher prise.

"Je sens que j'aurai moi-même du mal à ne pas y penser demain. Je pars du principe que si Arthon découvre toute cette conversation, ma crédibilité risque d'en prendre un coup quand même..."

Le Capitaine tenta de garder à l'esprit la fraîcheur du rire d'Irmingarde alors même qu'ils replongeaient dans les sujets obscurs de la guerre et du danger. Il tenta de se montrer ouvert et honnête concernant ses sentiments et ses peurs pour la jeune femme tout en ne lui mettant aucune pression sentimentale. C'était un exercice difficile mais Irmingarde ne fit pas mine de s'enfuir - et, au contraire, sembla comprendre où le soldat voulait en venir. Elle eut de plus une réponse qui le satisfit. Sa compagne semblait consciente à la fois des risques qu'impliquait le port de son uniforme et des dangers accrus à cause de la guerre à venir. Elle ne tentait pas de se boucher les yeux comme le faisait Riannon par exemple. Sur le visage de Mina, l'angoisse n'était pas feinte et elle prit au sérieux les conseils de Beltran avant de le rassurer.

"Tu ne crains rien avec les Gris ou les Hérauts. Je pars du principe que tu ne crains rien non plus avec les Guérisseurs, surtout les Empathes. Même si au cas où... Bref... Evite de te retrouver seule quand tu peux - et préviens les autres de même. Tu es particulièrement en vue à cause de moi, mais si un traître tentait de déstabiliser Valdemar, le meurtre de n'importe quel Héraut ou apprenti Héraut serait suffisant. N'hésite pas à dire que tu as reçu ces conseils de moi ou de mes officiers si on ne te prend pas au sérieux. Il est déjà prévu que moi ou mes lieutenants nous intervenions auprès de vous pour vous préparer du mieux que l'on peut." Puis il eut un sourire honteux et sauta sur l'occasion que lui présentait Irmingarde pour paraître un peu moins sérieux: "Et je promets de ne pas venir en cours avec une carafe d'eau. Ou alors de l'eau tiède, ça fera moins froid."

Beltran faisait de l'humour en plein milieu d'une tirade sur la sécurité, lui qui était légèrement paranoïaque... Mina avait décidément un effet un peu trop puissant sur lui. Mais l'homme était las de s'inquiéter tout le temps pour ses proches et pour ses hommes. Il était épuisé par les dernières semaines et à l'idée de devoir assumer ses fonctions le lendemain. Son sens du devoir et son aptitude à prendre soin des autres l'empêchaient de démissionner (qui prendrait la relève? Il était peut-être un peu trop sûr de ses capacités personnelles, mais sérieusement, qui aurait les épaules de reprendre la tête des armées de Valdemar? Personne. Bien qu'il formât ses officiers à pouvoir agir au maximum sans lui s'il se faisait blesser par exemple, personne n'avait encore la carure de reprendre son rôle. Mais bientôt, se promit-il. Bientôt, il aurait un ou plusieurs "héritiers" qu'il pourrait présenter au Roi et au Conseil, ce qui lui permettrait à lui de s'en faire moins pour Valdemar. Peut-être pas de prendre sa retraite, il était encore trop jeune et trop impliqué dans le bien-être du pays, mais au moins soulager ses épaules d'une partie de ses devoirs. Il regrettait tellement Elia, la capitaine mercenaire. Elle l'aurait conseillé au mieux - et il lui aurait fait confiance pour l'assister ou le remplacer. Maintenant, ses espoirs se plaçaient dans ses plus proches collaborateurs. C'était une des raisons qui l'avaient poussé à faire assister Kalaïd au Conseil du lendemain.

Ces pensées se bataillèrent un moment avec celles concernant Irmingarde alors qu'il lui laissait le temps de se changer et de le rappeler dans le salon. Quand il poussa la porte et revint à elle, il se concentra de nouveau entièrement sur son invitée. Elle l'avait tellement impressionnée dans sa manière de bien prendre tout ce qu'il lui imposait ce soir-là qu'il s'autorisa à pousser la chance jusqu'à pousser la chansonnette. La réaction de la jeune femme salua ses efforts positivement.

"Ca m'arrive de chanter oui. Je sais même jouer un peu du luth. Mais je suis meilleur danseur. Je t'assure." plaisanta-t-il avant de préciser, un peu gêné: "Riannon et moi avons plus été des amis que des... compagnons. Mais la musique est une chose que nous avons en commun. Et visiblement Liane s'y intéresse aussi. Je me demande si elle héritera des Dons de sa mère. Elle est déjà très... particulière."

Ce qui le mettait mal à l'aise, il fallait l'avouer. Beltran détestait - et craignait - tout ce qui avait trait à la magie, que ce soit la vraie Magie ou les Dons des Hérauts. Tout n'était pas rationnel et obéissait à des règles qu'il ne maîtrisait pas, et cela faisait intervenir trop d'incertitudes pour qu'il l'apprécie, bien qu'il prit tout cela en compte dans ses stratégies militaires. Mais par exemple, l'intervention divine ou magique innattendue des fidèles d'Aanor avait tendance à le hérisser quelque peu. Beltran tenta de revenir au sujet alors que Mina l'abreuvait de compliments. Il se sentit toute chose surtout quand elle conclut par un "Et c'est sur moi que tu as bien voulu poser les yeux..." qui le fit hésiter: était-ce une bonne chose à ses yeux? Il pensait que oui, vu les adjectifs le décrivant. Puis l'élève Héraut se reprit et lui demanda d'oublier ce qu'elle venait de dire. Doucement il refusa:

"Je n'ai pas assez de compliments dans mes journées pour ne pas profiter au maximum de ceux qui me tombent dessus par surprise." fit-il doucement. "Et face à une jeune femme intelligente, indépendante, débrouillarde, courageuse, charmante et attirante, nul besoin de s'étonner que mes yeux veuillent se poser dans ses environs."

Et à son tour il fuit la conversation un peu trop tendre à son goût pour se concentrer sur son assiette. Puis pour vaincre le silence qui risquait de s'installer, il se lança dans un sujet qu'il maîtrisait mieux. Irmingarde se mit à lui raconter sa rencontre avec Fitz et Beltran sourit, amusé.

"Il terrorise certains de mes hommes aussi. Ils ne savent souvent pas si ses menaces sont sérieuses ou non. Mais il est apprécié en général. Mais je t'imagine mal lui crier dessus, je dois avouer. Oh et je peux toujours tenter de te servir de professeur de nouveau maintenant que je suis de retour, si tu n'as pas peur que je me ridiculise de nouveau."

Il savait que la déception de Mina était un peu exagérée mais... cela lui avait fait tout de même plaisir. Il se ramollissait vraiment. Il tenta de se reconcentrer sur ses paroles suivantes -sa promesse d'assister aux cours de "soutien"- avant qu'elle se penche vers lui, visage dans sa paume de main, et lui demanda très calmement comment il allait.
Beltran hésita. C'était une réponse compliquée. Il était épuisé, moralement comme physiquement. Il était inquiet et tendu, car la guerre était plus proche que ce que croyaient la plupart des gens. Il était angoissé à l'idée de perdre le contrôle parce qu'il avait laissé à son coeur une ouverture trop inattendue - et pourtant il ne pouvait se motiver à tirer un trait sur cet aspect de sa vie. Que répondre à une jeune femme de vingt ans sa cadette, qui avait encore des idéaux et n'avait pas connu la violence des combats? Elle était Héraut, et son amie, et méritait de ce fait une réponse honnête. Mais elle était si jeune et si fragile - et lui si orgeuilleux et si borné - qu'il hésitait à donner une réponse complète. Il prit le temps d'avaler sa bouchée et de se rincer la gorge avant de répondre le plus sincèrement possible.

" J'ai le poids de la guerre sur les épaules. J'ai du mal à penser à autre chose qu'à mes hommes qu'on va envoyer au casse-pipe. Je n'ai pas le temps de me reposer, trop de vies dépendent des décisions que l'on prend ces jours-ci. Je ne suis pas au meilleur de ma forme mais je ne peux pas prendre le temps de me reposer. C'est une situation telle qu'un dirigeant ne veut pas assumer dans sa vie même si nous sommes tous conscients que c'est notre rôle. Par rapport à Arthon, je vais bien je pense. Je profite des rares instants où je n'ai pas à compter le nombre de vies qui vont partir ou qui nous ont quitté le matin même. Mais j'ai besoin de toute ma concentration sur ces affaires et ma vie privée... risque d'être un lointain souvenir dans les prochains jours. Mais je suis assez fort pour ça - je m'y suis préparé toute ma vie. Ces dernières années n'ont pas été tendres avec nous mais je connais mes limites et j'en suis encore bien loin. Ne t'inquiète pas pour moi."

Il sourit:

"De plus, des moments comme celui-ci où je peux me reposer l'esprit quelques heures, ça me remonte le moral et me donne la force de continuer plus encore. Merci."

Beltran tenta d'éviter de penser qu'il faudrait cependant prendre d'ici quelques temps une décision définitive concernant leur relation. Si Irmingarde lui prenait trop d'énergie, si leur relation n'avançait pas et qu'il n'arrivait pas à écarter les pensées la concernant, il serait obligé de tirer un trait sur ses espoirs. Lui rendre sa "liberté". Le devoir avant tout. Il avait besoin de garder la tête claire. Mais aucune raison d'en parler à ce moment précis. Il se contenta donc de lever son verre en remerciement. Avec la fatigue et les émotions, le Capitaine, pourtant habitué à l'alcool, commençait à être légèrement pompette.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #18 le: 29 avril 2014, 00:00:20 »
Après leur fou-rire, Mina fit la grimace quand Beltran lui conseilla de ne pas trop se retrouver seule.

"Je ne suis pas un personnage sociable tu sais... Il n'y a guère qu'avec Saskia et Isabeau, et toi, que je suis à l'aise. Et puis je ne suis jamais seule. J'ai Ezarell avec moi. Sauf ce soir, elle a été assez gentille pour me laisser ma soirée, en toute initmité..."

Elle ponctua sa phrase par un sourire presque enfantin. Enfin, dans son esprit, c'était l'idée. Dans la réalité, c'était plus aguicheur qu'autre chose, et si son Compagnon avait été là, il aurait pu lui rappeler à quel point elle n'avait aucune idée des messages qu'elle pouvait faire passer sans le savoir. Il n'y avait qu'as espérer que Beltran le lui explique gentiment.

"Je sais que tu m'as dit que tu m'apprendrai à nager un jour mais tout de même, si tu t'y prends comme ça, ça risque d'être long!" conclut-elle avec bonne humeur.

Parler de musique donna l'occasion à Beltran de lui parler de sa fille. Cette marque de confiance touchait beaucoup la jeune femme. Beltran était très réservé sur sa vie privée, à raison, comme il venait de lui expliquer, mais pour autre chose aussi. Mina ne savait pas tellement quelle position il adoptait face à cette fille qu'il n'avait jamais officiellement reconnue. Il semblait très mal à l'aise. Irmingarde doutait que la situation actuelle soit son choix à lui. C'était un tout, sacrément inconfortable pour ce papa perdu.
La Grise choisit de ne pas trop faire de supposition en le forçant à analyser des sentiments contradictoires, après tout, elle n'était pas là pour faire sa psychanalyse, et répondit en choisissant ses mots:

"Liane est une petite fille très vive, et très curieuse. Je l'ai rencontré peu après la mort du Roi, elle voulait jouer. Elle savait des choses étonnantes sur moi, je ne serai pas surprise qu'elle se montre Douée, même si je sais que l'idée ne te plait pas. Elle a une maman très aimante, un père très protecteur, et une nounou compétente, pour le peu que je puisse en juger. Elle est bien entourée."

Elle ne rajouta pas que l'enfant parlait par l'esprit avec plus de facilité qu'avec sa bouche, histoire de ne pas l'effrayer plus encore.
Elle préféra essayer de ne pas trop rougir quand elle récolta son lot de compliment en retour du sien. Intelligente, elle? Elle se considérait plutôt comme une idiote. Dans le sens où elle manquait cruellement de culture, même si elle essayait de combler cette lacune.
Indépendante, ça, elle ne pouvait pas le nier.
Débrouillarde? Elle ne s'était jamais vu ainsi, mais soit.
Courageuse? C'était une façon comme une autre de donner un autre nom à son habitude de ne pas réfléchir avant de faire quelque chose. C'était gentil de sa part de le tourner ainsi.
Quant à charmante et attirante... ces qualificatifs, dans sa bouche... Aussi sûrement que le vin, cela la réchauffait de l'intérieur.

Elle ne répondit rien, de peur de passer pour prétentieuse en réfutant des compliments comme si elle voulait qu'il insiste.

Puis Beltran lui parla de Fitz et de ses cours, de sa façon d'être. C'était intéressant, mais elle n'avait pas tellement envie de discuter de la personnalité d'un tiers totalement étranger à leur relation. Mina, intelligente, indépendante, débrouillarde, courageuse, charmante, attirante et... égoïste.

"Oh, je sais crier! J'ai passé de sacré savons à mes petits frères et sœurs, dans tous les sens du terme d'ailleurs. Et Fitz était pour moi comme un enfant. Mais dans le rôle de Professeur, je ferai sûrement profil bas! Même si je préférerai de loin que ce soit toi, mais je suis raisonnable, tu as des choses autrement plus importantes à faire pendant que tu es là."


Irmingarde eut une réminiscence, un souvenir fugace, une sensation qui revint avec une étonnante précision. Ce cours de combat, où pour la première fois, il l'avait touché, sans aucune arrière pensée, pour lui indiquer comment se tenir. Ce frisson qui l'avait parcouru, qu'elle avait assimilé à de la peur.
Pour s'éclaircir les idées - ou les embrumer plus encore - elle but à nouveau une grande gorgée de vin.

Sa question sur son état d'esprit fit mouche et Beltran se confia plus qu'elle ne l'aurait pensé.
En toute honnêteté, même si Saskia était son amie, et même si le Roi était le premier Héraut du royaume, elle ne s'était jamais vraiment posé de question sur son bien-être. La chose certaine, c'était qu'elle ne voudrait pour rien au monde être à sa place. En revanche, elle savait qu'elle aurait tout donné pour, ne serait-ce qu'un instant, porter un peu les soucis de Beltran à sa place, le soulager. Elle ne voulait pas devenir un lointain souvenir pour lui à cause de la guerre. Elle voulait être un soutien.
Elle s’éclaircit la gorge et avança sa main, effectuant ce que Beltran avait voulu faire tout à l'heure mais n'avait pas finit, l’inondant à la place. Elle posa sa main sur la sienne.

"De rien."

Elle ne savait pas trop quoi ajouter, mais ne déplaça pas sa main. Elle repassa la conversation dans sa tête et un sourire éclaira son visage:

"Après notre premier cours, tu m'as envoyé chez une Kestra'chern, me faire masser, tu te souviens?"

Oui, à son avis, il devait se souvenir qu'elle s'était tellement mal réceptionnée qu'elle avait du se faire masser le fondement pour pouvoir marcher correctement.

"Si le poids sur tes épaules devient trop lourd, alors tu as besoin d'un massage. Je suis pas une professionnelle, mais j'ai à peu près comprit comment elle faisait, si tu veux, je peux essayer, si tu n'as pas peur que je te déboite une clavicule."

Fallait-il qu'elle tienne à lui pour lui proposer en toute conscience de le toucher!
Elle n'avait toujours pas ôté sa main de la sienne.

"Enfin, après le dessert qui a l'air diablement délicieux..."


De sa main gauche, elle finit son verre d'une traite puis les derniers reliefs de son plat. Les émotions, ça creuse.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #19 le: 29 avril 2014, 11:27:16 »
Irmingarde rappela à Beltran une de leurs différences: dans sa tête, il y avait toujours son âme-soeur. Une seconde, Beltran se sentit jaloux de l'intimité que la jeune femme partageait avec Ezarell. Puis son esprit pratique reprit le dessus et le sentiment mesquin s'estompa. Irmingarde était un (futur) Héraut. Ezarell la complètait. On ne pouvait pas être jaloux d'une part d'elle-même, n'est-ce pas? Et même si Beltran aurait eu en horreur de partager sa tête avec quelqu'un d'autre, il pouvait comprendre que le Compagnon était une part intrinsèque de ce que Mina était. Mais le raisonnement de sa dulcinée péchait par un tout petit excés de confiance.

"Ezarell n'est pas toujours physiquement avec toi. Si tu n'est pas avec un groupe, essaye de toujours rester à portée de vue de gens que tu connais, de préférence des Gris ou des Hérauts. Je serais plus rassuré. Je ne remets pas en doute la capacité d'Ezarell à te protéger, note bien, juste que traverser le Collegium risque de lui prendre du temps."

Puis une phrase, puis deux, firent tilt dans la cervelle du blond. Irmingarde venait de dire qu'elle était à l'aise avec lui. Et qu'Ezarell lui laissait son intimité pour la soirée. Mauvais choix de mot. Intimité, dans la tête pratique d'un soldat, cela voulait sans doute dire bien plus que ce qu'Irmingarde suggérait. Bien que le sourire ingénue de la Grise eut un effet tout à fait suggestif sur le système digestif du Capitaine. Il se força à se rappeler qu'elle n'était juste pas douée pour tout ce qui était relation homme-femme. Elle ne pensait sans doute pas ce qu'il aurait espéré qu'elle pense. (C'est bon, vous suivez encore?). Il déglutit un peu difficilement la bouchée qu'il avait prise. Il tenta un sourire un peu bancal qu'il camouffla dans une gorgée de vin. Il rebondit sur l'histoire des cours.

"Les prochains jours vont être très chargés mais dès que j'ai un peu de temps libre et toi aussi, n'hésite pas à me solliciter. Il fait peut-être encore un peu froid pour apprendre à nager maintenant mais on peut voir ce qu'on peut faire."

Ne pas imaginer Irmingarde nue plongeant dans la rivière. Ne pas imaginer Irmingarde nue plongeant dans la rivière. Trop tard. Une gorgée de vin plus tard, Beltran se sentit légèrement mieux.

"Ca nous fait un sérieux programme quand même. Danser, nager, manger des tartes, ..." plaisanta-t-il. "Le tir à l'arc, ça t'intéresse? Ou le lancer de couteaux... J'avoue que ça me rassurerait que tu puisses arrêter quelqu'un avant qu'il ne soit assez proche de toi."

Bien sûr, l'option "crâmer son adversaire" ne lui traversa pas l'esprit... Enfin, pas tout suite. Une seconde plus tard, il tentait de ne pas blêmir quand certains souvenirs lui revinrent. Il ne les évoqua pas. Au contraire, il s'ouvrit un peu à son invitée à propos de Liane. Malgré la situation compliquée, il se rendit compte que parler de sa petite fille lui faisait plaisir, comme s'il récupérait un peu de légitimité à être fier de ses progrès. Mais parler sentiments et paternité, c'était quelque chose qui le mettait assez mal à l'aise. Il n'avait jamais réussi à accepter totalement la situation - qu'il avait lui-même cautionnée pourtant.
Irmingarde le surprit quand elle lui avoua qu'elle connaissait l'enfant. L'esprit de Beltran zappa le "Douée" pour le remplacer par un simple "douée", et il sourit:

"C'est une petite chose bien étonnante. Elle me surprend chaque fois. Et elle veut toujours jouer. Mais je ne suis pas très doué pour tout ça. Elle veut apprendre à monter à cheval. Ca je peux lui apprendre. Elle rêve de devenir Héraut, tu sais. A quatre ans, tu te rends compte?"

Irmingarde affirmait que Liane était bien entourée. Beltran le savait bien. D'ailleurs, les gardes affectés aux Collegia avaient pour ordre de surveiller de loin la petite - tous les petits vivant dans le coin en fait. Beltran savait que sa fille était plus en sécurité avec Riannon qu'avec lui. Le Capitaine enchaîna sur d'autres compliments, cette fois dirigés vers Mina. Elle ne répondit pas sur le sujet, ce qui n'étonna guère le soldat. Lui non plus ne savait jamais comment réagir aux compliments qu'on lui adressait. Du coup, le sujet dévia sur un autre homme qui méritait quelques compliments - et quelques critiques. Cela amena de nouvelles confidences de la part de la jeune femme. Beltran tenta de l'imaginer hurlant contre quelqu'un... et réussit plutôt bien. Quand Irmingarde se débarrassait de sa timidité maladive, elle avait un certain caractère.

"Je ne peux pas assurer des cours officiels pour le moment. Mais je prendrais le temps de te donner quelques conseils dès que je peux." Il se pencha vers elle et d'un ton de secret lui murmura: "Premier conseil... Le bout pointu n'est pas celui que tu dois prendre à pleines mains. D'accord?"

Il conclut sur un clin d'oeil, espérant qu'elle ne prenne pas mal son trait d'humour. Il ne voulait pas qu'elle se mette à lui hurler dessus, lui insensible égoïste condescendant.
Mais Irmingarde semblait profiter du vin de glace autant que le soldat, et l'humeur semblait plutôt légère. Pour une fois. Et soudain, la main de la jeune femme traversa la table. Elle ne rencontra aucune carafe d'eau avant de se poser légèrement sur la main du Capitaine qui se figea. Il se sentait comme un géant sur lequel un bébé oiseau venait de se poser. Il n'osait plus bouger. C'est du bout des lèvres qu'il répondit sur sa santé et son moral. Il ne voulait pas la faire fuir. Elle sembla comprendre l'effort que ça avait demandé d'être si franc. Elle ne déplaça pas sa main, la laissant couvrir celle de Beltran jusqu'à le réchauffer de l'intérieur. Il avait une main énorme comparée à la fine menotte de l'élève Héraut. Le contraste était frappant. Beltran sentit son estomac se nouer. Ils étaient trop différents. Ils ne se comprenaient pas. Pourquoi s'acharnaient-ils à se voir alors? Pourquoi craquait-il dès qu'il la voyait?

Puis Irmingarde se mit à sourire et évoqua une Kestra'chern. Oui, Beltran se rappelait bien la situation qui les avait menés à une telle discussion. Il hocha la tête:

"Je me rappelle oui. Ca avait bien marché?"

Il devait avouer que lui n'irait jamais volontairement voir ce genre de personne à moins d'être gravement blessé ou handicapé dans son travail. Même s'il devait avouer qu'un massage l'aiderait sans doute dans bien des cas. Il n'eut pas le temps de s'apesantir sur une telle idée car Mina enchaînait sur une proposition étrange. Les sourcils de Beltran (qui avaient repoussé...) montèrent d'un étage. Il bougea les épaules d'un air viril et sourit largement:

"Je doute que tu puisses me déplacer une clavicule... Vu la taille des noeuds que j'ai dans le dos, j'aurais plus peur pour tes mains à toi."

Irmingarde venait de lui proposer un massage. Le soldat tombait des nues. Il hésitait. Dans un sens, son corps tout entier se réjouissait à l'idée qu'elle le touche enfin. Dans l'autre, son esprit se rebellait contre un contact intime qui rendrait les choses encore plus compliquées après. Beltran savait qu'il saurait se retenir de la toucher elle, de lui laisser voir quel effet cela lui faisait. Mais cela s'apparentait à de la torture. Il n'osait pas dire non. Heureusement, elle lui offrit une porte de sortie.

"Voyons voir si ce dessert ne te décourage pas." sourit-il.

Il voulut couper la tarte. Mais d'une seule main, c'était un peu compliqué. Mina s'occupait de finir son plat de sa main libre. Beltran n'avait pas envie de retirer sa main. Il savait manier le couteau des deux mains. Il se servit de cette capacité pour attaquer le dessert pour en faire quelques parts. Ils pouvaient se servir à la main désormais. Beltran remplit une nouvelle fois leurs verres pour accompagner le dessert. Une gorgée plus tard, il s'éclaircissait la gorge.

"Irmingarde... cette histoire de massage n'est pas... très recommandée." Il essaya de prendre un ton léger. "Je risquerais d'y prendre goût et de ne pas te laisser repartir. N'alimentons pas les rumeurs en te faisant rester ici pour la nuit."

A moins que tu le veuilles hein - mais Beltran ravala cette dernière partie en offrant un sourire plein de tendresse à son invitée.
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Héraut Irmingarde

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #20 le: 30 avril 2014, 00:10:19 »
Quand Beltran nuança le fait qu'elle n'était jamais seule, Irmingarde lui sourit et capitula:

"Bien Capitaine!"

Elle n'ajouta pas qu'à son avis, il n'avait aucune idée de la vitesse à laquelle pouvait galoper un Compagnon quand son élu était en danger. A vrai dire, elle ne le savait pas tellement non plus, et n'avait pas vraiment envie de le savoir.
Elle hocha la tête devant sa proposition. Il avait sincèrement l'air de vouloir l'aider à se préparer à la guerre le plus sérieusement possible. En temps normal, être formée pour devenir une machine de guerre n'était pas vraiment romantique ou touchant, mais dans ces circonstances, ça l'était.

"Je sais tirer à l'arc. Je suis une Hold, depuis les Guerres Tedrelles, nous y sommes tous formés, et je me débrouille assez bien je dois dire."

La jeune femme se permit une expression satisfaite. Ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait se vanter de quelque chose qu'elle savait faire! S'entraîner à tirer était quelque chose qu'elle aimait faire, quand elle avait le temps. Les arcs d'entraînements était d'assez bonne qualité, et elle avait passé de nombreuses heures à les tester.

Puis elle écouta Beltran, et sa fierté de Père. Elle l'imagina jouer autour d'un arbre avec sa fille, lui courant après pendant qu'elle crierait de joie. Elle doutait que cela arrive un jour, mais ce serait une bonne façon d'oublier le poids de sa missions quelques heures.
Quand il la taquina sur le sens dans lequel tenir son épée, Mina fit une grimace amusée et secoua la tête:

"Je te l'ai dit, j'ai fais des progrès. Un peu... Et puis j'ai une arme d'excellente qualité grâce à toi, j'ai tout intérêt à bien m'en servir!"


Même si, là encore, elle préférait ne jamais avoir à le faire. Blesser, pire, tuer... Mais c'était la guerre, et elle savait que ça lui arriverait.

Quand il parlèrent de lui, et qu'Irminarge posa sa main sur la sienne, elle vit bien que son geste le paralysait presque. C'était tellement étrange de constater le pouvoir qu'elle pouvait avoir sur lui. Elle, l'apprentie maladroite et coincée, elle pouvait, d'un geste, immobiliser le Capitaine de la garde de Valdemar. Cette prise de conscience lui donna presque le vertige et un sentiment inconnu. Comme une espèce d''invulnérabilité. A moins que ce soit l'alcool? Elle ne savait pas trop.

"Pluiechantante est très compétente, mais je crois qu'il ne serait pas très... appropriée de te raconter de quelle façon elle a posé ses mains sur moi non?"

Et oui, même à la limite de l'ivresse, Mina avait réussi à faire preuve d'un peu de bon sens, même si le choix des mots appelait bien plus à l'imagination qu'à la clôture de la conversation.
Elle haussa les épaules quand il lui dit qu'elle ne pourrait pas lui faire de mal:

"Si ce n'est que ça, je veux bien prendre le risque."

Elle le regarda avec amusement servir le dessert et le vin d'une seule main, dans le but de ne pas rompre le contact avec elle. C'est que par un simple geste, elle l'avait privé de l'usage d'un bras!
Elle accompagna généreusement sa tarte de vin de Glace, ne se rendant plus vraiment compte de sa consommation d'alcool totalement folle de ce soir, surtout pour elle qui n'en avait absolument pas l'habitude.

La dernière remarque de Beltran, alors qu'elle savourait son dessert, la prit totalement au dépourvu.

"Ne pas me laisser partir? Qu'est-ce que ça... Oh..."


Alors qu'elle comprenait ce qu'il était en train de suggérer, Mina baissa la tête vers sa tarte pour ne pas montrer à quel point son visage avait viré au cramoisi. La gêne, et autre chose aussi. Qui bouillonnait dans ses veines, dans le creux de ses hanches, au bout de ses doigts.
Est-ce qu'elle voulait vraiment rentrer, ce soir?

Mina n'était pas bête, elle savait ce que tout cela impliquait, de passer la nuit avec un homme. Et d'ailleurs, il n'était absolument pas question de ça. Alors pourquoi se posait-elle la question?
Parce que d'un autre côté, l'idée de passer la nuit dans ses bras, juste dans ces bras... Elle y avait été tellement bien tout à l'heure... Voler les heures de cette nuit pour rester avec lui était si tentant... Elle ne connaissait pas la tendresse, et pourtant, tout son corps en réclamait.
Et puis qui le saurait, si elle était discrète? Si elle partait tôt, demain?
Oui mais c'était peut-être beaucoup trop lui demander non? De passer la nuit avec lui, mais sans aller trop loin. Elle avait déjà eu la preuve que s'il savait garder son calme et était respectueux, il restait un homme. Il en avait souffert, et elle ne voulait pas le faire souffrir davantage avec ses exigences éthyliques bizarres.
En même temps... elle crevait d'envie de découvrir sa réaction si elle le touchait. Son corps en mourrait d'envie, semant le chaos total dans sa tête. Décidément, elle ne savait pas ce qu'elle voulait vraiment!
Et puis elle ne lui dirait jamais tout ça!

Elle retira lentement sa main de la sienne, et en ramenant son bras, fit glisser sa serviette qui s’envola un peu plus loin.
Elle se leva rapidement tout en se penchant, pour la ramasser, et quand elle se redressa, le monde se mit dangereusement à tourner. Elle dut se retenir au manteau de la cheminée tant le sol tanguait sous ses pieds. Elle avait la très curieuse impression que son cerveau flottait dans du coton.

"Tu sais, je ne suis même pas sûre de savoir rentrer jusqu'à ma chambre sans me perdre..."


Irmingarde ne se sentait pas malade, elle avait juste conscience que son sens de l'orientation s'était noyé dans le vin de glace, en même temps que son équilibre. Tout comme elle avait conscience d'en profiter un peu pour sortir cette excuse. Cette constatation la fit rire, à moins que ce soit son état, elle ne savait pas. C'était juste drôle.

"Ton cousin est un sacré farceur, ce vin est traître!"


Elle avait chaud bon sang! Elle secoua la chemise ample de Beltran pour essayer de se faire un peu d'air.

"J'ai besoin de me rafraîchir."

Avec précaution, elle s'approcha de la fenêtre, l'ouvrit, et plaça son visage dans le courant d'air, le bas du corps collé au mur, les paumes des mains soutenant le reste sur le rebord. Dehors, il faisait nuit noire, et les étoiles étaient particulièrement brillantes. La fraîcheur de la nuit lui arracha un soupir de contentement et elle pencha légèrement la tête en arrière.

"Comment un vin dit De Glace peut donner aussi chaud?"
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Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #21 le: 30 avril 2014, 15:26:31 »
C'était étonnant qu'une phrase aussi simple que "Bien Capitaine" change de nuance dans la bouche de Mina. Honnêtement, cela sonnait bien mieux que, disons, dans la bouche de Fitz. Cela n'avait pas la même saveur. Quand c'était Fitz qui répondait, le Capitaine n'avait guère envie de l'embrasser lui. Beltran devenait un expert pour cacher les remous que causait Irmingarde dans ses organes intérieurs quand elle le regardait de cette manière. Se réfugier dans les conseils militaires et le maniement des armes lui permit de ramener un peu de calme dans ses intestins et d'avaler quelques bouchées de son repas. A ce point-là, ça aurait pu être de la bouffe de cantine, Beltran ne s'en serait même pas rendu compte. Il hocha la tête d'un air approbateur quand Irmingarde lui rappela qu'elle savait tirer à l'arc.

" Les armes de jet seront donc les armes que tu privilégieras. Si tu sais tirer à l'arc, tu ne devrais avoir aucun mal à apprendre le lancer de couteaux. Ou l'arbalète. Tu es peut-être un peu vieille pour apprendre à devenir une escrimeuse de talent même si tu ne bouges pas si mal que ça, mais si tu parviens à te défendre correctement... l'idée serait que tu puisses empêcher un ennemi d'approcher aussi longtemps qu'il te faut pour qu'Ezarell t'emmène hors de portée. Mais je suppose que ton maître d'arme t'a déjà fait le même discours... Désolé. Déformation professionnelle." lui sourit-il, un peu honteux.

Puis il eut sa déformation paternelle qui entra en jeu. Le Capitaine se permit ensuite un peu d'humour avec son invitée, qui le prit heureusement plutôt bien. Elle répondit d'un ton plus sérieux que lui cependant, et il ne put qu'acquiescé, content intérieurement qu'elle estime l'arme qu'elle possédait. Il décida de ne pas l'embêter plus sur le sujet et de revenir à un ton plus léger. Ce fut pourtant une décision qu'il eut du mal à mener à bout car Irmingarde envahit son espace personnel en posant sa main sur la sienne. De plus, sa posture avait le don de lui échauffer les sangs, ainsi que les sous-entendus de ses propos. Il était pourtant quasiment certain qu'Irmingarde ne le provoquait pas sciemment. Ne pas répondre était pourtant très difficile à ses yeux. L'image de mains qui se posaient de manière inappropriée sur le corps d'Irmingarde envahit la vision du Capitaine qui battit plusieurs fois des cils pour évacuer ce fantasme alors qu'il répondait un peu vite:

"Oui peut-être que c'est un peu privé."

Ce trouble expliqua peut-être pourquoi il ne refusa pas carrément une première fois le massage que la Grise voulait tenter sur lui. Il retourna le problème plusieurs fois dans sa tête tout en servant dessert et vin, et finit par trouver une formulation qui ne devrait pas trop faire peur à son invitée. Il la prit visiblement au dépourvu et il la vit changer du tout au tout. Elle passa à un rouge écrevisse très seyant alors que son regard évitait celui du Capitaine. Il déglutit une nouvelle fois avec difficulté, persuadé qu'elle allait abréger leur repas maintenant qu'il avait suggérer une chose aussi horrible que de rester la nuit dans ses appartements.

Irmingarde retira sa main doucement. Beltran récupéra son bras avec l'impression qu'on lui appuyait un gros poids sur l'estomac. La jeune femme fit tomber sa serviette et son geste indécis pour se lever inquiéta Beltran. Alors que Mina se rattrappait au montant de la cheminée, Beltran se leva également, tendant le bras pour porter secours à son invitée. Il réalisa soudainement que pour quelqu'un qui n'était pas habituée à boire de l'alcool, elle avait avalé quasiment une demi-bouteille. Et lui aussi.
Irmingarde avouait qu'elle ne saurait sans doute pas rentrer jusqu'à sa chambre. Ce n'était guère un problème pour Beltran. Il pouvait la ramener - ou si elle ne voulait pas attirer l'attention, il pouvait la faire ramener par un soldat ou un serviteur.
Cependant, ce constat indiquait à quel point l'alcool faisait effet sur la jeune fille. Le rire qui lui échappa prit Beltran par surprise mais il ne put qu'approuver le commentaire sur Wylan.

"C'est de ma faute également..." fit-il doucement. "Je n'aurais pas dû te resservir autant..."

Irmingarde secoua sa chemise et Beltran détourna le regard pour ne pas reluquer les courbes qui apparaissait. Une seconde plus tard, sa compagne s'appuyait sur le rebout de la fenêtre ouverte et soupirait d'aise. Inquiet pour l'équilibre de son amie, Beltran vint se placer à ses côtés. Il avait également trop bu et son esprit fonctionnait légèrement au ralenti bien que ses réflexes restent plus aiguisés que la moyenne. Il posa une main sur l'épaule d'Irmingarde et se rapprocha d'elle.

"Le vin de Glace de Wylan est toujours bon mais fort. Je m'excuse de t'avoir fait boire autant."

Il osa lui passer un bras autour des épaules et lui souffla doucement à l'oreille:

"Respire un bon coup et je te ramène à ta chambre. Tu n'es pas en état de rentrer seule."

Il s'en voulait. En plus de sa légère ivresse, l'odeur des cheveux d'Irmingarde, la chaleur du corps près du sien, le décallage de la soirée, tout le poussait vers son amie. La seule barrière restait son sens de l'honneur et ses valeurs. C'était un bras plus fraternel qu'amoureux qui enserrait la jeune fille pour l'empêcher de trop se pencher.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #22 le: 01 mai 2014, 14:48:32 »
Un instant, Irmingarde pensa sérieusement à répondre à Beltran "Comment ça vieille, tu t'es vu toi?". Sur le ton de l'humour bien sûr, mais même avec de l'alcool dans le sang, elle ne pensait pas que cette blague fut vraiment nécessaire, il pourrait le prendre mal. C'était déjà assez déstabilisant de penser au fait qu'il avait le double de son âge!

"Tes conseils sont précieux, et je t'écoute plus volontiers que n'importe qui d'autre à ce sujet. Une arbalète, ça semble tentant à essayer..."

Si on avait dit un jour à la jeune femme qu'elle sourirait en pensant apprendre à se servir d'une arme mortelle! Elle rêvassa quelques seconde, imaginant l'arme être un prolongement de son bras, mettant le feu aux flêches par la simple pensée. Oh ça!
Mina n'était pas prétentieuse, ne cherchait pas non plus à se mettre en avant, se faire admirer, c'était même le contraire, mais pour une fois, s'imaginer comme une espèce de justicière, mieux, comme un Héraut confirmé... c'était sacrément agréable!

Après avoir parlé de sa fille et de ses vieilles blessures ridicules, le Capitaine admit que le sujet était trop intime pour être abordé autour d'un repas. Ce n'était pas tant lui raconter précisément ce qu'elle avait fait, mais au delà des gestes, les deux femmes avaient beaucoup parlé. Du désir, entre autre, ce même désir qui semblait vouloir prendre toute la place dans son corps, comme si l'alcool l'avait libéré de l'espace réduit où elle enfermait habituellement ce genre de sensation. Et à raison! Elle devait lutter pour ne pas laisser son corps prendre des  décisions à sa place!

En fait, sa prudence, sa timidité, sa peur habituelle étaient en train de rendre les armes face à l'ivresse et ce désir brûlant qui menaçait de la consumer quand elle posait ses yeux sur lui. C'était ridicule! C'était comme si l'effet qu'elle savait lui faire état contagieux. Combien d'étapes avait-elle sauté entre l'envie de fuir de ce matin aux portes de Haven et celle de foncer dans ses bras?!

Alors que l'air frais tentait vainement de la calmer, Beltran s'approcha, posa sa main sur son épaule et ce simple contact annula tous les bienfaits qu'aurait pu avoir le moindre courant d'air.
Puis il poussa le rapprochement jusqu'à faire glisser son bras sur ses épaules, leurs peaux se touchant là où la chemise de Beltran était trop large pour la couvrir. Elle n'eut pas le temps de s'en remettre qu'elle sentit son souffle sur son visage, près, si près d'elle...
Elle se mordit les lèvres presque à s'en faire saigner. Beltran ne devait pas se rendre compte qu'il lui rendait la monnaie de sa pièce, quand elle l'avait provoqué sans le vouloir lors de leur cours de danse privé. Elle se retrouvait exactement à sa place. Sauf que son trouble ne se voyait qu'à la fine pellicule de sueur qui recouvrait son corps.

Il n'y avait que quelques centimètres, quelques malheureux centimètres entre eux. Il ne tenait qu'à elle de combler cet espace presque douloureux.
Oui mais faire ça... ce n'était pas que faire un premier pas, mais un pas de géant.

Elle profita de quelques secondes où son cerveau se déconnecta totalement pour légèrement reculer, et son dos se colla contre le torse de Beltran. Elle soupira puis avoua du bout des lèvres:

"Je n'ai pas envie de rentrer. Pas maintenant."

Pas maintenant, pas tout de suite, alors qu'elle état exactement à l'endroit où elle voulait être.
Elle tourna la tête à quatre-vingt dix degrés, pour le regarder.

"Sauf si tu es fatigué, où si tu veux que je m'en aille."

Irmingarde avait à ce moment une conscience aiguë de chaque centimètre carré de son corps en contact avec celui du Capitaine. Si c'était également son cas, il devait aussi sentir chacun des battements de son cœur.
"Ne me dis pas de m'en aller" pensa-t-elle.
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Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #23 le: 01 mai 2014, 18:51:30 »
Beltran se sentait bien. Cela ne voulait pas dire qu'il n'était pas épuisé, ou pas frustré. Juste, les soucis semblaient moins lourds, l'atmosphère se faisait ouatée, comme tendre, et il n'avait pas à porter un masque officiel. Oui, ils parlaient de la guerre à venir, d'armes mortelles et de cours ayant mal tournés. Mais ils le faisaient en sachant que l'autre était là, entendait, soutenait. Aux yeux de Beltran, cette amitié était reposante et valait tous les trésors. Malgré son désir inassouvi, il n'aurait échangé sa place pour rien au monde à ce moment précis.

"Je te trouverai une arbalète à ta taille pour ton prochain cours." proposa-t-il. "Si tu es douée à l'arc, tu devrais être douée avec aussi. Ah, et j'ai vu certains guerriers shin'a'hin et tayledras utiliser des fléchettes empoisonnées. Tu pourrais apprendre ça aussi, c'est rapide à charger et à envoyer et ça peut faire de sérieux dégats. Avec ça et des armes de combat rapproché, tu devrais être parée pour faire assez de problèmes à un attaquant pour qu'on vienne t'aider. Je m'en occuperai. Tu n'es pas la seule à avoir besoin de ce genre d'armes. Je pense sérieusement qu'Isabeau également et certains des étudiants du Collegium. Je pourrais charger Fitz de vous faire des démonstrations. Ce gars-là a un démon au corps quand il s'agit de trouver un moyen d'éliminer un ennemi."

Il avait un autre avantage mais celui-ci mettait Beltran beaucoup trop mal à l'aise pour qu'il en parle, même à Irmingarde. Et puis, il aimait trop le regard sérieux de son amie qui écoutait ses divagations militaires pour l'inquiéter avec des marques étranges qui forçaient des morts à être moins morts et des traîtres à parler. Il valait mieux parler de choses qu'il maîtrisait - et l'idée de redonner un cours à Irmingarde lui plaisait plutôt même s'il parlait d'en charger Fitz. Et pour se forcer à montrer à Irmingarde qu'il n'oubliait pas ses particularités et qu'il ne doutait pas de leur valeur malgré son incompréhension, il précisa:

"De plus, les flèches des Hérauts sont un bon moyen de communication rapide... Et tes... Dons... enfin tu sais, ton Don, peut être très utile en cas d'attaque. Une arme de jet associé à ça et ton Compagnon, je me ferais beaucoup moins de soucis."

Beltran conclut le sujet par un sourire plus léger, à la limite du tendre. Il évacua rapidement la Kestra'chern de la conversation et se retrouva soudain, presque sans s'en apercevoir, à entourer les épaules de la demoiselle à la fenêtre, ne sachant plus trop quoi dire. Le soldat se rendait bien compte que la Grise n'était pas dans son état normal. La pauvre aurait sûrement un gros mal de tête et des nausées le lendemain. Protecteur - et honteux - il assura sa prise sur ses épaules, à la fois pour s'assurer qu'elle ne plongerait pas malencontreusement par la fenêtre et pour la garder auprès de lui.
Doucement, il s'excusa de l'avoir fait boire et lui proposa de la ramener à sa chambre. Son honneur lui hurlait à la figure qu'elle était saoûle et vulnérable et qu'aucun homme digne de ce nom n'en profiterait. Il n'avait donc réellement aucune intention de faire basculer la situation. Irmingarde semblait d'un autre avis.

La demoiselle recula légèrement jusqu'à s'appuyer contre Beltran. Instinctivement, l'homme la soutint et raffermit son bras autour d'elle. Elle lui souffla qu'elle n'avait pas envie de rentrer. Le Capitaine avait espéré qu'elle dise ça, même si cela rendait la situation compliquée. Elle empira encore lorsque le visage innocent d'Irmingarde se tourna vers lui, inquiet.

"Je ne veux pas que tu t'en ailles. Mais j'ai peur que tu m'en veuilles ensuite. Plus tard. Tu as bu, Ashke."

Le surnom tayledras pour "bien-aimée" était souvent utilisé même à Valdemar depuis que les ambassadeurs et mages s'étaient installés à demeure dans le palais. C'était un mot que le très valdemaran Capitaine trouvait agréable à l'oreille, et comme ce n'était pas sa langue, il lui semblait plus acceptable qu'un très simple "amour". Il la ferait peut-être moins fuir. Sa voix se brisa quand il ajouta:

"Et j'ai trop bu aussi."

Par les dieux, cette femme abandonnée dans ses bras le rendait fou. Presqu'inconsciemment il la serra un peu plus pour elle. Il croisa son regard.

"Oh Mina-Ashke, qu'est-ce que tu me fais...?" murmura-t-il désespéré.

Ses lèvres rencontrèrent celles de la jeune fille. Elle était toute douce et chaude. Il déposa un très léger baiser sur la bouche offerte. S'écarta légèrement une seconde, prêt à être repoussé. De sa main libre, il fit tourner la jeune fille pour qu'elle se retrouve face à lui alors que son autre bras se portait au creux des reins d'Irmingarde pour la soutenir. Il était prêt à reculer si elle le rejetait.
Son coeur battait la chamade, ses paumes se faisaient brûlantes, sa respiration plus lourde. Il se tendait entièrement vers son aimée et redoutait sa réaction sans pouvoir pour autant la laisser s'échapper. Il espérait qu'il n'avait pas mal lu les signes contradictoires qu'elle lui avait envoyé. L'idée d'aller se coucher seul dans son lit vide le rendait malade d'avance.

"Désolé..." souffla-t-il doucement.

Il se pencha et cette fois le baiser se fit plus pressant, tout en restant tout doux et non-invasif.
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Héraut Irmingarde

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #24 le: 02 mai 2014, 00:38:49 »
Quand Beltran lui dit qu'il allait lui trouver une arme adaptée, le visage de Mina s'éclaira:

"Vrai?"

On aurait dit une enfant à qui on promettait un cadeau. C'était d'ailleurs assez proche de la réalité. Et des flèches empoisonnées, alors ça, c'est qu'elle pourrait devenir dangereuse avec ça! Il n'y avait qu'à espérer qu'elle ne s'empoisonne pas elle-même par mégarde!
Elle hocha la tête quand il émit l'idée de penser à préparer sérieusement les apprentis Hérauts qui n'étaient pas vraiment porté au combat direct. Surtout Isabeau, son amie. Il fallait qu'elle pense à se protéger elle aussi.
Il évoqua alors l'idée d'enflammer ses projectiles comme elle le pensait et cela agrandit son sourire. Ah, elle serait tellement effrayante!
D'ailleurs, cela l'effrayait, lui. Il parlait toujours des dons avec difficulté, elle savait qu'il en avait peur. Comme il savait que ça ferait la différence entre sa survie ou sa mort. Même s'il préférait oublier qu'elle était une incendiaire en puissance.
Son enthousiasme retomba comme un soufflé:

"Je ne devrais pas me réjouir de pouvoir tuer des gens..."

C'était très simpliste comme raisonnement, surtout face à quelqu'un qui avait du tuer un nombre conséquent de personne au cours de sa vie. Soldats, traîtres, civils...
Mais pour quelqu'un comme Mina qui n'avait même jamais physiquement blessé quelqu'un sciemment, c'était normal.  

Fort heureusement, l'alcool avait sur Irmingarde un effet assez joyeux qui ne la poussait pas à s'appesantir sur les perspectives déprimantes. Non, l'alcool la mettait de bonne humeur, et la désinhibait beaucoup aussi. Le monde cotonneux de l'ivresse était infiniment mieux que le monde réel quand il s'agissait d'écouter ses sentiments et ne pas avoir peur. Un peu trop peut-être?

Elle n'aurait jamais du s'imbriquer ainsi contre lui, jamais, c'était trop... osé? Et cette supplique qu'elle prononçait pour appuyer son geste, au cas où il n'aurait pas compris à quel point elle était... elle était quoi d'ailleurs bon sang?! Tout à l'heure, c'était l'arroseur arrosé et là c'était quoi, l'allumeuse allumée?
Les évènements commençaient sérieusement à lui échapper, et elle aurait du être terrifiée! Elle aurait du fuir, pas lui envoyer une invitation aussi claire!
Mais même dans son état d’ébriété, elle savait parfaitement ce qu'elle faisait, et si elle continuait, c'est qu'elle le voulait. L'alcool... il se contentait d'exacerber ses désirs, certainement, mais surtout de faire s'écrouler les barrières dont elle s’entourait habituellement.

La réponse de Beltran fut celle qu'elle attendait, bien qu'il la nuança. Le surnom dont il la gratifia, et surtout le ton qu'il employa en le prononçant lui fit le même effet qu'un verre de vin, la réchauffant de l'intérieur. Elle connaissait la signification de ce mot, elle l'avait déjà entendu. Ce simple mot était dix fois plus puissant que tous les compliments qu'il avait pu lui faire précédemment, que toutes les courbettes, les baises-mains...  On ne l'employait pas à la légère. Pas lui. Ca équivalait à un engagement.

"Comme tu dis, on a bu tous les deux, nous sommes donc à égalité! Et puis, t'en vouloir de quoi?"

Oui, qu'est-ce qu'elle pouvait lui reprocher? C'était elle qui les torturait tous les deux, pas lui. Lui, il méritait une médaille pour ne pas baisser les bras face à un cas aussi complexe que le sien.
L'espace d'un instant, il lui parut sincèrement au bord du désespoir. Même l'emploi de son nouveau surnom n'arriva pas à faire passer ce pincement au coeur de le voir si secoué par sa faute. C'est peut-être pour ça qu'elle ne vit pas venir ce qui allait se passer. Elle eut à peine le temps de s'étonner:

"Mais je ne..."

Les lèvres du Capitaine la réduisirent au silence. Sa première pensée fut pour le moins originale. Mina se fit la réflexion que les livres mentaient.
Pour s'entraîner à la lecture, la jeune femme se forçait à lire le soir, dans son lit. Elle avait lu beaucoup de livres d'histoires, et parfois des romances. C'était un type de lecture qu'elle appréciait peu mais qu avait le mérite d'être assez simple à lire. Et sous la plume des écrivains, un premier baiser était souvent vécu intensément, comme si le monde s'arrêtait de tourner, comme si tout se déroulait au ralenti. Ors, Mina trouvait au contraire que tout s'était passé vite, trop vite. Elle n'avait pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait que c'était déjà terminé.
D'où sa seconde pensée tout aussi ridicule: "C'est tout?". Elle avait bien ses lèvres qui picotaient légèrement mais... c'était tout? Elle s'attendait à... à quelque chose de plus bouleversant, sans trop savoir exactement à quel point.

Mais les choses changèrent brutalement quand Beltran la tourna face à lui, le bras dans son dos. Ses yeux croisèrent les siens, et elle y lut sans difficulté son combat intérieur. Cela l'enflamma littéralement, et leur proximité physique aggravait encore plus les choses. Le pas était franchi pour de bon alors qu'ils se trouvaient au bord d'un gouffre émotionnel et passionnel. Maintenant, la question était: l’atterrissage se ferait-il en douceur ou plus brutalement?
Il s'excusa comme un enfant pris en faute et Mina secoua la tête de gauche à droite en murmurant d'une voix rauque:

"Sois pas désolé..."


Désolé de quoi d'ailleurs? Il ne lui faisait pas peur. Tout ses gestes envers elle étaient infiniment respectueux, même ce minuscule baiser.

Cette fois-ci, elle le vit clairement se pencher de nouveau vers elle. C'était étrange, et encore une fois, elle n'eut pas envie de s'enfuir. Elle était curieuse, elle avait envie, même si elle était perdue.
Ce baiser fut alors radicalement différent. C'était un peu moins... un peu plus... elle n'arrivait pas à mettre de mot dessus, d'ailleurs, sa réflexion avait foutu le camps. Elle ne savait pas quoi faire de sa bouche, de ses mains, de son corps entier, elle voulait répondre mais ignorait comment faire.
Elle choisit de faire confiance à son instinct. Une de ses mains se posa sur son torse et l'autre derrière sa nuque, ses doigts à la naissance de ses cheveux. Elle ferma les yeux - elle les avait gardé ouvert tout ce temps? - et pencha légèrement le visage, puis effectua une légère pression avec sa main dans son cou pour l’encourager. Enfin, elle remua ses lèvres contre les siennes. Ce contact-là nourrit son incendie intérieur avec une telle violence que son corps s’arcbouta contre celui de Beltran et qu'un gémissement lui échappa. Il était là, le déferlement intense, dans le creux de ses hanches, dans son bas-ventre, dans son cœur... En même temps, le feu qui ronflait dans la cheminée redoubla de puissance. On disait que le plaisir pouvait faire grimper au rideau, Mina, elle, du se contrôler pour ne pas y mettre le feu.

Avant de perdre définitivement son contrôle, elle retira sa main de sa nuque, la posa aussi sur son torse pour s’éloigner de lui et s’obliger à détacher sa bouche de la sienne.
Ce n'était absolument pas un rejet, et le très léger sourire coupable qui étirait ses lèvres devrait convaincre le Capitaine.
La jeune femme se pencha légèrement et essaya de contrôler sa respiration erratique tant elle avait le souffle court. Ses mains étaient toujours sur lui, et elle se rendit compte qu'elle l'avait presque griffé.

"Désolée..." murmura-t-elle à son tour.

Elle finit par retirer ses mains et tritura son pendentif histoire d'occuper ses doigts.
Et maintenant? Qu'est-ce qu'elle était censé faire? Censé dire?
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #25 le: 02 mai 2014, 13:57:01 »
"Vrai." promit Beltran en espérant que sa mémoire ne lui jouerait pas de tour et qu'il aurait le temps de s'en occuper rapidement.

Une arbalète n'était pas un cadeau très ordinaire mais il avait une certaine valeur, passé le prix même de l'objet: c'était comme l'épée que le jeune noble reçoit à ses seize ans, la possibilité d'être indépendante et de se protéger soi-même. Il se promit que même s'il n'avait pas le temps de choisir lui-même l'arme parfaite, il trouverait quelqu'un qui s'arrangerait pour qu'elle en ait une utilisable le temps qu'il puisse en acheter une plus personnalisée. C'était étonnant que la douce jeune femme se réjouisse d'un tel présent, mais cela ne dérangeait pas Beltran. Qui mieux que lui pourrait en choisir une pour quelqu'un qu'il connaissait bien? Soudain, Irmingarde se reprit et souffla qu'elle ne devrait pas se réjouir d'avoir à tuer des gens. Beltran répondit immédiatement, d'un ton très doux mais sûr de lui:

"Ce qui te réjouit n'est pas de tuer des gens mais d'avoir le pouvoir de ne pas te faire tuer toi, c'est différent. Même les soldats n'aiment pas tuer. Pourtant nous nous réjouissons d'avoir cette puissance au service de notre cause. Tu es un Héraut. Tu n'aimeras pas tuer, je te le garantis. Mais ton être se réjouit d'avoir la possibilité de vivre malgré les attaques. C'est cette joie- que tu dois retenir."

Pourtant, pour la soirée, les idées guerrières et la promesse de cours s'effacèrent rapidement pour laisser la place uniquement au moment présent. Il faut dire qu'une fois qu'Irmingarde trouva sa place dans les bras de Beltran, tout ce qui n'était pas elle disparut comme par magie de l'esprit du soldat. Bouleversé jusqu'au plus profond de lui-même par la créature fragile qu'il tenait contre lui, il osa plus qu'il n'avait osé en plusieurs mois. Le surnom qu'il employa ne sembla pas choquer Irmingarde qui réagit à peine. Elle s'offusqua juste légèrement qu'il se reproche de l'avoir fait boire et s'étonna même qu'il s'en veuille. Beltran ne répondit pas. C'était tellement compliqué. Comment lui dire qu'une jeune femme saoûle à cause de lui, c'était un manquement à l'honneur que son propre état n'excusait pas. Et que ses excuses concernaient tout autant ce qu'il allait faire que ce qu'il avait fait.

Le premier baiser qu'il lui offrit fut léger et rapide. Beltran prenait le risque qu'Irmingarde se sente agressée, ou trahie, et qu'elle perde le contrôle du Don qui le terrorisait tant. Cette fois, il doutait qu'une Déesse ou un Mage passe par hasard dans le coin pour le sauver des flammes. Mais c'était Mina dans ses bras et tout en elle semblait l'appeler et l'obliger à passer à l'acte. Voyant qu'il ne finissait pas en petit tas de cendres, il eut l'audace de la faire tourner pour la prendre dans ses bras en face-à-face. Elle ne lui résista pas mais il implora tout de même son pardon d'un ton misérable, certain qu'il avait tout gâché mais incapable de s'arrêter. Alors qu'il se penchait à nouveau sur elle, la voix de la jeune femme devint un peu rauque alors qu'elle refusait ses excuses. De toutes façons, il était trop tard. Encouragé par le manque évident de peur de sa compagne, Beltran entreprit de lui donner un véritable baiser cette fois-ci.

Le Capitaine s'attendait à peu près tout... sauf à une réaction telle qu'en eut Mina. La délicate jeune femme appeurée s'était transformée en délicate jeune femme passionnée. Elle répondit au baiser avec tout son corps, rapprochant elle-même leurs deux visages pour s'y adonner complètement, les ongles enfoncés dans le cou de son compagnon. Elle se colla au soldat qui raffermit sa prise sur elle avec plus de passion. Sa main alla rejoindre la nuque d'Irmingarde alors qu'elle gémissait. Il s'écarta légèrement à cause du soupir, inquiet de l'avoir blessée ou trop pressée. Voyant qu'il n'en était rien, il se sentit soulagé.

Irmingarde insinua sa main entre eux et s'écarta de Beltran. Elle souriait légèrement et respirait trop rapidement. Elle s'excusa à son tour, et Beltran, ne pensant absolument pas à l'infime douleur sur sa nuque, crut qu'elle regrettait d'avoir répondu à son baiser. Qu'elle se mette à tripoter son pendentif en signe de gêne renforça cette idée erronnée.

"Je suis désolé, c'est ma faute... Je n'aurais pas dû... J'ai cru..."

Il avait le souffle court et en perdait ses mots. Il se reprit cependant et saisit les mains d'Irmingarde dans les siennes.

"Je ne suis pas un courreur de jupons. Je ne suis pas quelqu'un qui se livre facilement. Je ne veux pas t'effrayer. Et je ne veux pas perdre ton amitié. Mais tu me rends fou, Mina-Ashke. Et si je te blesse de quelque manière que ce soit, je m'en voudrai à mort. Alors si tu veux que je te fasse ramener à ta chambre maintenant et qu'on n'en parle plus, je peux le faire."

Il prit une goulée d'air avant de conclure:

"Mais si tu veux rester ici pour la nuit, sans que je cherche à faire autre chose que te prendre dans mes bras -c'est promis- tu peux aussi le dire. En sachant que cela m'engage auprès de toi et que tu seras la seule à pouvoir reculer - me rejeter, ensuite."

Il réprima son envie de lui dire que si ça ne tenait qu'à lui, il aurait les mains bien moins sages sur elle, et qu'elle le rendait fou autant d'amour que de désir physique. Dormir à ses côtés serait une torture, il le savait. Mais il n'arrivait pas à s'empêcher de le proposer quand même. Il était certain qu'il se contrôlerait - comme toujours. Il voulait lui montrer que quoi qu'il arrive il l'estimait et la respectait et ne forcerait jamais rien à venir si ce n'était pas le moment. Il pria pour que son corps lui obéisse et ne la fasse pas paniquer comme lors du cours de danse. Maintenant, elle pouvait aussi s'enfuir en hurlant. Il espérait que non. Mais il ne pouvait plus garder ça pour lui.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #26 le: 02 mai 2014, 18:02:46 »
Irmingarde n'avait pas vraiment compris que Beltran comptait lui faire cadeau d'une arbalète, faites pour elle, comme son épée. Dans son esprit, il lui en trouverait une dans le râtelier qui convienne à sa morphologie. Et rien que cela lui faisait plaisir.
Puis le Capitaine lui donna sa propre vision de ce qu'était la guerre, le vie de soldat, de Capitaine, de Héraut. La vie de quelqu'un qui se bat pour son pays. Ce qu'il disait était très vrai. C'était l'image de sa propre puissance qui lui plaisait, pas le reste. Mais tout de même...

"Hum... Si rien que d'y penser me rend malade, je ne sais pas comment tu fais, toi, pour faire la part des choses. Je t'admire pour ça... entre autre. Je ne suis pas étonnée de la fidélité de tes soldats."

Ce qu'il y avait de bien, avec Beltran, c'était que l'on pouvait passer d'un sujet à un autre sans trop de peine, parce qu'une fois qu'on le connaissait, il était aisé de parler avec lui. Dans le cas présent, le passage de la guerre à ses bras lui parut tellement rapide que c’en était presque effrayant. Et que dire des baisers qui suivirent...

Finalement, l'instinct ne l'avait pas trompé. Si lui-même resserrait son étreinte autour d'elle, c'est qu'ils parlaient le même langage. Oh bien sûr, ils n'avaient pas vraiment disons... le même niveau. Mais ils se comprenaient plutôt bien dans ce domaine, ce qui était rassurant.
C'était assez bouleversant de prendre conscience de l'effet qu'il pouvait lui faire juste en caressant sa nuque. Sa nuque enfin! Juste ce qui servait à garder la tête vissée sur ses épaules, pas franchement la partie du corps la plus... sensible. Et pourtant...
Ce fut très difficile de se séparer de lui, mais la jeune femme avait besoin de garder un minimum de contrôle sur elle-même au risque de se mettre à paniquer. Ou de mettre le feu à la nappe. Ou les deux.
Comment avait-il rendu ça possible? Comment quelque chose qu'elle ne connaissait pas cinq minutes auparavant pouvait tout à coup lui devenir presque essentiel? Parce qu'elle avait envie de l'embrasser à nouveau, ça, elle en était sûre! C'était même la chose la plus agréable qu'elle ai jamais fait.

En revanche, le Capitaine ne le compris pas ainsi et se mit à parler, s'excuser, s'empêtrer à toute vitesse dans des explications bizarres. Elle eut comme une envie de ronronner de plaisir quand il lui dit qu'elle le rendait fou. Il avait définitivement raison sur le plaisir que pouvait apporter la sensation d'avoir le pouvoir. Elle perdait le contrôle d'elle-même mais l'avait sur lui, sans aucun doute.
Il conclut maladroitement en lui proposant de dormir avec lui, dormir sans essayer de la brusquer pour faire quoique ce soit. Irmingarde apprécia infiniment qu'il la respecte autant.
Avec maladresse, elle tendit la main et la passa dans sa nuque, là à ses ongles avaient laissé une trace de leur passage.  

"Je ne suis pas désolée pour ce qu'on vient de faire, c'est juste que je crois... que je t'ai griffé."

La jeune femme s'empourpra.

"Et tu ne t'es pas trompé."

Sa main descendit de sa nuque pour passer sur son épaule, lentement, puis descendre le long de son torse, pour finir sur sa taille.

"C'est juste que c'était... waw, Beltran c'était renversant..."

Renversant n'était pas un mot qu'elle employait à la légère. Elle chancela un peu, prise d'un vertige. Moitié à cause de l'alcool, moitié à cause de l'émotion.

"Et je... j'ai eu besoin de me calmer, c'est très... intense..."

Quelqu'un qui aurait écouté la conversation sans les voir aurait pu croire qu'il s'était passé quelque chose de bien plus sérieux qu'un simple baiser. Mais pour Irmingarde, c'était aussi intense qu'elle le décrivait. Intense dans les sensations, autant que dans les implications de ce baiser. Qu'est-ce qu'ils allaient faire maintenant? Maintenant qu'elle avait réussi à se laisser approcher ainsi? Ce serait quoi, le futur avec cette relation au milieu? L'horloge dans sa tête, celle qui égrenait les secondes comme un compte à rebours avant la guerre, était moins envahissante mais toujours là néanmoins.
C'était totalement dingue de tomber amoureuse de lui alors qu'ils pourraient facilement mourir demain!
Cependant, elle n'arrivait pas à le regretter. Elle s'étonnait juste de la vitesse à laquelle elle avait succombé, elle qui lui avait demandé d'être patient. Elle lui avait demandé de la séduire, de prendre du temps. Et elle était déjà dans ses bras!

Mina compris alors qu'il l'avait séduit, sans même avoir besoin d'être présent. C'était même la clef. Il avait été absent, du jour au lendemain, et même s'il elle avait essayé de ne pas penser à lui, il lui avait manqué. Et parce qu'il lui avait manqué, cela avait définitivement fait basculer ses sentiments.

"Je reste ce soir."

Sa main n'avait pas bougé de la taille du Capitaine. Elle la remonta à nouveau, observant l'effet produit sur le visage de Beltran, goûtant les répercutions sur elle-même de cette caresse tout sauf amicale. Mais elle ne voulait pas être cruelle:

"Je... c'est à toi de me prévenir si je vais trop loin avec toi, je ne veux pas que tu en souffres, et je pense que tu sais quelles sont mes... limites infranchissables pour le moment. Je ne m'en rendrais pas compte si je te demandes trop."

Sa main remonta sur sa joue et de l'index, elle suivit la courbe de son sourcil.

"Beltran... cela s’apaise avec le temps, et parce que je suis ici, mais les hommes me terrifient, tu le sais. Pas toi, toi, tu ne me fais pas peur, et j'ai confiance mais... cela laisse ses traces. J'ai été élevé dans une région où l'homme est tout puissant, et où..."

Sa voix se brisa. Mais si elle voulait que les choses se passent au mieux, quelques soient ces choses, elle devait être honnête.

"Je pense que tu as compris que quelqu'un, là-bas, as essayé de... posséder ce qui ne lui appartenait pas. Mon frère. Ce qui veut dire que tout ce que je sais de l'intimité avec un homme se résume à une agression, alors il est plus que possible que sur ce point, mes réactions soient encore plus imprévisible que d'habitude. Je n'ai aucune idée de la façon dont je vais vivre chacune des nouveautés que tu vas me faire découvrir. Je sais seulement que je veux les découvrir avec toi. Et je ne veux pas qu'en testant mes propres limites sur toi, tu ais à en souffrir. Ce n'est pas le but. Et ce ne serait pas juste."


Sa main finit sa course dans ses cheveux.

"Alors je te promets de te dire si tu vas trop loin si tu le fais aussi. Si je t'en demande trop."

Elle combla à nouveau l'espace entre eux et le regarda dans les yeux.

"J'ai bien peur que tu deviennes mon cobaye..."

Elle appuya cette remarque d'un sourire timide. La main qui n'était pas dans ses cheveux attrapa la sienne et elle la guida vers sa taille. Elle n'en revenait pas de provoquer elle-même ce contact. Mais c'était plus fort qu'elle, irrésistible, nécessaire, vital.

"Pour le moment, l'expérience est concluante." souffla-t-elle.

Et c'est elle cette-fois ci qui l'embrassa. Parce que c'était ce qu'il fallait faire, parce qu'elle en avait envie. Et tant pis si elle mettait le feu au tapis. C'était un simple détail matériel.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #27 le: 04 mai 2014, 18:42:17 »
Malgré l'intérêt certain que Beltran et Irmingarde pouvaient avoir pour des sujets tels que les arbalètes, le combat, la menée d'hommes, et autres terrains théoriques de leurs métiers, ils s'accordèrent encore plus vite pour les oublier aux dépens d'intérêts plus pratiques tels que l'instant présent et la potentialité énorme qu'un simple baiser pouvait faire surgir.

Beltran n'aurait jamais cru, à peine quelques minutes auparavant, qu'il prendrait ainsi le risque de perdre Irmingarde et de la faire fuir. Qu'elle le laisse la toucher, et mieux qu'elle réponde à son baiser, était plus que ce qu'il avait espéré. Qu'elle réponde avec quelque chose qui ressemblait à de la passion dépassait même son entendement au point que son esprit transforma les mots de Mina en quelque chose de plus logique à ses yeux - soit donc un rejet. Il s'excusa donc - et une fois sa langue lancée, il ne put s'empêcher de mettre certaines choses à clair, persuadé qu'il allait se prendre un râteau mais décidé à tenter sa chance parce que... Et bien parce que les mots passèrent la barrière de sa bouche avant qu'il y réfléchisse vraiment, déjà.

Beltran ne bougea pas quand la main d'Irmingarde alla rejoindre sa nuque. Il en conclut avec clairvoyance qu'elle n'était pas si fâchée que ça si elle le touchait encore. Cela le rassura et il alla jusqu'à sourire timidement. Sourire qui fut plus franc quand la jeune femme expliqua qu'elle était surtout désolée de l'avoir griffé.

"Ce n'est rien." écarta-t-il d'un sourire l'explication.

Il devait avoir l'air légèrement béat quand elle continua à le caresser, allant de la nuque à sa taille et qu'elle qualifia leur moment d'intimité de renversant. Il retint l'humour de soldat graveleux qui faillit lui faire dire qu'elle aurait d'autres chances d'être renversée - par exemple sur la table, contre la fenêtre, ... Il doutait qu'elle saisisse l'humour d'une telle déclaration, tout comme la réponse "oui je sais" pouvait également être mal interprétée. Il ne dit rien alors qu'elle chancelait et se contenta de la retenir contre lui.

"C'est intense pour moi aussi." fit-il doucement. "Prends le temps dont tu as besoin."

Il avait l'impression d'avoir couru un marathon - et d'avoir fait du saut en longueur: ils avaient réellement fait un pas de géant dans leur relation. C'est lui qui faillit être renversé quand la décision d'Irmingarde résonna entre eux. Elle voulait rester. Avec lui. Cette nuit. Le pire cauchemar du Capitaine (et son plus grand désir) se réalisait donc. Il frissonna sous la main légère de la demoiselle. Elle ne semblait pas avoir conscience de l'effet en profondeur qu'elle lui faisait, bien qu'elle reprenne la parole pour clarifier certains points précis dans ce domaine. Il ne sut pas immédiatement quoi lui répondre. C'était très prévenant de sa part qu'elle prenne le temps de lui rappeler ses limites - mais il ne les avait pas oubliées et il savait pertinemment que l'inviter à partager son lit était bien loin de vouloir dire qu'il aurait le droit de lui faire l'amour. Il se contenta donc de hocher doucement la tête sans parler, alors que les doigts de Mina jouaient sur son visage. Elle continua avec cet air fragile qu'il avait appris à reconnaître. Elle parla pour la première fois presque ouvertement de son traumatisme. Il prit cette marque de confiance pour ce qu'elle était et il lui caressa le visage:

"N'hésite jamais à dire ce qui ne va pas, si je vais trop loin, ou pas assez. Tu mènes la danse, Mina, et je n'irais qu'au rythme qui te convient. Je dois avouer que certains gestes sont ... difficiles à gérer pour moi. Mais tu ne vas pas me faire souffrir moi. En tout cas rien qui ne soit pas gérable. Je suis ... sensible au fait que tu veux connaître tes limites avec moi. Alors oui, je te dirais quand tu vas trop loin si tu me dis quand je vais trop loin... Je serai un cobaye obéissant..." finit-il d'un ton presque inaudible, avec un grand sourire sincère.

Le Capitaine laissa Irmingarde guider ses gestes. Sa main se posa sur sa taille lorsqu'elle l'y amena, et il la serra de nouveau contre lui avec un sourire. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle ose plus encore mais elle alla jusqu'à l'embrasser. Il répondit avec passion à son baiser, lui caressant le dos et les hanches d'une main, pressant sa nuque avec légèreté de l'autre. Il la laissa décider de l'intensité et de la longueur du baiser, et lorsqu'ils se séparèrent pour respirer il lui proposa doucement:

"Nous pouvons rejoindre le lit ou un sofa pour être plus à l'aise que debout sur la pointe des pieds..."

Il lui prit la main et l'écarta de la fenêtre. Pour être sûre qu'elle ne se méprenne pas, il répéta:

"Je suivrais ton rythme. Tu me dis quand quelque chose te gêne."

Il les fit passer dans la pièce suivante, une antichambre avec un sofa, deux fauteuils et une bibliothèque mais sans cheminée. Il s'arrêta:

"Ici, ou la chambre... Ton choix. La chambre est chauffée." précisa-t-il tout de même.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Héraut Irmingarde

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #28 le: 04 mai 2014, 23:11:58 »
Quand Beltran lui dit que la légère blessure que Mina lui avait faite n'était rien, la jeune femme sourit. Évidemment que ce n'était rien pour un Capitaine de la Garde que de se faire à peine griffer. Ca ne l'empêchait pas d'être désolée et de paniquer légèrement. Si rien qu'un baiser lui faisait perdre le contrôle à ce point, il était inquiétant d'imaginer quel genre de dégât elle pourrait faire par la suite.

Elle trouvait follement amusant l'expression un peu ailleurs qu'il arborait alors qu'elle le touchait seulement. Elle aurait donner cher pour savoir ce qui se passait dans sa tête. Ou pas. Peut-être fallait-il mieux qu'elle ne le sache pas tout compte fait.
Elle se contenta sagement d'apprécier que ce baiser soit aussi agréable pour lui que pour elle. Même si elle le soupçonnait d'en rajouter un peu. C'était impossible, elle ne comprenait tout simplement pas comment une gamine comme elle pouvait troubler un homme comme lui, qui avait connu bien des femmes tellement plus expérimentées avant elle.

Mais elle n'allait certainement pas lui dire qu'elle pensait de jamais être à sa hauteur. Elle en avait assez dit, assez confié pour la soirée. Des confidences aussi intimes n'étaient pas faciles à faire. Mais nécessaires. Parce que son passé avait fait d'elle ce qu'elle était à présent. Une jeune femme au caractère bien trempé mais timide à outrance, méfiante envers les hommes. Une jeune femme que rien dans son éducation sommaire et ses expériences n'avait préparé à la violence des sensations qui pouvaient étreindre un corps sous des baisers et des caresses. A l'intensité de sentiments naissants. A l'envie incompréhensible de répondre au désir brûlant qu'elle lisait dans les yeux de Beltran.

Elle pria très fort pour ne pas avoir l'air d'une enfant alors qu'elle écoutait, presque bouché bée, ses mots rassurants et ses promesses. Alors qu'elle savourait la tendresse de sa caresse sur sa joue.
Ce que Mina considérait comme de la hardiesse de sa part - poser les larges mains musclées du Capitaine sur elle - sembla lui plaire, et plus encore le baiser. Elle ne sut pas vraiment combien de temps il dura car elle en perdit la notion. Il y avait juste ses lèvres, qu'elle apprenait à goûter, et ses mains - par tous les dieux ses mains - qui semblaient laisser des traces sur elle. Incandescentes.
Quand elle s'éloigna de lui, elle tremblait légèrement.

Elle le suivit avec docilité dans l'antichambre, ne lâchant pas sa main. Elle fut impressionnée par ses appartements. Ils étaient plutôt très confortable, presque luxueux. Elle en lâcha même un sifflement admiratif. Puis c'est un bâillement sonore qui lui échappa.

"Dans la chambre. Je suis fatiguée Beltran, et toi, tu dois l'être bien plus que moi, avec ta dernière journée de voyage dans les jambes. Oh, mais je n'ai pas de tenue pour dormir..."


Dans la bouche de n'importe quelle autre femme dans sa position face à Beltran, cette remarque aurait parut très provocatrice. Mais pour Irmingarde, c'était vraiment une considération pratique. Elle n'avait pas de pyjama. Fort heureusement, la chemise prêtée par le Capitaine lui arrivait au genoux.

"Je vais devoir garder ta chemise pour dormir, mais je te la rendrai propre ne t’inquiète pas."

Ca aussi c'était une détail pratique, mais important pour elle. La propreté, c'était un basique incontournable dans les Holds. Même si le rappeler n'était pas vraiment la chose la plus romantique du monde, surtout ce soir.

"Je ne suis pas contre un peu de chaleur bien que..."

L'alcool ingurgitée dans la soirée la rendait toujours bavarde, mais cela ne l'empêcha pas de rougir quand elle avoua du bout des lèvres:

"Explique-moi comment, alors que la Boutte-feu c'est moi, j'ai l'impression que ma peau s'est enflammée partout où tu m'as touchée..."
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Beltran

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Re: [Beltran/Irmingarde] "Je vais bien"
« Réponse #29 le: 06 mai 2014, 09:16:00 »
Dans un cas aussi intime que celui-ci, le Capitaine avait souvent pour habitude - enfin, souvent... on se comprend- de laisser les corps parler et de fermer sa bouche, de crainte qu'il ne sorte exactement les mots qu'il ne fallait pas dire. Il ne faisait pas tellement confiance à son cerveau pour garder le contrôle de ses émotions quand il se laissait enfin déborder par elles. Sauf que dans ce cas précis, refuser de répondre à Irmingarde ou tenter de la laisser comprendre ses intensions par le seul fait de ses actes s'avérait un exercice encore plus dangereux que prendre le risque de parler. Irmingarde était une jeune femme très cérébrale et qui, comme elle le lui avait déjà dit, était loin d'être une experte dans le déchiffrage des signes du corps. Beltran dut donc rassembler ses neurones pour trouver les mots qui sauraient la toucher et la rassurer.
Il y alla de toute la douceur dont il était capable et il espéra qu'elle sentait qu'il était sincère et honnête envers elle - et qu'elle passerait à côté de la signification masochiste de ce qu'il lui proposait.

Après un baiser plus que passionné, Beltran saisit la main de sa compagne et la fit passer dans l'anti-chambre. Le luxe de cette pièce comme celui du salon n'était pas dû au soldat lui-même mais à un prédécesseur plus âgé. Beltran avait gardé certains aspects intouchés pour pouvoir accueillir n'importe qui n'importe quand. Le bureau en lui-même était plus spartiate ainsi que la chambre à coucher. Chambre qu'Irmingarde ne refusa pas de rejoindre. Elle semblait épuisée et l'alcool ne devait pas l'aider à garder les yeux ouverts. Soudain, elle s'inquiéta de sa tenue pour dormir.

"Tu peux garder ma chemise autant que tu veux, et si il y a besoin, je peux sans doute te trouver un caleçon long ou des chausses, si ça te gêne moins." proposa-t-il presque en chuchotant pour ne pas l'effrayer.

Sans lui lâcher la main, il la conduisit jusqu'à la porte de la chambre alors qu'elle avouait qu'elle avait besoin d'un peu de chaleur. Sur le point d'ouvrir la porte, Beltran se retourna vers Irmingarde qui lui posait une bien bonne question. Le blond hésita. C'était un peu prétentieux de lui dire que c'était sans doute du désir à son égard, bien qu'il pense sincèrement que ça soit quelque chose du genre. Il opta pour une voie de secours:

" Ca arrive quand quelqu'un qu'on apprécie vient combler le besoin d'être touché avec tendresse." Le voilà poétique.

Ouvrant la porte, il fit entrer la jeune femme. Beaucoup plus simple que l'antichambre, la chambre à coucher était extrêmement bien rangée. Rien ne dépassait. Un grand lit, héritage également d'un Commandant marié à l'époque, prenait quasiment toute la place. Deux coffres ouvragés servaient à ranger les affaires du Capitaine - un servant également de table de nuit, l'autre à la base du lit, servant également potentiellement de banc. Le lit ne comportait qu'un oreiller, et était tiré aux quatres épingles, avec des draps blancs et une couverture bleu nuit, de la même couleur que les rideaux tirés. La cheminée émettait une lueur douce, leur permettant cependant à peine de se voir.

Beltran installa la jeune femme sur le lit. Assise dans sa pièce personnelle, il eut l'impression qu'elle entrait bien officiellement dans sa vie. Il lui sourit.

"Je vais te trouver de quoi pouvoir dormir décemment. Mets-toi à l'aise, je ne regarde pas." plaisanta-t-il en lui plantant un léger baiser sur les lèvres.

Il la quitta pour aller fouiller dans une sorte de cagibi caché derrière un rideau de la couleur des murs. On put entendre un "aoutch" suivi d'un bruit de ferraille avant que Beltran ne ressorte en se frottant la tête, un oreiller supplémentaire dans les mains.

"J'avais oublié qu'on avait déplacé le ratelier..." grogna-t-il comme un enfant pris en faute. Puis il sourit à Irmingarde et lui montra fièrement sa trouvaille. "Il ne sera pas dit que tu doives supporter la vie spartiate d'un soldat par ma faute."

Oui, il retardait le moment de se mettre au lit, terrifié par ce que Mina ou lui pouvait faire. Mais il n'avait pas plus le choix que cela maintenant. Il posa l'oreiller sur le lit et se détourna. Il se débarrassa de sa veste et de son veston, pour apparaître à son tour en chemise. Il se baissa pour enlever ses bottes et les chausses mais garda son pantalon qu'il ne desserra que d'un cran pour pouvoir mieux respirer. Il prit le tout, le plia très proprement et le posa sur le coffre au pied du lit. Puis il se tourna vers sa compagne.

"Tu es sûre...?" fit-il doucement en la regardant dans les yeux.

Elle savait qu'il ne la toucherait jamais si elle ne l'y autorisait pas. Mais se glisser dans le même lit qu'elle était un pas qu'elle n'était peut-être pas si prête à faire.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »