Auteur Sujet: Dix ans de loyauté  (Lu 318 fois)

Fabuliste

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Dix ans de loyauté
« le: 01 août 2026, 18:23:01 »
9e jour 4ème décade Été 1489
A la fin de l'ellipse

Dame Hilda Allan se sentait migraineuse et épuisée. La migraine ne la surprenait guère. C’était un mal qu’elle connaissait bien et avec lequel elle avait cohabité depuis des décennies. La fatigue par contre… Elle réfléchit quelques instants. Devrait-elle faire appeler un guérisseur ? Peut-être. Elle n’était pas si vieille et elle savait que ce n’était pas une fatigue normale pour la cinquantenaire qu’elle était.

Mais elle était aussi fatiguée moralement. Elle était quasiment complètement aveugle depuis déjà quelques années et comme la succession de petits flacons d’apothicaire le trahissait, ce n’était pas son seul problème de santé. Elle réfléchit et conclut un marché entre elle et son Dieu. Elle n’appellerait que demain. Et si elle partait vers les havres dans la nuit, qu’il en soit ainsi. À la mort de son héritier, elle s’était juré de ne pas le rejoindre volontairement, mais ce soir elle n’avait pas la force de se battre. Elle se battrait demain, elle s’y engageait.

Elle leva la main, interrompant Soraya qui lui faisait la lecture à son chevet. La brave enfant avait bien progressé, qui aurait su qu’elle n’avait appris à lire que quelques années plus tôt ?

"Merci Soraya. Donnez-moi mon remède pour la migraine et allez vous coucher."

Elle tendit la main, recevant le flacon comme son dû. Elle l’avala. La servante l’aida à se mettre en position de sommeil. Elle se sentit si lourde, ces temps…

"Vous pouvez disposer."

Mais avant qu’elle n’entende les douze pas permettant à Soraya de quitter la chambre de sa maitresse, elle rajouta :

"Vous êtes une bonne fille, Soraya. Je ne regrette pas de vous avoir prise à mon service."



[Soraya, après cette scène que tu es libre de décrire de ton point de vue, tu vas te coucher.

Tu as une petite chambre personnelle : tu es la femme de chambre de Madame. Usuellement, tu dormirais dans sa garde-robe, mais avec ton fils, tu habites une des petites chambres privées. Tu es son service depuis 1479, soit maintenant dix ans de bons et loyaux services. Contrairement à certaines, tu n’as pas essayé de chercher une autre place et tu as gravi les échelons de la maisonnée jusqu’à ce rôle. Dame Hilda sait que tu lui seras loyale tant qu’elle prendra soin de ton fils. Comme elle te l’a promis lors de ton embauche, elle récompense la loyauté et le travail. Si tu t’entends bien avec les gens de maison arrivés après toi, il y a des tensions avec les domestiques de haut rang : Majordome, gouvernante, cuisinière.... Ils n’aiment pas qu’une fille de rien soit montée aussi haut.

Le lendemain matin, ton réveil est étrange. La maison ne bruisse pas comme elle devrait. Tu es seule, ton fils est allé dormir chez un camarade. Tu finis par réaliser que le soleil est trop haut : on ne t’a pas réveillé à l’heure normale.]
« Modifié: 01 août 2026, 18:29:35 par Fabuliste »

Soyara

Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #1 le: 03 août 2026, 23:34:03 »
Soyara avait servi Dame Hilda pendant dix années. Si elle ne pouvait dire que cela avait toujours été un bonheur, sa relation avec la noble dame avait beaucoup évolué au fil du temps. Elle ne pourrait affirmer qu’elle avait été pour elle comme une mère ou une grand-mère ; il y avait toujours eu cette distance entre noble et servante. Pourtant, Dame Hilda était sans doute ce qui s’était le plus approché d’une figure parentale dans sa vie.

La dame n’avait pas seulement gagné sa loyauté en tenant parole et en veillant sur son fils, mais aussi par sa seule personne. Elle avait su s’attirer une fidélité indéfectible. Elle était de ces nobles qui le sont jusqu’au fond de l’âme, et l’ancienne prostituée nourrissait désormais pour son employeuse plus d’affection que pour quiconque au monde, hormis son fils.

Depuis quelques mois, Soyara sentait que quelque chose n’allait pas. Dame Hilda n’était pas en bonne santé. Cela se lisait dans son teint, dans sa fatigue. De nombreux signes, discrets mais persistants, éveillaient en elle une inquiétude grandissante. Pourtant, bien qu’elle fût tentée d’évoquer ses craintes avec la retenue qui sied à une domestique, la dame les avait toujours repoussées. Ce soir, quelque chose était indéniablement différent, mais Soyara ne pouvait ni questionner ni donner son avis. Elle se devait de respecter la volonté de sa maîtresse.

Elle ravala son soupir, dissimula son trouble. Ce n’était pas sa place. Elle se contenta d’obéir. Faire venir un médecin contre la volonté de Dame Hilda n’aurait servi à rien, et cela aurait trahi la loyauté qu’elle lui portait.

Elle tenta de se rassurer, de se convaincre qu’il ne s’agissait que d’une fatigue passagère, que tout irait mieux au matin. Dix années de loyaux services, dix années à gravir les échelons malgré la réprobation des autres domestiques… Elle aurait pu rester une simple femme de chambre, mais elle possédait une ambition certaine, et surtout une profonde affection pour celle qui, d’une certaine manière, l’avait sauvée. Elle avait voulu se montrer digne, la servir mieux que quiconque, parce que Dame Hilda le méritait.

Elle avait vu son fils grandir et s’épanouir. Il avait désormais dix ans, allait à l’école et s’y montrait brillant. Un jour, il aurait un véritable avenir — tout cela grâce à Dame Hilda.

Mais ce soir, son inquiétude n’était pas tournée vers son fils, qui dormait chez des amis — elle n’aurait jamais cru qu’il mènerait une vie si normale, presque mondaine. Non, ce soir, elle s’inquiétait pour cette femme qu’elle n’admettrait jamais aimer comme une mère.

Elle finit par s’endormir. Elle avait appris à dormir n’importe où, comme les soldats : le sommeil se prend quand il se présente — une leçon apprise dans la rue, où il est vital. À son réveil, pourtant, elle sut aussitôt que quelque chose n’allait pas. Il était trop tard, tout était trop silencieux ; l’air lui-même semblait chargé d’un mauvais présage.

La peur lui étreignit le cœur, et toutes ses inquiétudes affluèrent. Elle se leva précipitamment, sans même prendre le temps de s’habiller par-dessus sa chemise de nuit, et se précipita vers la chambre de Dame Hilda.

Fabuliste

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Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #2 le: 04 août 2026, 14:53:30 »
Quand la fille de cuisine apporta son petit déjeuner à la Maitresse de maison le lendemain matin, la dame était déjà partie aux Havres Celestes. Pale comme un linge, elle courut avertir la cuisinière qui prévint la gouvernante et le majordome. Dans la confusion, la routine de la maisonnée s'effondra. Certains domestiques trainaient les bras ballants, d'autres étaient absents parce que la personne supposée les réveiller trainait dans le couloir des chambres les bras ballants comme dit précédemment.

La maisonnée entière était sous le choc. Et comme souvent, les langues couraient bien avant les analyses.

On parlait de la Femme de chambre de Madame. Cette étrangère qui n'avait jamais vraiment réussi à s'intégrer. Elle n'était pas là, ça faisait mauvais genre. En plus, c'était la dernière personne à avoir vu Madame. Étrange. Suspect.

Alors que le majordome interdisait l'accès à la chambre de la défunte et envoyait chercher le guet, la méfiance roulait sur les langues. Et quand une Soraya échevelée et en tenue indécente surgit dans le couloir...

"Elle est là! attrapez là!"

[Toute l'assistance se jette sur toi. Tu peux crier et te débattre, mais tu n'es pas capable d'échapper à la foule. Ils t'attachent et t'enferment dans ta chambre. Tu peux faire un post pour réagir à cela, mais tu n'as pas possibilité d'y échapper.]



Le héraut rouquin attendait patiemment son élève, assis en tailleur sur une fontaine en face de la maison Allan. Quand elle arrivant enfin, il lui résuma la situation.

"Désolée, il est tôt. La Dame Allan a été retrouvée morte dans son sommeil ce matin. Le guérisseur légal ne va pas tarder à arriver, mais la procédure demande qu'on vérifie. La dame était puissante et riche."

Keryne étant sur la fin de sa probation, il lui fit signe de prendre la tête. Ils furent accueillis avec déférence par le majordome, au sein d'une domesticité manifestement bouleversée.

"C'est bon on l'a eu!" fuse la remarque d'une matrone, vite réduite au silence par un regard de son supérieur.

"Pardonnez-nous, Hérauts. Nous avons mis un moment dans la confusion à trouver la femme de chambre de madame. µC'est elle qui a procédé au coucher de Madame et qui lui a parlé en dernier. Elle est actuellement dans sa chambre. Nous sommes à votre disposition."


[Keryne, c'est ton enquête. Tu peux fouiller plein de choses, interroger plein de gens, fantômes compris grâce à ton don. Décris-moi par MP tes actions et je te répondrais ce que tu trouves et je posterais les réactions des PNJ. À un moment je ferais arriver le guérisseur.]

Soraya poste en premier, puis Keryne.

Soyara

Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #3 le: 04 août 2026, 15:37:19 »
Soyara savait qu’elle n’était pas appréciée de tous, mais jamais elle n’aurait cru qu’ils iraient jusqu’à l’accuser de meurtre. Du meurtre de Dame Hilda, qui plus est. Elle l’aimait. Elle lui était loyale.

L’instinct de survie et le désir de liberté qui l’avaient toujours animée — et qu’elle avait appris à tempérer ces dernières années — revinrent en force lorsqu’on se jeta sur elle. Elle ne se contenta pas de se débattre : elle se battit. Coups de poing, griffures, morsures — elle redevint, l’espace d’un instant, la fille des rues. La panique d’être saisie, maîtrisée contre son gré, mêlée au choc brutal d’apprendre la mort de Dame Hilda, la submergea. Elle perdit pied.

Lorsqu’elle reprit conscience, elle était seule dans sa chambre, et éclata en sanglots. Après toutes ces années de loyaux services, après toute l’affection échangée… on allait la pendre pour un crime qu’elle n’avait pas commis. Et son fils ? Qui prendrait soin de lui ?

Elle n’avait aucune chance de s’échapper dans l’immédiat : elle était attachée, bâillonnée, et la porte était suffisamment solide pour résister à ses assauts. Peut-être aurait-elle une occasion lorsque l’on viendrait la chercher.

Certes, elle avait appris les procédures en vigueur dans de tels cas à Valdemar, mais elle n’avait jamais côtoyé longtemps les Hérauts. Ayant grandi à Rethwellan, elle ne pouvait concevoir qu’un système puisse être véritablement incorruptible, ni qu’on lui accorderait un véritable procès. Dans son pays d’origine, la parole des autres serviteurs aurait suffi à la condamner, dans la plupart des cas. Elle n’avait aucune raison de croire qu’il en serait autrement ici.

Il lui fallut un moment pour reprendre le contrôle de ses émotions. Elle puisa sa force dans l’amour qu’elle portait à son fils, dans son désir de le protéger, de lui éviter d’être jeté à la rue si elle venait à être pendue. Elle devait vivre. Elle devait s'échapper, pour lui.
« Modifié: 04 août 2026, 15:40:07 par Soyara »

Héraut Keryne

Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #4 le: 04 août 2026, 20:08:34 »
Réprimant un baillement, Keryne accéléra le pas dans les rues encore silencieuse de la capitale. La matinée commençait à peine. La jeune Héraut finissait à peine ses ablutions matinale, quand un jeune page était venue lui apporter un message de son mentor. Horatio la convoquait dès que possible dans une maison de noble, au coeur de la ville. Elle avait pris deux tartines en passant au réfectoire qu'elle avait avalé prestemment sur le trajet.

:C'est vrai que tu ne commences pas ta journée si tu n'as rien dans l'estomac toi !:
:Oui... je sais qu'on dirait pas, mais j'ai un appétit fort bien réglé... et puis je travaille toujours mieux le ventre plein !:
:Tu m'en diras tant...:


Un rire taquin ponctua cette dernière phrase de la Compagnonne. La jeune femme ne put s'empêcher de sourire, alors qu'elle arrivait enfin en vue du lieu de rendez-vous. Elle le salua et répondit :

-Ne t'inquiète pas, je comprends l'importance de la situation.

Elle allait dire : "je te suis", mais il l'invita à le précéder.

-Je vais tâcher de faire au mieux d'ici l'arrivée du guérisseur légal, histoire de faciliter au plus les choses.

Son temps de probation avec Horatio avait été formateur et instructif et la jeune femme avait pris en assurance et en confiance avec le temps. Il lui arrivait encore de douter de ses compétences et de sa légitimité, mais fort heureusement, de moins en moins. Elle entra donc d'un pas sûr lorsqu'on lui ouvrit la porte de la maison et accueillit le chaos ambiant posément. Elle hocha la tête aux informations données par le majordome :

-Très bien, je vous remercie. J'imagine votre bouleversement à toutes et tous, nous allons faire notre possible pour comprendre ce qu'il s'est passé, n'ayez crainte. Je vais aller interroger votre femme de chambre, mais d'abord, est-ce qu'il me serait possible de voir la défunte s'il vous plaît ?

Le décès était très récent, elle supposait que l'esprit de Dame Allan serait donc encore suffisamment fort pour qu'elle puisse entrer en contact avec elle.


Fabuliste

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Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #5 le: 04 août 2026, 20:37:38 »
En effet, dés que tu rentre dans la pièce, tu as la certitude que la défunte est encore là. Quand tu lève tes bouclier et que tu mobilise ton don, tu vois un esprit à la fenêtre qui semble perdu dans la contemplation du lever de soleil. La lumière dorée illumine la pièce et se confond dans le scintillement du fantôme.

Après une seconde, tu distingue un mouvement. Elle a remarqué ta présence. Mais elle ne parle pas tout de suite. Elle attend longtemps avant de s'exprimer doucement.

*Ça fait des années que la cécité me privait de ce spectacle.*

Héraut Keryne

Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #6 le: 05 août 2026, 10:41:30 »
Son intuition était la bonne. Elle n'était pas partie. Keryne était arrivée dans la chambre et elle l'avait senti. En regardant la défunte, elle abaissa ses boucliers en ancrant son don comme elle avait appris à le faire il y a plusieurs années. Et ce fut quasi instantané. Alors qu'elle relevait les yeux, la jeune femme aperçut l'esprit de Dame Allan. Elle lui laissa le temps dont elle avait besoin, elle ne voulait surtout pas la brusquer.

*J'imagine comme cela a dû vous manquer*

Elle était donc aveugle. La héraut savait que ses autres sens devait être plus aguerris, elle espéra que cela serait source d'information. Elle laissa passer un moment puis se présenta :

*Je suis la Héraut Keryne, on me missionne pour comprendre ce qui s'est passé pour vous.*

Ce faisant, elle promena son regard dans la pièce pour vérifier si tout était en ordre ou si quelque chose pouvait attirer son attention, ne pas être à sa place... Et elle s'approcha du corps en continant doucement, avec autant de bienveillance et de douceur que possible :

*Est-ce que vous vous rappelez ce qui s'est passé après que votre femme de chambre vous ait aidée au coucher ?*

Fabuliste

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Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #7 le: 05 août 2026, 11:11:13 »
L'esprit réagit à peine à la raison de la présence du héraut. Peut-être parce qu'elle s'en fichait, peut-être parce qu'elle n'était pas idiote et qu'elle s'y attendait. Elle restait tournée vers le lever de soleil sur Haven.

"Pas grand-chose. J'étais épuisée. Tellement épuisée que même respirer était un effort... J'aurais peut-être dû convoquer un guérisseur... Je me suis promis de le faire à mon réveil... Je suppose que vous en avez appelé un, maintenant."


Keryne ne voyait pas le sourire amusé sur le visage complètement tourné vers l'astre solaire.

La chambre est nette et rangée. Mais il y flotte de lourdes odeurs. Celle du cadavre, déjà, qui commence à sentir, mais il y a aussi dans la pièce de lourdes odeurs médicamenteuses. La pièce pue la souffrance et la lourdeur de la vie de Dame Allan depuis de nombreux mois. Et si les odeurs qui viennent de la défunte sont fortes, elles sont aussi le marqueur d'une souffrance terminée.

Sur une table proche du lit, tu peux voir toute une réserve de fournitures médicales. Ce n'est pas la première fois que tu es sur une enquête de ce genre. Tu reconnais le matériel pour traiter des escarres, les huiles de massage, les pansements et instruments pour traiter, et sur le côté, une série de flacons. Quand tu les examines, de la même manière, tu vois des classiques qui t'évoquent une pathologie cardiaque et diabétique.

[Que fait-tu, quelles questions poses-tu, a qui?]

Héraut Keryne

Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #8 le: 05 août 2026, 11:34:50 »
*Oui, il va arriver. Merci ma Dame.*

Elle laissa l'esprit en paix et continua ses investigations. Rien ne semblait inhabituel. Les odeurs étaient fortes cependant. Au-delà de celles du corps, il y avait celle des pommades, du camphre, des médicaments. La jeune femme inspecta le visage et le cou de la vieille femme pour vérifier s'il n'y avait pas de marques. Son attention se porta ensuite sur une petite table qui jouxtait le lit et les différents traitments qui y étaient posés. Visiblement la Dame ne quittait plus beaucoup son lit et semblait souffrir de divers maux liés à la vieillesse. Elle se tourna vers le majordome en désignant ce qu'elle venait d'observer :

-Savez-vous de quoi souffrait votre maîtresse, en-dehors de la cécité ? Et qui s'occupait de ses soins, ou lui administrait son traitement ?

A première vue, c'était une mort naturelle, sans doute liée à l'âge et ses maladies.

Fabuliste

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Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #9 le: 05 août 2026, 15:23:49 »
"Madame souffrait  de la maladie du siphon, celle qui, hum... elle s'hydratait beaucoup et hum... évacuait beaucoup(*)."

La gêne du Majordome était évidente. Il n'était pas supposé parler des fonctions excrétoires de sa maitresse.

"Selon son praticien, c'était l'origine de ses problèmes. La cécité, la dégradation de ses pieds et de ses jambes, sa fatigue cardiaque, ça venait du siphon qu'elle ne traitait pas correctement."

*Ça a commencé quand j'étais grosse de mon fils...* Marmonna l'esprit, qui semblait de plus en plus éthéré.

"Mais, hum... Madame a dû adapter un régime strict pour ces problèmes. Elle a longtemps refusé et... ça a été le sujet de nombre d'arguments entre elle et son guérisseur. Elle le suivait strictement depuis quelques années. Pas de sel, pas de sucre. Très strict, surtout sur le sel. Ça a beaucoup alourdi la charge de notre cuisinière, de combiner les ordres du Colleguim et les gouts de Madame. Elle fait un travail formidable; même si... ça a été compliqué. Notre cuisinière est une femme intelligente, mais... sans doute un peu surmenée. Mais c’est vrai que grâce à ses efforts, l’état de Madame a cessé de dégénérer."

Il soupira.

"La prise de ses traitements était de la responsabilité de sa femme de chambre, Soraya. Elle... s'est cachée ce matin avant qu'on ne la débusque. Par précaution, elle est actuellement enfermée dans sa chambre. Cette jeune femme fait son travail, mais... elle a des origines discutables. Elle vient de Rethwellan, vous savez. Et pas des endroits respectables."

Une rumeur dans le couloir s'amplifia. Horacio, qui restait observateur silencieux, jeta un œil vers l'escalier

Ah, je paris que c'est le guérisseur. Tu préfères voir ce qu'il trouve, ou continuer tes interrogatoires?


(*) Il décrit ici un diabète de type 2. Le symptôme le plus visible hors aggravations est une soif hors de proportion et une envie de pisser constante. etymologiquement, le mot à la même racine que canal, que de l'eau qui traverse. Elle a historiquement été appelée maladie du siphon. C’est une des façons du corps d’évacuer le trop-plein de sucre dans le sang : boire de l'eau et pisser tout ce sucre.

Héraut Keryne

Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #10 le: 09 août 2026, 00:12:51 »
Keryne acquiesçait aux explications du majordome, pas très surprise de ce qu'elle apprenait. En tous cas ça corroborait ce qu'elle avait noté de l'état de la chambre et de ce qui s'y trouvait.

-Vous dites que grâce au changement de régime alimentaire, l'état de votre maîtresse s'était stabilisé, il n'y avait pas eu de signe d'aggravation ces dernières décades ?

La remarque sur les origines de la femme de chambre fit froncer les sourcils de la jeune Héraut. S'il savait d'où elle venait, il serait devenu plus pâle que les linges propres qui devaient servir au pansement du matin. Pour l'heure elle décida de garder ça de côté pour le moment de quitter la maison.

:Je vais aller voir cette pauvre femme de chambre, automatiquement suspectée à cause de ses origines... Je vais l'interroger et je reviendrai voir le guérisseur pour voir si ses conclusions rejoignent les miennes.:

Elle continua vers le majordome :

-Où est la chambre de votre femme de chambre ? J'aimerais lui parler s'il vous plaît.

La blanche restait professionnelle malgré l'envie forte qui la démangeait de remettre le majordome à sa place.

:Chaque chose en son temps jeune fille.:
:Oh ne t'inquiète pas, tout vient à point à qui sait attendre.:


Elle se prépara à sortir de la chambre, non sans jeter un dernier regard à l'esprit de la vieille femme. Une chose la préoccupait cependant. Le fait d'avoir eu du mal à respirer, que la fatigue ait été si intense. C'était sans doute dû à son état de santé, mais elle voulait en être sûre, et pour ce faire, le guérisseur devait prendre le temps de faire ses observations et la femme de chambre pourrait peut-être l'éclairer sur les dernières heures de la défunte.

Fabuliste

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Re : Dix ans de loyauté
« Réponse #11 le: 09 août 2026, 17:16:08 »
"En effet, elle était plutôt stable. Elle aime... aimait l'été."

Quand tu demande à voir Soraya, il t’emmène à sa chambre, gardée par deux solides valets. Quand tu entre, l'un des valet entre avec toi pour débâillonner Soraya, mais ensuite il ressort.

[Je vous laisse discuter sans moi, j'interviendrais plus tard.]
« Modifié: 09 août 2026, 17:17:26 par Fabuliste »