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Fabuliste:

Jarhindel - Maître d'armes du Collegium - 30 ans
6ème décade d'été 1485
Ce soir, c'était le tour de Jarhindel de faire la vaisselle. Depuis des mois que Mera s'était quasiment installé dans les appartements du nouveau maitre d'armes, une routine s'était doucement installée. Jar ne pouvait que remercier Alem de lui avoir assigné la jeune femme comme aide. Ils s'étaient rapprochés à une vitesse dingue. Et quand Jar la regardait huiler patiemment une pièce d'armure de cuir pour l'entrainement, son coeur s'emballait.

Elle n'était pas pour lui, bien sûr. Elle n'était pour personne. Sauf peut être Shirryl. À part son compagnon, personne ne partagerait sa vie à long terme. Jarhindel soupira et termina sa vaisselle, avant de la sortir sur la petite table à côté de la porte. On passerait la chercher. Il aurait pu la rendre sale, mais ça le gênait. ce n'était pas un gros effort de la rendre propre.

Il passa ensuite dans le petit salon et s'écroula dans le second fauteuil.

Il soupira de nouveau.

"Ah, Mera..."

Son coeur, en cette soirée tranquille, débordait de ses sentiments envers sa compagne. Il allait devoir tout dire. Ce soir.

Il aurait pu y aller doucement.

Mais ce serait beaucoup moins drôle.

"Je connais déjà la réponse. Mais un vieux con procédurier dans mon genre ne peut s'empêcher de proposer: Si tu voulais, on pourrait se marier, toi et moi."

Héraut Méra:
:Rha, j'aime pas cette huile. Faut vraiment que j'en trouve une autre.:
:Dans le genre de celle qui prend la poussière dans ta chambre?:
:Exactement...:
:Tu pourrais simplement aller la chercher, tu sais...:
:Je me dis ça chaque matin, et le soir, j'ai juste pas le courage d'aller jusque là-bas. Surtout que cette chambre me déprime. Et j'ai tout ce qu'il me faut ici. Mes vêtements, un bel homme, un grand lit...:
:Tout sauf ton huile fétiche...:
:Des fauteuils confortables et quelqu'un pour faire la vaisselle.: continua Méra en ignorant manifestement son Compagnon.
:Alors arrête de te plaindre...:

Méra leva les yeux au ciel.

Jarhindel la rejoignit sur les fauteuils. Il avait sur le visage cet air à la fois adorable et effrayant de l'homme amoureux. Méra n'était pas trop certaine d'apprécier. D'autant que ce soir, son air lui semblait particulièrement insistant. Méfiance...

Et évidemment, quand il ouvrit la bouche, ce fut pour proférer une énormité. Méra laissa tomber la pièce de cuir qu'elle tenait entre les mains. Dans sa tête, Shirryl éclata de rire. La brune ne prit même pas la peine de réclamer le silence, elle était bien trop choquée.

«Je...» Elle fixa le maître d'armes, incapable d'articuler quelque chose de cohérent. « T'es malade ou quoi? T'as bu en cachette?»

Malgré elle, le cœur de la jeune femme dansait la pavane dans son torse.

«Ça fait même pas un an, bordel! Et...» Elle se pencha pour ramasser la pièce d'armure tombée au sol, et surtout pour cacher son trouble. Très mal, évidemment. Elle se releva, les joues en feu. «Euh...Tu m'emmerdes. Enfin, non... c'est mal sorti!» Elle se leva de son fauteuil et vint se planter devant Jarhindel. «Putain... je sais même pas quoi te dire!»

:Tu pourrais dire oui?:
:Mais ça va pas la tête? Même si j'avais envie de mariage et de toutes ces conneries, ça fait trop peu de temps! C'est parce que ça se passe bien maintenant que ça va continuer...:
:Méra, ma chérie, c'est à lui que tu dois dire ça.:

Fabuliste:

Jarhindel - Maître d'armes du Collegium - 30 ans
Jar se mit à glousser devant la confusion de son aimée. On pouvait chérir une personne en aimant l'asticoter. Et ce soir il avait très bien réussi son coup. Mais il avait un coup au coeur. Comme prévu, l'épouser l'épouvantait plus qu'autre chose.

"Ça fait presque un an. Et par chez moi, normalement, on s'engage avant de... d'aller plus loin. J'ai déjà beaucoup de retard."

Il leva les pattes sur le repose-pied et croisa les mains pensivement.

"Pardon de t'avoir surprise. C'était très drôle. Et c'était une façon de me jeter à l'eau. Pour ouvrir la discussion."

Il soupira.

"Tu sais que je t'aime. Par chez moi, une femme qu'on aime, on l'épouse. Après, je sais que de par tes origines mercenaires et de par ton uniforme, tu n'es pas dans cette optique. Tu ronges déjà ton frein en attendant que Shirryl pouline. Je sais que tu ne seras jamais une bonne petite épouse au foyer. Et c'est pas ce que je veux. Je t'ai surprise, je sais, et la question n'appelle pas une réponse dans la seconde, la soirée ou même le mois. Je veux juste que tu saches que si ça te tente d'avoir un foyer ici, à la salle d'armes, pour une durée moins indéterminée que maintenant, moi j'aimerais bien. Ça ne t'empêchera pas de partir en mission et de vivre ta vie. Juste... on pourrait être marié, c'est tout."

Héraut Méra:
«Avant d'aller plus loin...Où ça?» Méra fit la grimace.«Si par "plus loin" tu parles de baiser, alors en effet, tu as plus qu'un peu de retard.»

Méra s'était crispé en entendant Jarhindel prononcer le mot "normalement". Elle détestait ce mot. Surtout quand il était énoncé dans un contexte qui touchait de près ou de loin à son mode de vie. Elle ne supportait pas qu'on la juge à l'aune de la normalité. Elle avait choisi de vivre sa vie comme bon lui semblait, n'en déplaise aux moralisateurs de tous bords.

Elle se força à se calmer. Si elle restait aussi tendue, elle risquait de dire des choses qu'elle finirait par regretter.

«Je suis pas certaine que c'était une discussion qu'il fallait ouvrir.»

:Ooooooh qui si.:
:Silence toi.:

Elle se laissa tomber sur le sol, en tailleurs, au pied du fauteuil de Jarhindel. D'abord distante, elle finit par poser son menton sur les cuisses musclées du maître d'armes.

« Je...»

Malgré elle, malgré son envie de simplement mettre les pieds au mur, le discours de Jarhindel faisait vibrer quelque chose en elle. Une envie enfouie très profondément sous des années de nonchalances et d'histoires sans lendemain.

Elle lui prit la main et entrelaça ses doigts dans les siens.

«Tu sais ce qu'on dit sur l'espérance de vie des Hérauts? Surtout ceux qui vivent comme moi? Tu rêves tant que ça de finir veuf?» Elle tenta de ponctuer sa remarque d'un sourire moqueur, mais le cœur n'y était pas. «Le mariage... honnêtement, j'ai arrêté d'y penser - si un jour je l'ai fait - avant même d'être adolescente. Pour moi, c'était un truc réservé aux autres. Genre à ceux qui veulent pondre des mioches. Ou hériter. Les gens comme moi n'en ont pas besoin, non?»

Fabuliste:

Jarhindel - Maître d'armes du Collegium - 30 ans
"Un peu."

Elle s'était un peu jeté a sa tête, faut dire. Et inversement.

"Tu n'en avais peut être pas besoin, mais moi oui."

Il la laissa prendre la main et referma les doigts sur les siens.

"Le jour de ta mort, ma chère, je serais ravagé, que je sois veuf ou pas."

Il soupira pour gagner le temps de trouver ses mots.

"Tu n'en as peut être pas besoin, mais moi, oui. Même si nous n'avons pas d'enfants, même si nous n'avons pas de bien, il est important pour moi d'aller devant les Dieux et de leur dire "J'aime cette femme et je l'aimerais tous les jours que vous nous accorderez ensemble." C'est une question de principe. Je ne vais pas expliquer les principes à une héraut, tout de même?"

Son oeil était rieur.

"Blague à part. La décision t'appartient. Tu sais maintenant que c'est important pour moi, mais je peux comprendre que ce soit important de ne pas être marié pour toi. Je voudrais que tu y penses, que tu prennes ton temps. Et que tu saches qu'un non ne changerait rien a notre situation présente. Je t'aime et si je prefererais t'épouser, je peux me contenter de notre vie actuelle."

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