Auteur Sujet: Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)  (Lu 466 fois)

Sou

Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)
« le: 14 septembre 2026, 19:16:55 »


Prénom : Séléna
âge : 53 ans
Métier : Prostituée
Parentée : Mère de Sou - Mère de Mali (deux enfants, enceinte)
Lieu de vie : Haven



Séléna monte au château. Le pas décidé, la mine sévère, et dans la tête le bruit des pièces qui sonnent.

Ça suffit cette histoire. Sou était sa fille et elle allait la reprendre. C'est vrai quoi ! La gosse, SA gosse, dormait dans des draps de soie, mangeait les mets les plus fins et avait accès à toutes les modernités, des plus enviables aux plus vils. La môme avait beau lui apporter la majorité de sa bourse cela ne suffisait pas. Ne suffisait plus. Elle-même ne rajeunissait pas. Les clients se faisaient plus dispersés. Il fallait bien l'avouer, même si elle gardait de beau reste, elle n'avait plus l'attrait de la jeunesse. Et puis elle fatiguait aussi. Sans compter que cette maudite Mali, sa deuxième, était de nouveau enceinte. Et malade comme un chien. Impossible pour elle de travailler au risque de vomir sur un client. Chienne de vie.
Et pendant ce temps, pendant que sa pauvre mère galère, la mioche vit au palais. Séléna aurait pu s'en étouffer de jalousie. Car oui, tout n'est que pure jalousie envers sa gamine, plus jeune, plus jolie, en apparence plus protégée, aimée. D'autant que Séléna s'était persuadée qu'elle lui rapportait moins qu'avant. Qu'elle avait plus souvent un nouveau ruban dans les cheveux, ou qu'il y avait moins de pièce dans la bourse qu'elle lui apportait régulièrement. La femme oubliait un peu vite que le toit sur sa tête était plus sûr, que les repas étaient un peu plus réguliers et nourrissants et que la boite contenant ses "économies" était bien plus lourde depuis que sa dernière était au palais. Mais voilà il lui en fallait plus. Toujours plus. Elle se persuadait elle-même qu'avec sa fille aînée à charge, les marmots de cette dernière et les hommes qui transitaient régulièrement, l'argent filait trop vite pour qu'elle puisse se passer de la mouflette. Elle allait récupérer la gamine et la mettre au turbin fissa. En plus, la petite, avec sa bouille rosée et ses doigts agiles pourrait aussi bien voler les cœur que la bourse des clients. Séléna n'était pas méchante, elle lui laisserait le choix... tant qu'elle rapportait. Elle sentait déjà les pièces s'enrouler entre ses doigts. Et si ceux du château voulaient la garder - pour quelques raisons perverses elle en était sûre - ils allaient devoir raquer.

Séléna passe tous les contrôle avec une patience de démone avide. Finalement elle se retrouve face à elle ne sait quels représentants des collégias. Peu lui importe leurs rôles, leurs titres, leurs fonctions au sein de l'établissement. Elle croise simplement les bras et annonce sans ambage.

"J'ai besoin de Sou à la maison. Allez la chercher et dites-lui de prendre toutes ses affaires. Elle perd son temps ici. Allez ! Dépêchez-vous !"
« Modifié: 16 septembre 2026, 12:31:06 par Héraut Wylan »

Héraut Wylan

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Re : Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)
« Réponse #1 le: 16 septembre 2026, 12:45:55 »
« Héraut Wylan... il y a un souci au Collegium. Une dame réclame qu'on lui remette votre pupille. »

Le pauvre page avait l'air terrifié. Pas par Wylan, évidemment, mais par la situation. Ou la femme. Difficile de dire.

Wylan grogna. Depuis qu'il vivait avec Bouclette, les gens lui mettaient beaucoup trop facilement la main dessus. Avant, il ne restait presque jamais dans sa chambre. Quand il était à Haven, il descendait en ville boire des coups et se baladait sur le Champ des Compagnons. À présent, il paressait volontiers dans un fauteuil avec des rapports à lire.

« Je m'en occupe. »

Il se leva et passa son uniforme le plus présentable. Il hésita un instant, puis boucla son ceinturon d'épée à la taille. Il ne comptait pas l'utiliser, évidemment, mais avoir l'air décidé et menaçant ne pouvait qu'aider face à la mère de Sou, si c'était bien elle.

Il ne se pressa pas pour rejoindre le lieu de l'esclandre. Il marcha calmement, salua les gens au passage et arriva d'un pas de sénateur vers la source du scandale.

« Maîtresse Séléna, que me vaut le plaisir de votre visite? Vous vouliez voir votre fille, je crois? Malheureusement, Sou est en pleine leçon d'arithmétique, et je ne voudrais pas la déranger au milieu d'un calcul complexe. » Wylan connaissait-il par cœur le planning de sa pupille? Évidemment. « Mais venez avec moi, allons discuter.»

Il l'encouragea de son sourire le plus sadique et la précéda vers une petite salle meublée d'une table et de quelques chaises. Il s'assit sans attendre et balança ses pieds sur la table et ajusta la position de son fourreau.

« Et si vous repreniez tout depuis le début? Le message qu'on m'a transmis était... parcellaire.»

Sou

Re : Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)
« Réponse #2 le: 20 septembre 2026, 15:21:00 »
Séléna attend avec la patience d'un ange. D'un ange déchu bien évidemment. Mais quand le héraut se montre enfin, la femme sent depuis un moment la colère monter en elle. Alors qu'il approche son regard méprisant le détaille de haut en bas. Le blanc de sa fonction, l'épée, la mine. Elle est surprise de le trouver plus vieux qu'elle ne l'imaginait et plus agréable à regarder. Etrangement familier aussi. Loin de la calmer cette familiarité l'incite à penser qu'elle a déjà du le voir rôder proche de son quartier ou de sa maison. Pour assouvir quelque perversion à son endroit ou à celui de sa fille à tout les coups. Elle ne doute pas un instant d'avoir à faire avec le fameux, le merveilleux, l'unique, le fabuleux Wylan. Elle avait foutu quelques paires de baffe à sa môme les premier temps quand elle osait prononcer son nom. Qu'on ne nomme pas l'un de ces donneurs de leçon moraliste chez elle ! Malheureusement (et peut-être cela avait fait parti de sa décision) si cela lui avait vallu la paix quelques années, ces derniers temps la gamine, quand elle était en colère, l'utilisait pour la faire exploser un peu plus. La morpionne semblait accepter de moins en moins les cajoleries de sa chère maman. Il lui fallait au plus tôt soit la reprendre en main fermement, maintenant, soit en tirer le plus possible avant qu'elle ne coupe définitivement les ponts.

La matrone observe donc le héraut en se disant que s'il voulait l'impressionner dans son bel uniforme, elle avait fait en sorte, avec sa robe aux couleurs plus que passées et ses bords rapiécés, ses bottines rapées et ses bijoux miteux, mais le tout propre et sentant le savon, de paraitre faire partie de cette pauvreté fière de garder un peu de dignité dans l'indigence. Plus que dangereux, elle lui trouvait un air affecté et prétentieux. Et en matière d'homme dangereux, elle en avait cotoyé qui en avait l'air et qui l'étaient mais aussi bien d'autres qui n'en avait pas l'air et étaient pires.

Séléna laisse le héraut blablater avec une sorte de fatalisme. Elle a entendu cette phrase trop de fois aujourd'hui. La fin laisse enfin présager qu'elle a trouvé le bon interlocuteur. Levant les yeux au ciel et soupirant sa frustation elle lâche du bout de ses lèvres méprisantes.

"Ah, ba enfin !"

Elle suit le héraut tout en songeant : Arithmétique. Calcul complexe. Séléna ne voit là qu'une insulte déguisée de la part du héraut. Avait-elle jamais eu le temps de se livrer à des frivolités pareilles ? Recompter la monnaie pour ne pas se faire avoir était déjà bien suffisant à son goût. Evaluer la valeur d'un objet ou d'une pièce était nécéssaire. Elle méprisait toute autre forme de calcul, négligeant le fait que par ailleurs certains de ces calculs permettaient de maintenir un toit sur sa tête par exemple.

Arrivée dans la pièce la mère-matrone s'assoit à son tour, tout en laissant la table entre elle et Wylan et s'étant assurée qu'elle ne parlerait pas à des semelles. Si elle avait été boutefeu, les chaussures sur la table auraient prit instantanément feu. Non par indignation pour quelque politesse mais juste par... oui disons-le par jalousie.

Séléna s'obligea à afficher la sérénité, tout en lissant ses jupes.

"Si vos gens ne sont pas capable de transmettre un message aussi simple, Héraut, cela prouve l'état de négligeance de cet... établissement.
- La pause était voulu et méprisante. - Et me donne donc encore plus de raisons de vouloir ramener ma fille à la maison. Il est plus que temps, visiblement."

Héraut Wylan

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Re : Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)
« Réponse #3 le: 21 septembre 2026, 13:16:48 »
La plupart des gens adaptaient inconsciemment leur niveau de langue à leur interlocuteur, mais la différence restait minime. Chez Wylan, sa manière de parler était un aspect important de plus de son déguisement. De fait, il avait grandi en parlant relativement bien, puis il avait appris l'argot en arrivant à Haven, et le langage diplomatique ensuite, puis celui de la rue, des armées, des mercenaires, des voleurs... Maintenant, bien rare étaient ceux à pouvoir l'entendre parler totalement naturellement. Lui-même, parfois, oubliait à quoi ressemblait sa vrai voix.

Face à Séléna, dès leur première rencontre, il avait adopté le langage ampoulé d'Aénor. Pas parce qu'il voulait lui faire sentir leur différence de classe, mais parce qu'il avait estimé que c'était cette version-là de lui-même qui obtiendrait les meilleures résultats avec cette femme. S'il lui parlait dans une langue plus proche de la sienne, s'il essayait de lui paraître plus accessible ou amical, elle passerait juste son temps à tenter de l'embrouiller.

Et puis, Aénor lui avait appris que la politesse pouvait aussi insultante que le juron le plus grossier.

« Vous savez, il semble me souvenir que votre... maison est conditionnée à la présence de votre fille ici. Vous vous rappelez, nous avons signé un accord. Pour vous, une maison propre et une rente, pour votre fille, une éducation sous ma houlette. Ça vous rappelle quelque chose?» Il regarda ses ongles, jaugeant leur état. « Mais je peux demander que quelqu'un se rende au tribunal pour chercher le document, si vous ne vous en souvenez plus.» 

Évidemment, ledit papier ne se trouvait absolument pas dans les archives du tribunal, car leur accord s'était fait "à l'amiable". Il n'était officiel que parce qu'un Héraut, lui-même, l'avait contresigné.

« Madame, vous me faites perdre mon temps. Pourquoi êtes-vous réellement là? Sou ne reviendra jamais chez vous. Pas si j'ai mon mot à dire. Or, il se trouve qu'aux yeux de tout le monde ici, je suis son tuteur et vous une folle qui essaie d'enlever une enfant.»

S'il fallait lui donner plus d'argent pour qu'elle disparaisse à jamais de la vie de la jeune fille, Wylan était prêt à payer de sa poche. Franchement, comment Sou pouvait-elle se concentrer sur son avenir - et son Élection - avec l'ombre de sa mère planant sur elle?

Sou

Re : Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)
« Réponse #4 le: 27 septembre 2026, 14:20:27 »
Séléna balaie les arguments du Héraut d'un geste de la main. Il la met en colère, c'est vrai, avec ses airs prétentieux. Mais elle se musèle sévèrement. Il ne lui fallait pas oublier son objectif. Sa cupidité serait la plus forte. Et elle pouvait l'amadouer. Se montrer raisonnable en apparence, lui laisser entrevoir une porte de sortie, pense-t-elle. Mais avant de se montrer raisonnable, il fallait se montrer déraisonnable. Aussi lâcha-t-elle un peu la bride à sa colère. Elle se leva brusquement, affichant une juste indignation.

"L'enlever ?! Comment osez-vous ? Je l'ai mise au monde, torchée, élevée, j'ai fait de mon mieux malgré mes erreurs. Ce sont vous, les Hérauts, que l'on accuse parfois d'arracher les enfants à leurs parents, je vous signale. Oh oui, la plupart des gens sont heureux de voir leurs rejetons devenir hérauts. Mais la musique est tout autre quand il s'agit d'un héritier ou de l'aide indispensable d'une famille. Pouvez-vous prétendre le contraire ? Je me souviens, moi, de cette pauvre jeune fille rejetée par les siens parce qu'elle a fauté et à qui vous avez arraché l'enfant de son amour*. Pourquoi ? Pour avoir voulu se mettre à l'abri de sa propre famille. C'est bien vous, les Hérauts, qui avez établi la sentence. Est-ce que vous avez l'intention de me faire la même chose ? Que croyez-vous qu'une mère ressente face à cette peur ? Ou qu'une mère puisse faire pour vous contrer ?"


Séléna reprend son souffle un instant. Sa main se porte à son cœur, alors qu'elle retombe sur sa chaise. Satisfaite, en vérité, même si ses traits ne le montraient pas. Il était temps de passer à la partie raisonnable. Elle reprend donc d'un ton plus modéré.

"Non, non, non. Les contrats peuvent, je l'espère, être renégociés. Rien n'est gravé dans le marbre. J'ai... Je vous ai laissé ma fille. Mais avais-je d'autres choix ? Seule avec deux filles, dont l'une trop jeune pour être autre chose qu'une charge. Bien sûr que je ne pouvais qu'accepter de vous la laisser. Je l'ai fait par amour. - l'amour de l'argent, et non pour le bonheur de sa fille, est-il encore utile de le préciser ? -
Aujourd'hui, c'est encore pire. Ma fille est malade et me laisse m'occuper de ses deux enfants. Je vais finir noyée sous les dettes si je ne peux plus travailler. Ou l'un des mômes se tuera sans une surveillance nécessaire à cet âge tendre. Et avec le troisième qui ne va pas tarder, c'est la ruine qui m'attend.
Ma cadette pourra au moins s'occuper des petits. À deux, nous supporterons bien mieux toute cette charge supplémentaire. Je sais bien qu'elle préférerait sûrement rester ici. Et moi aussi. Je ne peux pas faire vivre ma famille sans aide ou sans argent. Il me faut faire un choix, bien malgré moi."


Si elle le pouvait, Séléna se mettrait à pleurer, mais les larmes n'ont jamais été faciles à faire couler sur commande, surtout quand on a un cœur sec et une âme rêche. S'efforçant tout de même de paraître effondrée, Séléna porte une main à son front.

"Quelle honte de demander cela, mais si vous tenez tant au bonheur de ma fille, donnez-moi de quoi élever ses trois neveux de façon tout aussi décente que ce que vous voudriez pour elle. Et je vous promets de ne plus venir la déranger, tant que cela sera effectif."

*Séléna fait allusion à ce RP