Enora avait demandé quelques jours de permission pour quitter la ville. Elle avait expliqué ce qu'elle allait faire seulement à son supérieur, et pour accorder une certaine paix d'esprit à Enora comme à Fitz, la permission lui avait été accordée juste avant la bataille.
Elle et Jorel avaient filé comme les flèches qu'ils étaient, ne perdant que peu de temps pour se reposer, mais suffisamment que s'il revenait, il ne serait pas complètement lessivé. Ils dormaient le soir et prenaient le temps réglementaire pour manger, mais rien de plus. N'ayant qu'un seul message à livrer, cela avait été assez rapide.
Et maintenant, elle venait tout juste de franchir la porte de la ville. Elle avait même pris le soin de saluer le garde, capuchon baissé pour quelques minutes pour être certaine d'être reconnue. Connaissant son ami, il avait demandé à être averti aussitôt qu'elle serait de retour.
Elle s'était ensuite dirigée sans perdre de temps vers le champ des compagnons pour permettre à Jorel de se reposer ; il l'avait plus que mérité. Elle revenait par les jardins, se demandant s'il la rejoindrait sur le chemin ou si elle irait jusqu'à la caserne quand elle sentit et aperçut l'esprit de son ami. Elle avait ses boucliers levés, comme toujours, et n'aurait jamais lu ses pensées, mais il y avait une sorte de sens désormais dans sa tête quand elle approchait des gens qu'elle connaissait suffisamment près d'elle.
Elle bifurqua vers lui.
"Bonjour Fitz, je me doutais bien que tu arriverais ventre à terre. On va prendre un verre pour discuter de tout cela ?"
Elle avait encore ses vêtements blancs couverts de poussière, mais ça ne la dérangeait pas outre mesure. Elle comprenait le besoin, l'urgence viscérale de son ami. Ou à tout le moins, elle avait suffisamment de compassion pour tenter de se mettre à sa place.