Auteur Sujet: Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman  (Lu 6886 fois)

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #15 le: 27 mars 2017, 09:52:54 »

Penthésilée, mage (?), 40 (?) ans

«Il est toujours plus simple de s'excuser que de demander la permission.» Elle sourit. «Et puis, nous ne ferons rien de mal.»

Difficile de leur reprocher de se promener là où ils ne dérangeraient personne. Sauf si on cachait là-bas quelque artefact secret. Mais Penthésilée n'y croyait pas.

La mage était vraiment émue que son fils veuille d'elle pour maître. Elle se sentait heureuse, honorée, mais elle avait aussi un peu peur. Ce n'était jamais simple d'enseigner aux membres de sa famille ni de recevoir l'enseignement d'un proche. Faire la part des choses pouvait s'avérer très compliqué. Et dans son cas, d'autres problèmes venaient encore s'additionner. Mais elle ne préférait pas y penser pour le moment.

«Bien sûr. Mais je me disais que peut-être tu n'aurais pas envie de tout mélanger. M'avoir pour maître, pour mère... tout ça. Ça sera peut-être difficile pour toi de faire la part des choses entre le maître qui te réprimande pour avoir mal travaillé et la mère qui t'aime. »

Si Dunwyd n'était pas au courant des formalités à remplir vis-à-vis du Collegium, il y avait peu de chances qu'elle-même le soit. Elle était là depuis trop peu de temps. Et elle ne pensait pas "débaucher" un étudiant du Collegium en venant ici. Ou plutôt, pas forcément officiellement. Mais autant faire les choses correctement, cela faciliterait la suite.

«Il ne doit pas être bien compliqué de se renseigner, j'imagine.»

Parler d'Yvelin, c'était aborder le sujet des Bardes. Dunwyd tentait tant bien que mal de lui expliquer en quoi ils se distinguaient de musiciens classiques. C'était donc une question de Don, mais aussi de reconnaissance par l'autorité gouvernante.

«Oh... ce sont les musiciens officiels du pays? Avec le Don de rendre réel tout ce qu'ils racontent. Très pratique en somme! Ce sont de vrais instruments de propagande. C'était une idée vraiment astucieuse, que de former un corps de musiciens capables d'influencer les esprits en douceur, afin de véhiculer l'idéologie de la couronne. Je comprends mieux leur importance. J'imagine qu'un Barde peut calmer une foule en colère... ou au contraire la déchaîner.»

Pour un pays connu pour sa morale parfaite et son sens de l'honneur rigide, l'usage de méthodes aussi cyniques était surprenant. Mais cela prouvait que le pays n'était aussi éloigné des réalités qu'il cherchait à le faire croire, si, dès la fondation, la couronne avait jugé bon de s'entourer de gens capables de manipuler les gens à leur insu.

Parler de son passé n'était pas une chose agréable. Mais Dunwyd était si gentil que son humeur sombre ne dura pas.

«Cela aurait été très dommage. Tu es vraiment un gentil garçon.»

Dunwyd

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #16 le: 30 mars 2017, 13:16:48 »
Dunwyd finit par hocher la tête, gagné par l'assurance de sa mère. Si elle aussi était d'avis que les autorisations n'étaient pas prioritaires, c'est bien qu'il devait y avoir un fond de vérité là-dedans, et puis, cela satisferait son penchant personnel à la facilité : si ça se trouvait, il n'y aurait même rien à faire.
Concernant la possibilité qu'elle devienne son enseignante, il resta un instant silencieux. Il n'avait pas réfléchi à tout cela, et comme bien souvent, n'avait écouté que son cœur. Mais il pensait malgré tout être capable d'y parvenir.
" Franchement, je ne peux pas te promettre que ça se passera toujours parfaitement… c'est vrai que ça fera beaucoup de choses à la fois, et puis, je ne sais pas ce que ça pourra donner, je veux dire, même indépendamment l'un de l'autre, apprendre à te connaître, et avoir un maître de magie rien que pour moi… Mais je crois qu'on pourrait arriver à s'entendre quand même. Et puis, maintenant que tu m'as dit ça, l'histoire de bien séparer, ben je sais que je devrai faire attention. Et toi aussi, si tu as l'impression que ça se mélange, tu pourras toujours me le redire. 'Faudra pas hésiter, même. "

Oui, cela faisait bien beaucoup de nouveautés dans lesquelles se plonger, mais Dunwyd en avait grande envie, et les conséquences ne l'inquiétaient pas. Sa mère ne pouvait qu'être quelqu'un de bien, elle avait l'air si digne et si attachée à lui malgré leur longue séparation, tout se passerait bien. Ses yeux brillèrent un peu plus vivement.
" En plus, ça m'a l'air franchement passionnant, tes recherches, et comme tu fais ça en voyageant, encore plus. J'avoue, j'ai pas super envie de me retrouver avec un vieux croûton qui voudrait jamais sortir de Haven et continuerait à me gaver de théorie ! Tu sais, quand la magie est arrivée chez moi, j'ai eu l'impression que ça faisait quasiment un monde nouveau qui s'ouvrait pour moi. J'aime bien les trucs nouveaux. "
Quant à la formalisation de cette affaire, en effet, ce ne serait probablement pas la partie la plus compliquée, et il eut un signe affirmatif.
" J'irai demander, comme ça, on sera fixés. "

Ce qui avait démarré comme une simple évocation de son ami devenait une conversation bien plus sérieuse. L'étonnement de l'apprenti dut se peindre sur son visage : il n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle, même si, cette fois aussi, la manière qu'avait sa mère de percevoir l'existence des Bardes au sein de la société valdemarane ne semblait pas délirante outre mesure.
" Ben, je crois qu'ils sont quand même assez indépendants, enfin, je sais pas comment ça se passe vraiment, mais j'ai pas l'impression que le roi ou des gens comme ça se serviraient d'eux pour des mauvaises raisons. J'imagine qu'ils doivent quand même être assez indépendants… mais j'ai pas idée de s'ils ont des garanties, ou alors prêté un serment, enfin j'en sais rien. "
Il ne pouvait pas ne pas essayer de défendre les Rouges, mais les graines du doute s'étaient malgré tout implantées en lui, en témoignaient les hésitations dans son discours.
" La plupart du temps, ils permettent juste d'avoir un divertissement un peu plus coloré que si c'étaient des simples musiciens sans don. Ça fait que du bien pour ceux qui les écoutent. "
La suite lui fit oublier tout cela, et lui tira un large sourire.
" Ça, c'est parler comme une gentille maman ! "
« Modifié: 30 mars 2017, 13:20:01 par Dunwyd »

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #17 le: 02 avril 2017, 14:31:57 »

Penthésilée, mage (?), 40 (?) ans

Penthésilée sourit à Dunwyd. Comment dire non devant tant de bonne volonté, tant d'enthousiasme? D'autant que les désirs de son fils convergeaient avec les siens, sur la question. Et elle ne s'inquiétait pas réellement. Elle s'efforçait simplement de faire preuve de circonspection. Elle ne voulait pas que le jeune homme se jette à corps perdu dans ce projet sans être averti au préalable des possibles difficultés.

«Comme tu es majeur, j'imagine qu'une fois la formation de base acquise, personne ne peut t'obliger à rester au Collegium même. C'est plutôt fréquent, il me semble, de quitter son école pour poursuivre sa formation. Comment évoluer si on ne se confronte pas à de nouvelles choses?» Elle sourit. «Dis-moi, qu'est-ce que tu préfères, comme type de magie? Dans quoi es-tu doué? La magie offensive? Utilitaire? Élémentaire?»

Même si on leur enseignait toutes les disciplines, Dunwyd devait bien avoir une préférence. Chacun avait des affinités différentes et il serait difficile à Penthésilée de transmettre à Dunwyd des connaissances dans un domaine qui n'intéressait pas le garçon.

Penthésilée trouvait cette conversation sur les Bardes fort instructive. Elle ne s'était jamais tellement préoccupée de ce qu'elle avait jusque là considéré comme des musiciens de luxe. Elle avait visiblement eu tort.

Ainsi, Dunwyd n'avait jamais réalisé l'usage qui pouvait être fait d'un tel Don. C'était à la fois surprenant et intéressant. Surprenant, car elle aurait pensé que n'importe qui d'un peu dégourdi parviendrait à cette conclusion. Intéressant, car sa réaction était sans doute représentative de celle de l'ensemble du peuple. Peut-être les Bardes eux-mêmes protégeaient-ils leur secret? Ça ne devait pas être bien difficile.

«De mauvaises raisons... cela dépend sans doute du point de vue. En tout cas, j'imagine qu'ils sont utilisés pour le bien du pays.» Elle sourit. «Personne ne se passerait d'un tel outil, je t'assure, même le plus noble des rois. Si une révolte peut être étouffée sans la moindre goutte de sang, n'est-ce pas le mieux? Envoyer un Barde pour convaincre chacun que la situation est au mieux, plutôt que de déployer la garde. Toutes ces morts qui sont ainsi évitées... Présenté de la sorte, y vois-tu encore quelque chose de répréhensible, dans le fait d'user de gens possédant un tel Don? »

Dunwyd

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #18 le: 05 avril 2017, 22:08:00 »
" Oh oui, c'est sûr. Mais je vais quand même pas m'en aller sans rien dire. Même si y'en a que j'ai un peu marre de voir, ça me semblerait pas très correct de pas leur dire ce que je vais faire après. Mais c'est sûrement pas un problème non plus. "
Sa mère semblait décidément pleine de bon sens. Et la discussion revint à la magie, pour le plus grand plaisir du jeune homme.
" Je me débrouille pas mal sur ce qui concerne la terre. Et puis j'aime bien, les petites plantules qui poussent, qui deviennent grandes, tout ça, je trouve ça… agréable, en fait. De pouvoir les aider à grandir comme ça, à se renforcer. Sinon, je trouve que les applications utiles, c'est super, mais je suis pas forcément le plus doué pour ça, j'ai pas forcément le réflexe de penser à la magie quand y'a un souci…"

Il eut un petit sourire amusé, en repensant à sa rencontre avec Elke sur fond de catastrophe à l'encrier renversé, et ne résista pas à partager un peu de l'anecdote.
" Y'a quelque temps, j'ai vu une mage de Rethwellan qui est au collegium, et qui a l'air de trouver tout le temps des idées avec la magie pour n'importe quel petit truc qui va de travers… Genre, elle m'a fait disparaître des taches d'encre en un rien de temps, et puis c'était propre après. J'aimerais bien pouvoir faire ce genre de trucs aussi. Mais je sais pas, on nous demande tellement de faire tout le temps attention avec la magie, ça nous pousse pas à essayer de nous en servir pour des trucs un peu… futiles. "
Oui, le discours de la jeune femme l'avait marqué également, et semblait dans la droite ligne de celui de Penthésilée. De quoi faire réfléchir le natif de Haven qui n'avait pas vu grand chose d'autre que sa ville natale et les opinions qui y étaient majoritaires.

Il restait cependant certain des bonnes intentions de leurs gouvernants, et hocha vigoureusement la tête lorsque son interlocutrice évoqua la raison d'état  pour justifier le rôle des hommes (et femmes) en rouge. L'exemple qui suivit n'acceptait pas la contradiction, selon lui.
" Oh, c'est vrai, oui. Ils font sûrement ça que pour ce genre de choses. De toute façon, avec tous les Hérauts qu'il y a, ils permettraient pas d'utiliser les Bardes pour quelque chose de moins… enfin, euh, de pas trop bien. Le roi, il fait quand même tout pour que ça se passe bien dans le pays. "

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #19 le: 14 avril 2017, 08:51:29 »

Penthésilée, mage (?), 40 (?) ans

Penthésilée ne fut pas vraiment déçue que son fils affirme préférer la magie de la terre. Mais ce type de magie n'était pas sa spécialité. La magie de la terre était la chasse gardée des tayledras, qui en avaient fait un art sans commune mesure. Ou des paysans, d'ailleurs, qui l'utilisaient souvent à leur insu. C'était un type de magie souvent méprisé par les mages classiques, parce qu'elle ne permettait pas vraiment de réaliser des choses spectaculaires.

Mais, malgré le peu qu'elle savait sur son fils, elle ne s'étonnait pas qu'il préfère cela. Il lui semblait être un jeune homme plutôt simple et gentil. Pas bête, non, mais pas le genre à se prendre la tête sur des problèmes insolubles.

« Ah, si la magie de la terre et des plantes t'intéresse, peut-être devrais-tu te trouver un maître Tayledras. Ce sont les plus grands spécialistes dans le domaine. Mais je te comprends, c'est agréable d'utiliser la magie qui aider la nature. Bien plus que pour la forcer.» Elle sourit. «Et c'est plutôt une bonne chose de d'abord essayer sans magie. Il n'y a rien de plus ridicule que ces mages qui en deviennent incapables d'effectuer les tâches mêmes les plus simples.»

Puis Dunwyd parla d'une camarade qui intéressant immédiatement Penthésilée. Cette jeune fille semblait prometteuse. Mais sans doute était-elle totalement indisciplinée et rétive à toute autorité. Cela allait souvent ensemble.

«Cette jeune fille doit avoir reçu un enseignement très particulier. Sans doute d'un professeur peu orthodoxe. Mais il est bon de fréquenter de telles personnes. Elles nous obligent à jeter un regard neuf sur ce que nous considérions comme acquis.»

Penthésilée appréciait les personnes de ce genre. Même si souvent, elles finissaient par l'exaspérer.

«Quant à tes professeurs, j'imagine qu'ils vous recommandent la prudence, car ils n'ont pas envie de se retrouver avec des cas de comas magiques sur les bras. C'est ce qui arrive, tu sais, quand un mage se vide complètement de sa magie. Il peut tomber dans le coma.»Elle réfléchit quelques instants. «Et elle, cette jeune fille, cherche-t-elle un maître? Comme tu le sais, je voyage avec d'autres mages, et je sais que l'un ou l'autre recherche aussi de nouveaux apprentis.»

Dunwyd semblait vraiment fier de son pays, cela faisait plaisir à voir. Les Valdemarans étaient bien conscients de la chance qu'ils avaient d'être gouverné par un homme bon, honnête et loyal.

«Oui... le monarque de ce pays semble avoir réellement l'intérêt de son peuple à cœur. C'est assez impressionnant. Quand tu compares aux autres royautés... À part peut-être celle de Rethwellan. Eux aussi ont trouvé un moyen de se prémunir contre les tyrans.»

Dunwyd

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #20 le: 26 avril 2017, 21:56:25 »
Il hocha la tête d'approbation aux paroles maternelles. Et pourtant, chercher un maître Tayledras ne l'enthousiasmait pas plus que cela.
" Oh, j'en ai rencontré une, il y a quelque temps, Sourcedésert, elle s'appelle. On s'était perdus dans les rues, et elle a appelé un vrondis pour nous retrouver, en me montrant comment faire. Mais… je ne sais pas.  J'ai peur de trop m'enfermer dans un type de magie unique. J'aimerais bien voir davantage. Enfin, je sais bien que je ne pourrai pas tout maîtriser, mais je n'ai pas très envie de me spécialiser vraiment dès maintenant. "

Son évocation d'Elke sembla intéresser sa mère, et il s'en réjouit : c'était une jeune fille qu'il était agréable de fréquenter, et qu'il reverrait avec plaisir. La camaraderie bon enfant qu'elle dégageait, alliée à cet espère de liberté dégagée des carcans, l'attirait tranquillement.
" Ah, mais elle n'est pas d'ici, elle vient de Rethwellan. Je ne sais pas trop pour l'enseignement, elle m'a un peu parlé de son école, et ça avait l'air terrible. Très strict, je veux dire, mais vraiment. Et pas ouvert. Tout le contraire d'elle, en fait. C'est à se demander comment elle a pu rester elle-même là-dedans ! "
termina-t-il avec un air épanoui en songeant à cette rencontre, qui dédramatisait ses paroles. Oui, l'image qu'elle lui avait peinte du lieu où elle avait appris la magie était véritablement son opposée. Pas étonnant qu'elle n'en ait parlé qu'avec répulsion. Dunwyd sourit de nouveau à la conclusion de la blonde :
" Ah, oui, c'est un peu comme ce que toi, tu peux me dire, j'ai l'impression. Il y a certains trucs qui m'étonnent un peu, mais c'est intéressant de comprendre qu'on peut voir les choses d'une autre manière, plutôt que de tourner en rond avec toujours les mêmes idées. "

Son visage se fit un peu plus sérieux alors qu'il était question des limites à l'utilisation de la magie.
" Bien sûr, c'est pour éviter les problèmes… enfin, ils sont quand même bien là pour nous arrêter si on part dans une mauvaise direction. C'est très rassurant, je trouve. Même si ça ne va pas durer toujours, évidemment. "
Penthésilée avait l'air toute prête à recommander Elke auprès d'un de ses collègues de voyage. Le jeune homme songea que ce genre de proposition risquait de lui plaire, mais était-elle vraiment dans une telle recherche ? Au final, il eut beau solliciter sa mémoire pour les bribes de leur conversation, il dut bien avouer qu'il n'en savait rien. Il haussa donc les épaules, désolé de ne pas pouvoir apporter de l'eau au moulin.
" En fait, je ne sais pas. Je n'ai pas trop bien compris pourquoi elle était au Collegium, au final. Elle n'est plus apprentie, c'est sûr, mais je crois qu'elle cherche… je ne sais pas trop quoi, en fait. Je n'ai pas osé lui poser trop de questions. "

Dunwyd ne se serait pas qualifié de patriote, mais il aimait la manière dont Valdemar fonctionnait. Il fallait avouer que c'était efficace, et puis, Elke aurait sûrement ajouté que les Compagnons, c'était classe.
" Ce n'est pas pareil là d'où tu viens ? Et tu veux parler de quoi pour Rethwellan ? Je ne connais pas très très bien comment ça marche là-bas. "
avoua-t-il, l'air un peu contrit. Peut-être que ça avait été évoqué pendant un cours ou un autre, mais il n'avait pas toujours été attentif sur ce genre de sujet.
« Modifié: 26 avril 2017, 21:58:20 par Dunwyd »

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #21 le: 23 mai 2017, 13:22:40 »

Penthésilée, mage (?), 40 (?) ans

«C'est une preuve de maturité d'esprit que de refuser les étiquettes et les barrières. Pour ma part, j'ai toujours refusé de me cantonner à une seule pratique. Le monde est vaste, il serait dommage de le rendre petit par son étroitesse d'esprit.»

Dunwyd lui parla plus avant d'Elke, une camarade rethwellane qui semblait lui avoir raconté de nombreuses choses. Penthésilée s'amusa de la remarque finale de son fils. Cette Elke semblait être un esprit rebelle.

«Les écoles à Rethwellan sont très différentes les unes des autres. Certaines sont très libres, d'autres très strictes. J'imagine qu'elle a pris son mal en patience. Et elle a fini par en partir, dès qu'elle a pu.»

Dunwyd la flatta ensuite délicatement en affirmant qu'elle l'avait fait réfléchir et qu'elle faisait donc partie de ces esprits neufs et innovants qui forçaient les autres à se remettre en question.

«Je suis ravie de te faire réfléchir. J'aurais été déçue si mon fils s'était révélé obtus.»

On parla ensuite du Collegium, et Penthésilée approuva l'analyse de Dunwyd quant au rôle des professeurs.

«C'est bien là le rôle d'un professeur. Surveiller, conseiller, aider. Mais aussi pousser en avant, motiver.»

La conversation revint sur Elke. Penthésilée se demanda un instant si le jeune homme n'était pas un peu amoureux de la jeune fille. Cela l'amusa beaucoup, car Elke était vraisemblablement plus âgée. C'était fréquent, à cet âge, de s'enticher d'une femme plus mûre.

«Peut-être cherche-t-elle à se perfectionner? Un mage ne cesse jamais d'apprendre. Si elle est Compagnonne, elle peut vouloir briguer le rang de Maître.»

Parler des Bardes et de leur rôle avait dirigé la conversation sur le sujet des systèmes politiques et des gouvernements. Penthésilée ne s'offusqua pas de l'ignorance de son fils. Elle appréciait qu'il ait l'honnêteté de l'avouer.

«À Rethwellan, c'est une épée qui désigne le souverain. Ou plutôt, qui valide sa montée sur le trône. On la met dans les mains du roi présomptif. Si elle chante, c'est qu'il est digne de monter sur le trône. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle avait disparu lors du règne de Thelarson, elle avait disparu. Il devait bien se douter qu'elle ne chanterait jamais pour lui.» Elle soupira. «Et chez moi, c'est une monarchie normale, avec ses bons et ses mauvais souverains.»

Spoiler: montrer
[Désolée, c'est pas fameux. J'avais totalement oublié ton post. je voulais y répondre, mais je suis tombée malade, et ensuite j'avais tellement de travail que j'ai oublié. Je vais sans doute repasser derrière pour améliorer ça à l'occas, mais au moins, tu peux répondre. Je suis vraiment désolée.]

Dunwyd

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #22 le: 19 juin 2017, 16:43:11 »
Dunwyd sourit à sa mère qui approuvait son idée de ne pas se poser de limitations dès le départ, fier tout à la fois de lui et d'elle : visiblement, il ne la décevait pas, et l'inverse était vrai également. Elle l'impressionnait un peu avec ses allures de grandes dame, mais l'appréhension du départ s'était enfuie, et il était d'avis que personne ne pourrait vouloir dissimuler une mère si pleine de qualités, à l'esprit aussi acéré. Cette simple discussion était un plaisir qu'il goûtait avec autant de gourmandise que les odeurs de nourriture de la Foire qui parvenaient jusqu'à eux.

Elle semblait bien connaître Rethwellan - mais que ne connaissait-elle pas ? - et il approuva d'un signe pour ce qui concernait Elke.
" Ah, c'était pas de chance pour elle, alors, d'être tombée sur une école aussi coincée. Mais ouais, elle a été contente quand elle a pu se barrer, de ce que j'ai compris. Je pense que j'aurais pas trop aimé non plus. Le Collegium, c'est vraiment pas mal, quand même. Enfin, tout est pas parfait, mais bon, c'est pas si mal. "
Ses yeux brillèrent d'amusement lorsqu'elle évoqua le possible désir de sa camarade sauveuse, se souvenant des termes qu'elle avait utilisés pour exprimer son souhait de monter en grade, en effet.
" Probable, oui. Ça avait l'air de la tenter, mais, comment dire… vaguement. Comme si elle avait pas trouvé quelqu'un de suffisamment intéressant au Collegium pour être sûre de vouloir y rester. Enfin bon, je dis peut-être des bêtises, 'faudrait lui demander pour être sûrs. Mais si je la re-croise, je lui dirai, pour tes, euh… amis. Ça la tentera peut-être plus. "

Il hocha la tête d'un air entendu alors qu'elle lui rafraîchissait la mémoire à propos du système monarchique de leurs ex-ennemis, désormais alliés.
" Ah, c'est vrai, maintenant que tu me le dis… le truc de l'épée qui chante, ouais, c'est original. Il doit y avoir foule dans la salle du trône à chaque couronnement, plein de gens qui veulent voir ce que ça donne en vrai. Enfin, moi, je serais là-bas à un moment pareil, j'aurais pas envie de louper ça. "
Un plissement des lèvres entendu commenta la disparition inopinée de l'objet durant le passage du traître sur le trône. L'évocation des dirigeants de son propre pays sembla faire revenir à la surface quelque mélancolie chez Penthésilée, et son fils se hâta de détourner son attention, avec un enthousiasme qui n'était même pas forcé.
" Si je viens avec toi, on ira là-bas ? Ou alors est-ce que vous avez déjà prévu les prochains endroits que vous allez étudier ? Il doit y avoir de quoi faire pour toute une vie ! "

Spoiler: montrer
Je crois que je t'ai largement rendu la "politesse", j'ai eu du mal à m'y mettre et pas beaucoup de temps moi non plus, pour diverses raisons… Et j'ai un peu l'impression de bavasser pour pas grand chose, je ne sais pas si ce sujet a besoin d'être poursuivi très longtemps ? Pour Elke, j'ai supposé qu'elle n'avait pas parlé à Dunwyd de son ex-maître qu'elle recherchait, puisqu'elle n'en avait rien dit dans le sujet au collegium, mais on peut sûrement s'arranger autrement si ça coince pour ce que tu prévoyais.
« Modifié: 19 juin 2017, 16:45:58 par Dunwyd »

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #23 le: 22 juin 2017, 11:38:53 »
«L'important est qu'elle se sente bien là où elle se trouve.»

Elle attendrait d'en apprendre davantage avant d'envisager de lui proposer de les rejoindre. Même si la perspective d'avoir une autre mage, jeune en plus, dans leur groupe était plus qu'intéressante.

Penthésilée aussi aurait aimé voir l'Épée chanter. Mais elle savait que cela n'était guère possible pour elle. Elle n'avait pas sa place là-bas et elle savait qu'elle ne serait probablement pas bienvenue.

«Il ne doit pas être si simple de pouvoir y assister. Une fois que tu as réuni tous les notables du pays, il ne doit plus rester tant de place que cela dans la salle du trône. Par contre, je crois que j'apprécierais de pouvoir examiner cette arme. Quelle fantastique magie doit-elle renfermer! Il reste si peu de ces artefacts anciens dans le monde. Ceux qui n'avaient pas été détruits volontairement ont souvent souffert des Tempêtes. Et plus personne n'est à même de les réparer.»

Le palais à Haven devait lui aussi regorger de ces objets. Elle rêvait de pouvoir mettre la main dessus pour les analyser, les étudier, et peut-être même les utiliser, si cela s'avérait possible.

Puis Dunwyd enchaîna sur une requête particulière. Il lui demanda s'il pourrait aller là-bas, cet ailleurs n'étant pas très clair pour Penthésilée.

«Là-bas... à Rethwellan? Pas pour le moment. Avec la guerre civile qui s'achève à peine, le pays n'est pas sûr. Je pensais plutôt partir vers Hardorn. Ou au nord. Je n'ai pas encore décidé. Et cela dépendra aussi des autres. Et de plusieurs facteurs.»

Le temps s'était écoulé avec fluidité et Penthésilée réalisa qu'il était temps pour elle de mettre fin à l'entrevue. Elle était un peu partagée entre l'envie de passer encore du temps avec son fils et la prudence qui l'incitait à ne pas trop s'investir dès le départ. Faire durer encore cette entrevue, c'était prendre le risque de voir naître des différences irréconciliables entre eux.

«Dunwyd, je suis désolée, mais je vais devoir m'en aller. Le temps a filé, et on m'attend. J'aurais aimé rester encore, mais...» Elle sourit. «Tu sais ce qu'on dit, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Mais je me réjouis qu'on se revoie. Vite, très vite j'espère.»

Dunwyd

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Re : Je m'appelle Dunwyd, j'aime ma maman
« Réponse #24 le: 15 juillet 2017, 22:07:27 »
Sa mère le ramena à la réalité de ce que devait réellement être la cérémonie d'intronisation des nouveaux monarques rethwellanais, à savoir, un événement réservé aux sangs bleus avant tout. Ses propres origines des plus modestes, quoique peut-être pas tant que cela par le côté maternel, ne lui permettraient sans doute jamais d'être inclus parmi une telle assemblée, mais au final, ce n'était pas grave non plus.
« Oh, c'est vrai… c'est un peu dommage, mais en même temps, c'est normal qu'ils ouvrent pas leurs portes à n'importe qui. J'imagine que l'Épée est bien gardée, elle aussi, surtout maintenant, enfin je veux dire, après sa disparition. Ça doit pas être simple de l'approcher. Mais ouais, c'est triste qu'on ait perdu autant de connaissances… enfin, c'est comme ça. Au moins, ça fait du travail de recherche pour essayer de les retrouver. »
On pouvait compter sur lui pour toujours trouver un côté positif à n'importe quoi, ou presque.

Penthésilée se méprit sur sa demande, mais il ne pouvait que s'en blâmer : il avait omis de préciser à quel lieu il pensait, et forcément, ce qui se trouvait dans sa tête ne s'était pas transmis tout seul. Mais au final, la constatation restait la même : il avait envie de bouger de Haven avant tout, et la destination importerait assez peu.
« Non, je voulais dire, vers chez toi. Mais bah, c'est pas grave, de toute façon, j'ai tout à découvrir, et puis je crois que j'ai juste envie de voir du pays… quel que soit le pays, en fait ! »

Avec la dignité fluide qui semblait la caractériser en tout, la femme blonde lui annonça ensuite qu'elle ne pouvait s'attarder davantage en sa compagnie. Il lui sourit largement pour qu'elle ne se sente pas gênée de devoir vaquer à d'autres occupations : c'était sans doute bien beau qu'elle ait pu se libérer un moment, rien que pour lui.
« T'en fais pas, je comprends. C'est déjà super qu'on ait pu se voir, et discuter pendant tout ce temps, et de tellement de choses, pour une  première fois. »
Tout naturellement, il se leva après elle, et l'enserra dans une accolade filiale. Il profita de l'absence de vis-à-vis pour se confier un peu plus, à mi-voix, et sans plus de trace du ton plein de légèreté qu'il adoptait bien souvent :
« Tu sais, je suis vraiment content de… enfin, d'avoir pu  te rencontrer enfin, et… que ce soit toi, ma maman. »

Finalement, il la libéra, et toujours souriant, lui assura qu'ils trouveraient l'occasion de réitérer l'expérience :
« Oh, sûrement, qu'on pourra se revoir bientôt ! De toute façon, tu sais où me trouver, et c'est pas possible de manquer le collegium. Je vais essayer de me renseigner pour tout ce qu'on a dit ! »
promit-il en conclusion, avant d'agiter la main en un dernier au revoir. Il resterait sûrement planté là encore un moment, seul avec lui-même, avant de réussir à s'arracher à ses pensées pour reprendre le cours de sa journée, d'humeur encore meilleure que de coutume.