Auteur Sujet: [Scenario] In priso veritas  (Lu 2950 fois)

Beltran

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[Scenario] In priso veritas
« le: 19 septembre 2012, 22:16:47 »
Eté 1480, 6e décade (17/08) - prisons de la Caserne

Le lendemain de la tentative de coup d'Etat contre Arthon, Beltran accueillit le Héraut du Sénéchal Aaron et ses deux lieutenants à l'entrée de la prison. Ils entrèrent ensuite rapidement pour aller se confronter aux DeFeriel et aux trois nobles qui avaient participé aux évènements.

A peine entré, Beltran leur signifia les décisions du Conseil à leur égard, écartant les protestations "nous n'avons pas eu de procès équitable" par un froid "temps de guerre, acte de haute trahison, vous vous attendiez à quoi?". Puis il se tourna vers Aaron:

"Héraut, s'il vous plait, pourriez-vous invoquer l'Enchantement de Vérité sur ces gens, afin que nous obtenions des réponses sans mensonges quant à leurs agissements?"

L'interrogatoire avait lieu dans les limites de la légalité, mais le Conseil avait décrété la loi martiale et Hérauts comme Capitaines avaient le pouvoir de faire ce genre de choses.

[J'attends Fitz, Aaron et Kalaïd s'il le peut]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Aaron Greystoke

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Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #1 le: 21 septembre 2012, 14:52:48 »
¤ Avec un peu de retard, me voilà ¤

[justify:2pcr9fg2]S'il y a bien une chose qu'Aaron n'arrivait pas à comprendre, c'était qu'on s'en prenne à sa propre famille. Lui qui avait perdu la sienne très jeune et avait été élevé par un tuteur des plus sévères, il ne comprenait absolument pas comment les DeFeriel avaient pu s'en prendre ainsi à leur fille et à celui auquel elle était liée pour la vie, quand bien même il s'agissait de l'Héritier. Et à défaut de comprendre leur démarche, tout ce qu'il parvenait à faire, c'était à l'exécrer. Il était assez rare qu'il eût des sentiments d'une telle violence, mais les Hérauts étaient devenus sa famille d'adoption et il avait bien du mal à supporter qu'on s'en prenne à eux, qu'on les trahisse ainsi. Si bien que lorsqu'il parvint aux portes d'entrée de la prison, accueilli par le Capitaine Beltran, il était d'ores et déjà convaincu de la culpabilité des prisonniers et de la nécessité de leur sanction.

Et il n'était pas le seul, d'ailleurs. Quand le verdict tomba, malgré les protestations des nobles quant à l'absence de procès, il en fut plutôt soulagé, limite même réjoui. A ses yeux, ils ne pouvaient pas rester impunis, et même s'il n'était pas un fervent défenseur de la loi martiale, pour cette fois, il était plutôt satisfait de son application. Quand Beltran se tourna vers lui, pourtant, son visage ne montrait aucun signe de réjouissance. Impassible, il avait observé les personnes incriminées, tout du long, et à présent qu'on lui demandait son assistance, il avait simplement hoché la tête, et décroisé les bras de sous sa poitrine pour procéder à l'Enchantement de Vérité demandé.

C'était quelque chose qu'il n'avait aucun mal à faire, bien plus naturel pour lui que de gérer son Empathie, et il ne li fallut pas plus d'un petit instant pour y procéder. Lorsque ce fut fait, il recula d'un pas ou deux laissant le soin au Capitaine de commencer son interrogatoire. Au fond, il était tout de même un peu curieux de savoir ce qui avait poussé ces gens à agir comme ils l'avaient fait. Non, décidément, il ne parvenait pas à les comprendre, et ça le perturbait un peu.[/justify:2pcr9fg2]
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
UC

Fitz

Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #2 le: 21 septembre 2012, 19:33:15 »
La vérité c'est que Fitz aimait les bonnes vieilles méthodes. Du genre qu'il avait déjà utilisé. Pas qu'il aimait la torture à proprement parler, mais il trouvait que la douleur avait une efficacité souvent sous-estimée. Mais Valdemar est civilisé, et bien que les limites n'aient pas été définies lors du procès, le capitaine avait décidé d'utiliser un sortilège.

Alors il en serait fait ainsi. Adossé au mur proche de la porte, le lieutenant attendait les ordres, regardant les traîtres qui s'étaient attaqués à la couronne. Toute ces histoires pseudo politiques, de guerre de pouvoir, et autres "c'est moi qui ait la plus grosse" ne le regardait pas, ne l'intéressait même pas. Ce qu'il n'arrivait pas à comprendre c'est que les gens ne savaient pas se contenter de ce qu'ils ont. Mais peut être que contrairement à lui, eux avaient l'habitude de tout avoir, alors que lui savait ce que c'était que de partir de rien.


Comme on dit ceux qui n'ont rien se contentent de peu, les autres en demandent toujours plus. Et finalement cela en voulait plus, et n'avait plus rien. Le sort est parfois comique.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
"Ça marchait vachement moins bien, un cerveau avec une hache au milieu." -Isabeau-

Kalaïd

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Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #3 le: 28 septembre 2012, 21:02:51 »
Kalaïd n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient tous entamé leur trajet jusqu'à la prison. Les doigts de sa main gauche jouaient comme à son habitude sur le pommeau de son épée tandis que ceux de la main droite suivaient les sillons de la fusée torsadée composant le manche de sa dague, semblant vouloir les creuser un peu plus à chaque passage...

Ils passèrent les portes de la prison toujours aussi silencieusement. Le Capitaine Beltran n'avait pas donné trop de détails sur la raison de leur présence ici, il n'en avait nullement eu besoin...

Les prisons étaient des endroits particuliers. Le jeune homme en avait vu un certain nombre jusqu'alors, et toutes rivalisaient de saleté et de noirceur, comme si le poids des actes de certains détenus avait rabaissé les plafonds, que l'obscurité qui emplissait leurs cœurs faisait baisser la luminosité des torches et affaiblissait celle du soleil qui filtrait à travers les meurtrières...

Alors que le Capitaine notifiait les mesures prises à l'encontre des membres de la famille DeFeriel présents, Kalaïd se mit à l'écart et s'appuya contre un pilier, légèrement dans l'ombre. Seul le fil de son épée sortie dont la pointe frottait légèrement les dalles de pierre sombre était visible. Sa manière de témoigner que si ça ne tenait qu'à lui, elle aurait servie depuis un moment déjà...
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
«Personnellement je ne pense pas que le Commandant Beltran m'ait recruté en fonction de ma capacité à manier un rasoir.»
Kalaïd, 7e décade de printemps 1481

Beltran

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Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #4 le: 21 octobre 2012, 21:06:09 »
Pour être tout à fait franc, Beltran aurait lui aussi préféré user des bonnes vieilles manières pour venir à bout des traîtres. Malheureusement, il devait prendre en compte que ces derniers mois - que dire, ces dernières années - les bonnes vieilles manières avaient justement du souci à se faire face aux "nouvelles" manières. Celles qui réclamaient un sorcier ou un rituel. Celles qui réveillaient les Dieux. Bref, celles que Beltran abhorrait. Mais qui existaient bel et bien, et malgré sa répulsion face à la magie ou face à l'existence des Dieux, le Capitaine ne pouvait plus détourner le regard et affirmer que ce n'était que des fariboles.

Puisqu'il fallait donc parer à toute éventualité, Beltran avait tenu à s'entourer de ses lieutenants et d'un Héraut qu'il savait consciencieux et compétents. Ils étaient à la fois les témoins de la bonne tenue de l'interrogatoire, et de ce que les traîtres allaient dire. Les DeFeriel ne pouvaient pas ne rien dire. La lueur bleue qui apparut au-dessus de leur tête allait les forcer à être honnêtes - peut-être pour la première fois dans leur vie, pour certains.

Beltran vérifia d'un coup d'oeil ses compagnons. Kalaïd et son épée avaient fait leur petit effet sur la Dame - mais c'était Fitz et Aaron que son mari et un des autres hommes regardaient avec haine de temps en temps. Les autres se focalisaient sur Beltran uniquement, sachant que le danger le plus direct était le blond à l'air si froid.

"Vous avez un Enchantement de Vérité au-dessus de vos têtes, et Valdemar existe des réponses. Vous allez maintenant répondre à quelques questions, et selon votre implication le Conseil pourra changer d'avis à votre sujet."

Il ne précisa pas que la peine pourrait être alourdie mais son ton était lourd de sens. Il regarda Aaron pour confirmer que tout pouvait commencer puis subitement changea d'avis et se tourna vers Kalaïd:

"Vous pouvez commencer l'interrogatoire. Vous n'avez pas le même point de vue que nous, peut-être orienterez-vous vos questions d'une manière qui m'aurait échappé." expliqua-t-il en cédant sa place. "Lieutenant Fitz, vous prendrez la relève ensuite."

Quelque chose qui ressemblait à de la panique passa dans le regard des condamnés, décontenancés et angoissés par ce brusque changement de situation.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »

Aaron Greystoke

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Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #5 le: 25 novembre 2012, 09:30:55 »
[justify:2wvkzrmx]Le sortilège en place, l'interrogatoire pouvait commencer, et de même que Fitz s'était adossé contre le mur proche de la porte, il se plaça de l'autre côté de l'entrée, fixant sans ciller ou presque les prisonniers, qui lui rendaient d'ailleurs bien ses oeillades assassines. Qu'espéraient-ils donc obtenir par ces regards haineux ? Pour sa part, il n'en avait pas grand chose à faire, mais il était nettement plus intéressé par ce qu'ils allaient devoir confesser... S'ils parvenaient à obtenir une confession.

Ce n'était pas à lui de procéder à l'interrogatoire, et ça lui convenait très bien comme ça. Il faisait plus office de témoin - et de garant de l'Enchantement de Vérité - que de tortionnaire, ce qui convenait davantage à son caractère par ailleurs. Et quand le Capitaine Beltran l'interrogea du regard, il hocha sobrement la tête, signifiant par là que l'on pouvait commencer.

Kalaïd semblait tapi dans l'ombre, trahi seulement par le fil de son épée - et le Héraut ne doutait pas vraiment de l'envie qu'il pouvait avoir de l'utiliser sur les traitres, lui-même n'était pas totalement certain de pouvoir rester parfaitement neutre face à ce que ceux-là allaient bien pouvoir finir par avouer. Et si lui-même avait été quelque peu surpris du revirement de situation que l'autre blond avait orchestré, demandant à Kalaïd, puis Fitz, de procéder à l'interrogatoire à sa place, il ne pouvait que se réjouir de la lueur de panique qui brilla dans le regard des condamnés. Voilà qui délierait peut-être davantage leurs langues...[/justify:2wvkzrmx]
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Fitz

Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #6 le: 25 novembre 2012, 11:04:04 »
Kalaïd était plus fin dans sa façon d'agir que Fitz, c'était finalement une bonne chose qu'il commence, peut être que cela donnerait des résultats.

Le lieutenant acquiesça donc de la tête aux ordres de son capitaine

"Après vous sieur Kalaïd"

Il gratifia son ami d'un sourire carnassier, et reporta son regard sur les traîtres, qui quand à eux ne semblaient pas ravis de cette situation.

Tant mieux, cela leur faciliterait peut être la tâche!

La peur qui passa sur leur visage, arracha un sourire ravi au lieutenant. Finalement, ses gens avaient surement déjà entendu parler de la férocité et de l’efficacité des deux lieutenants.

Fitz restât donc confortablement appuyé contre son mur, nettoyant sa hache, attendant son tour. Certes ils étaient sous enchantement de vérité, mais cela n'empêchait pas de s'amuser un peu, après tout un traître, d'où qu'il vienne, ne mérite aucune pitié.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »
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Kalaïd

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Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #7 le: 02 décembre 2012, 18:08:21 »
Lorsque le Capitaine lui demanda de procéder en premier à l'interrogatoire, Kalaïd n'eut pas un mot. Il ne répondit que par un très léger signe de la tête. Mouvement qui étant donné l'obscurité environnante, avait probablement échappé aux membres de la famille DeFeriel réunis dans la pièce...

Après quelques instants, la voix du jeune Lieutenant s'éleva depuis l'obscurité, alors qu'il commençait lentement à se déplacer autour d'eux, laissant de temps à autre la pointe de sa lame gratter très légèrement le sol.

- Si cela ne tenait qu'à moi, je ne vous poserai pas de question comme vous vous en doutez..., commença-t-il d'une voix suave, alors qu'il contournait les poteaux de la pièce.
Le jeune Lieutenant prenait grand soin de rester dans l'obscurité.

- … pour quoi faire ? Quelle utilité de poser des questions dont nous connaissons tous les réponses... Ce n'est plus un faisceau de présomptions que nous avons contre vous, mais un monceau de preuves...

Il poursuivait son petit tour, se rapprochant lentement de sa cible, au centre de la pièce, évitant toujours soigneusement les zones de lumière. Les DeFeriel commençaient à tourner la tête de tous côtés, se demandant probablement à quoi jouait le lieutenant.

-... Mais puisque ce n'est pas à moi d'en décider, je vais quand même vous interroger. Après tout, à quoi servirait un enchantement de vérité, s'il ne recueil que vous cris... Néanmoins,  j'aimerai assez les entendre moi, et apprécierai également  que vous conserviez un petit souvenir de ce moment, ce qui ne me semble pas incompatible avec la mission qui est la mienne...

A l'annonce de ce dernier mot, les observateurs ne virent que la lueur de la lame de Kalaïd qui fendait l'air. Une balafre très fine apparut sur la joue de monsieur DeFeriel, à peine plus large qu'un cheveux, et mesurant seulement quelques centimètres de longueur...

Attendant quelques instants que l'homme ait repris son souffle après son propre cri, le Lieutenant repris.

- … Allons allons, ce n'est qu'un échauffement... Des vocalises en somme... Voici donc ma première question. Hum... Au préalable, quand bien même vous diriez la vérité, je dois vous prévenir que vous recevrez une de ces cicatrices à chaque fois qu'une de vos réponses, même vrai, ne me plaira pas. Alors... Avez-vous, oui ou non, orchestré l'enlèvement de la famille royale ?

Alors qu'il posait cette première question, Kalaïd sortit légèrement la tête de l'ombre, afin que tous puissent voir son regard. Le regard avide d'un homme qui est tiraillé entre deux choses. D'un côté, son hardant désire de vérité, son sens du devoir qui lui commande de découvrir de manière certaine les insidieux auteurs de ce complot. Et de l'autre côté, sa soif de vengeance, celle d'un homme qui voit la plus haute autorité de l'état qu'il sert avec passion mise en péril par la cupidité et l'ambition destructrice d'une famille bourgeoise... En d'autres termes, d'un côté la volonté de leur faire cracher le morceau, et de l'autre la volonté de les faire passer par le fil de son épée...
« Modifié: 16 janvier 2013, 23:25:18 par Kalaïd »
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Héraut Arthon

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Re: [Scenario] In priso veritas
« Réponse #8 le: 15 janvier 2013, 14:42:38 »
Beltran se tint à la place qu’il avait finalement choisie et devint immobile. Seuls ses yeux passaient d’un visage à l’autre, analysant et décryptant les expressions. Il pouvait voir toute la scène et ne rien manquer des subtilités des réponses corporelles. Sa masse en imposait également et renforçait l’effet général que ses subordonnés avaient instauré. La présence d’Aaron rendait l’interrogatoire mortellement sérieux – comme si un interrogatoire avait pu laisser quelqu’un tenté de rire… sauf qu’avec les DeFeriel on pouvait s’attendre à tout évidemment.

Aaron donna le signal. C’était une danse intrigante qu’ils allaient devoir suivre, de vérité à intimiditation en passant par les zones de silence. Ensuite, le Héraut pourrait accompagner le Capitaine et soulager Arthon d’un poids certain. Du moins, Beltran l’espérait. Il écarta les pensées pleines de pitié pour Saskia trahie par sa propre famille et se concentra.

Fitz s’écarta pour laisser Kalaïd ouvrir le bal. Beltran réprima un sourire sadique. Ses lieutenants en avaient autant sur la patate que lui visiblement. Leur loyauté à Valdemar ne faisait aucun doute désormais et le Capitaine avait décidé de s’en remettre à eux. Jusque là, leur aide n’avait été que bénéfique. L’un comme l’autre méritait sa montée en grade – et la charge supplémentaire de responsabilités. L’aspect effrayant d’un Fitz satisfait par la tournure des choses accentua la panique des plus faibles du groupe des prisonniers. Beltran le nota avec un certain détachement. Le bruit du lieutenant aiguisant sa hache fournit un son de fond presque agréable à l’oreille.

Kalaïd enfin s’avança vers les prisonniers. Il maîtrisait les techniques d’intimidation. Le son, le regard, les déplacements, la voix, tout se conjuguait pour que la lueur inquiète des regards ne s’éteigne surtout pas. Les menaces suivirent. Les DeFeriel commençaient à douter qu’on leur pose réellement des questions. Etaient-ils là pour une exécution sommaire ?
Ils crurent que c’était le cas quand la lame vola. La joue entaillée du Seigneur DeFeriel fut cependant la seule victime à déplorer – comme un point d’exclamation pour souligner l’importance de réponses… rapides. L’avertissement fut bien saisi.

Beltran n’était pas du genre à apprécier la torture gratuite. Il avait cependant délégué l’interrogatoire à « d’autres méthodes » et ne réagit absolument pas. Il était même plus intrigué par ce que Kalaïd pourrait obtenir avec de telles menaces.

« Oui. » répond le Seigneur DeFeriel, une main sur sa joue. « Oui nous avons planifié et organisé l’enlèvement de notre fille et de notre petit-fils, illégalement enlevés eux-mêmes par cet incapable de régent. »

Oubliées les cérémonies et le reste. La haine était palpable. La lueur bleue ne faiblit pas avant la fin de la phrase. Le regard du DeFeriel semblait plein de noirceur et de ressentiment. Sa femme eut l’air effrayée – plus de lui que de Kalaïd, si on pouvait en juger le léger mouvement de recul qu’elle eut par rapport à son époux.
« Modifié: 01 janvier 1970, 01:00:00 par Guest »