Toute la journée de la veille, je suis taraudée par la honte et par le visage inconscient du ménestrel. Impossible de me concentrer sur quoi que ce soit. Jorel me tançait d’aller le voir, mais je me sentais étrangement trop timide pour le faire. Il me faudra une journée entière pour enfin trouver le courage.
Je rougis lorsqu’il me demande si je reviens pour un autre round. Ses paroles me font me sentir comme une grise plutôt que comme la garde du corps de la reine.
— Je suis désolée pour ça, mais… il fallait faire vite et je n’avais rien pour endiguer la douleur.
Ma voix est ferme, même si elle est un peu penaude. Je ne peux m’empêcher de m’attarder sur ses traits et de me sentir à nouveau coupable.
Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Les jolis minois, j’en ai vu des tonnes, et ils m’ont rarement fait ce genre d’effet. Bon… c’est certain que, ces dernières années, mon cœur était peut-être un peu trop torturé pour y voir quoi que ce soit, mais quand même. Je ne suis plus une gamine…
Et pourtant, me voilà à rougir devant un ménestrel que j’ai moi-même assommé.