Messages récents

Pages: [1] 2 3 ... 10
1
Et si...? / Rester?
« Dernier message par Héraut Alemdar le 02 octobre 2026, 19:52:49 »
Disclamer: Texte hors chronologie, avec rien a voir avec ce qui se passe sur le forum. Et y a du sang et des larmes. Et je tue un pj. Et j'en jette un autre par la fenêtre. Mais juste pour écrire ce moment du point de vue d'Alem. Ça me tournait dans la tete.


Tremblant sous le choc et sans doute la perte de sang, Alemdar se tenait le flanc de ses mains rouges d’un mélange de son sang et de celui qui avait été son souverain. Il fixait d’un regard vide la forme blanche maculée d’écarlate de l’ancien monarque en se demandant doucement s’il aurait pu trouver une autre solution. Une qui ne l’aurait pas mené ici, ensanglantée, avec probablement des blessures mortelles, complètement impuissantes, incapables même de parler à son propre compagnon, cet être demi-divin qui aurait dû être capable de défier la réalité pour être là en esprit, avec lui alors que sa vie s’écoulait sous ses doigts.

***

Ça avait été un bal stupidement banal. Les souverains, la cour, quelques amis, quelques adversaires politiques, mais rien qui n’aurait pu lui faire supposer le chaos. Il avait salué Wylan qui avait un diner prévu à la caserne avec sa soldate préférée et était parti en uniforme d’apparat faire des ronds de jambe.

Le festin s’était passé normalement et après celui-ci, dans la salle de bal, Alem s’était posé à un de ses endroits préférés, une petite fenêtre qui donnait sur le champ des compagnons. Une fenêtre étrange qu’il avait imaginée être un risque de sécurité. Trop facile de l’escalader depuis le petit toi moins d’un étage en dessous. Sauf que le toit n’était accessible que d’un point assez fréquenté du champ des compagnons. Le passage était  bien gardé.

La Reine était venue le rejoindre. Comme souvent, ils avaient échangé piques et plaisanteries aux dépens des uns et des autres. Alem aimait bien jouter avec la Peste, et il savait que ça la rassurait quand elle devenait anxieuse.

Mais soudain, son regard était devenu vide. Une vision ? Maintenant ? Il ne se posa que peu de questions, car elle lui saisit le poignet et lui envoya la vision en même temps qu’elle la vivait.

Putain. Un attentat. Maintenant.

L’adrénaline rugissant dans ses veines, Alem saisit la souveraine, la jeta par la fenêtre et lui hurla un simple ordre imbibé de son don de commandement.

« Survis ! »

Il jaillit pour essayer de rejoindre le roi, mais soudain, une incroyable détonation renversa le monde.

Quand il retrouva ses esprits, tout n’était que bruit, fumée et poussière. De sa magie mentale, il chercha Arthon et se traina vers lui aussi vite que son organisme l’acceptait.

Si Arthon était encore vivant, il était inconscient , recroquevillé contre un mur. Le bon sens aurait exigé de sécuriser la zone avant de faire les premiers secours, mais à entendre son esprit, Arthon n’avait pas ce temps. Alem le retourna et identifia tout de suite l’arrêt respiratoire qu’il soupçonnait déjà vu l’état de (non) conscience de l’homme.

Sans écouter la raison qui voyait bien qu’il n’y avait plus grand-chose à faire, il commença une série de compression thoracique, entendant la force mentale du roi pulser avec les compressions, en réponse à l’oxygénation de son cerveau. Peut être que… ?

Un coup terrible l’éjecta de sa tache. Une botte. Il avait reçu un coup de botte. Il leva les yeux sur une femme, la jupe remontée dans sa ceinture. Une jupe de domestique. Il se souvint l’avoir vu parmi les serveuses.

« Non, non, non, le mouton. On ne ressuscite pas Son Altesse ! »

Et elle sortit une dague effilée qu’elle planta dans l’orbite du monarque. Arthon convulsa et la dernière lueur de son esprit s’éteignit comme une bougie qu’on mouche.

Non… L’esprit vidé par l’horreur, Alem ne pouvait détacher du second monarque qu’il perdait.

La femme lui décocha un coup de pied dans les cotes qui l’envoya rouler un peu plus loin. Et Alem réalisé qu’il avait jusque là une côte cassée. Maintenant, il avait une cote cassée qui lui perçait la peau.

Il allait mourir.

Refusant cette pensée macabre, il s’adossa au mur, en espérant que la position assise l’aiderait à réfléchir.

Il réalisa qu’il n’entendait pas le glas d’Arthon. Il aurait dû, pourtant, d’ici. Était-il sourd ? Ou… Il tendit son esprit vers Taver. Sans succès. Wylan, pareil. Il n’entendait personne. Pas même la bonne terre de Haven qui l’avait accueilli avec bonhommie, tant d’années auparavant. Comment ?
***

En donnant tout ce qu’il pouvait, il les sentait lointains. Wylan et lui avaient été éloignés, mais c’était plus loin qu’ils n’avaient jamais été. Un bouclier. Ils étaient dans un terrible bouclier.

La serveuse faisait le tour de la salle, achevant les blessés les un après les autres. Au milieu de la sale, son camarade enchainait les mouvements mystiques. Mage de sang. Ils nous tuent pour recharger le mage. Pourquoi ? Une autre explosion ? Le collegium des mages devait déjà être en opeuvre pour entrer et protéger le palais d’une seconde explosion. Pour une dernière charge ? Non, ces gens ne se comportaient pas comme des assiégés. Ils pensaient pouvoir sortir. Comment ? Pourraient-ils tuer assez de monde pour ouvrir un portail ?

Il n’aurait su combien de temps la tueuse prit pour faire le tour de la salle. Il souffrait de plus en plus de minutes en minutes, il sentait la vie tomber goutes à goutes de son flanc. Il avait mal. Les dégâts de l’os de son flanc n’étaient pas les seuls. Il avait mal. Il avait échoué à protéger son roi, et le désespoir commençait vraiment à l’envahir tout entier.

De loin, il sentit Taver bouger derrière le bouclier. Il sentit une flèche de puissance s’insinuer dans le voile avec une simple image. Une simple idée.

Wylan.

Les yeux de l’attritré s’écarquillèrent. Il ne pouvait pas abandonner. Il ne pouvait pas laisser Wylan. Jamais.

La mort d’Arthon était un échec. La sienne était regrettable. Celle de Wylan était inacceptable.

Il porta son regard vers la tueuse qui finirait bientôt son tour et qui revenait vers lui. Par kinese, il lui arracha son stylet des mains et l’envoya se planter dans l’œil du mage de sang pendant qu’il saisissait de même la dague dans la botte d’Arthon pour lui faire terminer sa course dans le menton de la tueuse, empalant son cerveau. Dans un dernier effort, il touilla avec les deux dagues alors que les esprits de ses victimes s’éteignaient.

Le bouclier tomba.

Le glas sonna.

La présence mentale de Taver l’entoura immédiatement et le soutint alors qu’il se tendait vers son lié, sa voix mentale déformée par la douleur et le choc.

J’ai juste réussi à rester. Je suis désolé. J'ai fait de mon mieux.
2
Arrière-Pays / Re : Prendre le temps
« Dernier message par Dyalwen de Bordebure le 30 septembre 2026, 20:55:09 »
Un sourire heureux – mais fatigué – étira les lèvres de Dyalwen lorsque l’Attitré assura qu’elle avait vraiment gagné le combat la partie. Alors certes, c’était grâce à la distraction offerte par Taver mais la Grise n’était pas idiote : elle savait pertinemment qu’elle n’avait aucune chance de vaincre l’ancien général des armées de Rethwellan en pleine possession de ses moyens… Le fait qu’il ne l’ait pas sciemment laissée gagner, que ce soit parce qu’il avait l’esprit ailleurs ou parce qu’il ne s’était pas battu sérieusement – ou les deux – était déjà une petite victoire !

« Je note cette technique, répondit-elle donc en déposant l’épée de bois contre la lice. Je demanderai à Tisia de raconter des bêtises à mes adversaires. »

Même pas en rêve ! grommela la concernée avec un dégoût perceptible.

La Grise transmit une bouffée d'amour à son Compagnon tandis qu'elle quittait la carrière... Et reçut en réponse un coup de nez dans le creux des reins qui la fit presque voler vers le box où elle devait se changer.

Espèce de brute !
C’est pas moi qui t'ai tapée avec une épée en bois !

Comme son supérieur, la rouquine se nettoya rapidement et se changea avant de ressortir et de mettre ses vêtements tachés dans le seau d'eau qui lui était désigné. La chaleur et l'enthousiasme générés par l'exercice avaient cédé la place à la fatigue et au froid et elle se blottit contre l'épaule de Tisia en enfouissant ses mains glacées dans la crinière blanche... Avant de laisser échapper un éclat de rire à la question d’Alemdar.

« Elle est féroce mais surtout pour les gamins gourmands... Je ne pense pas qu’elle osera lever son rouleau à pâtisserie contre un noble Héraut ! »

Elle serra l'encolure de Tisia une dernière fois avant de s'en décrocher et prit la direction des cuisines en faisant signe à l'Attitré de la suivre.

En poussant la porte de la cuisine, Dyalwen attira l’attention des deux personnes se trouvant autour de la grande table en bois : un jeune commis qui épluchait des légumes et, surtout, une petite femme brune, d’une quarantaine d’années, devant une boule de pâte. Elle aurait pu paraître sévère, avec son chignon serré, si quelques mèches bouclées ne s’étaient pas rebellées contre sa coiffure et si ses bras et son tablier n'avaient pas été recouverts de farine. Toutefois, malgré sa silhouette mince, la vigueur avec laquelle elle pétrissait la pâte montrait clairement qu’elle avait suffisamment d’énergie et de force pour chasser tout intrus de son domaine.

« Mademoiselle Dyalwen, que faites-vous... Oh, Messire Héraut ! »

Comme l’avait prédit la Grise, la présence de l'Attitré surprit suffisamment la cuisinière pour couper court à ses réprimandes et lui permettre de plaider leur cause.

« Ne nous gronde pas, Lorraine, nous sommes fatigués et gelés après notre entraînement. Est-ce que tu aurais un peu de tarte aux bulles pour nous ? Rends-toi compte que le Héraut du Roi n'a jamais goûté à la tienne ! »

Pas dupe, la cuisinière fronça les sourcils, dévisagea les deux intrus... et rendit les armes.

« Ce n’est même pas encore l’heure du goûter... Mais allez au salon au moins. Madame me remonterait les bretelles si je vous laissais vous installer ici ! »

Avec un grand sourire, la rouquine remercia la femme et mena son supérieur au petit salon qui servait souvent pendant l'hiver. Les tapisseries qui décoraient les murs offraient une atmosphère chaleureuse et la petite taille de la pièce permettait de conserver la chaleur de la cheminée.

À peine étaient-ils installés que la cuisinière arrivait avec un plateau qui, malgré ses réticences affichées, était plus que bien garni. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la table basse entre les deux Hérauts se vit recouverte de deux assiettes contenant chacune une généreuse part de tarte aux bulles, deux tasses de et une théière fumante.

« Il ne faut pas que ça devienne une habitude, Mademoiselle Dyalwen. Ce n’est pas un bon exemple pour Mademoiselle Derlyth, prévint-elle avant de quitter la pièce en marmonnant : A-t-on idée de s’entraîner dehors par un temps pareil ? »

La Grise sourit à Alemdar.

« Bon appétit ! Pour moi, c'est la meilleure tarte aux bulles que j'ai jamais mangée. »

C’était surtout celle de son enfance, ce qui faussait probablement son appréciation, mais elle n’était de toute façon pas mauvaise !
3
Palais / Re : Gâteau et cadeau
« Dernier message par Dyalwen de Bordebure le 30 septembre 2026, 20:45:18 »
Dyalwen ne put s’empêcher de sourire en voyant les émotions se peindre sur le visage de sa jeune amie. Comme lorsqu’elles lui avaient offert la peluche Compagnon, une saison plus tôt, Sou paraissait heureuse et émue mais sans trop savoir comment s’exprimer et... Elle pleurait ?

Si moi je lui fais peur et que toi tu la fais pleurer, on a encore des progrès à faire en amitié, émit Tisia un peu inquiète.

Mais les balbutiements de Sou chassèrent vite cette inquiétude et adoucirent encore le sourire de la Grise. Elle aurait bien pris la petite dans ses bras mais, outre qu’elles étaient chacune assise sur un coussin, Sou avait déjà son cadeau dans les mains.

« Tu viens de le faire, répondit-elle donc simplement. Je suis heureuse – et Tisia aussi – de voir que ça te plaît. »

Elle sentit ses joues prendre un ou deux degrés alors qu’elle s’apprêtait à développer sa pensée et ses sentiments.

« Et tu sais, on est très contentes aussi que tu sois notre amie et que tu acceptes de passer du temps rien qu’avec nous, comme là. C'est une très bonne façon de dire merci aussi. »

Tu rougis.
Moque-toi. Je suis sûre que tu ne ferais pas la fière si c'était à toi de le dire.
Mais je ne rougis pas, moi.
4
Aile des nobles / Re : Une aide fleurie
« Dernier message par Kael Renshor le 29 septembre 2026, 07:06:37 »
Garance lui faisait déjà un rapport détaillé de ce qu'elle savait. Et c'est aussi ce qu'il aimait chez elle, elle ne s'encombrait pas de fioritures, et elle savait pertinemment les informations qui étaient importante à savoir. Elle récupérait, jugé, et trié, chaque dose de savoir avec minutie. Elle avait un talent inné pour écouter, et savoir quels ragots étaient bon à garder, et lesquels étaient oubliable. Même parmi les plus anodins.

Lui écoutait. Et il lui répondit à son sourire quand elle mentionna les bals. Depuis que Garance avait affirmé sa position au sein de la famille Westmark, les soirées du domaine étaient réputées à travers le pays.

- Aucun doute que Dame Belinda a entendu parler de tes bals ma chère

Quand au reste, il resta un instant à réfléchir. Elle avait soulevé un point important, pour l'instant ils n'étaient qu'une attraction passagère, une première fois. Il fallait qu'ils deviennent la seule fois.

- La première étape c'est de s'enquérir de ton frère. Nous devons savoir exactement ses forces et faiblesses. Tu sais qu'il a été passablement... Marqué par tout ça, il faut s'assurer qu'il est fiable, et surtout à quel point il peut être utile.

Pour Kael utile voulait surtout dire, à quel point il serait capable de servir leurs intérêts sans poser de question superflus, ou sans se perdre dans ses propres vices.
Il avait vu par le passé des hommes, dont les plaisirs avaient signé la fin.

- Pour le reste. Nous avons fait forte impression aujourd'hui, mais cela ne suffit pas, nous devons faire forte impression tous les jours. Nous devons être sur toutes les lèvres, et plus encore.

Le nom de Westmark était un atout puissant, mais il devait devenir un nom incontournable, c'était ça qu'il désirait.

- Dame Belinda de Horn me semble une information importante. Si bal il y a, alors nous devons y aller. Mais nous devons y aller avec ton frère, montrer que la maison est soudée, forte, présente. Nous devons devenir les premières personne à qui elle pense quand elle fait ses invitations. Mais nous devons aussi charmer... L'autre côté

La position des Westmark n'était pas inconnue, tout le monde savait ce qu'ils pensaient. Mais Kael savait aussi que si on voulait devenir important, avoir une voix qui compte, ils devaient aussi se lier avec des gens qui pensaient différemment.

- Attiser assez la curiosité pour que l'on vienne nous parler. Fronde ou non. Il faut que tous les potins parlent de nous, et toujours de façon élogieuse. Que l'on soit le couple à qui on veut plaire.

Pour ce qui est du réseau Frank avait déjà commencé son oeuvre. L'homme était aussi réglé qu'une horloge, à peine arrivé, il s'était mêlé aux cuisines, aux écuries, aux hommes d'arme. Il écoutait, liait, créait déjà une fil de petites mains prêtes à faire à leur demande.

- Donc tu as compris ma chère, à l'heure actuelle, notre travail, c'est de nous montrer ! Mais demain. Je pense que pour aujourd'hui, nous leur avons donné assez de grain à moudre pour la nuit.


5
Haven / Re : Dix ans de loyauté
« Dernier message par Soyara le 28 septembre 2026, 22:18:05 »
Soyara crut avoir mal entendu.

Voir Dame Hilda ?

Son cœur se serra si violemment qu’elle eut presque du mal à respirer. Depuis qu’on lui avait appris sa mort, elle n’avait eu qu’une pensée en tête : elle n’avait même pas pu lui dire adieu. On l’avait arrachée à sa chambre, attachée, bâillonnée, puis enfermée comme une criminelle. Elle n’avait même pas eu le droit de lui tenir la main une dernière fois.

Et maintenant, cette Héraut lui disait qu’elle pourrait peut-être la voir.

Elle observa Keryne avec méfiance. Tout cela semblait si farfelu et, pourtant, un espoir naquit dans son cœur.

Pourrait-elle vraiment demander à la vieille dame si elle avait réellement été satisfaite d’elle ? La Héraut n’avait aucune raison de lui mentir. Et ne disait-on pas que certains d’entre eux possédaient des pouvoirs étranges et incroyables ?

— Oui.

Un simple mot, mais il lui avait fallu toute sa volonté pour le prononcer.

— S’il vous plaît.

Ses yeux se remplirent de larmes.

— Je veux la voir.

Elle déglutit difficilement.

— Je veux juste lui dire au revoir.


Cette fois, elle ne chercha pas à retenir ses larmes. Toute la colère, toute la peur et toute la méfiance qu’elle avait accumulées depuis le matin semblaient soudain perdre de leur importance face à cette possibilité.

Elle avait passé dix ans auprès de Dame Hilda. Dix années pendant lesquelles la vieille dame lui avait offert bien plus qu’un emploi. Elle lui avait donné une place, une sécurité, du respect. Elle avait aidé son fils à avoir une éducation et lui avait permis, à elle, de croire qu’elle pouvait peut-être construire quelque chose de meilleur.

Elle ne pouvait pas accepter de la perdre sans lui dire adieu.

Pour la première fois depuis son arrestation, une minuscule lueur d’espoir brillait dans ses yeux.
6
Haven / Re : [Eclipse] On se fait une Toile?
« Dernier message par Héraut Enora le 28 septembre 2026, 22:11:44 »
Énora rougit sous le compliment lorsqu’il lui avoua que sa compagnie lui avait manqué. Elle n’avait pas l’impression d’avoir laissé une telle impression. Elle n’avait fait que son devoir, après tout. Mais son cœur fit tout de même un petit bond. Il semblait sincère.

Le fait que Jehanne l’ait aidée à se préparer et ait réussi à lever certaines de ses craintes l’aidait à mieux apprécier le moment, même si elle restait décidément nerveuse.

Lorsqu’il effleura sa main, elle sursauta légèrement. Ce n’était pas désagréable, loin de là, mais ses années comme Héraut, ainsi que les différentes batailles auxquelles elle avait participé, lui avaient donné certains réflexes de protection lorsque des étrangers initiaient un contact.

Heureusement, le contact avait été suffisamment léger pour ne pas déclencher ses mécanismes de défense. Il n’y avait eu qu’un petit sursaut, même si celui-ci avait probablement tout de même été assez révélateur de son manque d’habitude au contact physique.

Elle avait été élevée en grande partie par des serviteurs et une nourrice qui était peut-être repartie chez elle un peu trop tôt. Ses parents étaient très occupés par la politique à l’époque, et sa mère avait eu une grossesse difficile après avoir passé la quarantaine.

Énora prit une inspiration, puis replaça sa main là où elle se trouvait auparavant, une invitation qu’elle espérait ne pas être trop subtile à saisir s’il désirait recommencer.

— Je… oui. Je dirais que c’est une saison pour les belles rencontres.


Elle se surprit elle-même à essayer de flirter en retour. Elle le regarda avec insistance, comme pour lui faire comprendre qu’il était, justement, sa belle rencontre.

Ses joues étaient maintenant en feu, autant à cause de la franchise de son regard que de ce qu’elle était réellement en train de faire.

Elle se maudit intérieurement de se montrer aussi timide, aussi tendue.

Il lui plaisait.

Et pourtant, elle avait l’impression de redevenir une adolescente.

Elle avait si peu d’expérience dans ce domaine, et toutes ses tentatives précédentes s’étaient soldées par des échecs. Voilà qu’elle se retrouvait à essayer de flirter avec un ménestrel qui lui plaisait réellement, sans avoir la moindre idée de ce qu’elle était censée faire ensuite.

Jorel, lui, restait complètement silencieux dans son esprit, comme toujours lorsqu’il était question de romance.
7
La Taverne de Haven / Re : De tout et de rien 2
« Dernier message par Sou le 28 septembre 2026, 20:22:08 »
bêtise de mon choix
8
La Taverne de Haven / Re : De tout et de rien 2
« Dernier message par Cascaderrante le 28 septembre 2026, 20:14:01 »
(pareil)
9
La Taverne de Haven / Re : De tout et de rien 2
« Dernier message par Héraut Isabeau le 28 septembre 2026, 20:13:13 »
gnu (je regarde un truc, ce message n'a aucun interet ^^)
10
Collegia / Re : Je veux (des) Sou ! (Séléna/Wylan)
« Dernier message par Sou le 27 septembre 2026, 14:20:27 »
Séléna balaie les arguments du Héraut d'un geste de la main. Il la met en colère, c'est vrai, avec ses airs prétentieux. Mais elle se musèle sévèrement. Il ne lui fallait pas oublier son objectif. Sa cupidité serait la plus forte. Et elle pouvait l'amadouer. Se montrer raisonnable en apparence, lui laisser entrevoir une porte de sortie, pense-t-elle. Mais avant de se montrer raisonnable, il fallait se montrer déraisonnable. Aussi lâcha-t-elle un peu la bride à sa colère. Elle se leva brusquement, affichant une juste indignation.

"L'enlever ?! Comment osez-vous ? Je l'ai mise au monde, torchée, élevée, j'ai fait de mon mieux malgré mes erreurs. Ce sont vous, les Hérauts, que l'on accuse parfois d'arracher les enfants à leurs parents, je vous signale. Oh oui, la plupart des gens sont heureux de voir leurs rejetons devenir hérauts. Mais la musique est tout autre quand il s'agit d'un héritier ou de l'aide indispensable d'une famille. Pouvez-vous prétendre le contraire ? Je me souviens, moi, de cette pauvre jeune fille rejetée par les siens parce qu'elle a fauté et à qui vous avez arraché l'enfant de son amour*. Pourquoi ? Pour avoir voulu se mettre à l'abri de sa propre famille. C'est bien vous, les Hérauts, qui avez établi la sentence. Est-ce que vous avez l'intention de me faire la même chose ? Que croyez-vous qu'une mère ressente face à cette peur ? Ou qu'une mère puisse faire pour vous contrer ?"


Séléna reprend son souffle un instant. Sa main se porte à son cœur, alors qu'elle retombe sur sa chaise. Satisfaite, en vérité, même si ses traits ne le montraient pas. Il était temps de passer à la partie raisonnable. Elle reprend donc d'un ton plus modéré.

"Non, non, non. Les contrats peuvent, je l'espère, être renégociés. Rien n'est gravé dans le marbre. J'ai... Je vous ai laissé ma fille. Mais avais-je d'autres choix ? Seule avec deux filles, dont l'une trop jeune pour être autre chose qu'une charge. Bien sûr que je ne pouvais qu'accepter de vous la laisser. Je l'ai fait par amour. - l'amour de l'argent, et non pour le bonheur de sa fille, est-il encore utile de le préciser ? -
Aujourd'hui, c'est encore pire. Ma fille est malade et me laisse m'occuper de ses deux enfants. Je vais finir noyée sous les dettes si je ne peux plus travailler. Ou l'un des mômes se tuera sans une surveillance nécessaire à cet âge tendre. Et avec le troisième qui ne va pas tarder, c'est la ruine qui m'attend.
Ma cadette pourra au moins s'occuper des petits. À deux, nous supporterons bien mieux toute cette charge supplémentaire. Je sais bien qu'elle préférerait sûrement rester ici. Et moi aussi. Je ne peux pas faire vivre ma famille sans aide ou sans argent. Il me faut faire un choix, bien malgré moi."


Si elle le pouvait, Séléna se mettrait à pleurer, mais les larmes n'ont jamais été faciles à faire couler sur commande, surtout quand on a un cœur sec et une âme rêche. S'efforçant tout de même de paraître effondrée, Séléna porte une main à son front.

"Quelle honte de demander cela, mais si vous tenez tant au bonheur de ma fille, donnez-moi de quoi élever ses trois neveux de façon tout aussi décente que ce que vous voudriez pour elle. Et je vous promets de ne plus venir la déranger, tant que cela sera effectif."

*Séléna fait allusion à ce RP
Pages: [1] 2 3 ... 10